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(Crédit photo : John Reed-USA TODAY Sports)

CFB Preview : Auburn peut-il rebondir au sommet de la conférence ?

Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Que l’on nourrisse de grands espoirs ou que l’on ne croit pas en Auburn, les Tigers arrivent toujours à déjouer les pronostics. La première saison de Gus Malzahn sur le campus en 2013 devait être une transition à la suite du départ de Gene Chizik. Auburn a réalisé une année absolument magique qui s’est terminée au BCS Championship Game, perdu à la dernière seconde face à Florida State. Les Tigers devaient reproduire une saison identique en 2014 et surtout en 2015 mais une grande déception a été la conclusion de chaque saison, ne dépassant pas le cap des 8 succès.

Gus Malzhan a posé la barre extrêmement haute dès ses débuts. Désormais, chaque année où Auburn possède une (très) bonne équipe apparait comme une déception. Si l’on enlève les deux participations aux deux finales nationales, les Tigers ont enchainé les saisons oscillant entre 7 et 9 victoires lors de la dernière décennie. Ils détiennent un potentiel presque illimité et retrouver le plateau des 10 succès est une condition sine qua non pour ne pas rentrer dans une crise. Ainsi va la vie d’un programme élite de la conférence SEC.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Tigers d’Auburn en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


On n’est pas prêt pour Jarrett Stidham et Kamryn Pettway

L’animation offensive a cristallise les maux d’Auburn ces dernières années. Depuis cette fameuse finale perdue contre les Seminoles, elle n’est jamais apparue avec le même visage et la cause principale revient aux soucis de quarterbacks. Les ères de Cam Newton et de Nick Marshall apparaissent très loin à l’horizon. Le système offensif de Gus Malzahn propose un rendement incroyable lorsque le poste de quarterback est occupé par un joueur aux très bonnes qualités de passeur et de coureur.

Cet homme ne s’est toujours pas montré depuis trois ans. Gus Malzahn ne laisse pas la chance au hasard et à la suite de plusieurs saisons en demi-teinte, il s’est séparé de son coordinateur offensif Rhett Lashlee pour embaucher Chip Lindsey d’Arizona State. Tous deux disciples de Todd Graham et adeptes des mêmes attaques basées sur des concepts spread et up-tempo, ils devraient s’entendre à merveille surtout que l’ancien assistant des Sun Devils a accompli des prouesses en un an sur le campus de Tempe.

Il ne manque plus qu’un quarterbacks aux deux collègues pour qu’Auburn retrouve une attaque digne de ce nom. Le junior Sean White s’est révélé comme l’option la plus solide depuis deux saisons, sans toutefois propulser les Tigers vers les sommets, et compose de nouveau cette escouade de quarterbacks. Pour autant, il ne sera pas le titulaire à la rentrée prochaine. Le sophomore Jarrett Stidham, arrivé via transfert de Baylor à l’intersaison précédente, prend les rennes de l’attaque d’Auburn. L’ancienne recrue 5-étoiles et star éphémère des Bears possède tout pour réussir au sein de sa nouvelle équipe : il est aussi bien capable de manipuler une animation aérienne verticale et dynamique chère à Chip Lindsey que d’apporter une présence au sol que recherche Gus Malzahn. Des étincelles vont gicler sur le terrain et ce n’est sans compter sur les running backs à disposition. Le duo composé de Kamryn Pettway (1224 yards à la course, 7 TDs) et Kerryon Johnson (895 yards à la course, 11 TDs) est l’un des tous meilleures de la conférence. Ils peuvent rouler sur ou prendre de vitesse n’importe quelle défense, et seront suppléés par le talentueux sophomore Kam Martin. Un tel backfield doit effrayer bon nombre d’adversaires, d’autant plus que la ligne offensive devrait conserver un très bon niveau avec quatre titulaires expérimentés et seniors.

