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(Crédit photo : Jennifer Buchanan-USA TODAY Sports)

CFB Preview : sans rien à prouver, Washington peut-il rééditer les exploits de l’an dernier ?

Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Tous les observateurs (ou presque) s’accordaient à dire que Washington allait émerger de la médiocrité afin de devenir un outsider des plus sérieux pour le College Football Playoff. Cela n’a pas manqué. Les Huskies ont entamé le mois de novembre invaincu et parfaitement ancré dans le dernier carré. Auréolé de 12 victoires et d’une seule défaite face à USC, les hommes de Chris Peterson ont accédé au Peach Bowl contre Alabama, malheureusement perdu face à une équipe bien meilleure sur tous les plans de jeu.

Une revanche est-elle possible ? Eventuellement. Pour une équipe ayant atteint le plus haut niveau qui soit l’an passé, Washington n’apparait pas sur le pente de la régression et se trouve vraisemblablement en course pour répéter ses exploits. Chris Petersen détient, à juste titre, une réputation de constructeur de programme. A chaque endroit où il passe, que ce soit Boise State et maintenant Washington, ces équipes rencontrent un succès sans précédent et par dessous tout, pérenne. Les Huskies de cette saison justifieront un tel statut ; mais s’arrêteront-ils avant le quai d’embarquement des Playoffs ?

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Huskies de Washington en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Une excellente attaque face à une marge de progression 

Chris Peterson a joué avec le feu ces dernières années et cela a payé. Les freshmen composaient en grande majorité l’effectif offensif des Huskies en 2015, ce qui les a mené sans vraie surprise à un bilan final de 7 victoires. Ils sont devenus sophomores avec une grande expérience emmagasinée et les résultats ne se sont pas faits attendre : Washington possédait ni plus ni moins qu’une des meilleures attaques du pays. La barre des 40 points a été franchie à 10 (!) reprises, grimpant même jusqu’à 70 points sur le terrain d’Oregon et 66 sur celui de California.

Les Huskies se sont révélés tout simplement impossible à arrêter. Efficace et explosif, dans les airs et à la course, essayer de stopper un pan de l’attaque se transformait en calvaire puisque d’autres atouts prenaient le relais avec réussite. Mais avec un expérience relativement conséquente, quelques imperfections sont arrivées à se glisser entre les mailles du filet. Washington a affronté deux défenses potentiellement meilleures que son attaque et les résultats ont été sans équivoque : 13 points inscrits face à USC et seulement 7 face à Alabama, pour les deux seuls défaites de la saison.

Ces deux accrocs peuvent être réparés avec davantage d’expérience et c’est exactement ce que les Huskies récupèrent cette saison. L’attaque de Washington a les moyens de franchir un nouveau palier offensif, comme si cela était même imaginable à la suite des performances exceptionnelles de l’an passé. Le principal acteur se trouve au poste de quarterback et s’appelle Jake Browning. Le junior est rentré dans une nouvelle dimension en 2016 grâce à de sublimes statistiques (3430 yards à la passe, 43 TDs, 9 INTs) et une présence digne d’un vétéran au sein de l’attaque. Un des favoris pour soulever le Heisman Trophy, il peut rééditer de tels résultats aujourd’hui bien qu’il doive composer sans son receveur favori, John Ross (1150 yards à la réception, 17 TDs). La star des Huskies s’en est allé, mais il est bien le seul dans ce cas. Du côté des receveurs, le senior Dante Pettis (822 yards à la réception, 15 TDs) peut clairement prendre le statut de cible aérienne majeure accompagné du junior Chico McClatcher (574 yards à la réception, 5 TDs) dans le slot et du prometteur tight end junior Drew Sample. Il est possible que les chiffres diminuent quelque peu dans les airs, sans que cela devienne alarmant non plus du fait de la profondeur offensive à d’autres positions.

(Crédit photo : Brett Davis-USA TODAY Sports)

Déjà, la ligne offensive demeure quasiment intacte et peut devenir un atout de l’attaque avec le retour des meilleures pièces. Et puis, la groupe de running backs ne change pas le moins du monde. La véritable force de Washington se trouve possiblement à cette position avec le formidable duo composé du senior Lavon Coleman (852 yards à la course, 7 TDs) et surtout du junior Myles Gaskin (1373 yards à la course, 10 TDs). Les deux running backs devraient compenser la relative diminution de la production dans les airs tout en apportant une présence aussi transcendante que puissante. Les adversaires des Huskies devront se lever de bonne heure avant de stopper un des meilleurs jeux de course du pays.

La perte de John Ross est importante, certes, mais le reste de l’effectif ne devrait pas connaitre de régression choquante tant le backfield est blindé de talents, que ce soit Jake Browning ou le couple de running backs. Un niveau similaire est attendu, ce qui serait déjà excellent, sauf si un receveur émerge et est capable d’apporter une présence explosive et constante en profondeur.


Ce n’est pas bon que le secondary devienne un point faible

L’explosion de l’attaque a concentré l’attention médiatique lors de la saison dernière ; cependant, il ne faut pas oublier que la défense de Washington performait, a minima, à un degré relativement identique. Seulement 6 (!) équipes ont inscrit plus de 20 points face aux Huskies tandis que des équipes comme Stanford (6 points inscrits) ou Colorado (10 points inscrits) se sont complètement écroulés face à une escouade terriblement efficace, constante et impossible à percer en profondeur.

