Anneaux JO Jeux Olympiques Tokyo 2021
(Crédit photo : Hiro Komae - Associated Press)

Les athlètes-étudiants de la NCAA brillent aux Jeux Olympiques de Tokyo

Les Jeux Olympiques de Tokyo accueillaient 206 pays et près 10 500 athlètes. Parmi ces nombreux hommes et femmes, les anciens ou actuels athlètes-étudiants participaient en force aux Olympiades. On pouvait compter plus de 1000 athlètes ayant participé ou étant encore des athlètes de Division I, II ou même III en NCAA.

100 pays misaient au moins sur un athlète ayant évolué en NCAA. 

Sans surprise, les universités les plus représentées étaient USC et Stanford. Les Trojans comptaient 63 athlètes (anciens et actuellement inscrits à l’université) tandis que le Cardinal a envoyé de son côté 53 athlètes, dont 32 au sein de la Team USA. 

Pour découvrir l’ensemble des médailles acquises par les anciens et actuels athlètes universitaires aux Jeux Olympiques de Tokyo.

Quelques chiffres à retenir de Tokyo : 

  • 82% de la Team USA a concouru en NCAA (DI, DII et DIII) ou dans un Community College.
  • 1000 athlètes participant aux Jeux Olympiques ont été des athlètes-étudiants en NCAA.
  • Stanford a été l’université avec le plus de représentants sur les podiums olympiques avec 26 médailles dont 10 en or. Si l’université était une nation, elle aurait terminé 11ème devant des pays comme le Canada, le Brésil ou encore la Belgique. 
  • Stanford a envoyé aux Jeux Olympiques pas moins de 12 nageurs encore inscrits dans le programme de natation, avec un représentant ou plus dans un total de 16 pays. 
  • A Tokyo, la conférence SEC a remporté 85 médailles dont 42 en or, alors que la conférence Pac-12 a ramené 60 médailles dont 17 en or et que la conférence Big Ten a glané 51 médailles dont 22 en or. 
  • 19% des athlètes présents en athlétisme sont ou ont été des athlètes universitaires en NCAA.
  • 31 médailles individuelles en athlétisme ont été remportés par des athlètes ayant déjà concouru un jour en NCAA, avec 10 médailles d’or parmi un tel bilan. 

Athing Mu (Texas A&M), championne olympique du 800m à 19 ans 

La freshman de Texas A&M termine son année en beauté.

Athing Mu était très attendue à Tokyo. L’américaine âgée de 19 ans sortait d’une saison extraordinaire remplie de records du monde juniors, de recors des Etats-Unis et de records universitaires. Au Japon, elle a assumé son rôle en dominant l’épreuve du 800m avec une facilité déconcertante. Elle a battu le record des Etats-Unis en menant la course du début jusqu’à la fin et elle réussit le 11ème meilleur chrono de tous les temps avec un double tour en 1’55“07.

Athing Mu Médaille Or 800m JO Tokyo 2021
(Crédit photo : Petr David Josek – AP Photo)

En fin de compétition, la toute récente athlète professionnelle a mené le relais américain du 4x400m composé de Sydney McLaughlin, Allyson Felix et Dalilah Muhammad à la victoire. Lors du relais victorieux, elle a réalisé un impressionnant temps de 48“32. Soit une des 10 meilleurs performances réalisées dans un relais.

L’équipe américaine, surnommée la “Dream Team” à juste titre, remporte le titre en 3’16“85, soit le 5ème chrono de tous les temps. Aucune autre nation n’avait jamais été aussi rapide en relais depuis 1993.

On n’a pas fini de parler de cette jeune américaine. 

Cole Hocker (Oregon), champion en NCAA et finaliste olympique du 1500m

Cole Hocker a brillé à Oregon dès sa saison de freshman avec le titre universitaire du Mile, du DMR, du 1500m, du titre par équipe en salle. Et le jeune demi-fondiste a également obtenu le titre national aux Trials sur 1500m.

Pour ses premiers Jeux et sa première sortie internationale, l’américain a pris une belle 6ème place sur 1500m en améliorant son record personnel en 3’31“40. Seuls 7 américains ont validé un meilleur temps dans l’histoire. Le natif d’Indianapolis (Indiana) s’impose comme l’une des révélations de la saison universitaire et comme l’un des grands espoirs du demi-fond américain.

Cole Hocker Finale 1500m JO Tokyo 2021
(Crédit photo : NBC Olympics)

Bryce Deadmon (Texas A&M) se trouvait dans l’équipe américaine au cours de la finale du 4x400m mixte et du 4x400m masculin. Le senior repart avec une médaille d’or et une médaille de bronze au même titre que Trevor Stewart (NC A&T), qui a couru en série. Randolph Ross (NC A&T), champion universitaire du 400m, quitte le Japon avec l’or sur le 4x400m puisque le sophomore des Aggies a aussi couru les séries.

Elija Godwin (Georgie) et Taylor Manson (Florida) terminent en bronze sur le 4x400m mixte avec l’équipe américaine.

