Ryan Day Ohio State Buckeyes Football Head Coach 2019
(Crédit photo : Joseph Maiorana - USA TODAY Sports)

“CFB Preview” : les points faibles des favoris au titre de football en 2021

On a beau adorer le football universitaire, nous ne sommes pas pour autant naïfs. Si la March Madness est parfaite pour générer des upsets en basketball, le College Football Playoff réserve bien moins de surprises et affichent les mêmes favoris. Seulement 11 équipes différentes ont atteint les demi-finales en 7 éditions depuis son instauration en 2014.

Alabama (6 apparences), Clemson (6), Ohio State (4) et Oklahoma (4) ont beaucoup d’expérience du dernier carré… et font encore partie des favoris légitimes en 2021. Georgia, qui a perdu lors du National Championship en 2017, est aussi armé pour soulever le trophée du College Football Playoff en 2022. Ces 5 équipes sont au-dessus du lot sur le papier.

Toujours les mêmes.

Iowa State, Cincinnati, Notre Dame ou encore Texas A&M pourraient atteindre le Playoff cette année ; mais, ils restent davantage des outsiders.

5 favoris. Mais, avec eux, 5 points faibles.

Aucune équipe n’est parfaite, surtout en 2021, où chaque cador doit gérer des changements majeurs. Oubliez les présentations de type “Alabama encore invincible” ou “c’est l’année d’Oklahoma”. Place à un tour d’horizon des faiblesses de chaque favori.

Alabama Crimson Tide : il faut remplacer une attaque complète

Oui, Alabama reste Alabama. Chaque année, les meilleurs joueurs quittent le campus de Tuscaloosa et chaque année, le roster doit être renouvelé. Pourtant, cela n’arrête pas le mastodonte du football universitaire de dominer.

Mais il est bien possible que ce soit l’année ou jamais… pour profiter des ajustements du Crimson Tide.

Une nouvelle fois, la liste des départs est longue en attaque.

  • Mac Jones (QB), un des meilleurs lanceurs de la décennie.
  • DeVonta Smith (WR), vainqueur du Heisman Trophy.
  • Jaylen Waddle (WR), receveur du même niveau.
  • Alex Leatherwood (OT), meilleur à son poste.
  • Najee Harris (RB), prétendant légitime au Heisman Trophy, lui-aussi.

Déjà, en voyant ces noms, on se dit que l’équipe de Nick Saban a présenté une des plus belles attaques de l’histoire en 2020.

Et forcément, remplacer toutes ces stars n’est pas une tâche anodine.

Bryce Young QB Alabama Crimson Tide vs Notre Dame College Football Playoff Rose Bowl 2020
(Crédit photo : Alika Jenner – Getty Images)

La pression sera sur Bryce Young, quoi qu’il en soit. Le quarterback devra être le leader naturel de cette équipe. On ne s’inquiète pas pour son association avec John Metchie III pour engranger des yards dans les airs. Idem dans le backfield, où 3 running backs talentueux vont se tirer vers le haut pour imposer un jeu sol toujours dominant.

En réalité, on se pose surtout des questions sur les capacités de Bryce Young face aux “gros”.

A ce jour, il n’a pas le niveau de Mac Jones ou de Tua Tagovailoa, c’est certain. Son gabarit (6’0, 1m83) est une des principales inquiétudes, si on se veut pessimiste. Mais plus globalement, l’effectif d’Alabama semble “léger” par rapport aux standards de l’université en terme de rotation. A la vue des deuxièmes et troisièmes lames, sur chaque poste, on se dit que les blessures pourraient être très dommageables pour le champion en titre.

Surtout au niveau de la ligne offensive, où 3 titulaires sont partis et où la jeunesse est omniprésente.

On connaît la qualité de recrutement des freshmen et sophomores. Sauf que cela pourrait être problématique en fin de saison, quand les matchs comptent double.

Clemson Tigers : Trevor Lawrence laisse un vide

Décidément, Clemson et Alabama ne se quittent plus.

