Zach Calzada QB Texas A&M Aggies Celebration Upset vs Alabama Week 6 2021
(Crédit photo : Sam Craft - AP Photo)

“Monday Takeaways” : nos 13 faits marquants de la Week 6 de football

La saison de football universitaire est vraiment lancée à plein régime et les premières dynamiques d’envergure se dévoilent au fil des victoires et des défaites. Qu’elles soient franches, serrées ou fracassantes. Du coup, avec chaque week-end plus mémorable que le précédent, les “takeaways” de la rédaction ne peuvent être mis de côté.

Quels sont les faits marquants de la Week 6 qui ont capté notre attention ?

Que faut-il retenir absolument (ou pas) de la dernière semaine de compétition en date ?

On a passé les événements de la Week 6 au peigne fin et on ressort ce qu’il faut prendre en compte… en 13 points. Attention, ceux-ci ne sont pas classés par ordre d’importance. Tout est important ; ou ne l’est pas. Cela dépend évidemment de ce que l’on veut en faire.

Cliquez ici pour découvrir l’ensemble des résultats de la Week 6 de football.

1. BREAKING NEWS : Alabama n’est pas invincible. 

Alabama semblait immortel depuis l’an passé. Et, depuis le début de saison, rien ne pouvait heurter (ou presque) le champion national en titre. Nick Saban menait sa barque comme de rien était et le Crimson Tide avançait dans la droite lignée de ses succès.

Sauf que Alabama a chuté de l’Olympe face à Texas A&M.

Un terrible retour à la réalité de la plus cruelle des manières.

En sachant que les hommes de Nick Saban se sont inclinés sur un field goal réussi à la dernière seconde, on pourrait imaginer que les Aggies ont accompli un comeback du tonnerre pour voler la victoire sous le nez d’Alabama. Mais, que nenni. Texas A&M a dominé la rencontre… du début à la fin. Les texans ont terminé en tête de chaque quart-temps, par exemple.

Et, qui plus est, Zach Calzada a poussé Bryce Young en second rideau à la suite d’une rencontre où il est passé de zéro à héros (faut-il que j’arrête les références à Hercule ou vous n’avez pas encore compris ?). Le quarterback des Aggies a sorti une performance fantastique et a dépecé la féroce défense du Crimson Tide comme si de rien n’était.

21/31, 285 yards, 3 TDs et 1 INT.

Sans oublier les 5 dernières minutes d’anthologie. Il s’est blessé sur un choc au moment où il égalisait au score à 38-38 et a mené la série de la gagne, pour placer son kicker dans les meilleures dispositions, malgré un genou en vrac. Et, le tout, faut-il le rappeler, face à l’une des meilleures défenses de la ligue (en temps normal).

C’est pour cela qu’Alabama a perdu son invincibilité.

Cette défaite est aussi bien comptable que morale. Le Crimson Tide a connu une défaillance et, au-delà des 41 points encaissés, a failli à bien des niveaux sur le terrain. Une litanie de séries et de records se sont évaporés avec le field goal tapé entre les poteaux par Seth Small ; mais, ces dégâts ne sont que cosmétiques.

Une leçon positive, malgré tout : Bryce Young n’est pas une source de problèmes.

2. Damn, la défense de Georgia est un véritable rouleau-compresseur. 

On risque de se répéter. Mais, bordel, la défense de Georgia pourrait bientôt défier les lois de la physique tant elle écrase n’importe quelle équipe sur son chemin. Elle est l’escouade la plus domination de la ligue, toutes catégories confondues, et le débat ne se pose même pas.

Que faire pour rendre compte de cette situation ?

Il suffit de regarder les points alloués face à ses adversaires.

  • 3 points face à Clemson… alors que le Tigers marquent 25.8 points face aux autres équipes.
  • 7 points face à UAB… alors que le Blazers marquent 27.8 points face aux autres équipes.
  • 13 points face à South Carolina… alors que le Gamecocks marquent 24.8 points face aux autres équipes.
  • 0 points face à Vanderbilt… alors que le Commodores marquent 20.0 points face aux autres équipes.
  • 0 points face à Arkansas… alors que le Razorbacks marquent 35.8 points face aux autres équipes.
  • 3 points face à Auburn… alors que le Tigers marquent 40.0 points face aux autres équipes.

Et, Kirby Smart vous passe le bonsoir.

3. Matt Corral (Ole Miss) s’impose, sûrement, comme le favori pour le Heisman Trophy. 

Ole Miss a livré une bataille fantastique face à Arkansas où les gains majeurs et les actions marquantes se comptent par centaines. Un des plus beaux matchs de la saison. Et, les Rebels ont survécu sur une conversion à 2-pts au buzzer manquée par les Hogs.

Matt Corral n’a pas nécessairement distillé sa rencontre la plus productive.

Toutefois, il a répondu au rendez-vous dans les instants cruciaux avec des passes en profondeur absolument fabuleuses. D’autant plus que son équipe avait besoin de répondre aux incursions d’Arkansas.

