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Spencer Rattler QB Oklahoma Sooners Big 12 Championship Game vs Baylor 2019
(Crédit photo : Jackson Stewart - The OU Daily)

“CFB Preview” : Oklahoma favori à sa succession… avec Spencer Rattler

Les trois premières saisons de Lincoln Riley à Oklahoma se ressemblent en tous points.

12 victoires en saison régulière, une seule défaite en début d’année, un titre de conférence Big 12 et un quarterback en lice pour le Heisman Trophy de 2017 à 2019. Et, bizarrement, chaque saison s’est conclue sur une déception lors d’un Bowl du Nouvel An et/ou lors du College Football Playoff.

Il débute une 4ème saison avec les Sooners et il connait enfin une grande première : démarrer une nouvelle saison de football avec un quarterback novice en la matière.

Il a hérité de Baker Mayfield quand Bob Stoops est parti à la retraite. Il a ensuite récupéré Kyler Murray et Jalen Hurts sur transfert, alors qu’ils étaient titulaires dans leur école précédente. Mais, en 2020, il remet les clés du camion à un quarterback sans vraie expérience qu’il a recruté et couvé en tant que freshman : Spencer Rattler.

Il apparait évident que Oklahoma devrait baisser en intensité et affronter une compétition plus ardue en conférence Big 12 et en vue du College Football Playoff, pour lequel les Sooners se sont qualifiés ces trois dernières années.

Sauf que, en y repensant, Oklahoma va-t-il vraiment reculer dans la hiérarchie ?

Projections des équipes de conférence Big 12 (dont Oklahoma), selon SP+ :

Bill Connelly développe depuis 2008 (chez Football Outsiders puis chez ESPN) une base de données statistiques, appelée SP+, afin de classer les 130 équipes inscrites de FBS selon une mesure prédictive de l’efficacité du niveau de jeu, ajustée selon plusieurs critères évolutifs.

Avant chaque saison, il publie un classement de pré-saison afin de projeter le niveau de jeu de chaque équipe. Celui-ci est principalement composé de 3 facteurs prédictifs : le retour de production, le niveau de recrutement récent et l’histoire récente des performances en match.

Le classement des équipes de la conférence Big 12 selon SP+ :

 
Projections de pré-saison (SP+) en conférence Big 12 – 2020
Classement Equipe Général Attaque Défense
#8 Oklahoma 22.6 44.9 (2) 22.3 (36)
#14 Texas 17.0 40.3 (7) 23.3 (42)
#21 Oklahoma State 12.9 35.5 (18) 22.6 (38)
#30 Iowa State 10.6 29.9 (48) 19.3 (27)
#33 Baylor 10.1 34.3 (23) 24.2 (47)
#36 TCU 9.5 29.8 (53) 20.3 (32)
#54 Kansas State 2.4 27.6 (66) 25.2 (50)
#59 Texas Tech 0.7 30.1 (43) 29.4 (76)
#64 West Virginia -1.3 26.2 (82) 27.5 (61)
#113 Kansas -13.0 23.7 (96) 36.7 (114)
 

La nouvelle (et jeune) tête à Oklahoma : Spencer Rattler

Après Baker Mayfield, Kyler Murray et Jalen Hurts, au tour de Spencer Rattler de casser la baraque à la tête de l’attaque d’Oklahoma ?

Le quarterback redshirt freshman et meilleure recrue nationale de la promotion 2020 obtient (enfin) le leadership des Sooners. Cette position lui incombait depuis qu’il s’est engagé auprès de Lincoln Riley. Et, bien qu’il ne soit pas très expérimenté (3 apparitions avant un redshirt l’an passé), son talent lui permet aisément de s’inscrire dans la lignée de ses illustres aïeux.

Tout ne sera pas parfait, certes. Il ne faudra pas être surpris. Il commettra des erreurs et il ne sera pas aussi flamboyant que ces prédécesseurs. Mais, l’efficacité offensive d’Oklahoma et le génie de Lincoln Riley devraient l’aider à se faufiler dans la course au Heisman Trophy. Il ne faudra pas être surpris, non plus.

Oui, Spencer Rattler possède tous les outils pour diriger une des meilleures attaques de la ligue.

Il sera qui plus est protégé par une excellente ligne offensive, peut-être la plus performante du pays. Le fantastique Bill Bendenbaugh a très bien géré l’incorporation de 4 nouveaux titulaires… et la ligne revient au complet cette saison.

Le centre junior Second-Team All-American Creed Humphrey ancrera à nouveau cette escouade, qui n’a accordé que 23 sacks en 2019 et qui a ouvert des brèches pour une moyenne de 240 yards au sol par match. Le côté droit de la ligne pourrait être intraitable avec l’ancien guard 5-étoiles Brey Walker, qui entre dans une année de sophomore, et le tackle junior Adrian Ealy, qui a été nommé dans la Second-Team All-Big 12 la saison passée.

Outre Spencer Rattler, c’est le running back Kennedy Brooks qui doit être aux anges.

Sans faire de bruit, le junior a apporté des gains réguliers et a terminé en tant que meilleur running back de l’équipe avec 1.011 yards et 6 TDs. Bien que Trey Sermon a quitté les Sooners sur transfert (en direction de Ohio State), le senior Rhamondre Stevenson devrait être la caution explosive du backfield et le sophomore T.J. Pledger est une ancienne recrue 4-étoiles qui a du talent à revendre.

De plus, avec un quarterback plus pro-style que dual-threat, les trois running backs devraient assurément voir une augmentation de leurs statistiques.

Une incertitude règne tout de même chez les receveurs. Ils perdent 3 de leurs 4 meilleures cibles. Pire encore, l’exceptionnel CeeDee Lamb (62 réceptions, 1.327 yards, 14 TDs) s’en est allé pour la NFL après une place d’honneur au Biletnikoff Award.

