CJ Verdell TD Oregon Ducks vs Ohio State Week 2 2021
(Crédit photo : Oregon Ducks Athletics)

“Monday Takeaways” : nos 16 faits marquants de la Week 2 de football

La saison de football universitaire rentre doucement dans le vif du sujet et les premiers grands enseignements apparaissent au fil que les blockbusters se déroulent. Des favoris trébuchent, des outsiders confirment et des acteurs tapent à la porte. Du coup, avec un week-end chargé, les “takeaways” de la rédaction sont de mise.

Quels sont les faits marquants de la Week 2 qui ont capté notre attention ?

Que faut-il retenir absolument (ou pas) de la dernière semaine de compétition en date ?

On a passé les événements de la Week 2 au peigne fin et on ressort ce qu’il faut prendre en compte… en 16 points. Attention, ceux-ci ne sont pas classés par ordre d’importance. Tout est important ; ou ne l’est pas. Cela dépend évidemment de ce que l’on veut en faire.

Cliquez ici pour découvrir l’ensemble des résultats de la Week 2 de football.

1. Joe Moorhead a proposé une masterclass fabuleuse avec C.J. Verdell (Oregon)… 

Le vrai MVP de la semaine de football n’est pas un joueur.

Il s’agit plutôt du coordinateur offensif d’Oregon, Joe Moorhead.

La victoire historique des Ducks sur le campus de Ohio State est largement due à leur performance offensive magistrale. Il n’y a pas d’autres mots. Joe Moorhead a trouvé la faille des Buckeyes et l’a exploité au maximum. Cela impliquait d’envoyer les linebackers adverses au casse-pipe avec des “misdirections” et autres “counters” savamment placées. Et, aussi, de placer ses playmakers dans les zones défensives laissées vides.

Kerry Coombs, coordinateur défensif de Ohio State, n’a trouvé aucune parade et a subi le génie de son homologue pendant 60 minutes.

Au-delà de placer ses running backs dans des positions idéales, en atteste la performance de C.J. Verdell (20 portées, 161 yards, 2 TDs), Joe Moorhead a qui plus est utilisé Anthony Brown à merveille. Le quarterback des Ducks s’est montré plus efficace que spectaculaire ; et c’est tout ce qu’on lui demandait. Des passes placées où il faut au milieu de la défense en zone et des play-actions intelligentes vers des tight ends détachés dans le dos des Buckeyes.

Joe Moorhead était prêt à disséquer la défense (poreuse) de Ohio State aux endroits où il pouvait faire le plus mal. Mission réussie. Et il confirme qu’il est l’un des meilleurs assistants offensifs de la ligue.

2. …et s’est amusé de la lenteur morbide du back-seven de Ohio State. 

Ohio State fait face à de nombreux problèmes en 2021. Le plus important n’est certainement pas le remplaçant de Justin Fields. C.J. Stroud émerveille en 2 titularisations et, face à Oregon, il a distillé une nouvelle performance de grande qualité (35/54, 484 yards, 3 TDs, INT).

Toutefois, une telle ligne est un dérivé direct du fait que les Buckeyes jouaient après le score.

Et, ils courraient après les Ducks parce que leur défense s’est (à nouveau) révélée anémique.

La ligne défensive cache les lacunes des lignes arrières, en règle générale. La masterclass de Joe Moorhead, qui a mis cette ligne défensive hors de nuire avec une ligne offensive majestueuse, a exposé la lenteur du back-seven des Buckeyes. Partis avec de mauvais angles, dans l’incapacité de lire les tracés adverses ou même de se dépatouiller des linemen, les linebackers ont littéralement couru après C.J. Verdell et Travis Dye. Et le temps de retard a coûté (très) cher.

Oregon s’en est donné à coeur joie au sol et accumule un total de 269 yards à la course avec 3 TDs et une moyenne de 7.1 (!) yards par portée.

Le résultat est à peu près logique dans le secondary.

