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(Crédit photo : Bobby Ellis-Getty Images)

CFB Preview : Louisville peut évidemment compter sur Lamar Jackson, mais quid du reste ?

Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Louisville a possiblement connu la meilleure saison de l’histoire de son programme de football l’année dernière ; malheureusement, il est possible que l’on ne s’en souvienne plus d’ici quelques temps, si l’on regarde uniquement le record final. Les Cardinals ont grimpé jusqu’au cinquième rang de l’AP Top 25 et est entré dans le mois de novembre avec un record de 9-1. Ils étaient clairement la meilleure équipe du pays lors du premier mois de compétition, sans aucun doute, mais les trois défaites consécutives pour conclure la saison ne leur permet pas d’atteindre le plateau des 10 victoires.

Ce début de saison tonitruant a tout de même permis à Lamar Jackson de sécuriser le Heisman Trophy. Le jeune quarterback de 19 ans à peine est devenu le vainqueur le plus jeune de l’histoire universitaire au terme d’une série de prestations plus ahurissantes les unes que les autres. Il a illuminé cette saison de toute sa lumière et une nouvelle année débute. Il se trouve aujourd’hui en lice pour récidiver ; mais là est la partie la plus compliquée. Seulement Archie Manning est arrivé à réaliser cet accomplissement.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Cardinals de Louisville en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Un seul nom suffit : Lamar Jackson

Les Cardinals ont survolé la première partie de saison grâce à leur fabuleux quarterback. Il dirigeait une attaque absolument foudroyante, qui ne s’est pas gêné d’inscrire 70, 62, 63 et 59 points lors des quatre matchs d’ouverture. Louisville s’est rapproché à seulement deux yards de battre le futur champion national, Clemson, sur son terrain avec 36 points au compteur. Lamar Jackson & co. ne se sont pas arrêtés en si bon chemin avec plus de 44 points marqués lors de trois des cinq matchs suivants.

Et puis, tout s’est arrêté brutalement. La ligne offensive s’est écroulée et l’animation offensive a disparu. Une fessée sur le campus de Houston, un upset face au rival historique de Kentucky et un Citrus Bowl complètement manqué face à LSU. Cette dernière ligne droite peut nourrir des regrets puisque Louisville se trouvait dans le Top-5 national, dans la course au College Football Playoff ou tout du moins pour un Bowl du Nouvel An. Cependant, la rédemption est à portée de bras. Lamar Jackson se trouve sur le campus une dernière année et cela assure de facto une chance de compléter ce qu’il manquait.

Bobby Petrino est un véritable gourou offensif depuis ses débuts universitaires il y a plus de 20 ans. La réputation de mercenaire qu’il traine depuis les années 2000 commence peu à peu à s’effacer, mais ses qualités de bâtisseur de quarterback continuent d’être mises en exergue à chaque université. Il a érigé une animation offensive élite autour de l’explosivité et de l’extravagance de Lamar Jackson (3543 yards à la passe, 30 TDs, 9 INTs ; 1571 yards à la course, 21 TDs) ; celle-ci a époustouflé lors des trois-quarts de la saison avant qu’une ligne offensive des plus fragiles implose. Le quarterback entre dans son année junior et devrait mener une attaque tout aussi folle que l’an passé. Le running back Brandon Radcliff (903 yards à la course, 6 TDs) a épuisé son éligibilité et quitte les Cardinals ; toutefois, les jambes de Lamar Jackson, la présence du senior Jeremy Smith (382 yards à la course, 8 TDs) ainsi que l’arrivée du prometteur true freshman 4-étoiles Colin Wilson devraient aider à compenser cette perte. La vraie question du backfield demeure la tenue de la ligne offensive. Elle s’est révélée être le grand maillon faible de Louisville et perd aujourd’hui les trois titulaires au centre de celle-ci l’an passé. Elle pourrait redevenir la responsable des maux de l’équipe face aux grosses écuries de la conférence.

(Crédit photo : Billie Weiss-Getty Images)

Quelques questions émergent également au niveau de l’escouade des receveurs. Alors que la ligne offensive a violemment trébuché, ces derniers se sont montrés plutôt décevants et doivent maintenant se rattraper. Cette opération de rachat devra tout de même se faire sans James Quick, Jamari Staples et le tight end Cole Hikutini (2052 yards à la réception, 16 TDs en cumulé) ; c’est-à-dire les trois meilleures armes aériennes. En revanche, le junior Jaylen Smith (599 yards à la réception, 6 TDs) peut désormais exploser sur la scène nationale. Le senior Reggie Bonnafon, le junior Traveon Samuel, le sophomore Seth Dawkins ainsi que le redshirt freshman Dez Fitzpatrick ont de leur côté la possibilité de se révéler comme de solides armes secondaires. Moins d’expérience et de production, mais tout autant de possibilités.

La présence de Lamar Jackson à elle-seule devrait permettre à Louisville de remporter la majorité de ses rencontres face à une adversité plus faible. Mais, face aux meilleures équipes de la conférence ACC, un backfield aussi dynamique que celui-ci ne sera pas suffisant pour l’emporter. Il faudra être bon dans le secteur aérien ; est-ce que la ligne offensive peut tenir et les receveurs peuvent-ils soutenir leur superbe quarterback comme il faut ?


Une mauvaise surprise est-elle proche en défense ?

Louisville ne se reposait pas sur la défense pour remporter les matchs, mais davantage pour enfoncer le clou sur ses adversaires désespérés de tenir la cadence offensive des Cardinals. L’ensemble de l’effectif défensif montrait une réelle agressivité, il était presque impossible de courir face au front-seven et le secondary jouait avec un certain opportunisme pour compenser les lacunes dans les airs. Cette technique fonctionnait à merveille, jusqu’à la chute brutale de l’attaque. Les lignes arrières ne pouvaient plus rien faire et les points encaissés sont passés d’une vingtaine à 36, 41 et 29.