Meilleurs amis et ennemis sur le terrain ces dernières années au College Football Playoff, les 2 programmes commencent chacun un nouveau chapitre en 2021. L’ère Trevor Lawrence est terminée à Clemson. Elle aura duré trois ans.

Trois belles années pour les Tigers avec le quarterback à la chevelure blonde et Travis Etienne, qui ont porté l’équipe et qui ont atteint deux fois le National Championship. Si Alabama renvoie vraiment une impression de solidité collective, Clemson s’appuie davantage sur des individualités très fortes ces dernières saisons. Cette nouvelle saison n’échappera pas à la règle.

Comme Bryce Young à Tuscaloosa, D.J. Uiagalelei, lui-aussi sophomore, doit prendre la relève à Clemson.

D.J. Uigalelei QB Clemson Tigers 2020
(Crédit photo : 247Sports)

Bon, on a déjà eu un avant-goût du talent du jeune homme lorsque Trevor Lawrence a été forcé sur la touche à cause du COVID-19 en 2020. Le quarterback 5-étoiles a montré sa force de caractère et a permis aux Tigers d’éviter un upset contre Boston College. Et son deuxième match face à Notre Dame, bien que perdu, fut très impressionnant (439 yards et 2 TDs).

Performer sur un court laps de temps, c’est bien.

Mais le football universitaire a prouvé qu’il ne faut jamais trop compter sur ce genre de sorties pour se forger un avis définitif. Oui, il est vrai que D.J. Uiagalelei possède tout pour réussir ; mais, une fois encore, il est très dur de jouer à un tel niveau pendant 4 mois. Sachant qu’autour de lui, il n’y a pas grand monde pour le remplacer.

On se répète : les blessures jouent un rôle prépondérants au cours d’une saison.

Cela fait partie de ce sport quoi qu’on veuille. Avoir des back-ups solides fait gagner des titres. Et, à Clemson, Taisun Phommachanh s’est gravement blessé durant l’intersaison, lui qui devait être le remplaçant de luxe. Derrière D.J. Uiagalelei se trouve donc… un walk-on.

Ce serait très problématique pour les Tigers de jouer avec Hunter Hemes pour 1 ou 2 matchs.

Oklahoma Sooners : on attend toujours une défense de champions

La hype sur le campus de Norman n’a jamais été aussi grande à l’aube d’une nouvelle saison.

Alors qu’on parle déjà du Heisman Trophy pour Spencer Rattler, après Baker Mayfield et Kyler Murray, on semble oublier d’où l’on vient. Les Sooners ont encore beaucoup à prouver sur le plan défensif. Plus qu’on ne le pense.

Il est vrai qu’ils ont énormément progressé au sein de ce secteur depuis l’arrivée d’Alex Grinch en 2019. “Facile de progresser quand on part de si bas”, me diriez-vous ? Entièrement d’accord. Certes, le coordinateur défensif a réussi à installer une nouvelle philosophie dans ses escouades, mais, la défense pose encore plusieurs questions.

Entre une défense du Top-25 et une défense de champions nationaux, il existe un monde.

Oklahoma a tenté l’expérience et s’est fait rouler dessus lors de leurs 4 participations (pour 4 défaites) au College Football Playoff. Pourtant, le front-seven donne beaucoup d’espoir dans une défense entièrement de retour. Nik Bonitto et Isaiah Thomas, parmi les meilleurs défenseurs de conférence Big 12, seront deux éléments clés de ce côté du terrain.

Nik Bonitto LB Oklahoma Sooners 2020
(Crédit photo : Ian Maule – Tulsa World)

Cependant, le “fameux” secondary d’Oklahoma laisse toujours planer le doute.

La qualité des lanceurs ne cesse de croître en football universitaire. On le voit ces dernières saisons avec des équipes très fortes dans les secteur aérien qui s’imposent au sommet de la hiérarchie. Cela a souvent été le cas en Big 12 et Oklahoma souffre depuis longtemps. Les Sooners savent que c’est leur point faible ; et la saison 2021 ne balaiera sûrement pas les craintes.