(Crédit photo : John Reed-USA TODAY Sports)

Le petit bémol demeure auprès des receveurs. Ils ne se sont pas mis en valeur depuis un petit moment et la meilleure cible de l’année passée, Tony Stevens (487 yards à la réception, 3 TDs), a quitté le campus. Toutefois, des espoirs restent assez vigoureux. Les sophomores et anciennes recrues 4-étoiles Darius Slayton, Kyle Davis et Nate Craig-Myers ont démontré d’excellentes qualités verticales et devraient certainement être de vrais poisons en profondeur. Ils seront également accompagnés par le junior Ryan Davis et le sophomore Eli Stove (224 yards à la réception), deux cibles sur lesquelles les Tigers peuvent compter pour gagner des yards avec constance.

Si toute l’animation offensive se goupille comme prévue, Auburn pourrait bien tenir en main une des attaques les plus efficaces et productives de la conférence SEC, si ce n’est encore mieux. Une foule d’universités serait jalouse d’un tel backfield, notamment avec la combinaison d’une animation aérienne aussi verticale qu’agressive et un jeu de course ultra-puissant. Et cerise sur le gâteau, toutes les positions mélangent expérience et talent de premier ordre.


Est-ce que la défense peut continuer à progresser ?

Auburn a eu l’habitude de proposer d’excellentes défenses au fil des années, comme la plupart des équipes de la conférence SEC, en somme. Le groupe aligné en 2015 a malheureusement sombré dans la médiocrité et s’est révélé comme une des raisons principales de l’immense déception de cette saison-là. Kevin Steele a de ce fait été appelé à la rescousse à l’intersaison suivante avec plus de 35 ans d’expérience parmi les meilleures défenses du pays à son actif, devenant ainsi le cinquième coordinateur défensif en six ans des Tigers.

Les résultats ne se sont pas faits attendre. Auburn a retrouvé le niveau de performance qu’on lui connait habituellement dès les premières semaines. La défense contre la course n’a pas fait dans la dentelle et cela demandait de grands efforts pour marquer face à cette défense une fois dans la red-zone. Tout n’était pas parfait, certes, mais le bond réalisé d’une année sur l’autre est bien plus que substantiel. Il reste une marge de progression non-négligeable surtout pour les Tigers ; qui sait s’ils sont capables de surprendre à nouveau.

Le front-seven est l’endroit de l’équipe qui a réalisé la meilleure progression. Bien que l’efficacité pour atteindre les quarterbacks adverses laissent à désirer, le superbe defensive end Carl Lawson (9 sacks, 4.5 TFLs) et le très bon defensive tackle Montravious Adams (4.5 sacks, 4 TFLs) ont joué le rôle de moteurs plutôt efficaces. Mauvaise nouvelle : les deux seuls véritables playmakers de la ligne évoluent aujourd’hui en NFL. Le sophomore Marlon Davidson devrait prendre le relais de manière solide si ce n’est surprenante, accompagné par le junior Jeff Holland. Difficile de connaitre leur impact mais ils devraient être plutôt bien soutenus par un quatuor de defensive tackles prometteurs, entre les juniors Dontavious Russell et Andrew Williams ainsi que les sophomores Derrick Brown et Byron Cowart. Sur le papier, cette composition est plutôt intéressante et pourtant, deux ou trois blessures mal placées suffiront pour creuser un groupe peu expérimenté ni vraiment profond. Les linebackers détiennent pour leur part un groupe capable d’être extrêmement performant. Le junior Deshaun Davis (65 plaquages, 7 TFLs, 3 passes défendues) possède d’excellentes qualités pour défendre la course tandis que les upperclassmen Darrell Williams, Tre’ Williams et Montavious Atkinson peuvent tous devenir des playmakers de qualité au sein de ces lignes avants. Le force de leur impact dépendra surtout de la solidité de la ligne défensive devant eux.

