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Gary Barta Iowa Président Comité College Football Playoff 2020
(Crédit photo : Emily Wangen - The Daily Iowan)

Cher comité du College Football Playoff, remettez-vous en question !

Comme on pouvait s’en douter à l’amorce de l’automne, cette saison de football universitaire n’est pas comme les autres. La pandémie du COVID-19 affecte tous les aspects du sport et l’attention portée sur les événements n’est pas aussi intense que lors de n’importe quelle saison “normale”. Le College Football Playoff entre, malheureusement, dans la même catégorie.

La plupart des tribunes dénuées de fans (si les universités respectent le concept de distanciation sociale) et d’ambiance.

Des rencontres annulées par dizaines, d’une semaine ou d’un jour sur l’autre, et un rythme complètement absent.

Des équipes absentes du paysage national et d’autres surreprésentées.

Mais, un élément ne bouge pas d’un iota par rapport à une saison traditionnelle : la course au College Football Playoff est décidé bien (trop) longtemps à l’avance et le suspense d’un quatuor d’équipes gravite à des années lumière de ce que l’on espérait à la création d’un tel système de sélection pour le titre national.

Après, ce n’est pas nécessairement de la faute du comité que les mêmes équipes dominent la ligue de la tête et des épaules. Alabama, Clemson, Ohio State et Notre Dame sont clairement supérieurs au reste des équipes. Et des écoles telles que Oklahoma ou Georgia les rejoignent si les planètes s’alignent en leur faveur.

Toutefois, en cette saison si particulière, le comité de sélection du College Football Playoff montre toute l’étendue de son inutilité.

J’ai été, jusque-là, un fervent défenseur des êtres humains du College Football Playoff face aux ordinateurs du BCS. Un sentiment d’équité existait entre toutes les équipes.

Sauf que 2020 a définitivement mis fin à cette illusion…

…et met plutôt en valeur leur partialité et leurs partis pris.

Le College Football Playoff n’existe pas pour le Group of Five

On se doutait que le comité ne considérait pas les universités du Group of Five à la même hauteur que celles du Power Five après 2018, où celui-ci a ignoré une équipe invaincue et extrêmement performante de UCF.

2020 s’avère être le clou du spectacle.

Selon les votants de l’AP Top 25, Cincinnati serait au coeur de la course pour une place dans le Top-4 (classé en 6ème place) et Coastal Carolina serait une option crédible pour une place à un Bowl du Nouvel An (classé en 9ème position). Autant les Bearcats que les Chanticleers sont toujours invaincus à ce stade de la compétition.

Sauf que le comité du College Football Playoff en a décidé autrement.

Cincinnati a perdu une place au classement la semaine dernière, au profit de Iowa State, et une autre cette semaine, au profit de Georgia. Pourquoi ? Pour le simple fait de ne pas avoir joué à cause des protocoles sanitaires pour affronter la pandémie du COVID-19, qui ont eu raison des 2 dernières rencontres des Bearcats.

Oui, le comité tient rigueur à Cincinnati de son manque de matchs en fin de saison.

Et, Ohio State, du coup ? Oula, non, jamais. Il ne faut pas rêver. Les Buckeyes gardent les pieds bien ancrés dans le Top-4 malgré 2 petits matchs joués depuis mi-novembre (soit le même nombre que les Bearcats).

D’ailleurs, Iowa State a volé la place de Cincinnati après une victoire à l’arrachée à Texas… et avec 2 défaites au compteur. Je rappelle que les Bearcats sont invaincus. Même situation pour Georgia ; les Bulldogs ont perdu à 2 reprises depuis le début de saison.

Tant que l’on parle des Cyclones.

Malgré une défaite de 17 points à domicile face à Louisiana, ils se trouvent à l’heure actuelle 13 places devant les Ragin’ Cajuns (qui n’ont perdu qu’une fois, de 3 points, face à une équipe invaincue et classée de Coastal Carolina). Où se trouve la logique, ici ? Et Iowa State est classé 6 positions devant Coastal Carolina malgré 2 revers supplémentaires et le même nombre de succès face à des équipes classées, aujourd’hui, dans le Top-25 (2).

