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Léon Marchand Natation Arizona State Commit 2020
(Crédit photo : @leon_marchand)

Léon Marchand s’engage à Arizona State : “l’objectif à long terme reste Paris en 2024”

Le 13 septembre dernier, Léon Marchand a surpris tout le monde en annonçant son intention de rejoindre l’Université de Arizona State à la rentrée en 2021.

Dans le monde de la natation, le nageur n’est plus un inconnu.

Aujourd’hui, il fait même partie des plus grands espoirs de la natation française.

Léon Marchand a toujours baigné dans les bassins olympiques. À vrai dire, il est né dans une famille de nageurs. Son père, Xavier Marchand, a été médaillé d’argent aux Championnats du Monde en 1998 à Perth, en Australie. Sa mère, Céline Bonnet, a participé aux Jeux Olympiques en 1992 à Barcelone, en Espagne. Et son oncle, Christophe Marchand, a lui été membre de l’Equipe de France Olympique en 1988 à Séoul, en Corée du Sud. 

Cependant, le jeune Toulousain de 18 ans a réussi à se créer son propre nom.

Léon Marchand, licencié aux Dauphins du TOEC, a réalisé une saison brillante en 2019.

Le spécialiste du 4 nages, de brasse et de papillon a remporté le titre de Champion de France du 200m papillon à seulement 17 ans, deux médailles de bronze aux championnats d’Europe juniors et une médaille de bronze aux Championnats du Monde juniors, où il a battu le record de France du 400m 4 nages (4:16.37).

Puis, il a fêté sa première qualification en Equipe de France A aux Championnats d’Europe de petit bassin à Glasgow. Lors de cette dernière compétition, le jeune nageur a pris part à la finale du 400m 4 nages. 

(Credit: Michel Viala)

Une réponse de Bob Bowman à un mail a suffi à Léon Marchand

Récemment, Léon Marchand a annoncé son envie de partir aux États-Unis pour rejoindre les Sun Devils d’Arizona State, où le programme de natation est mené par Bob Bowman.

L’homme qui a mené Michael Phelps aux 23 titres olympiques et 26 titres de champions du monde. 

Aux Etats-Unis, on peut allier sport de haut-niveau et études, c’est cool. La culture américaine et le niveau en natation, c’est autre chose, aussi.

J’ai envie de découvrir des nouvelles choses, d’autres gens, améliorer mon anglais et m’ouvrir un peu plus”. 

souligne Léon Marchand au micro de Midnight on Campus.

Et, pour son aventure américaine, le jeune nageur français a préféré Arizona State parce que l’université répondait à plusieurs de ses critères. 

Je cherchais des bassins découverts car c’est mieux quand on s’entraîne à 6 heures du matin.

Puis j’ai eu un très bon contact avec Bob (Bowman). On a fait pas mal de FaceTime et ça s’est très bien passé. On s’entend très bien. Il est très cool, humainement et sportivement. Le contact avec les autres entraineurs s’est aussi bien passé. Les assistants sont très motivants, gentils et attentionnés.

Le complexe, un peu comme partout aux Etats-Unis, est magnifique. L’équipe est vachement en train de progresser. Il commence à avoir un très bon groupe de 4 nages. D’ailleurs, il y a un porto-ricain (Jarod Arroyo, une des meilleurs recrues du pays) qui nage presque aussi vite que moi.

Et puis, Arizona State nage en grand bain lors des saisons olympiques. Il y a plein de bons facteurs.

explique Léon Marchand au micro de Midnight on Campus
(Credit: Arizona State Athletics)

Arizona State n’a pas été le premier choix de Léon Marchand.

Comme bien de jeunes nageurs talentueux, il a été contacté par plusieurs universités sur Instagram. “C’est pourquoi, il a été des difficiles de faire un choix” selon Léon Marchand. Le jeune Toulousain a eu le luxe d’être convoité par California, Stanford, USC et Alabama entre autre.

Son premier choix était California.

