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Will Healy Charlotte Football Sideline 2019
(Crédit photo : Joshua Komer - Charlotte Observer)

Will Healy écrit l’histoire à Charlotte, un an après Austin Peay (FCS)

A 34 ans, Will Healy a mené Charlotte jusqu’aux Bahamas pour le premier Bowl de l’histoire du programme, après 5 ans d’existence dans l’élite du football universitaire.

Et, pourtant, il n’avait aucune expérience de head coach lorsqu’il est arrivé sur le campus de Austin Peay, en 2016. Et il n’est entré dans le monde du coaching qu’en 2008, à la fin de sa carrière de joueur, à Richmond.

Le jeune homme réalise des miracles dès sa première saison à la direction des 49ers. Alors que Charlotte n’avait remporté que 12 rencontres en 4 saisons, Will Healy pose ses valises dans la banlieue nord-est de la capitale de Caroline du Nord et l’équipe termine la saison régulière avec 7 succès.

Tout ne partait pas sur les bons rails, cependant.

Will Healy obtient une victoire pour son premier match à Charlotte, face à Gardner-Webb (FCS). Mais, bien que les 49ers s’imposent face à UMass en 3ème semaine, il faut attendre le 26 octobre pour que l’équipe batte un adversaire de C-USA.

5 défaites sur les 7 premiers matchs. Avec des voyages compliquées à Appalachian State, une des meilleures équipes du “Group of Five”, à Clemson (pour un blowout évident) et à Western Kentucky.

Sauf que cette défaite chez les Hilltoppers marque un tournant dans la saison. En effet, elle reste encore, à l’heure actuelle, le dernier faux-pas des 49ers.

Charlotte a conclu en trombe le mois de novembre, avec 5 victoires consécutives, et un total de succès suffisant pour accéder à l’après-saison. Et quelle meilleure expérience qu’un voyage à Nassau pour le Bahamas Bowl.

Mais il serait bien naïf de considérer un tel événement comme un exploit. Will Healy n’en est pas à son premier coup d’essai.

Avant Charlotte, une page d’histoire à Austin Peay

Will Healy est un visage relativement neuf dans le monde fermé des entraineurs en football universitaire. Jeune trentenaire, son nom résonne aujourd’hui en FBS grâce à ses premiers exploits en FCS.

Après une transition entre joueur et entraineur pendant 6 ans à Chattanooga, en tant qu’assistant, il se mouille les pieds à Austin Peay.

Ce n’était pas un cadeau que d’hériter de la direction d’une équipe qui ressemble davantage à un champ de bataille du Seigneur des Anneaux (imaginez le paysage de la bataille de Minas Tirith, mais, en pire, et après la guerre). Les Governors restaient sur 34 défaites en 35 matchs quand il arrive à Clarksville, dans le Tennessee, avec une mission impossible sur les bras.

La première saison ? Will Healy ne brise pas la glace et Austin Peay conclut avec une nouvelle saison à 11 revers, pour aucun succès. 45 défaites en 46 matchs.

Et puis, un déclic se produit en 2017.

Une série de 29 défaites consécutives prend fin dans un engouement national face à Morehead State. Puis, une deuxième victoire s’enchaine dans la foulée et les Governors réalisent même la passe de trois en reversant #18 UT-Martin.

Après une traversée du désert plus aride que l’Atacama, Austin Peay s’en sort avec un record miraculeux de 8-4 dès la seconde saison de Will Healy.

Ses assistants se sont rapidement faits la malle pour des postes plus convoités. Marcus West a pris la ligne défensive de Minnesota en charge, Eddie Hicks est devenu l’assistant en charge des défensive backs de Southern Miss, Max Thurmond a récupéré le poste de coordinateur défensif de Central Arkansas et Sean Dawkins a été servi avec la direction des running backs de Troy.

La première chose que Will Healy réalise en étant promu à Charlotte ? Réunir ses anciens collègues auprès de lui.

C’était l’opportunité de les rappeler. Mais c’était aussi une façon de valider ce que je fais et ce que l’on fait. Je recrute mon staff plus dur que n’importe quel joueur parce que ce sont les gars qui font la différence.

