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Cole Kmet TE Notre Dame Georgia Week 4
(Crédit photo : Notre Dame Athletics)

Notre Dame est (presque) prêt pour le CFP, malgré la défaite contre Georgia

Notre Dame s’est incliné sous les LED pourpres du Sanford Stadium de Georgia. Jusque-là, aucune surprise. Las Vegas et la majorité des observateurs envisageaient un tel scénario.

Pourtant, le Fighting Irish est rentré en tête au score à la mi-temps (10-7), a entamé le dernier quart-temps sur les talons des Bulldogs (10-13) et pouvait arracher un succès mémorable sur la dernière possession. Les hommes de Kirby Smart ressortent finalement vainqueurs (23-17) d’une rencontre qui proposait une atmosphère digne du College Football Playoff.

Il serait facile de dire que Brian Kelly n’y arrive toujours pas. Le résultat met probablement un terme aux espoirs de Playoffs et, sur le plan comptant, Notre Dame concède un 11ème revers consécutif face à une équipe du Top-5 (et tombe à 8-29 contre les équipes du Top-10 depuis le départ de Lou Holtz en 1996). Et le résultat de cette rencontre reste une unité dans la colonne des défaites.

Toutefois, mentalement, Notre Dame obtient une victoire qui marque les esprits de toute la ligue.

Le Fighting Irish a montré qu’il pouvait jouer au niveau des meilleures équipes et retourne à South Bend avec une nouvelle crédibilité sur la scène nationale.

Notre Dame dominé ? Euh, non, pas vraiment

Alors qu’on prévoyait un enfer aux visiteurs, Notre Dame a réussi à effacer en grande partie les stigmates des catastrophes passées. Vous souvenez-vous des performances affligeantes face à Clemson en 2018 (3-30) et sur les pelouses de Miami (8-41) et Stanford (20-38) en 2017 ? De l’histoire ancienne.

On pourrait même remonter jusqu’au BCS Championship Game de 2012, qui s’est terminé avec une humiliation face à Alabama (14-42) et qui marque encore aujourd’hui les esprits.

Le Fighting Irish est passé complètement à côté de chacune des convenues citées ci-dessus. Ils n’ont jamais existé et ont sombré très rapidement, dépassés sur l’ensemble des phases du jeu.

Mais, la sauce était différente samedi soir sur le campus d’Athens.

Probablement un des matchs les plus physiques que j’ai jamais entrainé. […] Vous pouviez l’entendre, l’aspect physique était réel.

avoue en toute honnêteté Brian Kelly après le match.

Les supporters de Georgia ont répété toute la semaine que cette confrontation face à Notre Dame était l’un des plus grands matchs jamais joués au Sanford Stadium. Oui. Et l’atmosphère de la rencontre a répercuté ces paroles.

Malgré les hurlements assourdissants venant des tribunes et la pression sportive qui s’est accumulée depuis la manche aller de la série en 2017, perdue d’un petit point à South Bend, le Fighting Irish n’a jamais aussi bien joué devant les yeux de tout un pays que face aux Bulldogs.

Notre Dame était, faut-il le souligner, l’équipe était la plus fringuante sur le terrain en première période. Plus rapide en défense et plus piquante en attaque.

Les mains du Fighting Irish n’étaient pas celles qui tremblaient en début de match : Tyler Simmons a relâché un punt pour Georgia, aidant Notre Dame à inscrire le premier touchdown du match par l’intermédiaire de Cole Kmet sur 4th down.

Outre cette fulgurance des équipes spéciales, la défense du Fighting Irish a contenu les offensives ennemies une bonne partie du premier acte.

Le redoutable jeu de course des Bulldogs n’a pas réellement existé, bloqué par un front-seven qui jouait les yeux dans les yeux avec la (très) bonne ligne offensive adverse, et la rapidité des defensive backs ont forcé Jake Fromm à se contenter de passes courtes et relativement peu efficaces.

Les statistiques du quarterback en 1ère période ? 11/12 pour 59 yards.

Et quid de D’Andre Swift en 1ère période ? 7 portées pour 33 yards et 1 TD.