Les champions universitaires en titre de natation, entraînés par l’actuel head coach de la Team USA, Dave Durden (entraîneur actuel du triple champion olympique en 2016, Ryan Murphy, du champion olympique du 100m en 2012, Nathan Adrian, et du vice-champion olympique du 200m brasse en 2016, Josh Prenot), tenaient la corde. Toutefois, la prestigieuse université de Berkeley ne proposait pas une bourse complète au français.

Léon Marchand a été forcé de revoir ses plans.

(Le refus d’une bourse complète) a aiguillé mon choix. Je partais pour une bourse complète à 100 % sinon ça n’était pas possible pour moi.

affirme Léon Marchand au micro de Midnight on Campus

Cette recherche d’université n’a pas été de tout repos pour le nageur.

“La recherche n’était pas compliqué en soi mais le choix, oui” selon Léon Marchand. À partir du moment où California a annoncé ne pas offrir une bourse complète, Léon Marchand s’est vu dans l’obligation de renvoyer des mails à certaines écoles. 

“Berkeley n’offrait pas une bourse à 100%. Ils me l’ont dit assez tard et j’ai dû renvoyer des mails un peu partout. Je suis tombé sur Arizona State et je leur ai envoyé un mail.

Je me suis dit : Bob Bowman ne va pas répondre. C’est un assistant qui va s’en occuper. Et là, je reçois un mail de Bob en me disant qu’il est très intéressé.

J’avoue que je n’ai pas réussi à beaucoup dormir cette nuit-là.

Léon Marchand au micro de Midnight on Campus.

Se focaliser sur les Jeux Olympiques de 2021 avant de quitter la France

Après cette réponse par mail et les discussion avec Bob Bowman, le projet de Arizona State a fini par convaincre Léon Marchand. Le nageur a directement accroché avec le head coach, les entraineurs assistants et les nageurs de l’équipe. 

Dès que j’ai commencé à parler avec Bob, tous les nageurs se sont abonnés à moi et sont venus me parler. Une ambiance très familiale alors que pourtant je ne suis jamais allé là-bas.

J’y ai trouvé une ambiance bien adaptée pour moi.

souligne Léon Marchand.
(Credit : Charlie Leight/ASU Now)

Aujourd’hui, la pandémie du COVID-19 complique les visites et les rencontres avec les entraineurs pour les jeunes recrues. Léon Marchand n’a pas encore pu rencontrer en personne son futur head coach. Il a seulement été en contact avec les entraineurs et réalisé sa visite grâce à FaceTime et ZOOM.

Même la rencontre avec la promotion de 2025 a été faite par appel-vidéo.

Le français s’est bien préparé pour faire face à la pandémie. Effectivement, Léon Marchand s’est créé un réseau de contacts sur place afin de recevoir une aide lors des visites. 

“Donc, pour chaque université dans ma liste, j’avais 2 ou 3 contacts car je ne pouvais pas visiter les lieux à cause du COVID. Bien sûr, ils m’ont tous bien vendu le truc.

précise Léon Marchand au cours de l’entretien.

Léon Marchand pouvait partir pour les Etats-Unis dès cette année. Cependant, il ne se sentait pas encore prêt.

En accord avec Bob Bowman et son entraineur actuel, Nicolas Castel, ils ont décidé d’attendre un an afin de rester avec son coach de toujours et de se concentrer sur les Jeux Olympiques à venir en 2021, à Tokyo. Il faut également ajouter que Arizona State se prépare à réaliser une saison “blanche” à cause de la pandémie. L’Université ne devrait prendre part à aucune compétition universitaire cette saison, faute de pouvoir se préparer dans des bonnes conditions.

L’objectif de cette année est les Jeux Olympiques et les Championnats d’Europe. On va essayer de faire le max mais c’est compliqué.

On n’a plus trop de compétitions pour se tester même si on en a réalisé en privé avec le club. Là, ils ont tout annulé et même les étapes de Coupe du Monde qui devaient avoir lieu en octobre. Ça fout un peu les boules.