La différence principale ?

Les Chanticleers appartiennent à une conférence du Group of Five.

Et rien que cette appartenance semble être un réel “no-no” pour n’importe quel aspirant au College Football Playoff. Quel que soit son record, quelle que soit la qualité de ses victoires, quelle que soit son image.

La visibilité prime face au mérite : demandez à Florida

L’équité entre les différentes universités a disparu au moment où Florida n’a perdu qu’UNE SEULE PLACE (de 6ème à 7ème) après une catastrophique défaite à domicile face à LSU et son record de 3-5 avant la rencontre.

Une seule place perdue.

Non, vous ne rêvez pas.

On cherche encore la logique derrière cette décision du comité de sélection.

Malgré 2 défaites au compteur et un upset rententissant face à une équipe non-classée à l’effectif décimé, les Gators restent positionnés devant des équipes invaincues telles que Cincinnati (+2), Coastal Carolina (+5) ou encore USC (+6). Et ils sont classés devant Indiana (11ème), qui n’a connu qu’une défaite de 7 points à l’extérieur face à Ohio State.

Alors, quelle est la raison ?

Le sous-titre précédent vend la mèche : la visibilité d’une université majeure à l’aura nationale, telle que Florida, convient très bien au comité de sélection du College Football Playoff. La loi du dollar remporte le combat face à celles de l’équité et du mérite.

Cela se répercute aussi avec le positionnement de Ohio State. L’école pourrait légitimement perdre une place au profit de Texas A&M avec seulement 5 matchs joués ; face aux 8 des Aggies. Mais, les Buckeyes est une marque nationale qui draine des quantités incroyables de spectateurs dans les tribunes ou devant les postes de télévision.

Un tel “avantage” qui ne découle absolument pas d’un aspect sportif (alors que le comité martèle depuis sa création que la qualité des performances et l’examen visuel importent plus que tout) est, probablement, la raison de la résistance de Ohio State dans le quatuor de tête.

On peut extrapoler cette hypothèse dans le cas de Florida.

Les Gators sont bien plus intéressants d’un point de vue économique que Cincinnati ou Indiana. Ils sont placés devant Georgia pour le résultat en face-à-face. Cependant, si le comité respectait la qualité des prestations, les Bulldogs ne doivent jamais se reposer en 8ème place. Et, en 10ème place, Oklahoma se trouve quelques places plus haut que les Sooners devraient l’être en vertu du même raisonnement.

Trois marques nationales placées devant des équipes du Group of Five ou des universités du Power Five qui ne se sont pas installées comme des puissances nationales ?

Woah. Je suis choqué.

Le comité de sélection du College Football Playoff affronte une situation exceptionnelle et (très) compliquée à juger en 2020. Certes. Mais, alors qu’il pouvait ouvrir ses portes à des histoires uniques et des acteurs peu communs, dans la lignée de la tradition historique du football universitaire, il a oublié les raisons de sa formation en 2014 pour faire place à des valeurs anti-sportives.

“Tout le monde peut participer au College Football Playoff.”

Faux.

Il apparait clairement que le paquet de cartes est truqué en faveur du Power Five. On se rend compte qu’une équipe du Group of Five, qu’elle soit invaincue ou non, n’a aucune chance de rivaliser avec la sous-division supérieure (même avec un CV similaire). Il faut apporter un intérêt économique et une popularité massive pour rentrer dans les clous.

Cher comité de sélection du College Football Playoff, il est l’heure de se remettre en question si vous ne voulez pas tomber dans une désuétude précoce. A l’instar des ordinateurs du BCS.

Et, pour citer un résumé exceptionnellement juste de Nicole Auerbach :

N’appelez pas cela un Playoff. Appelez ce que c’est réellement : un tournoi sur invitation.

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