(Crédit photo : Scout)

La situation chez les defensive backs pourrait pencher de deux côtés différents. Plus en retrait que le front-seven la saison passé, le secondary perd qui plus est deux éléments importants dans la progression défensive avec le cornerback Joshua Holsey (10 passes défendues, 3 INTs) et le nickelback Johnathan Ford (5.5 TFLs, 7 passes défendues). Cependant, le safety senior Tray Matthews (76 plaquages, 3 passes défendues, 1 INT) garde sa place en tant que cerveau des Tigers en défense et est toujours accompagné par le senior Stephen Roberts à ses côtés. Les cornerbacks, que ce soit le junior Carlton Davis ou le sophomore Javaris Davis (5 TFLs, 7 passes défendues, 2 INTs), sont capables de rivaliser avec les meilleurs receveurs de la conférence et il faut également compter sur le transfert sophomore en provenance d’Ohio State, Jamel Dean. Le potentiel demeure conséquent, ce qui est une très bonne nouvelle à une position où la progression est encore réelle.

Si l’on réalise les comptes, Auburn devrait conserver un niveau relativement identique à celui de l’an passé en défense. L’évolution, positive ou négative, sera à mettre au crédit des performances de la ligne défensive qui perd d’excellents playmakers sans que les remplaçants apportent une véritable certitude de résultats. Comme toujours chez les Tigers, le potentiel de cette position est vaste mais la vraie question est de savoir s’ils peuvent atteindre les espoirs que l’on place en eux. Ils nous ont malheureusement habitué à décevoir par le passé.


Pronostics de performance

Le plus important avec Auburn est de ne pas se laisser emporter par les attentes monstrueuses à chaque nouvelle année. Nombreux étaient les observateurs qui envoyaient les Tigers au College Football Playoff en 2015, pour qu’au final, ces derniers terminent avec un record à 7 petites victoires et une dernière place au sein de la division SEC West. Ils ont rebondi la saison passée de manière plutôt sympathique, obtenant même une qualification pour le Sugar Bowl au Nouvel An (largement perdu face à Oklahoma, pour l’anecdote).

Auburn a réalisé un milieu de saison extrêmement prometteur en remportant six succès d’affilée. Le soufflé a gonflé avant d’être percé brutalement par Georgia, Alabama et Oklahoma en novembre puis décembre. La défense est loin d’avoir été un défaut, au contraire de l’attaque. Celle-ci possède aujourd’hui tous les éléments pour rebondir de très belle manière. Le backfield pourrait être terrifiant avec le mariage entre de très bons linebackers puissants et un quarterback de grand talent qui devrait s’insérer sans anicroche au sein du système offensif des Tigers. La saison n’a pas encore débuté que le soufflé se met de nouveau à gonfler.

La première partie de saison pourrait participer à la construction d’une hype assez importante. Il n’est vraiment pas impossible que les Tigers se présentent à la mi-octobre avec un place dans le Top-10 national et une seule défaite au compteur face à Clemson, champions en titre. Mais les éléments se gâtent par la suite. Auburn enchaine trois voyages de suite à LSU, Arkansas et Texas A&M : à la fin de cette série, on ne devrait plus avoir de doute sur la véritable valeur ainsi que sur les espérances finales de cette équipe. La perception est diamétralement opposée entre un bilan à 5-4 et un autre à 7-2, deux scénarios plus qu’envisageables à ce jour.

Cette série de rencontres face à des adversaires directs de la division SEC West est d’autant plus importante qu’Auburn reçoit en novembre les équipes de Georgia puis d’Alabama en clôture de saison régulière. Si les Tigers demeurent en lice pour le titre de division, la “Deep South’s Oldest Rivalry” et surtout le “Iron Bowl” pourraient bien jouer un rôle crucial dans la figuration à l’échelle nationale des hommes de Gus Malzahn. Titiller les 10 victoires et perdre face au Crimson Tide, et ainsi oublier une qualification pour la finale de conférence (et éventuellement pour le College Football Playoff), est une véritable réalité. Bienvenue dans le monde merveilleux de la SEC West.

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