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(Crédit photo : John Bazemore-AP Photo)

Georgia en patron, le retour de ‘DBU’ à Texas et bien plus : tous les faits marquants de cette Early Signing Period

Non, vous n’avez pas mal lu, des lycéens ont bel et bien signé leur “National Letter of Intent” bien que l’on soit en décembre.

C’est effectivement une petite révolution qui s’est installée dans le monde du recrutement universitaire. Si le fameux “Nationa Signing Day” qui se déroule en février n’a pas disparu, les prospects de tout le pays avaient pour la première fois la possibilité de s’engager auprès d’un programme entre le 20 et le 22 décembre, pour ce que l’on appelle désormais la “Early Signing Period”.

Mais outre le fait que ce nouveau fonctionnement fasse débat, ces trois jours ont été extrêmement déterminants pour chaque université puisqu’elles jouaient leur futur en recrutant les meilleurs lycéens disponibles.

Sans surprise, les cadors du football universitaire ont raflé la plupart des prospects 5-étoiles tandis que les universités de second rideau ont été forcées de se battre pour boucler au plus vite certains dossiers avant que le joueur n’aille voir ailleurs.

Georgia a enfilé le costume de patron

Depuis la classe de recrutement de 2011, Alabama a tout raflé sur son passage, empochant les meilleurs prospects à n’importe quel poste ; mais cette domination à outrance semble avoir pris fin.

Georgia a en effet signé de très gros morceaux pour compter, finalement, 24 signatures dont 6 venant de recrues 5-étoiles.

Si Kirby Smart a repris les rênes du programme en 2016, cette exceptionnelle classe de recrutement n’est pas qu’une simple coïncidence avec l’arrivée de l’ancien coordinateur défensif du Crimson Tide. Ce dernier participait activement au recrutement d’Alabama durant de longues années. Le nombre incalculable de liens qu’il a pu créer auprès de nombreux scouts lui a permis de faire signer un paquet de talents cette année, sans aucun doute.

Les Bulldogs sont tout simplement la première équipe à signer 7 des 30 meilleurs recrues classées dans l’ESPN 300 (créé en 2006).

Justin Fields, le meilleur quarterback dual-threat ? Signé.

Zamir White, le running back le mieux classé ? Signé.

Jamaree Salyer (offensive guard) et Cade Mays (offensive tackle), qui pourraient faire de la ligne offensive de Georgia un rouleau compresseur ? Signés.

Ah, et puis du côté défensif, le meilleur outside linebacker du pays, Adam Anderson, et le deuxième plus haut classé defensive end, Brendan Cox, ont été signés également.

Mais au-delà de ces six recrues cinq étoiles, Kirby Smart et son staff ont réussi à se mettre dans la poche bon nombre de recrues 4-étoiles à l’image du running back James Cook (#3 à son poste) et Luke Ford (#2 parmi les tight ends). De plus, Georgia a prouvé que la suprématie d’Alabama prenait fin cette année en allant voler au nez et à la barbe du Crimson Tide le cornerback 4-étoiles Nadab Joseph qui s’apprêtait à s’envoler pour Alabama.

Finalement, grâce à ce recrutement impressionnant, Georgia est vue sans surprise comme l’université ayant réussi le meilleur recrutement selon le classement de 247Sports.

Clemson vers les sommets au finish

Alors que bon nombre de programmes n’avaient plus qu’à officialiser l’arrivée de leurs recrues en les faisant signer, Clemson s’est véritablement construit une classe de recrutement de haute voltige mercredi.

Evidemment, le quarterback Trevor Lawrence (#1) et le defensive end Xavier Thomas (#3) étaient quasiment certains de s’engager avec les Tigers depuis des mois, et cela a été réalisé sans surprise, mais Dabo Swinney a réussi deux énormes coups en moins de 24 heures.

La plus belle acquisition reste celle de Jackson Carman. Classé comme meilleure recrue de l’Etat de l’Ohio, l’offensive tackle était dans les petits papiers de Urban Meyer avec lequel les contacts étaient forts. Mais c’est finalement Dabo Swinney qui a réussi à l’attirer et l’engager chez les Tigers.

Clemson ajoute également à son effectif de 2018 un autre lineman défensif d’élite, K.J. Henry, qui a choisi les Tigers plutôt que South Carolina, Virginia Tech, Georgia ou Alabama.

Dabo Swinney peut être content de son travail, et comme il s’est amusé à dire : “Noël est arrivé en avance“.

Texas veut retrouver le nom de “DBU”

A son arrivée à la tête d’un programme, un nouveau head coach a besoin de temps pour s’installer. Ce fut le cas de Tom Herman. Après un an à préparer le terrain, il est récompensé cette année de son exceptionnel travail.

Alors que B.J. Foster (#1 chez les safeties), Caden Sterns (#3 au même poste), Jalen Green (#4 parmi les cornerbacks), DeMarvion Overshown (#7 encore chez les safeties) et D’Shawn Jamison (#12 des cornerbacks) ont signé sans retournement de situation catastrophique, les Longhorns ont mis la main sur un autre prospect très courtisé : Anthony Cook.