Mon objectif en décembre est de m’approcher le plus possible du temps de qualification lors des Championnats de France d’hiver, même si c’est compliqué de faire le 8ème temps des derniers Jeux. Après, j’aurai une dernière chance aux Championnats de France d’été en avril.

J’ai rien à perdre donc je vais tenter. Si je suis qualifié à Tokyo, j’irais pour donner le max.

Après, c’est sûr, l’objectif à long terme reste Paris en 2024.

affirme Léon Marchand au micro de Midnight on Campus.

Du coté des études, le Toulousain s’apprête à réaliser un an en informatique à l’université avant de rejoindre le campus universitaire de Tempe dans l’Arizona. Pour les Etats-Unis, il n’a pas encore choisi son cursus. Selon son futur head coach, il lui reste encore 3 à 4 mois pour prendre une décision. 

Avant la NCAA, les conseils de Yannick Agnel et Clément Lefert

Léon Marchand est très excité de se rendre à Arizona State et surtout de participer au circuit de natation universitaire. Cependant, il a tout de même un peu d’appréhension sur le fait d’être dans une équipe d’une quarantaine de nageurs et de partir loin de sa famille. 

J’ai vraiment envie de participer [au championnat américain] et, en plus, je serai dans la conférence Pac-12 avec les meilleures équipes.

[…]

Ça va faire bizarre d’être aussi loin. Après, je reviens pour les Championnats de France et mes parents vont souvent venir me voir (rires). J’ai toujours vécu chez mes parents, mais, je suis content de vivre ça. D’être dans une équipe, de gagner des points pour l’équipe, de vivre en communauté, ça va être sympa.

Et très différent de mon groupe du TOEC, où on est 12 nageurs.

précise Léon Marchand au micro de Midnight de Campus.

Les parents de Léon Marchand ont complètement adhéré à son choix. D’ailleurs, pour eux, un tel choix n’était pas totalement nouveau. Xavier Marchand (son père) a nagé dans le groupe professionnel de Auburn en fin de carrière

[Mes parents] m’ont dit : tu fais ce que tu veux. Si tu veux partir, vas-y. Que cela marche ou pas, ce sera une bonne expérience.

répond Léon Marchand au micro de Midnight on Campus.
(Credit : Xavier Marchand)

Avant de faire le choix en faveur d’Arizona State, Léon Marchand a décidé de consulter Yannick Agnel et Clément Lefert.

Yannick Agnel, double champion olympique en 2012, a été entraîné par Bob Bowman tandis que Clément Lefert, champion olympique avec le relais 4x100m, a lui nagé en NCAA sous les couleurs de USC.

Il ne pouvait qu’être bien aiguillé avant de prendre une décision finale.

J’ai parlé avec Yannick Agnel et Clément Lefert quand c’était compliqué de choisir. J’ai appelé [Yannick] pour savoir comment ça s’était passé pour lui-même et il m’a dit : “n’hésite pas à partir, Bob Bowman est incroyable humainement et tu vas t’éclater, là-bas.”

Et puis il m’a expliqué pourquoi cela avait été compliquer pour lui.

confirme Léon Marchand au micro de Midnight on Campus

Il est vrai que l’aventure américaine de Yannick Agnel auprès de Bob Bowman n’a pas été formidable dans le plan sportif. Cependant, ils n’ont dit que du bien sur l’entraîneur américain.

Je me sens prêt.

Après, c’est dans un an donc il est difficile de me projeter. J’essaye de me concentrer sur cette année. Et, en ce moment, je suis hyper bien là où je suis. J’habite à côté de la piscine, j’évolue dans un superbe groupe, avec un bon entraîneur et dans de bonnes conditions.