Malheureusement, la continuité ne devrait pas être à l’ordre du jour. Le coordinateur défensif Todd Grantham, bien qu’il soit critiquable dans certains aspects, a délivré des escouades plus que solides et efficaces dans un tel système basé sur des prises de risque considérées. Mississippi State l’a débauché et pour le remplacer, Bobby Petrino a pioché chez les Bulldogs en récupérant leur précédent coordinateur défensif, Peter Sirmon.

Il n’est pas certain que les Cardinals en sortent gagnants. Peter Sirmon n’a jamais produit de très bonnes défenses au cours de sa carrière, étant plutôt connu pour ses talents de recruteur. Cependant, il dispose d’une jolie quantité d’expérience et d’une versatilité qui devrait lui plaire. Le front-seven de Louisville est mis en valeur par son aspect hybride, alternant les phases en alignement 3-4 et 4-3. DeAngelo Brown possédait un impact fort au centre de la ligne (3 sacks, 11 TFLs) et le voilà désormais parti. Son remplacement pourrait se révéler crucial et les seniors, anciennement recrues issues du JUCO, Drew Bailey et Trevon Young tenteront de masquer son départ au mieux. La ligne défensive permettrait ainsi aux linebackers de fuser de tous les côtés. Le middle linebacker Keith Kelsey (93 plaquages, 4.5 TFLs, 2 passes défendues) ainsi que le pass-rusher Devonte Fields (6 sacks, 3 TFLs) étaient deux excellentes armes mais il faudra composer sans eux. L’excellent senior James Hearns (8 sacks, 3 TFLs) n’aura pas de mal à prendre la relève pour terroriser les quarterbacks adverses tandis que Stacy Thomas (85 plaquages, 6.5 TFLs, 3 passes défendues) devrait continuer à porter une très bonne défense de la course. En somme, le front-seven devrait ressembler à celui de l’an passé.

(Crédit photo : Winslow Townson-AP)

Plutôt vulnérable la saison dernière, le secondary pourrait bien devenir un aspect fort (ou tout du moins solide) de la nouvelle défense de Louisville. Les blessures ont joué un rôle important dans la chute des performances face aux passes adverses, un facteur déstabilisateur qui devrait moins impacter les Cardinals en 2017. Le safety Josh Harvey-Clemons (61 plaquages, 2 sacks, 2 TFLs, 2 passes défendues) et le cornerback Shaq Wiggins, blessé lors de la majeure partie de la saison ont quitté le campus. Cela n’empêche pas le retour de quatre titulaires avec les (très) bons cornerbacks Jaire Alexander et Trumaine Alexander (15 passes défendues, 7 INTs en cumulé) ainsi que les safeties Chucky Williams et Zykiesis Cannon. Ils peuvent désormais nourrir des ambitions et ce serait une bonne nouvelle.

La défense retrouve sept titulaires avec des playmakers intéressants à chaque position. La vraie question est de savoir comment le nouveau coordinateur défensif peut prendre la relève de Todd Grantham et si la recette agressive de Louisville peut encore fonctionner. Elle devra également performer à un meilleur niveau face aux meilleures équipes du pays, un souci récurrent depuis plusieurs années chez les Cardinals.


Pronostics de performance

Un record final de 9-4 ne reflète pas le véritable niveau de Louisville. Lamar Jackson, en quête d’un second Heisman Trophy consécutif qui le ferait entrer dans l’histoire, débute une troisième saison universitaire avec le couteau sous les dents afin de contredire les critiques à son égard. Le jeune quarterback pourrait bien être encore plus affolant que l’an passé et les armes offensives, malgré quelques départs sérieux, demeurent suffisantes pour assister un talent aussi transcendant que Lamar Jackson.

Aucune équipe d’une force de frappe inférieure à Louisville ne peut rivaliser et cela sera encore le cas cette année. Par contre, les écoles égales ou supérieures en talent restent une épine dans le pied des Cardinals. Ils doivent encore franchir cette étape, qui semble reposer presque uniquement sur les performances de la ligne offensive. Cette dernière a causé les maux de l’équipe lors du dernier mois de compétition et on ne sait toujours pas si elle pourra combler ce manque. La clé du titre de division Atlantic (et a fortiori de la conférence ACC) se trouve avec cette position.

Si l’attaque démarre avec un début de saison aussi tonitruant qu’en 2016, le déplacement à North Carolina et surtout la réception de Clemson se révéleront cruciaux. Louisville pourrait se lancer avec un record de 3-0 ou bien de 1-2. La suite du calendrier n’est pas extrêmement favorable non plus : les Cardinals doivent visiter les campus de NC State, Florida State, Wake Forest et Kentucky en octobre et novembre. Ces environnements hostiles révéleront la trempe de l’équipe des deux côtés du terrain.

Huit ou neuf victoires semblent être un objectif des plus faisables. Mais serait-ce suffisant pour cette équipe de Louisville ? A la suite d’une saison relativement décevante, on attend davantage des Cardinals et ce serait un sacrilège de ne pas exploiter au maximum le talent démesuré d’un athlète tel que Lamar Jackson, un des meilleurs joueurs que le football universitaire ait connu depuis une décennie. Cela passe nécessairement avec des succès sur Clemson et Florida State. Et ces derniers ne sont pas à la portée de Louisville dans l’ordre actuel des choses.

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