Le quarterback incarne le succès d’Ole Miss et porte les Rebels sur ses épaules. Il n’a pas encore connu de véritable trou d’air. Il s’est encore une fois montré décisif dans les moments importants pour arracher une victoire signature avec des passes sublimes. Et, il ne manque pas d’actions spectaculaires qui font aussi bien parler de lui que son équipe sur les réseaux sociaux.

Quel joueur représente mieux un vainqueur du Heisman Trophy que Matt Corral en 2021 ?

C’est simple : personne.

4. Et, sinon, Kentucky pourrait bien être le potentiel grain de sable de la SEC.

S’il fallait sortir une équipe de son chapeau pour enrayer la domination de Georgia en SEC East et devenir le cauchemar des Bulldogs sur le chemin du College Football Playoff, Kentucky serait l’équipe parfaite.

Autant pour moi, arrêtons le conditionnel.

Kentucky est l’équipe parfaite pour enrayer la domination des Bulldogs.

Les Wildcats ont démontré à nouveau, LSU après Florida, qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration. Et ce serait presque une surprise si l’on prend en compte qu’il s’agit de leur premier record de 6-0 depuis 1950. Kentucky connait une superbe saison et, aussi surprenant soit-il, cela n’a pas forcément à voir avec la défense.

L’attaque est le principal moteur et Will Levis est l’homme parfait pour le rôle de leader.

Le quarterback titulaire des Wildcats dirige cette escouade offensive sans aucune peur et possède une confiance à toute épreuve. Il n’est pas le plus constant ou le plus productif ; mais, vous pouvez être certain qu’il est un playmaker qui joue avec le coeur.

Une complexité parfaite pour jouer les yeux dans les yeux face à la défense de Georgia, si l’on est honnête.

5. Tory Taylor, meilleur punter de la ligue… et MVP de Iowa ?

Sans les prouesses de Tory Taylor, il est possible que Iowa ne gagne jamais cette rencontre historique face à Penn State. Non, en vrai, la défaite est même certain sans lui. Le punter des Hawkeyes est si bon et décisif que cela.

Iowa est l’une des équipes qui ont tapé le plus de punts depuis le début de saison.

Mais, elle est toujours invaincue à 6-0, aussi.

Tory Taylor place toujours ses adversaires avec une précision chirurgicale à proximité de leur en-but et offre un avantage crucial aux siens vis-à-vis de la position sur le terrain. Samedi, il a envoyé 6 punts sur 9 dans les 20 yards des Nittany Lions… et 3 punts dans les 5 yards adverses.

Indécent.

6. Spencer Rattler ou Caleb Williams, le débat est lancé à Oklahoma. 

Après un début de saison en demi-teinte, Spencer Rattler a sombré face à Texas.

Des mauvaises décisions, des imprécisions et des interceptions.

Oklahoma était au fond du trou après un premier quart-temps tonitruant des Longhorns et Lincoln Riley a tiré la sonnette d’alarme à la mi-temps. Il fallait un changement de quarterback titulaire : et, c’est pour cela qu’il a lancé Caleb Williams dans le grand bain.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entrée en jeu du QB freshman a été… décisive.

Pour ses premières foulées officielles sur un gazon de football depuis 2 ans, Caleb Williams a éclaboussé le “Red River Showdown” de son talent avec des passes fabuleuses et un comeback déjà légendaire dans cette rivalité qui ne manque pas de moments forts. Il est entré dans la grande porte ; et, tout porte à croire qu’il ne va pas quitter la lumière de sitôt.

Lincoln Riley affronte une lourde question : peut-il conserver Spencer Rattler à la place de titulaire ou doit-il donner les rennes à Caleb Williams ? Les espoirs de réussite d’Oklahoma en dépendent.

7. Xavier Worthy (Texas) est le futur meilleur receveur du football universitaire. 

Cette semaine de compétition n’a pas manqué de découvertes. L’explosion de Xavier Worthy au plus haut niveau universitaire, lors d’un Red River Showdown fantastique, en est l’une des plus belles. Le receveur de Texas a illuminé la partie du premier au dernier quart-temps.

9 réceptions, 261 yards, 2 TDs et une litanie d’actions monstrueuses.

Et, faut-il le rappeler, il n’est que true freshman.

Xavier Worthy a marqué la première action de la rencontre avec un envol spectaculaire pour un TD de 75 yards. Il a continué sur cette lancée pour le reste de la rencontre… et la moyenne de 29 yards par réception en dit long sur sa performance. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où ma mâchoire a fini au sol sur un exploit individuel de sa part.

Une rapidité folle, des qualités athlétiques exceptionnelles et une capacité à localiser le ballon digne des meilleurs.

On ne peut littéralement rien lui reprocher.

Et il est déjà devenu la cible prioritaire de Casey Thompson. Le QB des Longhorns compte sur lui et il a bien raison. Xavier Worthy devrait soulever un Biletnikoff Award avant de quitter le campus de Texas.

8. Êtes-vous prêts pour un duel d’invaincus entre Michigan et Michigan State ?