Team USA 4x400m JO Tokyo 2021
(Crédit photo : Martin Rickett – PA Images via Getty Images)

JuVaughn Harrison (LSU) a participé à la finale de la hauteur et de la longueur. Il termine, respectivement, 7ème et 5ème sur ses deux disciplines de prédilection.

Joseph Fahnbulleh (Florida), qui a concouru pour le Libéria, termine 5ème du 200m en battant son record national en 19“98.

Championne universitaire du lancer du marteau à California, la Canadienne Carmyn Rogers termine à la 5ème place du concours olympique du marteau avec un jet à 74.35m.

Luis Grijalva (NAU) du Guatemala, se classe 12ème de la finale du 5000m en 13’10“09, synonyme de record national. Une belle place pour l’athlète guatémaltèque qui a failli manquer les Jeux Olympiques de Tokyo à cause de son statut de “Dreamer” aux Etats-Unis.

Gable Steveson (Minnesota) entre dans l’histoire à Tokyo

Gable Steveson, 21 ans, a écrit l’histoire américaine aux Jeux Olympiques de Tokyo.

Champion universitaire en 130kg avec l’Université de Minnesota, il est devenu le 2ème américain champion olympique des super poids lourds. Une première pour les Etats-Unis depuis Bruce Baugmartner en 1992.

Les Gophers ont marqué l’histoire de la lutte américaine puisqu’ils sont aussi à l’origine d’athlètes tels que Brock Lesnar, Brandon Paulson et Shelton Benjamin.

Après une belle saison universitaire, le meilleur lutteur universitaire en 2021 a dominé Taha Akgul, champion olympique en titre, et Geno Petriashvili, champion du monde en titre, pour acquérir la médaille d’or à Tokyo. Il participait pourtant à sa première compétition chez les seniors. Il n’a toutefois pas été intimidé par le palmarès de ses adversaires. Le jeune lutteur a passé les tours sans encombre , à vrai dire, le seul moment où il a été mis en difficulté était en finale.

Lors de cet ultime combat, il remporte la finale d’un rien grâce un mouvement comptabilisant 2 points à seulement quelques secondes de la fin du combat.

Il a évidemment fêté cette médaille d’or avec son traditionnel “back flip”.

Gable Steveson Backfilp Heavyweight Lutte JO Tokyo 2021
(Crédit photo : Jack GUEZ – AFP via Getty Images)

Gable Steveson était lui-même étonné de cette victoire à cause de son inexpérience internationale.

Grâce à cette victoire, il finit cette belle saison en beauté et il devient le premier Gopher à obtenir un titre olympique en lutte libre. Pour l’avenir, les observateurs se demandent : va-t-il revenir en NCAA ou peut-il tenter une carrière en WWE à l’image de ses idoles Kurt Angle et Brock Lesnar ?

Plus fou encore, son futur peut-il l’emmener jusqu’en UFC ou même en NFL ?

À suivre…

Maggie MacNeil (Michigan) en or sur le 100m papillon et Robert Finke (Florida) domine les épreuves de demi-fond en natation 

En 2019, Maggie MacNeil était devenue championne du monde du 100m papillon à la surprise générale.

Cette saison, en NCAA, la nageuse de Michigan avait laissé une bonne partie des fans de la natation sans voix avec ses performances aux Nationals. Entre autre grâce à un temps de 48“89 sur 100y papillon, puisqu’elle devenait la première femme à franchir la barre des 49s.

A Tokyo, la Canadienne n’était pas spécialement vue comme la grande favorite.

Cependant, Maggie MacNeil a su négocier un chemin jusqu’en finale du 100m papillon sans faire de bruit. Et, lors de la finale dans un couloir extérieur, elle a encore surpris tout le monde en gagnant la médaille d’or avec un temps incroyable de 55“59. La nageuse du Michigan a notamment misé sur un époustouflant second 50m en 29“05.

Elle devient championne olympique (avec un nouveau record d’Amérique du Nord) après un titre mondial. La native de London, dans l’Ontario, repart de ses premiers Jeux avec 3 médailles de 3 métaux différents. Effectivement, elle a acquis l’argent avec le relais 4x100m nage libre et le bronze avec le relais 4x100m 4 nages.

Maggie MacNeil Médaille Or 100m papillon JO Tokyo 2021
(Crédit photo : Aleksandra Szmigiel – Reuters)

Les filles des Cavaliers de Virginia, championne universitaire par équipe, reviennent toutes des Jeux Olympiques de Tokyo avec au moins une médaille. Sur le 200m 4 nages, Alex Walsh et Kate Douglass remportent l’argent et le bronze. Paige Madden remporte l’argent avec le relais américain du 4x200m nage libre. Cela prouve la bonne santé du programme mené par Todd DeSorbo. 

L’autre nageur universitaire de la compétition a été Robert « Bobby » Finke.

La star de Florida crée la surprise avec une victoire sur le 800m nage libre et le 1500m nage libre. Personne n’attendait cet américain à Tokyo. En effet, le senior des Gators a saisi cette occasion pour surprendre tout le monde grâce à ses derniers 50m dévastateurs.

