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Notre Dame Fighting Irish Célébration Upset vs Clemson Week 10 2020
(Crédit photo : Notre Dame Fighting Irish Athletics)

Notre Dame replace l’église au milieu du village : l’Irish est un candidat au titre

La distanciation sociale s’évapore à South Bend au moment du coup de sifflet final. Les fans s’attroupent et envahissent le terrain. L’explosion de joie n’est pourtant pas anodine : Notre Dame remporte son plus grand succès en 27 ans.

La cathédrale sainte du football universitaire commet tout de même un péché capital en pleine pandémie.

Mais, cette incartade passe au second rang. Le Fighting Irish a provoqué la chute de Clemson (47-40), après 2 prolongations, au terme de la plus belle rencontre de la première partie de saison. L’université catholique la plus populaire des Etats-Unis réalise surtout un miracle qui ne s’était pas produit depuis 1993.

Une première victoire face à une équipe classée au 1er rang de l’AP Top 25.

Clemson remplace les Seminoles de Florida State, entrainés par Bobby Bowden à l’époque, au tableau de chasse historique du Fighting Irish. Notre Dame efface la plus longue série de victoires en saison régulière (36), détenue par les Tigers. Et l’Université de l’Indiana met enfin dans son rétroviseur une réputation d’éternel punching bag à bluebloods pour retrouver le fameux “golden standard” qui a permis à l’école de dominer la ligue universitaire au cours des années 1990.

La victoire est primordiale à bien des aspects.

Certes, Notre Dame a battu la dynastie qui domine le football universitaire à l’heure actuelle. Mais, surtout, le Fighting Irish efface la plus grande critique à son égard depuis l’arrivée de Brian Kelly : l’incapacité de remporter les plus grands matchs.

Ian Book obtient une rédemption méritée

Le succès monumental de Notre Dame est validé par une ultime série défensive de toute beauté. 2 sacks consécutifs dans les moments les plus cruciaux au bout de la 2ème prolongation, grâce à Ade Ogundeji et Daelin Hayes, transformés en stop sur 4th down par les defensive backs de l’équipe.

Cependant, l’ultime point d’exclamation de cet upset ne serait pas arrivé sans la plus belle série de la carrière de Ian Book.

8 actions. 91 yards. Touchdown.

L’issue de la rencontre prenait pourtant un chemin malheureusement connu à Notre Dame. Clemson prenait le leadership (33-26) pour la première fois de la partie à 3min33 de la fin ; et, le Fighting Irish répondait avec un turnover on downs au pire moment.

“Here we go again”, devait-on se dire à South Bend.

Mais, cette fois-ci, le destin se trouvait en faveur du Fighting Irish.

La défense se sublime d’autant plus et force un three-and-out express où les Tigers n’ont croqué que 22 secondes à l’horloge. Ian Book retrouve donc le ballon de l’égalisation avec 1min48. Souvent critiqué pour son conservatisme et un manque de prise de risques, le quarterback senior ne perd pas une seconde pour remonter la balle et asseoir un statut de signal-caller dominant.

Une passe vers Javon McKinley pour une nouvelle série de tentatives dès la première action. Une connexion fabuleuse de 53 yards en direction de Avery Davis, au plein centre du terrain, pour se retrouver à 4 yards de l’en-but. Et, enfin, une nouvelle passe vers Avery Davis afin d’inscrire un touchdown sur le 3rd-and-goal d’une vie.

Cette victoire ne lui a pas été offerte sur un plateau par le reste de l’équipe. Ian Book l’a obtenu grâce à ses propres exploits.

C’est notre quarterback pour une raison.

évoque Kyren Williams en conférence de presse d’après-match, selon The Athletic.

C’est un match qui va rester dans les mémoires pour toujours. On vient d’écrire l’histoire. Je suis tellement fier de [Ian Book] et je suis tellement fier de cette équipe.

ajoute Avery Davis.

Ce serait fort de café d’omettre sa bévue du 3ème quart-temps.

Le quarterback, certainement trop pressé d’inscrire un touchdown, lâche un fumble à quelques encablures de l’en-but. Une opportunité en or d’enfoncer les Tigers au fond de leur trou disparait. Toutefois, plutôt que de se morfondre, Ian Book a utilisé cette erreur pour se motiver et réaliser une série qui est désormais inscrite dans la légende de l’université.

[Brian Kelly] est venu me voir et m’a dit : ‘Tu vas remporter ce match. C’est à toi de la gagner et tu le mérites. C’est ton heure.’

Je l’ai cru à 100%. Je savais qu’on allait gagner cette rencontre dès le début. D’avoir sa confiance et de l’avoir derrière moi, cela veut dire beaucoup. C’était un match énorme pour moi, mais, aussi pour toute l’équipe. Il n’a pas abandonné. Cette équipe n’a pas abandonné et il n’y avait pas un moment où on a pensé qu’on perdait ce match. […]

C’est ce qui est différent avec cette équipe, honnêtement. Je peux le dire. Je suis ici depuis un moment. Cette équipe est particulière. Elle est tenace. La touche est incroyable, ils sont toujours prêts à jouer et c’est tellement fun de jouer avec elle.

raconte Ian Book après la victoire de Notre Dame face à Clemson, selon The Athletic.