Le junior Charleston Rambo s’installe en tant que nouveau receveur principal d’Oklahoma… et il n’arrivait qu’à la moitié des statistiques de CeeDee Lamb (743 yards, 5 TDs). Est-ce inquiétant ? En tout cas, une caution d’expérience arrive à Norman avec Obi Obialo (505 yards, 4 TDs à Marshall en 2018) et Theo Howard (677 yards, 4 TDs à UCLA en 2018). Et, à cela, il faut encore ajouter la présence de l’ancienne recrue 5-étoiles Theo Wease, qui entre dans une année de sophomore, et le talentueux Jeremiah Hall, au poste hybride de H-back.

Les cibles aériennes ne manquent pas. C’est devenu une habitude avec les Sooners. Mais, au contraire des autres années, on ne devine pas (encore) un leader incontesté au sein de cette escouade.

Malgré un petit point d’interrogation avec les receveurs, le constat reste le même : Oklahoma s’apprête à écraser tout le monde avec son attaque.

Et si la défense était finalement une bonne surprise ?

Lors de la dernière intersaison, Alex Grinch a débarqué à la tête de la défense des Sooners. Et l’ancien coordinateur défensif de Washington State et Ohio State était tout de suite attendu en tant que sauveur d’une escouade à l’agonie depuis (trop) longtemps.

Cependant, à la suite de débuts prometteurs, les fans d’Oklahoma ont subi une douche froide lors des grandes échéances du College Football Playoff.

LSU a désossé les Sooners en une seule mi-temps lors du Peach Bowl. Le total après 4 quart-temps : 63 points et 693 yards encaissés.

Une amélioration immédiate était envisageable. Mais, il ne fallait pas s’attendre à des miracles non plus. Alex Grinch voulait mettre une emphase sur les turnovers… et Oklahoma a terminé au 121ème rang national (11) dans cette catégorie. Quoi qu’il en soit, on devrait obtenir une meilleure idée des progrès défensifs en 2020.

Une défense mobile, rapide et agressive est attendue ; et ces caractéristiques débutent dès la ligne défensive.

Le defensive end junior Ronnie Perkins (13.5 TFLs, 6 sacks) a oublié la NFL pour continuer avec les Sooners et il mènera un pass-rush des plus intéressant avec le sophomore Nik Bonitto. Le centre de la ligne est encore plus prometteur. Perrion Winfrey arrive de JUCO (23 TFLs, 9.5 sacks en 2 saisons à Iowa Western) et le duo qu’il forme avec le sophomore Jalen Redmond (11 TFLs, 6.5 sacks) pourrait faire de sérieux dégâts.

Ce serait une bonne chose que la ligne émerge parce que les linebackers perdent leur âme avec le départ de Kenneth Murray (102 plaquages, 17 TFLs, 4 sacks) pour la ligue professionnelle.

Toutefois, hormis un départ de taille XXL, le groupe de linebackers revient en bonne santé. Le junior DaShaun White est attendu comme le digne remplaçant de Kenneth Murray, tandis que le prometteur Caleb Kelly est de retour après une saison gâchée par une lourde blessure. L’ancienne recrue 5-étoiles entre dans une ultime année de senior. Ce serait le bon moment pour afficher son meilleur niveau.

Et avec la présence du nickelback junior Brendan Radley-Hiles dans les parages, le centre du terrain devrait conserver un niveau plus ou moins équivalent à l’an passé.

Le secondary subit à peu près le même sort que les linebackers. Le groupe est expérimenté avec une majorité de retours et perd tout de même son meilleur joueur.

Le cornerback Parnell Motley (13 passes défendues, 1 INT) a épuisé son éligibilité et laisse un trou important dans l’effectif. Sauf que la situation est tout de même plus heureuse. Le senior Tre Brown (11 passes défendues, 1 INT) et le junior Tre Norwood (58 plaquages, 6 passes défendues en 2018) composent toujours des lignes arrières en progression, malgré quelques violentes sorties de route.

Ajoutez à ceux-ci des safeties juniors qui apportent de l’impact, entre Delarrin Turner-Yell et Pat Fields (139 plaquages, 11.5 TFLs et 8 passes défendues en cumulé). Le secondary peut devenir le joker des Sooners face aux excellentes attaques aériennes de conférence Big 12.

Les Sooners seront à nouveau dans la course au Playoff

Avec l’arrivée d’un quarterback (redshirt) freshman et les départs des meilleurs playmakers, en attaque ainsi qu’en défense, il est légitime de s’attendre à une régression d’Oklahoma.

Mais, ce ne serait sans compter sur le génie de Lincoln Riley.

Par le biais de transferts bien sentis et d’un apport du JUCO, le jeune head coach des Sooners conserve un plancher d’expérience élevé tout en incorporant des recrues de grand talent. Et ses qualités de gourou offensif font mieux que de compenser un déficit de performances défensives.

Ce n’est pas pour rien que Oklahoma s’est qualifié à trois éditions consécutives du College Football Playoff sous soin égide.

Nous sommes désolés pour les fans de Oklahoma State ou de Texas : les Sooners sont de nouveau les favoris pour obtenir une 6ème couronne de conférence Big 12 consécutive.

Avec un tel statut, il est impossible de les omettre de la course au College Football Playoff.

D’autant plus si Spencer Rattler répond à la hype énorme et s’il débute directement dans les pas de ses excellents prédécesseurs. Et, s’il joue à un niveau digne de Heisman Trophy, les Sooners peuvent (enfin) espérer à mieux qu’une déception au mois de décembre/janvier.

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