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Sam Ehlinger QB Texas Longhorns Alamo Bowl vs Utah 2019
(Crédit photo : Texas Athletics)

“CFB Preview” : Texas se doit de viser le titre de conférence Big 12

“Texas is back”.

Un tel adage défoule les passions ; mais, celui-ci n’est pas représentatif de la santé des Longhorns. Il est lancé à tort et à travers par les supporters ou les détracteurs de l’équipe. Tantôt pour rallier les troupes et tantôt pour railler les texans.

Et, en 2020, on attend toujours le retour de Texas parmi l’élite (s’ils le retrouveront réellement un jour).

Tom Herman a connu des secousses et des montagnes russes depuis son arrivée sur le campus d’Austin. Sa 2ème saison semblait être le début d’une ascension fulgurante. Un record final de 10-4, une présence à la finale de conférence Big 12 et un Sugar Bowl remporté grâce au nouveau quarterback vedette de l’équipe, Sam Ehlinger. Cependant, le soufflé s’est écrasé par la suite en 2019.

Des défaites serrées sur la scène nationale, des blessures, des balles tirées dans le pied et les Longhorns concluent avec un décevant record de 8-5.

Tom Herman a pris le taureau par les cornes à l’intersaison et a intégralement reconstruit le coaching staff de Texas. Mike Yurcich remplace Tim Beck en attaque et Chris Ash supplante Todd Orlando en défense.

Suffisant pour un retour (plus ou moins attendu) sur les premières marches du football universitaire ?

Projections des équipes de conférence Big 12 (dont Texas), selon SP+ :

Bill Connelly développe depuis 2008 (chez Football Outsiders puis chez ESPN) une base de données statistiques, appelée SP+, afin de classer les 130 équipes inscrites de FBS selon une mesure prédictive de l’efficacité du niveau de jeu, ajustée selon plusieurs critères évolutifs.

Avant chaque saison, il publie un classement de pré-saison afin de projeter le niveau de jeu de chaque équipe. Celui-ci est principalement composé de 3 facteurs prédictifs : le retour de production, le niveau de recrutement récent et l’histoire récente des performances en match.

Le classement des équipes de la conférence Big 12 selon SP+ :

 
Projections de pré-saison (SP+) en conférence Big 12 – 2020
Classement Equipe Général Attaque Défense
#8 Oklahoma 22.6 44.9 (2) 22.3 (36)
#14 Texas 17.0 40.3 (7) 23.3 (42)
#21 Oklahoma State 12.9 35.5 (18) 22.6 (38)
#30 Iowa State 10.6 29.9 (48) 19.3 (27)
#33 Baylor 10.1 34.3 (23) 24.2 (47)
#36 TCU 9.5 29.8 (53) 20.3 (32)
#54 Kansas State 2.4 27.6 (66) 25.2 (50)
#59 Texas Tech 0.7 30.1 (43) 29.4 (76)
#64 West Virginia -1.3 26.2 (82) 27.5 (61)
#113 Kansas -13.0 23.7 (96) 36.7 (114)
 

Une ultime chance pour Sam Ehlinger

Si l’on devait sélectionner un seul visage afin de représenter cette équipe de Texas, ce serait sans aucun doute celui de Sam Ehlinger. Et personne ne peut le contredire.

Le quarterback star des Longhorns entre dans une année de senior et il a déjà accompli de très belles choses en 3 ans. Si tant et si bien qu’aucun autre quarterback n’a autant participé au succès d’une attaque que lui à Texas. 10.511 yards et 93 TDs en 3 ans (dont 6.955 yards ces deux dernières années). On peut le mettre au même niveau que Colt McCoy et Vince Young ; et ce n’est pas rien à Austin.

Il maitrise déjà l’attaque de Texas à base de “RPOs” et le changement de coordinateur offensif devrait lui être d’autant plus bénéfique.

Mike Yurcich trouve toujours le moyen d’accentuer les forces offensives de ses équipes. Il l’a montré à Oklahoma State avec Mason Rudolph, puis à Ohio State avec Justin Fields. Si Sam Ehlinger ne fait pas partie des tous meilleurs quarterbacks à la fin de la saison, ce serait une (grande) déception et un (vrai) manqué.

Dès que l’on parle de “RPOs”, il faut regarder du côté des running backs. Et les Longhorns peuvent compter sur le junior Keaontay Ingram.

Le prometteur coureur a terminé avec 1.095 yards offensifs et 10 TDs en 2019. Nul doute qu’il restera une part intégrale au succès offensif de Texas. Cependant, il n’est pas la seule excellente option du backfield. Le quarterback devenu running back en cours de saison, Roschon Johnson, s’est révélé aux yeux du grand public (807 yards offensifs et 8 TDs) alors que le freshman 5-étoiles Bijan Robinson arrive avec l’intention de jouer sans plus attendre.

La ligne offensive semble qui plus est être une position des plus solides. Le left tackle junior Samuel Cosmi et le centre senior Derek Kerstetter seront des ancres, et le côté gauche sera solidifié avec la présence du sophomore Junior Angilau.

Un petit problème : le groupe de receveurs a perdu ses meilleures cibles à l’intersaison.

Devin Duvernay a conclu une saison de senior venue de nulle part (1.386 yards, 9 TDs) en tant que meilleure cible aérienne en Big 12 et Collin Johnson s’est classé en tant que 5ème meilleur receveur de l’histoire de l’Université en terme de yards attrapés. Remplacer ces deux hommes et leaders ne sera certainement pas une tâche aisée.