Sur les deux courses de demi-fond, le protégé d’Anthony Nesty (champion olympique du 100m papillon en 1988) a gagné grâce à son finish. Robert Finke a terminé le 1500m nage libre en 25“78, un temps plus rapide que le dernier 50m effectué sur 200m nage libre, 400m nage libre et 800m nage libre. Le finish du natif de St Petersburg est une arme fatale face à la concurrence.

Robert Finke Médaille Or Natation 800m JO Tokyo 2021
(Crédit photo : Molly Darlington – Reuters)

Robert Finke devient ainsi le premier américain à remporter le 1500m nage libre depuis 1984. Surtout, l’américain de 21 ans devient le premier champion olympique du 800m nage libre (l’épreuve était pour la première fois dans le programme olympique) et, logiquement, le premier à réaliser le doublé 800/1500 en natation.

Kieran Smith, son coéquipier à Florida, termine en bronze sur le 400m nage libre.

Après Tokyo, il faudra suivre ces nageurs en NCAA dès 2021-22

Plusieurs recrues qui arrivent en NCAA à partir de la prochaine saison ont évolué en natation aux Jeux Olympiques de Tokyo.

L’un des nageurs qui a été le plus suivi (en France) se prénomme Léon Marchand.

Le français, futur nageur de Arizona State, a été finaliste sur 400m 4 nages et demi-finaliste sur 200m papillon. Sur son épreuve de prédilection le 400m 4 nages, la recrue de Bob Bowman n’a pas démérité avec une 6ème place pour sa première finale olympique. Le toulousain a très longtemps joué une place sur le podium et a démontré qu’il n’avait aucune crainte et qu’il n’était pas intimidé par ses adversaires. Arizona State doit être très content d’avoir signé le jeune français avant les Jeux

On a aussi vu Noè Ponti en action.

Le futur nageur de NC State a remporté une médaille de bronze derrière les deux ogres Caeleb Dressel (5 médailles d’or aux Jeux Olympiques de Tokyo) et Kristof Milak (champion olympique du 200m papillon). Au 100m papillon, l’helvète a battu son record national en 50“74. Il devient ainsi le 3ème nageur suisse de l’histoire médaillé aux Jeux Olympiques.

Noe Ponti Médaille Bronze 100m Papillon JO Tokyo 2021
(Crédit photo : RTS Sport)

La présence de Regan Smith (Stanford) dans la Team USA a été remarqué.

Elle repart de Tokyo avec 3 médailles, dont l’argent sur 200m papillon et le bronze sur 100m dos. Regan Smith était aussi accompagnée de Torri Huske, future coéquipière à Stanford, finit à la 4ème place du 100m papillon pour un centième et remporte l’argent sur le relais 4 nages.

Du côté des Longhorns de Texas, Lydia Jacoby s’est imposée sur le 100m brasse, en 1’04“95, à la surprise générale.

La première nageuse de l’Etat d’Alaska a participé aux Jeux Olympiques à réaliser une performance ahurissante. Elle ne s’était jamais entraînée en grand bassin avec cette Olympiade puisque sa ville compte un seul bassin. La nageuse âgée de 17 ans remporte aussi l’argent avec la Team USA en relais 4 nages. Erica Sullivan, qui prend elle-aussi la direction de Texas à la rentrée, termine 2ème du 1500m nage libre derrière l’impressionnante Katie Ledecky.

La nouvelle recrue de Virginia, Emma Weyant, termine en argent sur le 400m 4 nages. À l’aide de cette nageuse, Todd DeSorbo pourrait construire une équipe presque intouchable en 2022.

Et plusieurs médaillées olympiques de gymnastique en ligne de front en 2021-22

La nouvelle législation de la NCAA sur l’obtention de revenus grâce aux droits à l’image va permettre à plusieurs gymnastes (comme d’autres athlètes) d’évoluer en NCAA et n’auront pas besoin de revenir sur leur engagement auprès d’une université.

C’est justement le cas de Sunisa Lee.

La récente championne olympique du concours général en gymnastique devrait bien rejoindre Auburn au début de la prochaine saison universitaire en 2022.

En raison de cette nouvelle législation, la brillante gymnaste qui a ému l’Amérique avec son histoire personnelle pourra percevoir la somme d’argent amassée grâce à ses exploits à Tokyo. On parle actuellement d’une somme d’un million de dollars grâce à ses médailles et sa page Instagram. Elle est passée de 600K à plus de 1 million d’abonnés en l’espace de quelques heures sur Instagram.

La gymnastique artistique universitaire aura l’honneur de compter dans ses rangs la nouvelle reine mondiale de la gymnastique artistique. Au même titre que Jadey Carey (Oregon State), championne olympique au sol, ainsi que Grace McCallum (Utah) et Jordan Chiles (UCLA), médaillées olympiques par équipe. 

À vrai dire, les nouvelles règles de la NCAA sur les droits à l’image devraient éviter la répétition de cas tels que Katie Ledecky, Simone Biles ou Mondo Duplantis, qui ont quitté la scène universitaire Cette saison, les athlètes n’auront pas à rejeter l’argent gagné à la sueur de leur front pour venir sur le circuit universitaire.