Face aux meilleurs receveurs du pays, on voit mal Jaden Davis, Woodi Washington et DJ Graham rivaliser. On craint que l’optimisme sur le campus de Norman ne soit conforme à la réalité du terrain.

Et, tant que Oklahoma n’aura pas régler ce problème, les Sooners ne seront pas une équipe digne de devenir un champion national.

Ohio State Buckeyes : un système défensif qui interroge

On aurait pu (ou dû) pointer du doigt le remplacement de Justin Fields au poste de quarterback à Ohio State. Comment le remplacer ? C.J. Stroud fera-t-il le poids ? Faudra-t-il donner les clés du camion à un true freshman qui sort à peine du lycée (Quinn Ewers) ?

Des questions légitimes tant le défi est immense.

Mais, on a déjà parlé de plusieurs remplacements de quarterbacks.

Soyons originaux et évoquons l’autre partie du terrain.

Ohio State n’a pas atteint la finale du College Football Playoff la saison passée grâce à une défense loin d’être exceptionnelle. Elle posait déjà problème sur certaines rencontres, notamment, au niveau du secondary. A l’image des soucis à Oklahoma, les Buckeyes ont beaucoup encaissé dans la profondeur et ils se sont classés tout simplement comme la pire équipe de Big Ten sur jeu aérien.

Josh Proctor DB Ohio State Buckeyes vs Northwestern Big Ten Championship 2019
(Crédit photo : Andy Lyons – Getty Images)

Les insiders de l’université évoquent avec récurrence un réalignement défensif en 4-2-5 (et oui, encore une similitude avec Oklahoma).

Du côté des linebackers, le travail ne manque pas. Les départs de Pete Werner and Tuf Borland laissent un grand vide, eux qui étaient les meilleurs plaqueurs de la défense. Les nouveaux arrivants devront très vite s’acclimater afin d’assumer leur rôles de titulaires. Puisque, au total, seulement 5 titulaires sont de retour sur le campus.

Peu rassurant, surtout quand on voit les faiblesses de la saison passée.

Davantage que C.J. Stroud, qui sera extrêmement bien entouré avec Chris Olave et Garrett Wilson aux postes de receveur, c’est la défense qui sera le baromètre de la saison des Buckeyes.

Georgia Bulldogs : souvent absent quand il faut

Souvent en galère face à Alabama et LSU, Georgia n’arrive pas à passer un cran au-dessus.

Malgré une impressionnante régularité depuis l’arrivée de Kirby Smart (entre 8 et 13 victoires à chaque saison), il réside comme un complexe d’infériorité face aux meilleures équipes. Alors, est-ce enfin l’année de Georgia ? La question revient souvent.

JT Daniels devrait mettre la lumière sur l’attaque. Pas de soucis sur ce point.

Travaille-t-on mieux dans le silence et l’anonymat ? Si oui, la défense n’a pas de soucis à se faire. Mais il semble que ce dicton ne soit pas totalement vrai. La défense des Bulldogs risque d’être limitée face à des attaques de haut niveau.

Derion Kendrick CB Georgia Bulldogs Spring Game 2021
(Crédit photo : Tony Walsh – Georgia Bulldogs Athletics)

En 2020, l’équipe a été efficace en défense ; mais, rarement face aux gros morceaux. Deux défaites face à Alabama et Florida. Deux rencontres à plus de 40 points encaissés.

Georgia ne répond pas présent dans les moments importants.

L’ancien de Clemson, Derion Kendrick, risque d’être le facteur X de cette défense. Il sera un leader naturel dans le secondary de par ses qualités. Et les Bulldogs ont besoin de patrons après les départs de nombreux titulaires vers la NFL. Sans oublier Adam Anderson (LB) et Nolan Smith (LB), qui formeront une belle paire dans le système 3-4 des Bulldogs.

Comme à l’Alabama, il y a du talent, cela est indéniable.

Mais la culture de la gagne n’est pas encore la même. Plus que les joueurs, c’est tout le coaching staff et Kirby Smart qui devront assumer leurs responsabilités lors de matchs cruciaux.