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Joe Burrow Ed Orgeron LSU vs Alabama 2019
(Crédit photo : Kevin C. Cox - Getty Images)

LSU et Ed Orgeron signent leur retour au sommet avec le succès face à Alabama

Les destins de LSU et de Ed Orgeron ont existé en parallèle l’un de l’autre pendant de nombreuses décennies. Une sorte de “je t’aime, moi non plus”. Mais ils se sont réunis, enfin, avec le succès retentissant face à Alabama (46-41).

Trempé par une douche de Gatorade chargée d’émotions, les larmes montaient aux yeux de Ed Orgeron après la délivrance du coup de sifflet final. Dans les vestiaires, la personnalité brute de décoffrage du head coach est ressortie au galop et représente bien la valeur d’une telle victoire.

Quoi ? “Roll Tide” ? Allez vous faire e****** !

délivre-t-il à ses joueurs après la victoire.

Le head coach attendait de prendre une revanche sur le destin depuis 2007, pourtant, une année sainte à Baton-Route.

Plus personne ne croyait en lui après son passage à Ole Miss. Les performances sportives des Rebels et la découverte d’une voix graveleuse avaient laissé des traces indélébiles sur l’identité de Ed Orgeron. Il devait redorer son blason et, par la même occasion, reconstruire une équipe de LSU qui avait lentement quitté le devant de la scène nationale.

Le samedi 9 novembre, alors que le Bryant-Denny Stadium sombrait dans l’ombre de la nuit de Tuscaloosa et de la déprime des fans quittant le stade, les deux camps ont réussi leur pari.

Alabama a succombé aux coups de boutoir des Tigers, LSU a réintégré l’élite du football universitaire et Ed Orgeron est (enfin) considéré comme l’un des meilleurs head coaches de la ligue.

Ed Orgeron a été forcé d’attendre son heure à LSU

Ed Orgeron a toujours nourri un amour pour LSU.

L’enfant de la Louisiane, qui a grandi au milieu des canaux champêtres du bayou en périphérie de New Orleans, ne s’est jamais caché et a longtemps affirmé que le poste de head coach des Tigers était l’emploi de ses rêves. Et, pourtant, Ed Orgeron n’a pas toujours été en odeur de sainteté à Baton-Rouge.

Il a attendu longtemps avec de trouver une place sur le campus de ses rêves. Et son histoire a débuté sur le campus de LSU.

Freshman, il signe pour intégrer l’équipe de football des Tigers ; mais, dès la fin de l’année, il quitte le programme et s’en va pour Northwestern State. Il obtient un diplôme dans la petite université de Louisiane et il y débute immédiatement sa carrière d’entraîneur en 1984. 2 années en tant que “graduate assistant” avec les Demons puis avec McNeese State, autre université locale, et Ed Orgeron ne verra plus la Louisiane avant 2015 (hormis une saison à Nicholls State et une seconde avec les Saints de New Orleans en NFL).

Entre temps, il a récupéré une réputation terne à Ole Miss. Sa seule opportunité de head coach en football universitaire s’est transformée en cauchemar à la suite de 3 saisons catastrophiques. Et, après un passage à succès à USC, il réapparait sur le campus de LSU à la position qu’il l’a rendu célèbre dans le paysage universitaire : celle d’entraineur en charge de la ligne défensive.

Ed Orgeron HC Sideline LSU vs Missouri 2016
(Crédit photo : Chris Graythen – Getty Images)

Alors que Ed Orgeron remontait la pente, les Tigers connaissaient une trajectoire opposée. Le point de départ ? 2007.

LSU a remporté le BCS Championship Game cette année-là et Les Miles était adoubé, voire idolâtré, par les supporters des Tigers. Cependant, le mandat du “Mad Hatter” s’en est suivi de hauts et de bas, conservant son poste sur le fil du rasoir à de nombreuses reprises.

Et puis, la sentence tombe en 2016 : LSU se sépare de Les Miles.

Ed Orgeron, en 2015 puis en 2016, s’occupait de la ligne défensive. Et, d’un coup d’un seul, il est propulsé en tant que head coach intérimaire des Tigers. Le descendant cajun (ce qui s’entend dans son accent au grain rauque si atypique) obtient l’opportunité d’une vie. Celle de montrer qu’il a appris de ses erreurs et qu’il peut légitimement diriger l’équipe de football de LSU.