Je suis content que le TOEC me suive dans mon aventure. D’ailleurs, Yannick Agnel m’avait dit qu’il était important d’avoir un support en France car Bob [Bowman] ne pourra pas m’entraîner lors des grandes compétitions.

souligne Léon Marchand au micro de Midnight on Campus.
(Credit : @leon_marchand)

Léon Marchand a eu de la chance que son entraineur actuel et son futur head coach soient rentrés en contact. Pourquoi ? Bob Bowman essaye de connaitre au mieux sa nouvelle recrue

Bob Bowman est rentré en contact avec Nico (Nicolas Castel ; ndlr). De plus, c’est marrant, mais ce n’est pas lui qui a montré ses méthodes mais il a plutôt demandé comment je nageais.

Du coup, on parle souvent.

Il me demande mes séries, il me montre des entraînements qu’il a fait avec Michael Phelps. C’est assez motivant et ça donne envie de nager.

raconte Léon Marchand au micro de Midnight on Campus

Toutefois, à la rentrée en 2021, Léon Marchand devra quitter Nicolas Castel et son groupe d’entraînement de Toulouse afin de prendre la direction de Tempe (Arizona). Le nageur espoirs devra apprendre à travailler différemment. Il devra passer d’un groupe de 12 nageurs à un groupe de plus de 40 nageurs.

À vrai dire, le changement va être colossal. 

Nicolas [Castel] me connaît parfaitement. Il sait comment je marche et pourquoi cela n’avance pas parfois.

Là, c’est sûr que je vais arriver dans un groupe de 40 et que ça va être different mais ça me va. C’est surtout bizarre de quitter Nicolas et le club. Mais, je vais les revoir et renager avec eux.

affirme Léon Marchand au micro de Midnight on Campus

Léon Marchand part avec l’ambition de briller aux Etats-Unis

Léon Marchand, détenteur du record de France du 400m 4 nages, a signé avec Arizona State en ayant l’ambition de briller en NCAA. Il veut ramener des points pour sa nouvelle équipe et d’être un nageur important au sein de l’équipe des Sun Devils. 

Cette saison est une saison “blanche” pour toute l’équipe. En 2021, Bob Bowman arrivera avec une équipe prête et avec l’ambition de jouer les premiers rôles en conférence Pac-12 et à l’échelle nationale.

Un plus pour Léon Marchand.

Le nageur a hâte de se retrouver dans le circuit universitaire car le futur de cette ligue s’annonce palpitant. La plupart des grands espoirs de la natation mondiale ont pris la direction de la NCAA pour 2020 ou 2021. Léon Marchand pourrait se retrouver à nager face à Luca Urlando (Georgia), Carson Foster (Texas), Josh Matheny (Indiana), Jake Foster (Texas) ou Tim Connery (Texas) tous les week-ends. 

Oui, cela fait partie d’une des raisons [de mon départ pour les Etats-Unis]. Parce qu’il y a les meilleurs juniors du monde. Cela donne envie. On va se retrouver en compétition et en duel plus qu’en France. Cela donne envie de jouer avec eux.

confirme Léon Marchand au micro de Midnight on Campus.

Léon Marchand n’a pas peur, non plus, du 25 yards puisqu’il adore le 25m.

J’aime bien le bassin de 25m. J’aime les parties techniques. Je n’ai jamais fait de yard, ce sera donc une découverte mais je pense que ça va être cool.

Cela fera un peu moins de natation mais plus de virages et de coulées (rires).

précise Léon Marchand lors de notre entretien.
(Credit: G.Scala)

Aux Etats-Unis, Léon Marchand sera confronté aux meilleurs nageurs américains toute l’année et au quotidien. Cette confrontation devrait sans doute aider le nageur pour son avenir. De plus, à Arizona State, il pourra côtoyer des nageurs de qualité tels que Grant House, le dossiste Zach Poti et Jarod Arroyo.

Il ne faut pas oublier qu’il pourra croiser Michael Phelps de temps en temps dans les bassins du Mona Plummer Aquatic Complex. Et, par contre, c’est une autre paire de manches.

Non et non, je ne me sens pas prêt du tout pour ça.

plaisante Léon Marchand en conclusion de l’entretien à notre micro.
(Credit: Youtube, Léon Marchand)
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