Attirés vers la ligne de scrimmage pour défendre la course, il ne suffisait que de quelques play-actions pour prendre à revers l’agressivité des defensive backs. Et, leur manque de vitesse ne leur permettait pas de se reprendre adéquatement ; au même titre que les linebackers.

3. La ligne offensive de Notre Dame est un problème majeur. 

Notre Dame est réputé pour produire d’excellentes lignes offensives, année après année. Un des piliers de la culture du Fighting Irish. Mais, la cascade de remplacements qu’il a fallu opérer à l’intersaison a mis un sacré coup au point fort majeur de l’équipe.

Le ligne offensive a galéré face à Florida State. Inutile de lancer l’alarme pour le reprise.

Cependant, elle a encore plus galéré face à Toledo, une équipe de milieu de tableau en MAC.

Et les dégâts ont été très proches d’être catastrophique.

Face aux Rockets, le Fighting Irish a subi 6 sacks et a été incapable d’imposer un quelconque jeu de course (pour la 2ème semaine consécutive). Sans protection et sans appui au sol, Jack Coan a rapidement coulé ; et l’animation offensive n’a jamais décollé. L’entrée en jeu du freshman Tyler Buchner a provoqué une étincelle grâce au danger de ses jambes. Peut-il être à lui-seul la solution à une ligne offensive aux abois ?

En tout cas, il faut tirer la sonnette d’alarme quand un prétendant au College Football Playoff galère autant face à une équipe de la conférence MAC.

4. Et Cincinnati paiera les pots cassés de la médiocrité d’Indiana et de Notre Dame. 

Que doivent faire les meilleurs programmes du Group of Five pour se faire entendre à la table des ogres du Power Five ? Affronter et battre des membres de cette même table.

Et, malheureusement pour Cincinnati, les planètes ne sont pas alignés.

Les futurs membres de la conférence Big 12 peuvent entrevoir une place au College Football Playoff (sur un malentendu). Pour cela, il faudrait terminer un calendrier relevé avec un record invaincu. Indiana et Notre Dame figurent au sein de leur calendrier. L’année dernière, ce serait une véritable aubaine pour faire du bruit et attirer l’attention du comité.

Sauf que les Hoosiers et le Fighting Irish ne sont pas au niveau attendu.

Les Bearcats ne pourront pas ajouter des victoires significatives à leur CV sans une saison convaincante, au pire, de leurs adversaires du Power Five. Et cela ne prend pas du tout cette direction après deux semaines de compétition. Quel monde cruel.

5. Iowa State n’arrive toujours pas à vaincre ses démons face à Iowa. 

Les Hawkeyes restaient sur 5 victoires consécutives dans ¡El Assico! avant la confrontation la plus attendue de l’histoire de la rivalité face aux Cyclones. Jamais les deux équipes se sont rencontrées en étant, chacune, classée au Top-25. Et encore moins dans le Top-10.

Toutefois, la même chanson s’est répétée pour Iowa State.

Une incapacité à contourner la sublime défense de Iowa… et, surtout, trop de turnovers.

Sur les 5 dernières rencontres, Iowa domine l’avantage des turnovers (+9 sans aucune perte) et a enregistré 20 points à la suite des 4 turnovers provoqués ce samedi. 3 interceptions et un fumble retourné en touchdown. Le constat est sans appel. La défense construite par Kirk Ferentz est, encore une fois, excellente et les defensive backs possèdent un niveau juste exceptionnel. Il suffit de regarder les exploits du cornerback Matt Hankins.

D’ailleurs, à la suite de ces interceptons, Matt Campbell a pris la décision d’envoyer Brock Purdy sur le banc, qui est le titulaire indiscutable au poste de QB depuis 4 ans et qui a mené le réveil des Cyclones au plus haut niveau.

6. Texas n’est pas encore prêt pour les exigences de la conférence SEC. 

Avec le succès convaincant face à Louisiana, on pensait que les fondations de l’équipe de Texas sous Steve Sarkisian étaient solides et n’allaient pas être soumises à des contre-performances impromptues (à l’inverse de Tom Herman).

Que nenni.

Les Longhorns sont revenus sur leur campus avec un goût de sang dans le bouche.