LSU et Ohio State étaient également en pôle position mais le cornerback classé #5 a donné son accord auprès de Texas en fin de compte. Les Longhorns se sont construits une armada exceptionnelle de defensive backs, peut être la meilleure de l’histoire.

Le programme veut retrouver sa réputation de “Defensive Back University”, comme au bon vieux temps.

“Je ne veux pas entrer dans la discussion sur qui est la DBU ou qui ne l’est pas, mais je dirais que notre histoire des defensive backs est parmi la meilleure dans le pays”, raconte Tom Herman.

Le principal est là pour Texas : huit des douze meilleures recrues de l’Etat, dont les cinq premières, se sont engagées avec l’université. L’effectif est désormais rempli de talents transcendants en défense contre la passe qui ils pourront faire la loi dans la conférence Big 12.

Surprise, Alabama a dû se battre

Attention, la classe de recrutement du Crimson Tide est comme chaque année impressionnante. Mais on a pu voir lors de cette Early Signing Period que Nick Saban et son staff n’ont pas pu attirer les meilleurs prospects avec la même facilité que lors des dernières saisons.

Et c’est bien là que l’on observe un changement : Alabama n’est plus seule au monde.

Il suffit de se pencher sur le classement par équipes de 247Sports pour constater cette petite révolution. Depuis 2011, le programme scrutait la première place alors que pour cette classe de recrutement, Alabama ne se classe “que” cinquième pour le moment.

Alabama avait dans son viseur Emory Jones (#4 DUAL), il a signé à Florida. Nick Saban était à deux doigts de conclure l’affaire avec le meilleur tight end en JUCO, Dominick Wood-Anderson, mais ce dernier s’est engagé avec Tennessee. Et enfin, le Crimson Tide était également sur le dossier de Brenton Cox (defensive end 5-étoiles) lorsqu’il a officialisé son désengagement de Ohio State au début de mois de décembre… avant que Georgia obtienne finalement sa signature.

Evidemment, de nombreuses excellentes recrues arriveront prochainement sur le campus de Tuscaloosa à l’image du defensive end Eyabi Anoma, mais cette classe de recrutement n’est pas aussi productive qu’espérée tandis que les concurrents de la conférence SEC se sont très bien renforcés.

Ohio State peut se mordre les doigts

Les Buckeyes auraient pu se construire une classe de recrutement 2018 fantastique. Ohio State a officialisé l’arrivée des recrues 5-étoiles Taron Vincent (#13) et Jaelen Gill (#24) ainsi que 16 (!) autres joueurs classés 4-étoiles pour faire du programme le deuxième classé par 247Sports.

Cependant, Urban Meyer n’a pas réussi à conclure d’autres dossiers très chauds qui lui ont filé entre les mains.

Cela fut très surprenant de voir Jackson Carman s’envoler pour Clemson alors que les Buckeyes avaient la main dessus. Au-delà de cette signature inattendue, il est surtout inquiétant pour Ohio State de voir que les prospects de l’Etat n’hésitent plus à aller voir ailleurs alors que le programme mettait très souvent la main dessus auparavant.

Le choix du quarterback dual-threat Emory Jones de rejoindre Florida et la signature de Jaiden Woodbey (#2 parmi les safeties) à Florida State n’ont pas arrangé les choses.

Ce mois de décembre est vite à oublier pour Ohio State. Après sa non-sélection pour le College Football Playoff, le programme a également connu quelques désillusions en terme de recrutement.

En bref, ailleurs dans le pays :

  • Dan Mullen n’a pas perdu son temps : Arrivé fin nombre novembre sur le campus, le nouvel head coach des Gators a peut-être réglé le gros soucis au niveau du poste de quarterback en signant le QB dual-threat Emory Jones malgré le fort intérêt d’Alabama et du rival de Florida State. La perte de Matt Corral vers Ole Miss a vite été oubliée. Qui plus est, sept autres recrues 4-étoiles se sont engagées avec Florida.
  • Penn State à l’abri des regards : Sans faire trop de bruit, les formulaires d’inscription ont tourné à plein régime lors de cette “Early Signing Period” avec un total de 22 signatures. Parmi celles-ci, la plus importante reste sans aucun doute celle du defensive end Micah Parsons, le quatrième meilleur prospect du pays. Deux autres recrues 5-étoiles ont rejoint les Nittany Lions dont Justin Shorter (#3 à son poste), un receveur ultra polyvalent.
  • UCLA en difficulté : L’infériorité de UCLA par rapport à USC s’est également renforcée cette année quand les Bruins ont vu Abdul-Malik McClain (defensive end 4-étoiles) s’engager avec les Trojans alors qu’il était tombé d’accord pour rejoindre UCLA précédemment. De plus, Jahan Dotson (receveur 4-étoiles) leur a aussi échappé puisqu’il a décidé de signer à Penn State juste après avoir annoncé son désengagement des Bruins. Deux gros coups durs pour le nouvel arrivant Chip Kelly sur le campus de Westwood.
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