Kirk Ferentz Iowa Hawkeyes Football Sideline 2021

La Big Ten peut-elle concurrencer Alabama et Georgia en vue du Playoff ?

La question est rhétorique. Oui. La Big Ten est la seule conférence armée pour résister aux ogres du football universitaire que sont devenus Alabama et Georgia en 2021.

Une évidence doit être formulée, en premier lieu.

A la suite du premier mois de compétition, les épaules du Crimson Tide et des Bulldogs apparaissent au-dessus du reste de la ligue. Des victoires imposantes et des performances hallucinantes font le boulot. Les deux protagonistes de la conférence SEC ont, comme à leur habitude, réussi le défi médiatique.

Toutefois, il serait beaucoup trop simpliste de partager le pouvoir du football universitaire entre 2 équipes alors que la ligue n’est jamais apparue aussi ouverte.

Et, c’est là où la conférence Big Ten intervient.

Le plus récent classement de l’AP Top 25 place 5 équipes de la Big Ten parmi les 11 premiers. Ce n’est pas un mirage. Certes, le chemin de Michigan (9ème) n’a été entravé par aucun challenge jusque-là et Ohio State (7ème) s’est incliné lors de la seule confrontation d’envergure face à Oregon. Mais, désolé, il faut briser les rêves de certains d’entrée : les Wolverines et les Buckeyes ne sont pas les meilleures équipes et encore moins les meilleurs protagonistes de la conférence pour jouer un rôle sur la route du College Football Playoff.

Les hommes de Jim Harbaugh n’ont pas encore flanché de la saison… parce que l’adversité était (presque) inexistante. Mais, ce n’est qu’une question de temps tant l’attaque de Michigan est affreusement unidimensionnelle. L’attaque n’est pas le problème de Ohio State. C’est surtout la défense qui pose problème. Elle possède toujours des problèmes profonds et les turnovers provoqués ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

Bref, même si les traits sont un peu forcés, les deux rivaux ont obtenu assez de publicité.

Au tour des vraies équipes sur lesquelles la Big Ten peut compter pour concurrencer l’hégémonie grandissante de la conférence SEC.

En Big Ten, Iowa est l’équipe la mieux bâtie pour rivaliser avec la SEC

La vérité est parfois difficile à entendre, ou, même, à comprendre.

Il n’empêche qu’il faut le dire à haute voix (en dépit de certaines sensibilités) : Iowa est, en 2021, la meilleure équipe de la conférence Big Ten.

Les Hawkeyes possèdent une escouade défensive sincèrement fantastique ; et, celle-ci est peut-être la seule à se rapprocher des prestations diaboliques de Georgia. Elle occupe le 2ème rang du “Stop Rate” de The Athletic, derrière les Bulldogs, grâce à 0.83 point autorisé par série et un avantage de +12 en terme de turnovers (soit la meilleure marque du pays).

Il n’y a rien de surprenant là-dedans. Kirk Ferentz est réputé pour ses excellentes défenses ; et, c’est à nouveau le cas en 2021. Le secondary des Hawkeyes propose un football digne de la NFL sur le plan de l’agressivité, du combat en homme-à-homme et de la constance. Il est presque impossible d’avancer sur le terrain par les airs. Et, si les opposants veulent progresser, il faut affronter un excellent front-seven qui applique une pression constante sur le backfield adverse, entre autre, avec l’aide d’une rotation profonde et physique.

Tous les blocs s’imbriquent parfaitement, sans aucune faille.

Je suis obligé de revenir sur le secondary puisque celui-ci produit une masterclass à chaque sortie. Et qu’il est l’emblème des performances défensives des Hawkeyes.

Les 12 interceptions cumulées (soit la meilleure marque de la ligue après la Week 5) ne sont pas un hasard. Les defensive backs cumulent un réel talent, une expérience élevée et une préparation intensive. Avec une emphase sur la dernière itération, qui est la marque de fabrique d’une équipe dirigée par Kirk Ferentz. Ce n’est pas une formule secrète.

Mais il s’agit de la bonne formule pour concurrencer les mastodontes de la conférence SEC.

Le niveau défensif des Hawkeyes est équivalent à celui de Georgia et Alabama, déjà.

Difficile de dire qu’une défense est largement meilleure qu’une autre. De plus, Riley Moss et Matt Hankins sont capables de contenir John Metchie III et Jameson Williams tandis que Jack Campbell et ses compères de la ligne défensive peuvent éteindre Zamir White et James Cook.

