Kenneth Walker III TD Michigan State Spartans vs Miami Week 3 2021
(Crédit photo - AP Photo - Michael Reaves)

Et si Michigan State était la plus grande sensation de la Big Ten en 2021 ?

Alors que la Week 3 de football universitaire se termine, des programmes se font un petit nom dans le paysage national. Pendant que certains s’amusent face à des équipes de FCS, d’autres peaufinent leur préparation avec des rencontres contre des équipes renommées et/ou du Top 25. C’est le cas de Michigan State.

Les Spartans ont frappé un grand coup en allant battre #24 Miami (FL), samedi, de façon très autoritaire.

Michigan State en est à 3 victoires pour 0 défaite depuis le début de saison. Une première depuis 2015. Et, oui, bien que les Spartants soient un programme renommé, cela n’a pas été facile depuis quelques saisons. Cependant, cette saison commence de la meilleure des façons avec 3 succès nets contre Northwestern (38-21), Youngstown State (42-14) et surtout, face à #24 Miami (FL) (38-17).

Un dénominateur commun lors de ses trois succès : la manière. 3 victoires rondement menées.

Et, pourtant, personne n’attendait une telle maîtrise… si rapidement.

Pourquoi ? C’est simple : Mel Tucker débute sa 2ème saison au poste de head coach et il existe 41 nouveaux visages au sein de l’effectif en 2021, entre transfuges et freshmen. Reconstruire un programme prend du temps. Et souvent, cela passe par un bon recrutement de prospects lycéens et (surtout) sur le marché de transfert universitaire, que ce soit en Division I ou en JUCO. Cette philosophie marche pratiquement à chaque fois. Il faut juste un peu de temps. Sauf qu’ici, ce fut (très) rapide.

Alors, les Spartans peuvent-ils être la grande sensation de la saison au sein de la conférence Big Ten ?

Trois clés de compréhension pour justifier cette proposition.

Kenneth Walker III est une superstar

Oui, tout simplement.

Après 2 saisons plutôt convaincantes à Wake Forest, il fait le grand saut et arrive sur le campus de Michigan State avec la lourde tâche de redorer le blason du jeu au sol des Spartans. Cela fait un moment que le programme n’avait pas un tel coureur dans ses rangs.

Kenneth Walker III est exceptionnel et je pèse mes mots.

Ce qui marque en premier chez lui, c’est sa résilience. C’est un coureur qui va tout faire pour gratter le moindre yard, même après contact, peu importe s’il a la défense sur ses cotes. C’est toujours intéressant d’avoir un tel running back, qui n’abandonne pas, qui lutte malgré les placages, pour mettre bien son équipe.

Mais, surtout, Kenneth Walker III est un joueur qui l’on peut décrire comme… showtime. Avec lui, on ne s’ennuie pas.

Et pour cause, sa panoplie de mouvements dès qu’il a le cuir en mains est incroyable. Sa spécialité ? Le “cut-back”. On y rajoute les “juke move” et vous avez là un joueur capable d’éliminer dans un petit périmètre n’importe quel défenseur face à lui. Il sait tout faire. Il possède une belle accélération, il sait se montrer patient pour que sa ligne offensive lui fasse un espace, sa vision aussi lui permet d’anticiper et il arrive à casser des placages.

Il est si complet que c’est assez effrayant.

Kenneth Walker III est rapidement devenu essentiel dans le système offensif de Michigan State. A plusieurs reprises, il a sauvé ce qui aurait pu être un jeu négatif, par un gain de yards positif, rien qu’avec son talent.

Il change clairement le visage des Spartans quand il est le terrain et il est le playmaker qu’il manquait tant à cette équipe.

Payton Thorne, le quarterback qu’il fallait à Michigan State

Le déplacement à Miami (FL) était un grand test pour le quarterback dual-threat Payton Thorne.

En effet, le sophomore et ancienne recrue 3-étoiles faisait face au front-seven ultra-agressif des Hurricanes. Ces derniers mettent une pression constante sur le quarterback adverse avec des pass-rushers ô combien redoutables.

Ne nous mentons pas : il a connu quelques moments délicats pendant le match. Il a subi 3 sacks (en perdant beaucoup de yards), sans compter le nombre de fois où il fut sous pression. C’est sur ce point que j’attends le plus des quarterbacks qui jouent contre Miami. Et il y a eu du bon et du moins bon. Outre les sacks, il a pris la foudre en première période avec, notamment, une protection qui laissait à désirer par moments.

De par son talent, Payton Thorne a réussi à limiter la casse sur certaines séquences. Et, puis, au fil du match, cette pression n’a eu (quasiment) plus aucun effet sur lui. Tout du moins celui escompté par Miami (FL). Les raisons de cet échec ?

