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Justin Fields Ohio State vs Clemson Fiesta Bowl College Football Playoff 2019
(Crédit photo : Casey Cascaldo - The Lantern)

Ohio State s’est incliné à cause de l’ADN du champion de Clemson, pas des arbitres

Les esprits sont chauffés à blanc après la défaite de Ohio State, face à Clemson. Tout le monde veut mettre son grain de sel dans la conversation, et, selon certaines bouches, les arbitres auraient volé la victoire des Buckeyes.

“Le momentum a changé de bord après l’éjection de Shaun Wade pour un targeting inexistant.”

“L’annulation du fumble retourné en touchdown est une honte.”

N’attendons pas une ligne supplémentaire et replaçons la balle au milieu du terrain tout de suite : Ohio State s’est incliné au Fiesta Bowl à cause de ses propres erreurs… et certainement pas à cause des arbitres.

Que cela plaise ou non aux supporters et aux pseudo-omniscients du football universitaire, tirer à boulets rouges sur le corps arbitral ne change en rien le résultat final. Au mieux, le brassage d’une telle quantité d’air permet de ventiler les cerveaux surchauffés après l’une des demi-finales les plus excitantes de l’existence du College Football Playoff.

Il existe un peu de vrai et beaucoup de faux sur les décisions arbitrales. Elles font entièrement partie du scénario de la rencontre et il est impossible de les omettre de l’équation.

Toutefois, si vous cherchez une explication à la défaite des Buckeyes, il faut tourner le regard vers les hommes habillés de rouge écarlate plutôt que ceux bariolés de rayures noires et blanches.

Une bonne fois pour toute : le sack de Shaun Wade mérite un “targeting”

Le premier “tournant” du match arrive à 5 minutes de la mi-temps. Ohio State tient la partie du bon bout et domine outrageusement Clemson. Les Buckeyes, devant 16-0 au score, se reposent sur une attaque rapide et une défense agressive.

D’ailleurs, cette agressivité de la défense leur a coûté cher.

Ohio State appelle un “delayed blitz” parfaitement déguisé et Shaun Wade obtient de cette manière une ligne complètement dégagée jusqu’à Trevor Lawrence. Il ne se fait pas prier et fonce tête baissée sur le quarterback des Tigers.

Il ne manque pas le sack sur 3rd down pour mettre un terme à la série.

Mais, après visionnage, il est sanctionné d’une pénalité. Le fameux et houleux “targeting” et le cornerback sophomore est éjecté sur le champ. Quelques actions plus tard, Clemson inscrit ses premiers points et recolle au score.

Ohio State prend un coup sur le casque et se relève difficilement de cette décision. Trevor Lawrence, en grand opportuniste, assomme d’autant plus les Buckeyes et déploie ses grands compas pour doubler la mise sur une course de 67 yards.

Sans briller outre mesure, Clemson rentre aux vestiaires avec 2 points de retard (14-16) en capitalisant au maximum des erreurs de Ohio State. Et il ne s’agit que de la première occurence d’une tendance qui jouera, au final, en faveur de la victoire des Tigers.

Mais, alors qu’il faudrait mettre en avant le gène “clutch” de Clemson, tout le monde est bloqué sur l’éjection de Shaun Wade alors qu’elle ne devrait susciter aucune discussion.

La décision de “targeting” est totalement logique et méritée. Point barre.

  1. Le sommet du casque projeté vers l’avant.
  2. Un contact entre casque contre casque.
  3. Trevor Lawrence est considéré sans défense (à ce moment-là).

La règle du “targeting” ne pourrait pas être plus explicite qu’à cette occasion. Elle a même été amendé au cours de l’intersaison pour que les arbitres puissent appliquer la pénalité rétroactivement, s’ils l’ont manqué au cours de l’action réelle. Les arbitres ont suivi la règle à la lettre et aucune discussion ne devrait avoir lieu sur ce point précis.

Vous n’êtes pas d’accord avec le contenu de la règle ? Plaignez-vous auprès de la NCAA (et, donc, aux universités puisque ce sont elles qui proposent, écrivent et votent les règles).

Vous pensez que le choc entre casques est inévitable ? Plaignez-vous auprès des entraineurs, que ce soit à l’université, au lycée ou même encore plus tôt, qui n’enseignent pas les bonnes techniques de plaquage. Il est aussi inutile qu’inefficace de plaquer aux épaules et les joueurs de rugby sauraient d’autant mieux qu’un vrai plaquage se réalise au niveau des jambes.

L’action de Shaun Wade est, sans aucun doute, un “targeting” et, bien que son absence soit préjudiciable, il ne cause pas à lui-seul la défaite des Buckeyes.

Fumble ou passe incomplète ? La réelle erreur arbitrale

La deuxième période débute et Clemson renverse définitivement le fil de la rencontre.

Travis Etienne conclut une série de 99 yards avec un touchdown de 53 yards où il joue de sa vitesse supersonique et traverse l’ensemble de la défense de Ohio State. Cette explosion arrive deux jeux après un “roughing the punter” sifflé contre les Buckeyes. A nouveau, les Tigers capitalisent sur une erreur de l’adversaire.

