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Sarah Fuller Vanderbilt Commodores vs Missouri Helmet Sticker 2020
(Crédit photo : Vanderbilt Commodores Athletics)

Sarah Fuller a tapé un grand coup dans la fourmilière à Vanderbilt

Sarah Fuller foule le gazon du Faurot Field de Missouri pour la première fois au début de la seconde période. Elle tape le ballon dans l’aire de jeu. Et une nouvelle page de l’histoire du football universitaire est écrite.

Le kickoff de la 2ème mi-temps ne sera, finalement, que la seule (et peut-être dernière) apparition de Sarah Fuller sous les couleurs de Vanderbilt. L’attaque des Commodores a été incapable de lui donner une autre opportunité, que ce soit un field goal ou une transformation. Mais, elle a captivé l’audience et a donné plus d’intérêt à regarder cette équipe que l’ensemble de ses coéquipiers masculins réunis.

Et, plus important encore, elle est devenue la première femme de l’histoire à participer à une rencontre de football dans une conférence du Power Five.

Sarah Fuller n’avait pas vocation à changer le cours de la rencontre.

Elle devait “simplement” réaliser une seule tâche : ne pas commettre d’erreur.

A l’instant présent du kickoff, pour donner une position décente à l’équipe de football de Vanderbilt. Et dans le futur, pour donner de l’espoir à toutes les petites filles qui l’ont regardé avec des étoiles pleins les yeux.

Un “squib kick” intentionnel et parfaitement réussi plus tard (n’en déplaises aux misogynes qui estiment que le coup de pied était manqué et montre que les femmes n’ont pas leur place dans le sport), Sarah Fuller a réussi ses missions avec brio.

Sarah Fuller a montré que ce sport n’était pas limité à un seul sexe. On avait besoin d’elle et elle a réalisé le boulot qu’on attendait d’elle.

explique Derek Mason en conférence de presse d’après-match.
Sarah Fuller Vanderbilt Commodores vs Missouri Kickoff
(Crédit photo : Vanderbilt Commodores Athletics)

D’une finale de conférence SEC en soccer… à l’histoire en football

Le destin de Derek Mason est intimement lié avec celui de Sarah Fuller. Il a facilité l’écriture d’une nouvelle page d’histoire… et l’ultime chapitre de son aventure décevante avec les Commodores.

Comme un passage de témoin entre l’ancienne version de Vanderbilt et la nouvelle.

Une semaine avant la rencontre face à Missouri, Sarah Fuller remportait la finale de conférence SEC de soccer féminin dans l’Alabama avec ses coéquipières. Elle a joué un rôle crucial dans la victoire finale de son équipe, au poste de gardienne de but, en n’autorisant que 4 buts en 4 matchs. Et, puis, son destin a basculé.

Une épidémie de COVID-19 au sein du groupe de spécialistes de l’équipe de football a forcé Derek Mason à trouver des solutions pour aligner une équipe complète face à Missouri. Il fallait trouver un kicker. Aucune option viable n’existait dans l’équipe et Vanderbilt ne possède pas de programme de soccer masculin.

C’est alors qu’il se tourne vers Darren Ambrose, head coach de l’équipe de soccer féminin.

J’ai vu beaucoup de gars rater des field goals et des transformations, vous savez. Certaines hommes ne savent taper dans le ballon. Sarah [Fuller] sait taper.

lance Darren Ambrose dans un entretien avec The Athletic.

Sarah Fuller, qui n’est apparu que lors de 2 matchs au cours de ses 3 premières saisons universitaires, est devenue une pièce maitresse de l’équipe en tant que gardienne de but senior. Et, en cours de semaine, elle obtient une chance de jouer avec l’équipe de football.

Quand Sarah Fuller change la trajectoire de Vanderbilt

Sarah Fuller avait-elle peur de cette grande première ? Pas vraiment, faut-il croire.

J’avais plus le trac pour la finale (de soccer féminin ; ndlr) de conférence SEC. Aller sur le terrain pour taper dans un ballon n’était pas si terrible.

précise Sarah Fuller.

Cette rencontre s’est également révélé être la dernière apparition de Derek Mason à la tête de l’équipe de football. L’Université de Vanderbilt l’a remercié de ses fonctions moins de 24 heures après le moment historique auquel il a participé.

Etait-ce une répercussion directe de son choix de faire appel à Sarah Fuller ? Non… et oui, en même temps.

Le simple fait de lancer une jeune femme sur un terrain de football universitaire est louable et doit être célébré. Mais, en voulant bien faire et sans l’avoir voulu en premier lieu, le coup de fouet novateur apporté par Sarah Fuller a permis de se rendre compte ce qui n’allait plus dans le programme de football à Vanderbilt.