Oui, les Razorbacks ont humilié les texans et ont laissé derrière eux un véritable bain de sang. 40-21. Une défaite humiliante au cours de laquelle les locaux ont écrasé leurs opposants à coup de courses puissantes et de séries défensives dominantes. La vie dans la conférence SEC ne sera pas un long fleuve tranquille pour la version actuelle de Texas.

Arkansas a cumulé 333 yards à la course et a mangé la ligne offensive des Longhorns, dévorant les angles de course et Hudson Card à plus d’une reprise (malgré une majorité de three-man rushes). Du coup, le jeu au sol n’a jamais décollé et Bijan Robinson n’a pas pu se transformer en l’ange sauveur. Voilà. Vous tenez le schéma idéal pour battre les Longhorns.

Mauvaise nouvelle : le jeu de course et le pass-rush est la philosophie prioritaire en SEC.

7. Euh, attendez, que s’est-il passé pour Texas A&M face à Colorado ? 

Excellente question.

C’est déjà inespéré que les Aggies s’imposent (10-7) après la bouillie de football proposée.

La sortie sur blessure de Haynes King dès la deuxième série offensive n’a pas aidé, c’est certain. Zach Calzada l’a remplacé au pied levé mais il a montré qu’il manquait cruellement de temps de jeu, et surtout, d’expérience. Le fumble à quelques centimètres de la goaline, dans le 4ème quart-temps, avec l’issue de la partie en jeu, en dit long.

En résumé, l’attaque a pataugé dans la semoule.

Il faudra proposer mieux face à Alabama, la semaine prochaine, pour espérer une once d’espoir. 8 des 9 premières séries se sont terminés en three-and-outs face à Colorado.

Heureusement que l’excellence de la défense a maintenu en respect une équipe de Colorado prête pour le rendez-vous.

8. Une controverse existe pour le poste de QB de Florida. 

Remplaçant en 2020, Emory Jones a logiquement pris la relève de Kyle Trask. Mais ce n’est pas pour autant qu’il est l’homme de la situation ; et la performance face à South Florida, en Week 2, confirme cette supposition.

3/3, 152 yards, 2 TDs. 4 portées, 115 yards, TD.

Est-ce la ligne de statistiques d’Emory Jones ? Non. Celle de Anthony Richardson, un quarterback freshman qui prouve une nouvelle fois qu’il est bourré de talents et qu’il peut transcender cette attaque des Gators. Et, en 7 actions, Anthony Richardson est arrivé à lancer une bombe de 75 yards en direction de Jacob Copeland et à courir pour un touchdown de 80 yards.

Tu sais ce qu’il te reste à faire, Dan.

Emory Jones a lui-aussi lancé pour 151 yards… mais, avec 22 tentatives (pour 14 passes), 1 TD et 2 INTs. Il n’a pas été aussi étincelant que son remplaçant et c’est le moins que l’on puisse dire.

9. BYU s’impose dans la « Holy War » face à Utah pour la 1ère fois depuis 2009. 

Enfin. BYU attendait une telle joie face à son rival héréditaire depuis 12 ans.

Et les Cougars ont remporté la “Holy War” pour la première fois depuis 2009 avec la manière.

Ils ont dominé Utah sur tous les plans de jeu : le nombre de first downs acquis (21 contre 15), le nombre de yards accumulés (380 contre 340) et le nombre de yards à la course (231 contre 190). Les mormons n’ont laissé aucune chance au destin avec une domination sans contestation de la ligne de scrimmage. Et le quarterback Jaren Hall a été très bon pour gérer la rencontre.

Les turnovers provoqués ont également été cruciaux (2 contre 0) en faveur de BYU ; alors que, lors de leurs dernières victoires, les Utes ont remporté ce match dans le match.

10. Tanner McKee aurait dû être le QB de Stanford dès l’ouverture de saison.

Apathique face à Kansas State en ouverture de saison, Stanford a rebondi une semaine plus tard avec un des plus grands upsets de la rivalité face à USC. Un succès de 42-28 alors que les Trojans étaient favorisés de 17 points. Et la raison principale d’un tel chamboulement ne peut pas être (en grande partie) imputée aux erreurs de USC.

