Coastal Carolina Chanticleers Football Myrtle Beach 2019
(Crédit photo : Josh Bell - Myrtle Beach Sun News)

“CFB Preview” : les équipes les plus “sexy” de la saison de football en 2021

La beauté du football universitaire est qu’il existe toujours une équipe qui s’accorde avec les goûts de chacun. Une identité offensive ou une défense de fer. Des playmakers flamboyants ou une tradition particulièrement forte. Les 130 programmes de football en FBS sont suffisants pour trouver l’équipe la plus “sexy” à nos yeux.

Qu’entend-on par “sexy”, d’ailleurs ?

Les équipes qui hérissent les poils de nos bras à coup de big plays, qui produisent du beau jeu à un niveau d’élite (que ce soit un jeu offensif ou défensif), qui envoient des paillettes devant nos yeux, etc. Cela ne veut pas dire que les meilleures équipes sont les plus “sexy”, par contre.

Et la liste établie ne regroupe pas (toutes) les équipes désignées en tant que favori pour atteindre le College Football Playoff.

Quelles équipes obtiendront toute notre attention pour leur splendeur sur le terrain et proposeront un jeu flamboyant en 2021 ? Par qui les plus avides des observateurs seront-ils obnubilés en cette nouvelle saison de football ?

(La liste des universités ci-dessous, pour chacune des catégories, est agencée selon un ordre alphabétique.)

Les équipes les plus “sexy” à l’unanimité dans la rédaction

Cincinnati Bearcats

“Les Bearcats ont la possibilité de devenir la première équipe du Group of Five à se qualifier pour le College Football Playoff”. Ce ne sont pas mes paroles. Ce sont celles de Phil Steele (qui peut être considéré comme le meilleur analyste en football universitaire). Et il pourrait bien avoir raison à la fin de la saison régulière.

Cincinnati est vraiment une excellente équipe.

Luke Fickell n’a pris la relève que depuis 4 ans… et il a déjà obtenu 2 saisons à 11 victoires et une participation au Sugar Bowl, en 2020, avec un record immaculé de 9-0. Les Bearcats ont échoué à 3 petits points de réaliser un upset monumental face à Georgia et de conclure la saison à 10-0.

Purement et simplement, la meilleure saison de l’histoire du programme.

Malgré quelques pépins physiques, Desmond Ridder entre dans sa 4ème saison au poste de quarterback titulaire. Le senior a (enfin) explosé au niveau national l’an passé et l’arme double-menace des Bearcats n’a pas terminé “AAC Offensive Player of the Year” par hasard. Près de 2.300 yards et un ratio de 19-6 à la passe, accompagnés de près de 600 yards et 12 TDs à la course. Connu pour être un coureur très efficace, son bras a surtout progressé à chaque saison ; et rien n’indique une régression en 2021. Au contraire.

Un statut dans les 10 meilleurs quarterbacks de la ligue n’est pas galvaudé. Et il reçoit toujours l’aide d’un groupe solide d’armes offensives avec le running back Jerome Ford, le tight end Josh Whyle et le receveur Alec Pierce, entre autre.

Toutefois, la réelle attraction de Cincinnati est la qualité de sa défense. Sans aucun doute l’une des meilleures escouades défensives… du pays.

Ahmad Sauce Gardner CB Cincinnati Bearcats vs Army 2020
(Crédit photo : Cincinnati Bearcats Athletics)

Le secondary peut carrément être évalué au même niveau que les favoris au Playoff.

Ahmad “Sauce” Gardner (First-Team All-American) et Coby Bryant (First-Team All-AAC) est possiblement le meilleur duo de cornerbacks de la ligue en 2021 à la suite d’une saison incroyable. 7 INTs et 13 passes défendues combinées. Ils ont été une pierre angulaire d’une défense qui a maintenu ses adversaires à 115 yards offensifs de moins que leur moyenne annuelle (soit la 2ème meilleure marque nationale). Leur retour promet d’être explosif.

D’autant plus que le front-seven ne déçoit pas, non plus. Le defensive end senior Myjai Sanders est capable de devenir un des meilleurs pass-rushers du Group of Five et de mener une ligne défensive presque impossible à trouer. Luke Fickell pense même que la ligne est la force de cette défense ; c’est dire !

Bien que le coordinateur offensif Marcus Freeman ait été débauché par Notre Dame, il est difficile d’envisager une baisse de niveau. Vous savez où tournez des yeux pour être émerveillé face à une défense aussi solide dans ses bases que spectaculaire avec ses playmakers.