Le junior Brennan Eagles (522 yards, 6 TDs) peut se révéler comme la nouvelle star aérienne des Longhorns après quelques promesses en 2019, au même titre que les sophomores Marcus Washington et Jake Smith. Et puis, il ne faut pas oublier que l’ancien receveur de Michigan, Tarik Black, apporte une caution d’expérience dans un effectif plutôt jeune et inexpérimenté.

Ensuite, si Sam Ehlinger est réellement “the real deal”, il devrait être capable de magnifier les cibles qu’il a autour de lui. Et ce serait réellement une animation offensive létale que Texas tient en sa possession.

Joseph Ossai, prochain pass-rusher d’élite

La recette de Todd Orlando (du pass-rush en masse pour imposer le chaos dans la poche, quitte à laisser des gros gains sur la table) a fonctionné à Houston. Il a suivi Tom Herman à Texas. Malheureusement, cette même recette n’a pas prise avec les Longhorns.

L’assistant de longue date de Tom Herman a été débarqué et Chris Ash le remplace.

Le précédent head coach de Rutgers et ancien responsable de la défense de Ohio State renverse à son tour l’échiquier. Fini l’expérience en 3-4, le front-seven retrouve un alignment en 4-3. Le but de cette décision est de mettre la pression sur le quarterback adverse avec seulement 4 joueurs… afin de combler les trous derrière.

Bonne nouvelle : la ligne défensive est le point fort de cette équipe de Texas.

Le defensive end Joseph Ossai sort d’une excellente campagne sophomore (90 plaquages, 13.5 TFLs, 5 sacks, 2 INTs) et est prêt à devenir la star défensive des Longhorns. Il suffit de regarder l’Alamo Bowl contre Utah (6 TFLs, 3 sacks) pour entrevoir son potentiel.

Et avec l’aide du senior Ta’Quon Graham (12 TFLs, 3.5 sacks) et du sophomore Keondre Coburn (4.5 TFLs, 2.5 sacks) au centre de la ligne, le trio peut se transformer en moteurs d’une ligne extrêmement dangereuse.

Le second poste de defensive end demeure un peu flou. Mais, avec une demi-douzaine de joueurs en compétition, un athlète peut émerger en tant que solution viable.

Un bénéfice du changement d’alignement est la réduction de postes de linebacker. Et ce n’est pas un mal : Texas se retrouve face à un manque criant de playmakers, si ce n’est de commodités solides, au centre du terrain.

Le junior Juwan Mitchell apparait comme la meilleure solution et il n’a pas dépassé les 40 plaquages (39) ni les 4 TFLs (3.5) sur la totalité de la saison dernière. C’est relativement inquiétant. Ayodele Adeoye, Marcus Tillman Jr. et David Gbenda complètent l’escouade ; en sachant que les deux premiers reviennent de blessure. Et puis il existe le joker de DeMarvion Overshown.

L’ancien safety a été déplacé au poste de linebacker et il semble être le plus prometteur (7 TFLs, 2 sacks, 4 passes défendues). Mais, le junior a pris ses distances avec l’équipe, pour le moment, afin de lutter contre les inégalités raciales.

Les linebackers inquiètent, certes. Toutefois, les safeties pourront leur donner un coup de main tant ils sont blindés de talent.

Le junior B.J. Foster a déjà joué un poste hybride par le passé et devrait retrouver une telle position (au poste de SPUR). Et il peut compléter un tel va-et-vient entre linebacker et safety grâce à la présence du junior Caden Sterns et du senior Chris Brown. Par contre, les 3 joueurs ont connu des blessures l’an passé et ce serait assez embêtant qu’elle(s) frappe(nt) à nouveau cette position. Les remplaçants sont peu expérimentés.

D’ailleurs, les blessures ont été le leitmotiv de cette défense en 2019. Et c’est pour cela qu’elle a connu une saison exécrable. En milieu de saison, CINQ (!) defensive backs étaient sur le carreau à cause d’une blessure et pas moins de TREIZE (!) defensive backs ont été titularisés.

Les lignes arrières ont ainsi le potentiel de progresser, vite et fort, si elles restent en bonne santé.

Les juniors D’Shawn Jamison et Jalen Green sont de bonnes options en tant que titulaires, surtout en étant suppléées par le junior Josh Thompson. Il ne faut pas oublier le redshirt freshman Kenyatta Watson II et le junior Kobe Boyce, non plus.

On ne peut pas dire “l’année ou jamais” pour Texas, mais…

La moitié du coaching staff est arrivée sur le campus d’Austin à l’intersaison… et ils n’ont eu aucune séance d’entrainement à se mettre sous la dent à cause de la pandémie du COVID-19 aux Etats-Unis.

Quoi que Tom Herman dise, cela devrait se ressentir au cours de la saison.

Le manque d’automatismes et une expérience relative entre joueurs et entraîneurs provoquent toujours des impacts importants en football universitaire. Et les Longhorns n’y échapperont pas.

Toutefois, Sam Ehlinger est décidé à marquer les esprits et il possède l’attaque autour de lui pour arriver à ses fins. En tant que senior, le quarterback n’a plus beaucoup d’opportunités. La défense est en bien meilleure santé après la cascade de blessures et semble posséder (enfin) un pass-rush digne de ce nom.

Après 3 années complètes, Tom Herman est bien ancré à Texas… et une fin de cycle se présente.

Autant dire que les résultats sont attendus.

L’effectif n’a jamais été aussi bon (dans son ensemble) depuis son arrivée en 2017. Et, on risque de se répéter, mais l’un des meilleurs quarterbacks du pays est revenu pour son année de senior. Peut-on dire que c’est “l’année ou jamais” pour les Longhorns ?

Oui et non. En tout cas, une saison sans le titre de conférence Big 12 serait une déception, surtout qu’il échappe déjà à Texas depuis 2009.

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