L’upset face à Clemson, au-delà d’écrire une nouvelle page de l’histoire, est ancré dans toutes les mémoires pour le retour de Notre Dame au sommet du football universitaire.

Le Fighting Irish a toujours échoué au pied de la dernière marche sous Brian Kelly. Quelle fin de saison aurait pu se présenter au Fighting Irish, en 2014, s’ils étaient imposés face aux champions en titre de #2 Florida State ? Qu’aurait-il advenu de Notre Dame s’ils avaient réussi une ultime conversion à 2-pts à Clemson, en 2015 ? Et, quelle aurait été leur perception s’ils n’avaient pas échoué à deux reprises dans la récente série face à Georgia ?

Enfin, le destin s’est arrêté de rire au nez du head coach.

Brian Kelly vainc le signe indien et empoche une première victoire face à une équipe du Top-5 (après 7 défaites).

Notre Dame apparait en position idéale pour jouer une qualification au College Football Playoff et, surtout, pour viser un premier titre national depuis 1988. Le rendez-vous face à Clemson pour la revanche, en finale de conférence ACC, est déjà pris.

Une équipe peut-elle vraiment rivaliser avec Notre Dame ?

Il est facile d’encenser une équipe à la suite d’une victoire aussi stupéfiante.

Cependant, Notre Dame a réalisé une prestation (presque) parfaite et n’a certainement pas volé le succès aux malheureux finalistes du dernier Championship Game. Cette victoire n’est pas galvaudée ; loin de là, elle est entièrement méritée.

L’attaque du Fighting Irish a dominé une des meilleures défenses de la ligue avec l’aide d’un plan de jeu proche de la perfection.

La ligne offensive s’est transformée en bulldozer face à un excellent front-seven, certes, diminué par les blessures et suspensions. Et, sans se faire prier, le running back Kyren Williams a profité des brèches ouvertes pour donner le tempo de la rencontre des premières secondes, où il ouvre le score sur une explosion de 65 yards dès la 2ème action, aux ultimes moments, avec un touchdown marqué lors de chaque prolongation.

Le jeu de course de Notre Dame était, d’ailleurs, intenable.

On pouvait s’attendre à ce que le Fighting Irish fasse avancer le ballon grâce à ses running backs. Mais, de là à ce qu’ils cumulent 208 yards et 3 TDs au sol (dont 2 en prolongations), non.

Il faut surtout souligner le travail majestueux de la nouvelle animation offensive créée par Tommy Rees. Le jeune coordinateur offensif, qui grimpe les échelons à une vitesse stratosphérique, a proposé une attaque “pro-style” incroyablement fluide et diversifiée, à base de mouvements incessants dans le backfield, de groupements de personnel variés et un play-call aussi réfléchi qu’efficace.

Les schémas de blocks de la meilleure ligne offensive du pays, superbement assistée par les tight ends et les running backs, faut-il le préciser, n’ont trouvé aucune rivalité.

Une réelle masterclass dans le contrôle de la ligne de scrimmage.

Et l’autre côté de cette fameuse ligne est également tombé dans l’escarcelle du Fighting Irish. Oui, le front-seven de Notre Dame a dominé le backfield des Tigers.

Au-delà de la poussée fulgurante du pass-rush au moment le plus opportun, signe univoque d’une ligne talentueuse, la défense contre la course a été splendide et a étouffé le meilleur coureur de l’histoire de la conférence ACC. Travis Etienne n’a jamais pesé sur la rencontre. Il termine avec un total famélique de 28 yards en 18 courses ; soit, un total de 1.6 yards par portée.

Le safety Kyle Hamilton a de nouveau sorti une performance éblouissante et a bouché chacun des quelques trous ouverts par la jeune ligne offensive de Clemson. Le linebacker Jeremiah Owusu-Koromoah s’est quant à lui retrouvé dans tous les bons coups. Déjà, il retourne un fumble en touchdown lorsqu’une transmission entre D.J. Uiagalelei et Travis Etienne est manquée. Et puis, il force un second fumble lors de la série suivante sur un plaquage d’Amari Rodgers.

La liste de joueurs ou de positions qui ont pesé sur la rencontre peut être infinie.

Notre Dame a élevé son niveau de jeu dans les grands moments. L’équipe a gardé son sang-froid et s’est sublimée dans les situations périlleuses, d’autant plus face à une équipe qui est habituée de ces moments où les lumières brillent le plus fort.

C’est une nuit que je n’oublierai jamais. Je me souviendrai de cette rencontre pour toujours.

confie Ian Book en conférence de presse d’après-match, selon The Athletic.

Avec Ian Book, la position de quarterback de Notre Dame est occupée par un homme qui peut retourner l’issue d’un match.

Le Fighting Irish contrôle la ligne de scrimmage, des deux côtés du terrain, mieux que quiconque.

Brian Kelly a brisé un plafond de verre et le head coach est entouré par 2 des meilleurs assistants de la ligue, en Tommy Rees et Clark Lea, à même de pondre une stratégie gagnante face aux adversaires les plus coriaces.

Comprenez une seule chose : Notre Dame a montré des qualités pour rivaliser avec n’importe quelle équipe en football universitaire. Le prochaine étape est de concrétiser une (nouvelle) tentative pour soulever un titre national.

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