Iowa n’est pas parfait, tout de même. Il faut blâmer l’attaque. Celle-ci demeure assez (très) frustrante par un conservatisme chronique. Et c’est malheureux ; parce que le quarterback Spencer Petras a montré des éclairs très prometteurs, Tyler Goodson est un solide running back et le receveur freshman Keegan Johnson arrive doucement sur le devant de la scène. On dirait malgré tout qu’elle ajuste son niveau à l’adversité ; et c’est autant une bonne qu’une mauvaise chose.

Et cela alimente l’espoir que les Hawkeyes peuvent battre les patrons historiques de la Big Ten… et rivaliser avec les prétendants au College football Playoff.

A mon sens, les Hawkeyes sont les seuls membres de la conférence Big Ten construits afin de jouer les yeux dans les yeux face aux rivaux de la SEC. C’est peut-être un peu naïf quand on connait le passé de Iowa.

Penn State peut encore s’imposer comme un concurrent crédible

Ce n’est pas une surprise si un tel article est publié à la veille de la rencontre entre Iowa et Penn State. Les deux équipes sont, vraisemblablement, les deux meilleures de la conférence Big Ten en 2021. Et, oui, les Nittany Lions peuvent à nouveau envisager de jouer les premiers rôles (au niveau national) après une saison dernière entamée avec un record de 0-5.

L’anomalie est déjà effacée.

Les hommes de James Franklin ont donné un avant-goût de ce qu’ils sont capables lors de la victoire face à Auburn. Un mélange entre une défense sans véritable faiblesse et une attaque créative qui arrive à libérer de l’espace pour ses playmakers à tout moment.

Sean Clifford n’est plus raillé pour ses performances anémiques au poste de quarterback. Jahan Dotson se révèle comme l’un des receveurs les plus dynamiques en Big Ten. Et, surtout, Mike Yurcich insuffle un vent de fraicheur en remplaçant Kirk Ciarrocca en tant que coordinateur offensif. James Franklin a commis une erreur avec l’embauche de l’ancien responsable de l’attaque de Minnesota. Il n’a pas attendu pour corriger le tir. Une année et puis s’en va.

C’était une bonne idée.

Penn State a déjà repris sa place dans l’élite de la conférence ; et, inspire davantage confiance que Ohio State pour titiller les meilleurs équipes du paysage national, en toute honnêteté.

Maintenant, les Nittany Lions doivent effacer les derniers doutes. Le combat face à Iowa est l’épreuve idéale. Celle-ci permettra de révéler si la nouvelle attaque n’est qu’un feu de paille… ou si elle peut tenir la dragée haute aux meilleurs escouades défensives. La ligne offensive est-elle une force ou une faiblesse ? Sean Clifford peut-il résister à l’envie de lancer dans les mains de defensive backs adverses ? Jahan Dotson est-il capable de s’échapper de la couverture ?

Lors des 5 premiers matchs, la réponse à chaque question était “oui”.

Une réponse identique face à Iowa serait une énorme réussite.

D’autant plus que cela voudrait dire, indirectement, que Penn State peut rivaliser avec les robustes défenses d’Alabama et de Georgia.

L’animation offensive de Penn State est construite pour réussir face aux meilleures équipes. Mike Yurcich a bâti de très bonnes attaques à Oklahoma State, Ohio State et Texas, coup sur coup, où le ballon avançait en priorité par les airs. Et, après 5 matchs, rien n’indique que ce ne soit pas le cas à “Happy Valley”.

Des doutes subsistent, malgré tout.

Il manque un jeu de course efficace sur les courtes distances malgré la présence de Noah Cain et les cibles aériennes, derrière Jahan Dotson, ne sont pas encore assez développés. Tout pourrait partir à vau-l’eau contre les Hawkeyes. Puisqu’il faudra l’un et/ou l’autre pour vaincre un combat de titans face à l’équipe de Kirk Ferentz (et cela s’applique également face aux équipes de SEC).

Avec un succès, les Nittany Lions auront démontré qu’ils peuvent s’attaquer aux plus grands de la ligue. Cela ne devrait même pas être une surprise. Si l’on enlève Ohio State de l’équation, Penn State est l’équipe la plus constante (au plus haut niveau) dans l’histoire récente de la conférence Big Ten.

La dernière fois que les hommes de James Franklin ont battu une équipe du Top-5 ? 2016.

Et, cette année-là, ils ont remporté la conférence Big Ten… et auraient dû se qualifier au College Football Playoff, si l’on doit dire la vérité vraie.