Et, puis, Cincinnati possède le calendrier pour prétendre au College Football Playoff.

No joke.

Deux déplacements à Indiana et Notre Dame lors du premier mois de compétition. Certes, il faut gagner ces matchs et ce ne sera pas une mince affaire. Sans oublier un calendrier de conférence AAC chargé avec UCF, Tulane, Tulsa ou SMU. La route est jonchée de rendez-vous alléchants pour démontrer leur force.

Sauf que les Bearcats ont montré qu’il pouvait s’imposer, avec style, face à n’importe quelle équipe (et ils y croient dur comme fer). Faudrait-il que l’on y fasse de même ?

Coastal Carolina Chanticleers

La plus belle histoire de cette saison marquée par la pandémie du COVID-19 était, sans aucun doute, la révélation de Coastal Carolina au plus haut niveau. Et, on ne parle pas (que) de la conférence Sun Belt. Non. Les Chanticleers ont enchanté l’ensemble de la ligue et ont joué des coudes avec le Top-10 national.

Alors que personne ne les attendait.

Les hommes de Jamey Chadwell sont entrés sur la scène avec fracas (en complétant un sweepstake de Kansas)… et y sont restés pour le reste de l’année. Un record invaincu de 11-0 et une 9ème place à l’AP Top 25 avant un Bowl de luxe, perdu d’un cheveu en overtime, face à Liberty. Ils ont monopolisé les gros titres médiatiques de semaine en semaine ; et cette attention était méritée. L’équipe proposait un vrai niveau digne des meilleures équipes du Group of Five.

Coastal Carolina a dominé la saison, sur le plan médiatique et sportif, grâce à Grayson McCall. Le quarterback a pris la direction de l’attaque en tant que true freshman et a réalisé des petits miracles.

Il a montré des qualités de playmaker double-menace de (grande) qualité dès ses premières enjambées et il a progressé au fil des matchs. Pour terminer la saison avec près de 2.500 yards et un ratio incroyable de 26-3 à la passe, près de 600 yards et 7 touchdowns à la course et une nomination dans la First-Team Freshman All-American aux côtés de Spencer Rattler. Grayson McCall n’est pas un quarterback comme les autres ; et son ascension pour sa seconde saison pourrait en surprendre plus d’un.

D’autant plus que 9 titulaires reviennent en attaque, dont la totalité de la ligne offensive et les meilleures cibles aériennes de l’équipe, le receveur Jaivon Heiligh et le tight end Isaiah Likely. Et, avec plus d’expérience, les Chanticleers seront effrayants.

Coastal Carolina Chanticleers Football Myrtle Beach 2019
(Crédit photo : Josh Bell – Myrtle Beach Sun News)

Toutefois, il ne faut pas oublier que le véritable moteur de Coastal Carolina était, est et restera la défense.

L’escouade défensive s’est révélé être formidable à maintenir ses adversaires à distance de l’en-but et a réduit les points adverses de 10 unités entre 2019 et 2020 (de 30.5 à 20.3). Comment ? Grâce à un superbe pass-rush et un défense aérienne des plus opportunistes. Les Chanticleers ont cumulé 34 sacks et 16 interceptions en 12 matchs. Grayson McCall n’avait plus qu’à faire parler son talent pour conclure le boulot abattu par la défense. Celle-ci était l’âme de l’équipe. Et, avec le retour de 10 titulaires, il est compliqué d’entrevoir une baisse de régime.

Le départ du defensive end First-Team All-America (!) Tarron Jackson est certainement un coup dur. Cependant, Jeffrey Gunter et C.J. Brewer sont toujours sur le coup et apporteront toujours un pass-rush féroce. D’autant plus que les “Mullet Boys” du groupe de linebackers ne bougent pas d’un iota et reviennent pour rouler sur leurs adversaires. Et les defensive backs demeurent eux-aussi au complet à la suite d’une saison surprenante.

Les Chanticleers peuvent-ils construire sur leur succès de 2020 ? Oui.

Peuvent-ils encore mener la charge en Sun Belt ? Bien sur.

Et, surtout, ont-ils les qualités afin de rester aussi passionnant et performant ? Evidemment… tant que les mullets et Grayson McCall mènent la danse.

Liberty Flames

Pour leur 3ème saison dans l’élite du football universitaire en FBS, Liberty a (déjà) brisé le plafond de verre. Les Flames ont été une réelle révélation malgré leur statut d’équipe indépendante au cours d’une saison très volatile et incertaine ; ce qui est d’autant plus fort. Il faut apprendre à les respecter (tout du moins sur le plan sportif).