Premièrement, l’adaptation du staff de Michigan State à la pause.

Deuxièmement, une ligne offensive des Spartans qui est revenu dominante des vestiaires.

Troisièmement, le talent de Payton Thorne, tout simplement.

Le quarterback sophomore possède un gros bras et il peut lancer des deep balls avec aisance. Cela tombe bien. Il peut se reposer sur des receveurs athlétiques pour cela. Il n’a cependant pas vraiment eu l’opportunité de lancer ces passes en profondeur, n’ayant pas le temps nécessaire ou un meilleur choix s’offrait à lui.

Il n’y a rien eu d’exceptionnel dans son jeu de passe face aux Hurricanes. Tout était assez “simpliste” mais cela a suffi. Des petits lancers rapides et on laisse le receveur faire la différence.

Par contre, quand il fallait sortir LA grosse passe, Payton Thorne a répondu présent.

Toutefois, Payton Thorne s’est montré clutch avec son impact sur le jeu au sol.

Sur deux 3rd downs, il arrive à gagner les yards qu’il faut et sauve son équipe afin de prolonger la possession. Certes, nous n’avons pas là un quarterback à l’aise avec ses jambes. Michigan State ne propose pas de QB draws ou de QB runs (du moins avec Payton Thorne) ; mais, c’est toujours bon de savoir que votre quarterback peut étendre une série d’actions avec ses jambes.

Certains osent la comparaison avec Kirk Cousins, vous en faites ce que vous voulez.

Payton Thorne a fait une belle impression.

Surtout pour un sophomore, sur un terrain hostile, contre une équipe redoutable du Top 25.

Il termine la rencontre avec un ratio de 18/31 pour 261 yards et 4 touchdowns à la place. Un match abouti pour le quarterback, qui peut devenir le leader de cette équipe de Michigan State.

Une défense de Michigan State monte en puissance

Avant la rencontre face aux Hurricanes, une question était sur toutes les lèvres : comment Michigan State peut-il stopper D’Eriq King ?

Le quarterback de “The U” a sorti son match avec 388 yards à la passe. Cependant, il a été intercepté à 2 reprises et, plus important encore, sa moyenne de yards à la passe est de 6.6 yards par tentative. Ce qui est loin de sa moyenne habituelle.

Son gain à la passe le plus important de la rencontre ? 28 yards.

Déjà, cette prestation est une bonne nouvelle pour la défense des Spartans. Mais encore mieux : 0.6 yard de moyenne sur le jeu au sol de D’Eriq King. 12 courses pour seulement 7 yards. On est encore plus loin de ses standards.

Michigan State a pris exemple sur Miami (FL)… avec une forte pression de la ligne défensive et des linebackers qui n’hésitent pas à blitzer pour ne pas laisser de temps à King de trouver une solution. Le secondary a aussi réalise un beau travail, malgré un Charleston Rambo on fire pour les Hurricanes. Hormis la fabuleuse partie du receveur, le reste fut plutôt bien quadrillé par les visiteurs.

On peut mettre en avant cette interception d’Angelo Grose en fin de premier acte, qui tue le momentum des locaux.

Sur l’ensemble de la rencontre, Miami (FL) a pataugé offensivement parce que l’équipe a été incapable de trouver des solutions ou des alternatives face à cette défense agressive. Une chose que l’on n’avait pas vu venir pour être honnête.

Au final, Michigan State a forcé 2 fumble et 2 interceptions.

Le coaching staff peut être satisfait.

Mieux encore, la défense (tout comme l’attaque au passage) a été disciplinée. Mel Tucker peut être heureux sur ce point, lui qui insiste sur cela depuis son intronisation. Et puis, un petit mot sur les équipes spéciales avec le punter senior Bryce Baringer, qui risque de trouver un poste en NFL avec son pied de mammouth. En cinq dégagements, on parle de 273 yards gagnés… soit une moyenne de 54.6 yards par punt (dont trois qui terminent dans les 20 yards adverses).

Quand votre équipe spéciale est aussi dominante, c’est un vrai plus.

Outre le fait que cette victoire propulse Michigan State dans le Top 25, c’est surtout une victoire référence. Vous savez, ce genre de victoire sur laquelle on peut poser les fondations d’un renouveau… ce qu’il fallait aux Spartans après une descente en enfer depuis le départ de Mark Dantonio.

Plus la saison avancera et plus les automatismes seront présents.

On est encore loin d’un groupe à 100% de ses capacités à l’heure actuelle. Cela fait peur ? Un peu, oui, mais c’est sympa de retrouver un tel programme avec un tel niveau de jeu.