Will Rogers Mississippi State Bulldogs Spring Training 2021
(Crédit photo : Mississippi State Bulldogs Athletics)

Comment Mississippi State peut-il confirmer un statut d’outsider en SEC ?

Après un début de saison “tranquille” en football universitaire, les hostilités commencent vraiment avec les matchs de conférence pour la plupart des équipes. Forcément, l’attention générale (et la mienne) se tourne vers la meilleure conférence du pays, la SEC, où le marathon commence. Et, derrière Alabama, peut-on compter sur Mississippi State dans le rôle d’outsider ?

Chaque match est une véritable guerre des tranchées.

Mississippi State possède un effectif renouvelé à 70% mais très prometteur sur le papier. Les Bulldogs peuvent surprendre ; toutefois, il leur reste encore du travail. J’avais écrit un papier sur la situation des quarterbacks au sein de l’équipe avant le début de saison. Et, pour moi, Jack Abraham était le joueur qu’il fallait pour que Mississippi State franchisse un palier. Malheureusement, le transfuge de Southern Miss a perdu la lutte pour la place de titulaire et il s’est blessé. La totale.

Le sophomore Will Rogers a pris en main l’équipe, et honnêtement, j’avais de gros doutes à son sujet. Il est jeune, il possède une marge de progression encore importante et je pensais qu’il n’était pas prêt. J’espérais avoir tort. Mais la réalité du terrain me donne raison.

Il n’est pas mauvais. Will Rogers est à l’image de son équipe dans le domaine offensif : inconstant.

Mississippi State est autant frustrant qu’inconstant

Avec autant de nouvelles têtes au sein d’un effectif, le début de saison est toujours à double tranchant. La répétition des matchs aide à trouver des automatismes ; sauf qu’ici, on parle d’une équipe qui évolue au sein de la conférence SEC, où chaque samedi est un véritable champ de bataille.

Doit-on se montrer patient concernant les Bulldogs ? Certainement.

Après un début de saison assez… énigmatique et une victoire au forceps contre Louisiana Tech (35-34), puis une victoire convaincante contre une équipe actuellement classée à l’AP Top 25, NC State (24-10), et un revers surprise contre Memphis (31-29). Là encore, de l’inconstance au niveau des résultats. La défaite face à Memphis, après la bonne prestation de la semaine précédente, représente bien les inquiétudes qui règnent sur le compte des Bulldogs. .

Le problème majeur en particulier ? L’attaque.

Mississippi State n’arrive pas à convertir ses séries en début de match. L’attaque se met en route en milieu de second quart-temps en règle générale. Et, du coup, l’équipe part avec un désavantage (bien souvent) au tableau d’affichage. Ce n’est pas tant le gain de yards qui gêne, mais, plutôt la conclusion des drives de début de match.

Dès que l’en-but s’approche, l’impression qui se dégage est que Will Rogers essaye de forcer une passe avec un jeu au sol qui se retrouve au 2ème voire 3ème plan.

Mike Leach met-il trop de pression sur les jeunes épaules du quarterback ? C’est possible. Et cela peut expliquer beaucoup de choses. Mais le blocage sur la première période coûte très cher aux Bulldogs. Lors de l’opposition contre LSU, les chiffres de l’attaque ont été bons. Encore une fois, Mississippi State a gagné plus de yards (486) que leur adversaire du jour (343). Et le jeu au sol a passé la barre des 100 yards pour la première fois de la saison !

Le jeu au sol est-il réellement défaillant ou le staff accorde-t-il trop d’importance au jeu de passe ? La question est là et nous n’avons pas la réponse.

Avoir une attaque qui patauge en début de match rend la tâche difficile aux Bulldogs, c’est certain. C’est dommage car la défense essaye de tenir la baraque. L’équipe spéciale n’est pas irréprochable, mais de manière générale, fait le travail.

Est-ce un problème mental que les joueurs bafouillent quand ils entrent dans la redzone ? Sûrement.

Comment remédier à ce problème ? La patience et le temps.

Le jeu au sol doit-il prendre plus de place dans le playcalling des Bulldogs ?

Oui, et non.

Mike Leach prône un jeu qui est axé sur la passe. Il est là pour cela et c’est sa marque de fabrique. Cependant, le match contre LSU a montré que le jeu au sol, bien couplé avec le jeu de passe, peut rendre cette équipe imprévisible et dangereuse.

Le sophomore Dillon Johnson peut devenir un pion important dans ce domaine, tout comme l’autre sophomore, Jo’quavious Marks. Mais, tout comme le quarterback, ce sont des sophomores. Il est difficile d’en demander beaucoup à ces jeunes joueurs… et c’est bien là où réside le problème de Mississippi State.

Donc, Will Rogers peut-il être l’homme de la situation ?

Je pense honnêtement que Jack Abraham est le leader qu’il faut pour cette jeune équipe. Il possède de l’expérience, il est capable de courir et il lance parfaitement. Sauf qu’il est blessé. Will Rogers n’est pas un quarterback flashy. Il lance bien souvent des passes courtes, et quand il doit lancer un peu plus loin, cela se solde souvent par une passe incomplète ou pire encore.

Mississippi State lance énormément de passes et quand on ajoute de la course, cela enlève un poids important des épaules de Will Rogers. On a pu le constater face à LSU.

L’autre alternative ? Sawyer Robertson.

Actuellement troisième dans la hiérarchie des quarterbacks, le freshman et ancienne recrue 4-étoiles et le futur visage des Bulldogs. Est-il prêt ? Personne ne sait. Mais il a impressionné lors des trainings camps. De là à le voir cette saison ? Je ne pense pas…

Ce n’est qu’une question de temps et l reste un peu de place dans le bandwagon.

Suis-je trop dur avec Mississippi State ? Je le pense mais c’est frustrant de voir une telle équipe qui se met des bâtons dans les roues. Certes, l’équipe est jeune et progresse. Le match contre LSU a été de bonne facture. Mais quel sera le résultat face à des équipes comme Alabama, Florida, Georgia ou encore Ole Miss ?

Je ne vois pas les Bulldogs inscrire plus de 2 touchdowns à Alabama et je suis gentil…