Une telle réussite est essentiellement à mettre au crédit du coordinateur défensif, Pete Kwiatkowski, assistant de longue date aux côtés de Chris Petersen. Il est habitué à construire de sublimes défenses sur le campus de Seattle, associant un front-seven impénétrable et des lignes arrières agressives. Cette identité était, à nouveau, caractéristique des Huskies en 2016. Malheureusement, il n’est pas certain que cela soit le cas en 2017 avec un secondary dépeuplé de ses meilleurs joueurs.

Washington base principalement son succès défensif autour de l’exécution des lignes aériennes. Ce n’est pas une surprise de voir très peu de receveurs flamber face aux Huskies ; mais la situation actuelle n’inspire pas à autant de confiance. Le strong safety Budda Baker (71 plaquages, 3 sacks, 7 TFLs, 6 passes défendues, 2 INTs) ainsi que les cornerbacks Sidney Jones et Kevin King (6 TFLs, 19 passes défendues, 5 INTs en cumulé), que l’on peut considérer comme trois des meilleurs défenseurs de l’équipe, ont lancé leur carrière universitaire et laissent un vide énorme au fond de la défense. Les safeties JoJo McIntosh et Taylor Rapp (4 INTs), respectivement junior et sophomore ainsi qu’auteurs d’une (très) bonne saison de débutant, occupent de nouveau un poste de titulaire et devraient maintenir une certaine constance. La situation chez les cornerbacks est un peu plus inquiétante. Les sophomores Austin Joyner et Myles Bryant ainsi que le redshirt freshman Byron Murphy se placent en tant que contributeurs majeurs. Bien que ces jeunes joueurs soient talentueux et promettent beaucoup, ils sont dénués d’expérience concrète et la défense aérienne précédemment infranchissable devrait accorder bien plus de jeux longue distance.

(Crédit photo : AP Photo-Elaine Thompson)

Cette vulnérabilité au niveau des lignes arrières sera accentué par la régression probable du pass-rush. Les linbackers Psalm Wooching et Joe Mathis (11 sacks en cumulé), cautions au sein de ce domaine de jeu, ont eux-aussi déserté le campus. Un nouveau pass-rush s’apprête ainsi à voir le jour accompagné d’un succès relatif ; mais de nouvelles têtes peuvent émerger et il faudra surveiller les noms de Benning Potoa’e, D.J. Beavers ou encore Trevis Bartlett. Malgré cela, Washington peut toujours forcer ses adversaires à adopter une posture unidimensionnelle. La défense de la course devrait en effet se révéler étourdissante avec les defensive tackles juniors Vita Vea et Greg Gaines (8.5 sacks, 6 TFLs en cumulé), deux des meilleurs linemen de la conférence, ainsi que les linebackers solides seniors Akeem Victor et Keishawn Bierria.

Il n’est pas facile de douter de la défense de Washington. Celle-ci nous a montré à de très nombreuses reprises qu’il faut toujours compter sur elle, quels que soient les changements opérés à l’intersaison. Toutefois, la perte de trois excellents playmakers au sein du secondary et du recul du pass-rush est une combinaison qui devrait certainement forcer à une régression de la défense. Tout le monde doit faire face à un tel scénario une année ou une autre, mais la question est de savoir si les Huskies seront réellement handicapés par cette évolution au cours de la saison.


Pronostics de performance

Au fil des années, les observateurs ont appris à croire en Chris Petersen. Il dirige une équipe talentueuse mais dont on ne connait pas la véritable valeur ? Le plancher de performance n’est pas très éloigné de son potentiel affirmé sur le papier. Cela en devrait presque une règle immuable (il ne faut pas oublier qu’il a mené deux équipes de Boise State à un record invaincu et une victoire au Fiesta Bowl en 2006 et en 2009). Alors quand Washington revient avec un effectif quasiment intacte d’une saison terminée au College Football Playoff, il est impossible d’écarter les Huskies d’un bis repetita.

Cependant, certains aspects pourraient fragiliser l’équipe. Le secondary devrait potentiellement baisser sa garde avec des contributeurs jeunes et sans expérience. L’animation offensive profitait des opportunités offertes par la défense, que ce soit avec une bonne position sur le terrain ou des three-and-outs à foison, pour enfiler les points comme des perles. Il suffisait de creuser l’écart et les defensive backs s’emparaient de l’agressivité adverse. Avec une défense de la passe fragilisée, les équipes adverses détiennent plus de chances de rester au contact et de jouer à distance de tir des Huskies. Est-ce que Jake Browning et le reste de l’attaque peuvent tenir un rendement identique sous la pression d’un shootout ?

Washington aura deux bons mois pour connaitre les réponses à ces questions. Le calendrier n’est pas d’une compétitivité folle en septembre et en octobre, bien que les voyages à Colorado et Arizona State peuvent réserver des mauvaises surprises. Sans accroc, les Huskies arriveront avec un record de 8-0 dans un mois de novembre crucial pour l’issue de leur saison. Les réceptions de Oregon et de Utah seront séparés d’un déplacement de la plus haute importance sur le campus de Stanford.

Les résultats des rencontres face à Oregon et Stanford décideront certainement du champion de division North et a fortiori de l’équipe autorisée à participer à la finale de conférence Pac-12. Deux succès sont entièrement possibles, mais ne sont pas assurés. Et puis, si les Huskies veulent retrouver le College Football Playoff, il faudra absolument remporter le titre de conférence et la rencontre probable face à USC prend la forme d’un véritable choc de titans en pleine bourre.

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