A la surprise de tout le monde, Michigan et Michigan State sont toujours invaincus au bout de 6 semaines de compétition. Chacun est à 6-0. Et les deux rivaux n’ont pas qu’un match à jouer avant de se rencontrer (face à Northwestern pour les Wolverines et face à Indiana pour les Spartans).

Mieux, les deux équipes pourraient bien s’affronter en étant chacune classée dans le Top-10.

Une telle situation était impensable à l’intersaison. Les hommes de Jim Harbaugh ont terminé avec un record de 2-4 et la première saison de Mel Tucker s’est soldée avec un record de 2-5. Sans oublier des niveaux de jeu cataclysmiques. Et, sans surprise, aucune des équipes n’apparaissait dans le Top-25 de présaison.

La dernière fois que Michigan et Michigan State se sont tirés dans les pattes avec un record invaincu de chaque côté ? En 2010. Denard Robinson menait les Wolverines alors que les Spartans se reposaient sur les exploits de Le’Veon Bell et Kirk Cousins. Bonjour le coup de vieux. Et, avant, il faut remonter jusque’à 1999.

Pire encore, la dernière fois que les rivaux étaient classés dans le Top-10 ? En 1964.

Donc, pour répondre à la question, non, nous ne sommes pas prêts.

9. Oregon ou Arizona State, les espoirs de la Pac-12 sont minces. 

Oregon et Arizona State apparaissent, à l’heure actuelle, comme les deux meilleures équipes de la Pac-12. Ce n’est pas bien difficile tant la conférence propose un niveau de jeu faible.

Et, chaque équipe a déjà perdu un match sur le premier mois et demi de compétition.

La marge de manœuvre est mince et le droit à l’erreur interdit. Elles ont déjà grillé leur joker. Toutefois, le point “positif” réside dans le fait que le reste de leur calendrier est relativement faible. Un opposant classé jusqu’en fin de saison ? Pas certain. Ce qui est une bonne nouvelle pour conclure avec un record de 11-1 avant une potentielle finale de conférence.

La conférence Pac-12 marche sur une corde raide très fine.

Mais, au moins, elle sait où elle met les pieds et sur qui compter. Ce qui n’est pas le cas du côté de la conférence ACC, par exemple, et c’est mieux que rien.

10. La corde ne devrait pas tarder à rompre pour Wake Forest… mais, elle tient toujours. 

37-34 face à Louisville.

Puis, ce samedi, 40-37 face à Syracuse.

Deux succès acquis sur le gong grâce à un field goal victorieux et un TD en overtime.

Wake Forest n’est pas passé loin de la correctionnelle… mais, les Demon Deacons gardent toujours un record invaincu et la tête de la conférence ACC. Le premier record à 6-0 de l’université depuis 1944. Cependant, le contenu des matchs n’est pas très convaincant et l’élastique semble être sur le point de casser.

Que se passera-t-il quand la chance ne sera plus de leur côté ? C’est assez inquiétant que l’ACC survive grâce aux performances de Wake Forest.

11. Vous souvenez-vous de la hype de North Carolina à l’intersaison ? Nous, non plus. 

North Carolina a débuté la saison dans le Top-10 et devait placer Sam Howell en tant que premier choix général de la prochaine NFL Draft. Aujourd’hui, quel est le résultat après 6 semaines de compétition ?

Les Tar Heels en sont à 3-3.

Et le quarterback de l’équipe est invisible à l’échelle nationale.

L’attaque proposée par Mack Brown et ses acolytes n’est pas aussi effrayante que ce que l’on envisageait et la défense ne montre aucun signe de progression. Pire, UNC s’est incliné cette semaine face à une des pires équipes de l’histoire de Florida State. C’est dire l’état de cette équipe.

12. BYU a déjà grillé son joker avec une défaite face à Boise State. 

L’équation est simple pour les équipes du Group of Five et/ou les équipes indépendant pour accéder à un Bowl du Nouvel An (ou, mieux, au College Football Playoff) : rester invaincu et renverser des équipes du Power Five.

BYU restait dans les clous pour remplir l’ensemble des données de cette équation.

Jusqu’à cette semaine… avec une défaite surprise face à Boise State.

Les Cougars ne disent pas définitivement au revoir à leurs espoirs de fin de saison. Les Broncos sont loin d’être des peintres et l’université mormone compte déjà 3 victoires face à des équipes de conférence Pac-12. Qui plus est, il leur reste encore des rencontres face à Baylor, Washington State, Virginia et USC avant la fin de saison régulière. Ils peuvent encore y croire.

Ceci dit, comme pour les favoris de conférence Pac-12, le droit à l’erreur est maintenant interdit.

13. UMass est la meilleure des plus mauvaises équipes du FBS. 

UMass accueillait UConn, samedi dernier, pour décider du vrai cancre de la classe du FBS.

Deux records dénués de victoire et des railleries en pagaille.

Et les Minutemen ont quitté le gazon avec leur première victoire depuis le 28 septembre 2019. 27-13, score final. Autant dire que la célébration dans les vestiaires (ainsi que l’envahissement de terrain par les fans) était digne de l’exploit accompli.