Enfin, Malik Willis impose le respect par-dessus tout le reste.

Le talentueux quarterback est arrivé d’Auburn à l’intersaison et a pris position au centre de l’attaque sans attendre une seconde. Premier match et premier record de l’université au nombre de yards accumulés par un QB. Et cette tendance s’est confirmée tout au long de la saison. Malik Willis possède un bon bras ; mais, son excellence se met en valeur dès lors qu’il utilise ses jambes. Ce n’est pas une surprise de savoir qu’il a terminé en tant que meilleur coureur de Liberty avec 944 yards et 14 TDs, soit, la meilleure marque d’un QB en FBS.

Il embrase l’animation offensive des Flames, qui est devenue l’une des meilleures de la ligue, dès qu’il foule le terrain. Et cela devrait continuer dans le futur avec d’autant plus de férocité.

Malik Willis QB Liberty Flames vs Western Kentucky Week 3 2020
(Crédit photo : Liberty Flames Athletics)

L’influence indéniable de Hugh Freeze, malgré ses failles en tant qu’être humain. Le head coach est lui-aussi un instigateur majeur du succès de Liberty. Il était à un petit point (sur un field goal manqué à NC State) de diriger une saison invaincue, il a mené 2 upsets face à des équipes de conférence ACC (Syracuse et Virginia Tech) et il a battu Coastal Carolina lors du Cure Bowl. Avec Syracuse et Ole Miss au programme de cette nouvelle saison, les upsets sont de nouveau à l’ordre du jour.

Et, au-delà de Malik Willis, l’ensemble des 11 titulaires de la saison passée revient pour une nouvelle tournée. Notamment une ligne offensive très expérimentée avec 127 titularisations en carrière et le running back Joshua Mack en très bon support à la course.

Constat identique en défense : 9 titulaires sont de retour et devraient constituer la meilleure escouade défensive de l’histoire des Flames en FBS.

Celle-ci a déjà surpris et devrait aider un peu plus l’équipe à confirmer les bons résultats.

Mais, vous ne venez pas devant les matchs de Liberty pour les performances offensives.

Malik Willis est et demeure l’attraction de cette équipe. Et, tant qu’il sera à la mène, Liberty jouera les premiers rôles à chaque rencontre (face au Group of Five ou face au Power Five). Les Flames sont l’une des équipes qui retrouvent le plus d’expérience de la ligue et le niveau de talent progresse lui-aussi. La saison formidable conclue en 2020 devrait être un réel tremplin.

Une 2ème saison consécutive à plus de 10 victoires… avec Malik Willis dans la course pour le Heisman Trophy à coup de superbes performances et des courses dévastatrices ? C’est plus qu’envisageable.

Les autres équipes “sexy” qui valent le détour

Alabama Crimson Tide

Un nouveau quarterback 5-étoiles (Bryce Young), un nouveau coordinateur offensif en provenance de la NFL (Bill O’Brien), un nouveau “workhorse” au poste de running back à dénicher et un remplaçant au dernier vainqueur du Heisman Trophy pour devenir la cible aérienne préférentielle. Il existe de nombreuses incertitudes au sein de l’attaque d’Alabama ; et, c’est ce qui la rend excitante. Un nouveau défi se dresse devant Nick Saban.

D’autant plus qu’elle était l’une des plus explosives et productives de la ligue par le passé.

Et ce serait presque oublier que la défense du Crimson Tide pourrait bien redevenir la meilleure escouade du pays (comme au bon vieux temps) avec un back-seven absolument terrifiant.

Miami (FL) Hurricanes

Les Hurricanes arriveront-ils enfin à conclure une saison sans s’écrouler ? Peut-être bien. En tout cas, la seule présence de D’Eriq King à la mène de l’attaque rend cette équipe de Miami (FL) passionnante. Le quarterback senior est un playmaker reconnu et les armes à ses côtés mélangent aussi bien talent qu’expérience. Une progression offensive est plus que probable.

Le doute subsiste au sein de l’escouade défensive avec le départ des stars défensives (responsables de 13.5 sacks en 2020), Jaelan Phillips et Quincy Roche.

Le pass rush devrait prendre un coup ; mais, c’est le scénario inverse pour la couverture aérienne. Les 4 defensive backs titulaires reviennent, et notamment Bubba Bolden, qui était le meilleur plaqueur des Canes. Et ils reçoivent qui plus est le renfort de talentueux Tyrique Stevenson, arrivé sur transfert à l’intersaison. Manny Diaz devrait renverser plus d’un match avec la “Turnover Chain” sur les épaules des lignes arrières.