En tant que jeune entraineur dans la profession, tout le monde te dit : “Tu ne peux pas embaucher tes amis, ce n’est pas une fête”. Mais mes amis sont les personnes avec qui je peux être le plus honnête. Et ce sont eux qui sont le plus honnête avec moi.

avoue Will Healy au micro de Nicole Auerbach, pour The Athletic.

La deuxième version de leur concert, sur la scène de Charlotte, devait commencer quelque part. Et tous les entraineurs ont décidé de louer une maison pour évaluer leur nouvelle équipe et décide de la marche à suivre.

10 hommes enfermés dans une maison pendant 2 mois, à travailler et à rigoler entre amis. Ne soyez pas surpris que la maison a été vite surnommée la “Frat House”.

On quittait les bureaux à 21 ou 22 heures, en bossant le recrutement ou en parlant des joueurs. Ensuite, on se rend à la maison et on argumente sur les jeux, sur des sports, sur n’importe quoi. On avait la “Frat House” et on était quelque peu en transit. On ne dormait pas beaucoup ; mais je recommencerais n’importe quand.

explique Marcus West, actuel co-coordinateur défensif de Charlotte, à The Athletic.

Et c’est de cette manière, avec une maison investie par une bande d’amis à la charge d’une équipe de football, que Charlotte a posé les fondations d’une saison historique qui les mène aujourd’hui aux Bahamas, face à Buffalo.

En direction des Bahamas, masque et tuba collés sur le visage

A 34 ans, Will Healy apporte un vent de fraicheur aux 49ers.

Outre le résultat comptant et les 7 victoires d’ores et déjà acquises, Charlotte a franchi un pallier vers la mi-saison. Au retour de la mi-temps face à Western Kentucky, la défense s’est révélée et a maintenu les Hilltoppers sans aucun point marqué lors des 19 dernières minutes.

Et puis les choses se sont enchainées et Charlotte a terminé avec une série de 5 succès.

Le quarterback redshirt sophomore Chris Reynolds a lancé plus de 300 yards à deux reprises, pour 9 TDs et 4 INTs. Le running back Benny LeMay a franchi la barre des 1.000 yards parcourus sur la saison (malgré une absence de 2 rencontres). Et le receveur Victor Tucker n’est plus qu’à 152 yards d’une saison à plus de 1.000 yards à la réception.

Mais les plus belles performances sont celles de la défense, et notamment, celle du pass-rush. Le defensive end Alex Highsmith a acquis le deuxième meilleur total de sacks en FBS (14) et a été nommé dans la AP Third Team All-American. Et, avec son collègue Markees Watts (9.5 sacks), les 49ers ont accumulé près de 36 sacks.

Et, Will Healy, énergique tel un enfant de 6 ans (dont il porte la marque sur les jeunes traits de son visage), souhaitait célébrer cette première participation à un Bowl avec une entrée digne des Bahamas.

Avec des palmes aux pieds et le duo masque-tuba fixé sur le visage.

Son approche unique et dynamique du coaching prend tout son sens au travers de cette révélation originale de la qualification au Bahamas Bowl. Et il avait même un plan.

Au petit matin, le 1er décembre dernier, il donne sa propre carte bancaire à un assistant pour qu’il achète un accoutrement de plongeur. Mais les réseaux sociaux sont très forts et les joueurs apprennent petit à petit que Charlotte a obtenu une invitation pour le Bahamas Bowl.

Mais rien ne pouvait gâcher la surprise de Will Healy.

C’est ce que j’avais prévu de faire. Personne ne va me voler la vedette. Je vais rentrer dans la pièce et leur dire où est-ce que l’on va pour le Bowl.

Je ne peux pas imaginer un groupe avec lequel je préférerais être aux Bahamas.

Notre staff obtient la chance d’y aller. C’est comme si on prenait des vacances tous ensemble, et pour nos joueurs, c’est leur première expérience d’un Bowl. L’expérience est pour moi ce qui fait un Bowl.

Ce n’est pas comme si je n’avais jamais participé à un Bowl auparavant, mais, cela doit être vrai, non ?

explique Will Healy, toujours, à Nicole Auerbach (The Athletic).
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