Ohio State se devait de répondre et de contrer les offensives de Clemson. Le cornerback All-American, Jeffrey Okudah, s’empare de la situation. Il cause un fumble sur une réception de Justyn Ross, Jordan Fuller récupère le cuir et le porte jusque dans l’en-but pour un touchdown !

Mais, attendez, les arbitres reviennent sur leur décision. La passe est finalement jugée incomplète, le fumble est annulé et Clemson retrouve la ballon.

La réelle fumisterie arbitrale se déroule bien sur cette action controversée.

En toute honnêteté, les deux décisions peuvent se défendre.

Les arbitres invoquent le fait que Justyn Ross n’a pas complété le processus de la réception puisqu’il n’a pas réalisé de “football move”. A l’opposée du sens de l’action et avec le ballon en main pour un total de 2 secondes, oui, pourquoi pas, c’est admissible.

Ceci dit, Justyn Ross tient le ballon en main et, bien qu’il ne propose aucune action de football avec la balle, il effectue 3 foulées clairement visibles. Cela est considéré comme une passe complétée jusqu’à preuve du contraire.

Le réel problème de cette décision arbitrale n’est pas le jugement en lui-même. Chaque choix peut se justifier. Cependant, je suis profondément embêté par l’inversion de la décision entre passe complétée et passe incomplète. Les arbitres n’avaient aucun preuve irréfutable pour inverser l’action (comme le préconise le règlement sur l’arbitre vidéo).

Une nouvelle fois, les supporters biaisés laissent entendre que cette décision houleuse est une véritable balle dans le pied des chances de victoire d’Ohio State.

Pourtant, personne ne soulève l’interception lancée par Justin Fields sur la série suivante dans les bras de Isaiah Simmons. Heureusement pour les Buckeyes, les Tigers ont cette fois-ci perdu une occasion de capitaliser sur les erreurs adverses. 4 petites actions et un punt.

Justin Fields se rattrape tout de suite et redonne l’avantage aux siens avec un touchdown de 23 yards, sur 4th-and-2, en direction de Chris Olave.

23-21, Ohio State. Les Buckeyes ouvrent le dernier quart-temps en tête au score.

Ohio State perd, avant tout, sur les éclairs de génie de Clemson

J’ai parlé de la course fulgurante de Trevor Lawrence convertie en touchdown quelques secondes avant la pause.

J’ai lancé sur la table le touchdown longue distance de Travis Etienne au retour des vestiaires, pour donner l’avantage aux pensionnaires de l’ACC.

Et j’ai noté à plusieurs reprises que Clemson avait profité des erreurs de Ohio State pour enfoncer un clou dans la toison des Buckeyes.

Beaucoup justifient le succès des Tigers avec les erreurs supposément biaisées du corps arbitral. Une telle justification intervient souvent lorsque les arguments statistiques et/ou empiriques manquent à l’appel. Une telle justification est facile dès que l’on veut se cacher le visage d’une vérité trop difficile à entendre.

Sauf que la réelle raison de la défaite des hommes de Ryan Day n’est autre que la supériorité de Clemson. Il ne faut pas chercher plus loin.

Les Tigers ont justifié leur statut de champion national en titre, fort d’une série de 28 victoires consécutives (avant le Fiesta Bowl), avec un ADN forgé d’éclairs de génie et d’explosions calibrées à la perfection.

Alors que tous les éléments sont apparemment ligués contre les Buckeyes, ces derniers entrent dans les 2 dernières minutes d’une demi-finale de College Football Playoff en tête au tableau d’affichage. Et, s’ils méritaient de gagner, la défense se serait interposée à l’ultime offensive de Clemson et/ou Justin Fields aurait mené les Buckeyes à une ultime série victorieuse.

Ces deux scénarios sont finalement devenus réalité pour les Tigers.

Jeffrey Okudah manque un plaquage (extrêmement coûteux) et Armani Rodgers dévore la défense sur 38 yards. Et, sur l’action suivante, Travis Etienne cloue le spectacle avec un touchdown de 34 yards sur une action au design sublime.

Jamais une équipe victorieuse (et encore moins championne) ne subit de telles actions coup sur coup. Et c’est, à mon avis, là où Ohio State perd réellement le Fiesta Bowl.

Les offensives pleines de succès de Clemson sont une grande partie de l’équation. Bien sur. Mais la défense des Tigers dans la red-zone est l’autre partie prépondérante du puzzle de la victoire.

Ohio State s’est infiltré à 4 reprises dans la red-zone adverse au cours de la rencontre. Résultat ? 0 touchdown, 3 field goals… et 1 interception.

Pour les petits filous adeptes des “si”, Ohio State a potentiellement laissé 19 points sur le carreau pour son inefficacité dans les derniers mètres. En voilà une autre raison de la défaite des Buckeyes ; et, vous pouvez définitivement mettre vos excuses à base d’infamies arbitrales à la poubelle.

Une équipe victorieuse ne lance pas d’interception à quelques secondes de la fin et à une petite vingtaine de yards de l’en-but.

Clemson a seulement été plus fort que Ohio State et les Buckeyes ont commis des erreurs que les Tigers ont évité.

La recette est simple.

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