Nevada Wolfpack

Avec Jay Norvell (plus de 30 ans d’expérience d’entraineur) et Matt Mumme (fils de Hal Mumme et un des ambassadeurs actuels de la “Air Raid Offense”) au sein du coaching staff, Nevada développe une attaque surpuissante et très productive. Un tel environnement est magnifié par la présence de Carson Strong. Le quarterback peut prétendre à une place en NFL et progresse à chaque nouvelle saison.

Cette nouvelle année pourrait bien être celle de son explosion au niveau national.

Cela mérite le coup d’oeil ; et encore plus lorsque l’on considère que le groupe de receveurs est l’un des plus profonds et dynamiques… de la ligue. Les 5 meilleures cibles gardent leur place, à commencer par Romeo Doubs, et Elijah Cooks revient qui plus est après une saison blanche (blessure). A cela, il faut ajouter une défense intacte et des équipes spéciales intactes. Attention.

Carson Strong QB Nevada Wolfpack vs Utah State 2020
(Crédit photo : Nevada Wolfpack Athletics)

Oklahoma Sooners

Quoi de plus “sexy” que les exploits du (grand ?) favori pour le Heisman Trophy, Spencer Rattler, à la conquête du trophée ultime avec ses cibles préférées et un backfield très dangereux ? Au sein de l’une plus belles animations offensives créée par le génie de Lincoln Riley ? A nouveau, Oklahoma devrait être un show fabuleux.

Spencer Rattler possède toutes les qualités et il mérite l’attention médiatique. Mais, il faut également suivre de près les exploits de Marvin Mims, qui peut devenir le digne successeur de DeVonta Smith.

Bonus : la défense des Sooners pourrait bien être la meilleure depuis longtemps et l’ère de Bob Stoops, avec Nik Bonitto et Isaiah Thomas au pass-rush et une couverture aérienne qui doit recharger les cartouches mais qui devrait à nouveau être solide. La meilleure attaque et une défense en progression : ne serait-ce pas une excellente opportunité de gagner (enfin) un premier match au College Football Playoff ? Ou, mieux, de remporter le premier titre national depuis 2000 ?

Oregon Ducks

La saison passée n’a pas été un franc succès à Oregon ; celle-ci pourrait même être caractérisée comme une déception. L’attaque se trouvait en rénovation totale et la défense n’a pas tenu le même rang exceptionnel que l’année précédente. Mais le passé est le passé.

Les Ducks peuvent à nouveau se reposer sur une escouade défensive de luxe, ainsi qu’une animation offensive dirigée par des vétérans.

Kayvon Thibodeaux au niveau de la ligne de scrimmage, Noah Sewell au centre du terrain et Mykael Wright sur les extérieurs. Cette défense est pleine de jeunes joueurs talentueux qui ne demandent qu’à exploser. Et, même avec le départ de Andy Avalos, Mario Cristobal devrait se reposer sur la meilleure défense de la conférence Pac-12. Le clou du spectacle interviendra avec l’attaque. Après avoir brillé à Boston College (avant ses blessures), Anthony Brown obtient la chance de mener les Ducks se retrouvent avec le meilleur groupe de receveurs en Pac-12 et un duo létal de running backs mené par le fabuleux C.J. Verdell.

Texas A&M Aggies

Le potentiel d’excitation à College Station est extrêmement élevé. Entre la paire de running backs électriques composée par Isaiah Spiller et Devon Achane, la cible massive au centre de terrain avec le tight end Jalen Wydermayer et le receveur ultra-dynamique qu’est Ainias Smith, Texas A&M est capable du meilleur en attaque. Face à n’importe quel adversaire.

Mais, sans Kellen Mond, le doute plane. Le quarterback Hayes King n’a quasiment pas vu le terrain en tant que true freshman… et le succès des Aggies dépend aujourd’hui de lui.

Rien n’est impossible, ceci dit. D’autant plus que la défense peut rivaliser avec celles d’Alabama ou de Georgia. Le pass-rusher DeMarvin Leal doit attendre de pied ferme le premier match afin de broyer des backfields adverses. Au total, 9 titulaires restent en poste. Et notamment la totalité du secondary, qui devrait propulser les Aggies parmi les meilleures défenses aériennes avec l’aide de Leon O’Neal, un agitateur idéal pour renverser des rencontres.