LSU devait également trouver la rédemption après la lente et irrémédiable chute de son piédestal. Les Tigers sont devenus les petits frères mal-en-points de la SEC West et subissent les foudres d’Alabama, qui enchainent les saisons parfaites et les dérouillées face aux hommes de Les Miles.

D’ailleurs, la rivalité historique entre LSU et Alabama s’est transformée en baromètre de l’état de chaque programme.

Joe Burrow et Joe Brady en héros des Tigers face à Alabama

Depuis le célèbre “Game of the Century” joué en 2011 et remporté par les Tigers au bout d’une véritable guerre de tranchées (9-6), le Crimson Tide a dominé la rivalité sur une série de 8 victoires consécutives.

En infligeant, au passage, des revers cruels en prolongation et trois “shutouts” déprimants pour l’équipe de Baton-Rouge.

La première saison de Ed Orgeron, en 2017, s’est soldée avec une défaite nette et sans bavures face au Crimson Tide (10-24). Cela ne souffrait d’aucune discussion ; il restait encore du boulot à Baton-Rouge. Mais la seconde saison, en 2018, a dévoilé une issue bien plus cruelle pour les Tigers.

Classés en 3ème position à l’AP Top 25, ils recevaient Alabama pour un premier test grandeur nature face au rival historique. Après des victoires contre Auburn et Georgia, il fallait confirmer face au Crimson Tide pour entériner le retour des Tigers. Tous les espoirs étaient permis et la ferveur était maximale à Baton-Rouge.

Résultat final de la rencontre : Alabama 29, LSU 0.

Joe Burrow (18/35, 184 yards, INT) et Clyde Edwards-Helaire (6 portées, 14 yards) ont tous les deux succombé à la folle pression défensive des hommes de Nick Saban. Le plan de jeu concocté par Steve Ensminger est tombé à l’eau. En somme : LSU est passé à côté de la partie qui pouvait ramener l’école sur la première marche.

Un an plus tard et le monde semble avoir changer de visage.

Ce n’est pas qu’une impression. A l’instar de l’époque post-Ole Miss, Ed Orgeron a compris qu’il fallait s’adapter et il s’est vite rendu compte que le modèle offensif n’était plus le bon. Au revoir, Steve Ensminger. Bonjour, Joe Brady.

Joe Brady Steve Ensminger LSU 2019

Le head coach des Tigers a promu l’ancien assistant offensif des New Orleans Saints (NFL) et il lui a donné toute sa confiance pour révolutionner l’attaque vieillissante de LSU. Et, avec les clés du camion, Joe Brady a concocté des exploits dont son quarterback, Joe Burrow, en profite le plus.

Le senior, bloqué dans le fin fond de la hiérarchie à Ohio State, explose cette saison sous les couleurs violettes et dorées de son école d’adoption. Il enchaine les performances de (très) haut niveau ; mais, face à Alabama, il pouvait marquer le coup et devenir le leader dans la course au Heisman Trophy.

Joe Burrow n’a pas manqué son rendez-vous avec le Crimson Tide.

Le quarterback a sorti une rencontre d’exception et a joué avec la défense du Crimson Tide pendant 60 minutes. Au final, il s’acquitte d’une ligne presque inédite face à une équipe dirigée par Nick Saban : 31/39, 393 yards et 3 TDs accompagnés de 64 yards au sol et des conversions cruciales acquises avec ses grands compas.

L’association entre Joe Brady et Joe Burrow n’est pas à son premier coup d’essai en 2019. Les deux compères, alliés à une dynamique escouade de receveurs ainsi qu’à un running back en pleine découverte de ses moyens, Clyde Edwards-Helaire, proposent tout simplement l’une des meilleures attaques de la ligue. La 3ème meilleure attaque selon la métrique SP+ de Bill Connelly, pour être exact.

Ed Orgeron a exorcisé ses démons, à petit feu, à LSU et on découvre enfin toute la puissance d’une équipe menée par la nouvelle version du head coach. De leur côté, les Tigers ont enfin effacé l’ombre d’Alabama qui veillait sur la division SEC West depuis une bonne décennie.

Et c’est grâce à la fureur de Ed Orgeron et le calme olympien de Joe Burrow que LSU ne se trouve (techniquement) qu’à 2 victoires d’un premier titre de conférence SEC depuis 2011… et à la première qualification au College Football Playoff.

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