Tanner McKee a pris les rennes du Cardinal et l’attaque est entrée dans une nouvelle dimension.

16/23, 234 yards et 2 TDs, sans perdre le ballon ou prendre un sack.

Une position dans l’inconnue et sans titulaire viable depuis de très longs mois, Tanner McKee semble apporter une stabilité nécessaire au poste de quarterback. Et l’attention de David Shaw peut à nouveau se porter sur la composition d’un jeu de course à la hauteur de la réputation de Stanford.

11. Le retour de la conférence Pac-12 n’a même pas duré 10 heures. 

Après la victoire retentissante d’Oregon sur le terrain de Ohio State, on ne pouvait parler que du succès de la conférence Pac-12… à peine une semaine après l’upset de UCLA face à LSU. Les plus belles victoires des deux premières semaines.

Et, à la suite de l’envol des Ducks ?

  • California a échoué à conclure l’upset contre TCU.
  • Colorado n’est pas arrivé à obtenir un énorme upset face à Texas A&M, malgré un match bien en mains.
  • Washington a pris la foudre (sur ABC) contre une équipe médiocre de Michigan.
  • USC a littéralement sombré et a été humilié contre Stanford.
  • Utah a perdu face à BYU pour la première fois depuis 2009.
  • Arizona a été purement et simplement annihilé par San Diego State.

Seuls Arizona State et Oregon State ont réussi leur sortie sur le plan comptable. Face à UNLV et Hawaii, respectivement, donc sans gloire.

12. Et une 14ème défaite consécutive pour Arizona. 

Arizona est l’heureux détenteur de la plus longue série active de défaites consécutives à 14. La dernière en date, à la maison, face à San Diego State (qui menaient 35-7 à la mi-temps). Les Wildcats n’ont pas connu le gout de la victoire depuis le 5 octobre 2019.

Près de 2 ans d’attente.

S’ils ne gagnent pas cette semaine face à Northern Arizona (FCS)…

13. Coastal Carolina réalise un sweep de Kansas… sur 3 saisons. 

12-7 en 2019.

38-23 en 2020.

49-22 en 2021.

Coastal Carolina a balayé la série programmée depuis 3 ans avec Kansas et en ressort avec 3 victoires. Inespéré avant le premier match. Mais, au moins, on sait aujourd’hui que les Chanticleers sont meilleurs que les Jayhawks au football (bien que leur programme joue en FBS que depuis 2017).

14. Bailey Zappe (Western Kentucky) est possiblement un futur QB en NFL. 

28/40, 435 yards, 3 TDs, INT.

La ligne de statistiques proposée par Bailey Zappe face à l’Army est loin d’être mauvaise. Elle est même plutôt bonne quand on connait les performances défensives de grande classe des Black Knights. Mais, ce n’était pas suffisant pour obtenir la victoire.

Pour de plus amples informations, vous pouvez vous référer auprès de Julien.

15. La suite de Frank Solich à Ohio est désastreuse. 

De 2005 à 2020, Frank Solich a accumulé 9 saisons à 8 victoires ou plus et Ohio était considéré comme un des piliers de la conférence MAC. Mais l’ancien head coach de Nebraska est parti à la retraite au cours de l’intersaison.

Aujourd’hui, les Bobcats ne sont plus que l’ombre d’eux-même.

Une lourde défaite d’entrée face à Syracuse et un vilain upset encaissé face à Duquesne (FCS). Le remontée de la pente sera longue.

16. Un chat retombe toujours sur ses pattes… ou dans un drapeau américain au Hard Rock Stadium de Miami (FL). 

Le plus improbable arrive (surtout) en football universitaire.

Prenez un chat perdu dans les travées du Hard Rock Stadium et le voilà à produire l’image la plus insolite de la semaine… si ce n’est de l’année. Jamais je n’aurai imaginé une telle situation et un tel dénouement.