Le running back a commencé à trouver des largesses au retour des vestiaires et Jake Fromm a profité de la fatigue accumulée par le secondary pour amener de la verticalité dans le jeu des Bulldogs. Georgia a enchainé 16 points consécutifs entre le 3ème et le début du 4ème quart-temps, acquérant la victoire grâce à 3 field goals et 1 touchdown en l’espace de 4 séries.

Mais, alors que le Fighting Irish aurait pu lâcher l’affaire en un clin d’œil, l’équipe ne s’est pas effondrée et a fait preuve d’orgueil.

Ian Book a ramené les siens dans la course à la victoire avec un touchdown lancé vers Chase Claypool au moment opportun et il pouvait même espérer à mieux avec le ballon de retour dans les mains lors des 3 dernières minutes du match. Mais, il n’en a rien été et Notre Dame a été forcé de s’incliner.

Georgia a obtenu le dernier mot avec un stop final sur une 4ème tentative. L’effet des acouphènes provoqués par les fans dans les tribunes, dira-t-on.

Le Fighting Irish est (presque) prêt pour la guerre

Notre Dame a justifié son statut de prétendant au College Football Playoff face à Georgia. C’est indéniable. Et, bien que la défaite pourrait être le poids de trop dans la balance, le Fighting Irish possède les qualités requises d’une équipe titrable.

  • Un “difference-maker” au poste de quarterback ? Ian Book.
  • Un “go-to-guy” chez les receveurs ? Chase Claypool (et Cole Kmet).
  • Des tranchées au meilleur niveau ? La ligne défensive a surpris même sans un nom connu.
  • Des qualités athlétiques supérieures ? La défense est (très) rapide et s’est révélée (très) efficace sur les plaquages.
Ian Book QB Notre Dame Georgia Week 4 2019
(Crédit photo : Brett Davis – USA TODAY Sports)

Mais le programme n’est pas encore parfaitement prêt pour jouer un National Championship Game et les éléments manquants pour franchir la dernière marche sont ceux qui ont finalement mené Notre Dame à la défaite samedi soir. L’équipe est sur le bon chemin, mais, pour rivaliser avec les Clemson et Alabama de ce monde, il en faut davantage.

Le plus grand point faible à ce jour du Fighting Irish demeure le coaching staff.

Brian Kelly n’est plus autant à blâmer que lors des années précédentes (si ce n’est à blâmer tout court pour cette défaite) mais il doit être tenu responsable pour le manque de qualités physiques de son équipe. Plus la partie avançait et plus les joueurs étaient fatigués, proposaient des plaquages moins tranchants et couvraient le terrain moins rapidement. Georgia est possiblement l’une des meilleures équipes du pays sur ce point, certes, mais c’est également pour cela que les Bulldogs sont considérés comme de potentiels champions.

Cependant, le coordinateur offensif Chip Long a perdu les pédales aux moments les plus cruciaux et c’est finalement cela qui a causé la perte de Notre Dame.

Le fait que le jeu de course n’a jamais pris forme face aux Bulldogs est une chose, surtout que le Fighting Irish ne sera pas la dernière équipe à subir un tel sort. En revanche, l’appel d’un “flea-flickerau début du 4ème quart-temps a directement provoqué la défaite de Notre Dame.

Je ne critiquerai jamais l’appel d’un “trick play” en football universitaire. Ils font partie de l’essence du sport. Mais Chip Long a sorti cette action de sa poche au plus mauvais moment.

Georgia venait à peine de creuser le premier écart de la rencontre avec la réception de touchdown réalisée par Lawrence Cager (20-10). Il restait largement plus de 10 minutes de jeu. Chip Long, désespéré de recoller tout de suite au score, appelle cette action et, bien que la passe de Ian Book n’est pas parfaite, il n’était clairement pas nécessaire de faire tapis à cet instant.

L’action se termine sur une interception et Georgia concrétise cette opportunité avec un field goal. 13 points d’avance, une avance rédhibitoire.

Notre Dame doit encore progresser ; mais, au Sanford Stadium, le Fighting Irish a démontré qu’il peut légitimement s’asseoir au sommet de la hiérarchie du football universitaire.

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