Sarah Fuller Vanderbilt Commodores vs Missouri Kickoff Handshake
(Crédit photo : Vanderbilt Commodores Athletics)
Sarah Fuller Vanderbilt Commodores vs Missouri Handshake Coach
(Crédit photo : Vanderbilt Commodores Athletics)

La culture des Commodores a sombré dans l’apathie générale et la passion a disparu des rangs de l’équipe. Le temps où James Franklin faisait trembler la conférence SEC est bien révolu. Et ce n’est pas une surprise de voir que Vanderbilt propose un record de 0-8 en 2020 et de 27-55 depuis l’arrivée de l’ancien coordinateur défensif de Stanford en 2014.

Avec une vision différente qu’elle tire de son expérience du soccer, Sarah Fuller n’a pas hésité à continuer sur sa lancée et a tapé dans la fourmilière.

Son intervention dans les vestiaires à la mi-temps a sans doute signé définitivement le renvoi de Derek Mason.

Si je suis honnête, je dois dire que j’étais énervée de voir que tout le monde était silencieux sur le bord de touche. On a obtenu un first down et j’étais la seule à supporter l’équipe. C’est quoi ce bordel ? Qu’est-ce qu’il se passe ? J’ai essayé de les motiver et de leur dire de pousser leur équipe.

Pendant le tournoi de conférence SEC [en soccer féminin], l’ensemble de l’équipe se supportait tout le temps. Cela n’avait aucune importance si on était dans les vestiaires ou sur le bord du terrain. Je pense que c’est cela qui nous a permis de gagner le titre. On se supportait sans arrêt.

Je suis allé dans le vestiaire et j’ai dit exactement ce que je pensais.

On a besoin de se soutenir les uns les autres. C’est comme cela que l’on gagne des matchs et c’est comme cela qu’on s’améliore, en se disant les choses à voix haute. Et je leur ai dit les choses à voix haute. Il faut qu’on se supporte tous.

Si on obtient un first down ou si on lance une interception, c’est de notre faute. Il faut qu’on s’aide pour s’améliorer. C’est comme cela qu’une équipe fonctionne. Je pense que cette équipe [de football] a galéré et c’est en partie la raison. Il faut vraiment reconstruire cette camaraderie où on peut tous se reposer sur quelqu’un d’autre.

Hey, on est tous là pour s’aider et je voulais juste apporter cela à l’équipe.

développe Sarah Fuller dans une conférence de presse sur Zoom après la rencontre, selon Courtney Cronin.

Dans la lignée d’autres femmes en football

Sarah Fuller n’a pas été le première femme à apparaitre sur un terrain de football ; tout court. D’autres pionnières ont ouvert les pages d’histoire avant elle. Et, je suis prêt à parier qu’elles ne seront pas les dernières à marcher sur un gazon de football.

L’excellence exigée à ces femmes est assurément démesurée, comme le souligne Nicole Auerbach de The Athletic.

La moindre erreur minuscule peut effacer des décennies d’effort (alors qu’on oublie celles des hommes dès le lendemain).

Les standards associés aux minorités, dans un sport érigé en fer de lance des instances traditionnelles et représentatif de la “vraie” Amérique blanche et religieuse, d’autant plus dans le monde universitaire, sont disproportionnés. Souvenez-vous de la lutte des afro-américaines dans les années 50, 60 et 70 pour intégrer une équipe de football. Souvenez-vous, il y a quelques années, des remous médiatiques (malheureusement tombés dans l’oubli) par rapport à l’acceptation de joueurs ouvertement homosexuels dans un vestiaire de football.

La même situation se déroule aujourd’hui et devrait se prolonger dans les années à venir avec l’assimilation de femmes dans le monde du football.

Sarah Fuller Vanderbilt Commodores Soccer Football
(Crédit photo : @SarahFuller_27)
Sarah Fuller Vanderbilt Commodores vs Missouri Préparation Touche
(Crédit photo : Vanderbilt Commodores Athletics)

Katie Hnida a marqué l’histoire avant Sarah Fuller.

Après avoir porté le maillot de Colorado entre 1999 et 2001, sans jamais foulé le terrain, elle a décidé de quitter les Buffaloes pour rejoindre les Lobos de New Mexico. Là-bas, elle est devenue la première femme à jouer en FBS lors du Las Vegas Bowl en 2002, contre UCLA ; mais sa tentative de transformation a été bloquée. Le 30 août 2003, elle est devenue la première femme à marquer un point lorsqu’elle a réussi 2 transformations face à Texas State.

April Goss est devenue la seconde femme à marquer un point en FBS, en réussissant une transformation avec Kent State en 2015.

Chaque femme doit en inspirer d’autres pour espérer, un jour, briser la glace des préjugés et des critiques. Sarah Fuller a rempli un tel rôle de fort belle manière à Vanderbilt.

Le combat continue.

Je veux tout simplement dire à toutes les filles que vous pouvez réaliser tout ce que vous vous décidez à faire. Vous le pouvez vraiment. Et si vous avez cette force mentale jusqu’au bout du chemin, vous pouvez faire de grandes choses.

partage Sarah Fuller à SEC Network à la fin du match contre Missouri.
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