Soutenez Midnight on Campus avec Patreon !

Encore une saison d’apprentissage pour Corey Sanders Jr. (Rutgers)

Vous savez que Corey Sanders Jr. est un sujet sensible pour moi.

Je suis fan de ce joueur depuis son époque à Lakeland (Floride) en High School. Le grand public l’a découvert lors des minis-séries sur Youtube avec Ben Simmons et Antonio Blakeney, a.k.a. les trois inséparables (n’oublions pas Dwayne Bacon, son ami de longue date).

Le showman d’autrefois n’est plus, Corey Sanders Jr. fait face à de nouvelles responsabilités cette saison et son début d’exercice est assez délicat. Retour sur cette possible métamorphose du prospect, qui pourrait lui permettre d’entrer dans la grande ligue.

Arrière de formation mais qui était la plupart du temps meneur de jeu au lycée, Corey Sanders Jr. était voué à réaliser un one-and-done en NCAA, histoire de suivre les pas de ses amis précédemment cités.

Mais voilà, malgré une saison à 15.9 points, 4.3 rebonds, 3.3 passes et 1.8 interceptions de moyenne, il n’a pas eu un intérêt grandissant au sein des scouts de la grande ligue. Après des séances pré-draft avec certaines franchises, il n’avait pas une place garantie au premier tour. Du coup, il a décidé de rester une saison à Rutgers en espérant faire grimper cette cote.

Mais le scénario se répète.

Il connaît une saison plus difficile. Pourtant, il est revenu à son poste naturel, celui d’arrière, avec l’arrivée en provenance de Kansas State de Nigel Johnson. Cela devait être le backcourt des deux prochaines saisons chez les Scarlet Knights mais ce ne fut que pour l’espace d’une saison (Nigel est aujourd’hui à Virginia). Une décision assez surprenante (l’envie de jouer la March Madness sûrement) tant les deux joueurs sont rapidement devenus complices sur et en dehors du parquet.

Même si la saison fut une nouvelle fois décevante, Corey Sanders Jr. revient pour son année de junior alors que tout le monde pensait qu’il allait partir pour la ligue professionnelle. Le projet de Steve Pikiell, qui prend forme de plus en plus, qui a mis un coup de jeune dans ce programme vieillissant en ramenant par la même occasion du monde aux matchs de l’université, était séduisant et Corey Sanders Jr. rempile.

Pour rester compétitif, Steve Pikiell a réussi un énorme coup en recrutant des joueurs de devoir, que ce soit via la promotion de freshmen ou via un transfert. Mais surtout, la plus grande trouvaille reste Geo Baker, un arrière scoreur qui sera le visage du programme pour les prochaines années.

Cette nouvelle addition a décalé naturellement Corey Sanders Jr. au poste de meneur, ce qui est une volonté depuis le début de son head coach. Cet été, le prospect a énormément travaillé sur son jeu offensif, notamment sur sa mécanique de tir. Il se devait aussi de gagner rapidement en maturité pour devenir un réel leader dans le vestiaire. Le Corey Sanders Jr. flashy du lycée doit devenir un Corey Sanders Jr. plus posé, métronome, avec du leadership.

Cette adaptation est un gros pari et force est de constater qu’il a du mal sur cette première partie de saison.

Déjà, la première chose qui frappe : le prospect est terriblement indispensable à son équipe. Arrière agresseur du cercle, il sait qu’il doit parvenir à être une menace crédible à mi-distance et à trois points. Il a bossé et même si son pourcentage est parfois effroyable (35%, avec des pics à 4/15 face à Central Connecticut, 5/14 face à Coppin State, 4/14 face à #12 Minnesota ou encore 2/15 face à #2 Michigan State).

Oui, cela fait peur, mais on note une légère amélioration dans sa mécanique de tir. C’est plus fluide, plus rapide, il ne reste plus qu’à trouver de l’adresse.

Mais dès qu’on regarde d’un peu plus près sa sélection de tirs, la plupart du temps, ce sont des tirs forcés à cause du chrono. L’exécution offensive pêche encore du côté de Rutgers, avec des intérieurs qui ne prennent pas leurs responsabilités, tout comme les extérieurs (à part Geo Baker, qui n’hésite pas une seconde). Steve Pikiell souhaite que son équipe joue de manière intelligente sur demi-terrain, ce qui n’est pas le jeu de Corey Sanders Jr. mais ce dernier s’adapte (j’ai le souvenir d’un 2vs2 avec Corey Sanders Jr. ballon en main face à Michigan State, il refuse de jouer la contre attaque, se met à 45° et attend ses coéquipiers).

Evidemment, par moment, il prend la balle et joue ses duels, mais c’est assez sporadique par rapport à la saison dernière.

Malgré tout cela, Corey Sanders Jr. parvient à exister dans son nouveau rôle. Certes, parfois, il prend des tirs un peu casse-croûte, un peu de frustration là-dedans, mais rien de grave pour un joueur de basketball universitaire. La force du joueur, c’est qu’il possède un mental à toute épreuve. Deux jours après un 2/15 face à Michigan State, il plante 18 points à 8/15 dans la victoire de son équipe face à NJIT.

“C’est un joueur extrêmement talentueux et on a pu le voir ce soir. Ce n’est clairement plus le même joueur que lors de sa saison de freshman quand on l’a affronté. Il est plus dans le contrôle, c’est un véritable coéquipier modèle, il fait participer ses coéquipiers dès qu’il peut. c’est un nouveau Corey Sanders Jr.,” déclare Brian Kennedy, entraîneur de NJIT, après le match de son équipe face à Rutgers.

Même Tom Izzo, le célèbre entraîneur de Michigan State, défend le prospect.

“Il est doué. Son pourcentage ne reflète en aucun cas son potentiel qui est énorme. Ce n’était pas le Corey Sanders Jr. que l’on connaît ce soir”.

Rutgers sort d’une spirale négative de trois défaites bien que Corey Sanders Jr. rentre enfin dans ses standards. Le programme a besoin de son meneur à ce niveau-là chaque soir, la dépendance est réelle. A voir comment cela se profilera pour la suite de la saison, mais en tout cas, il garde une haute estime vis-à-vis de son entraîneur, qui lui donne clairement les clés du camion cette saison.

“Tout est une question de rythme pour Corey. Il doit commencer ses rencontres avec des choses simple : un layup, un lancer franc. Il doit se mettre en confiance pour qu’il puisse dérouler ensuite son jeu. Je sais que je lui en demande beaucoup, mais c’est pour son bien.

Il a pris deux coups derrière la tête lors des deux dernières intersaisons avec les scouts NBA. Je veux qu’il endosse ce rôle de meneur et de leader car cela va l’aider dans sa quête de conquérir la Grande Ligue. Tout le monde ici croit en lui, nous avons la pleine confiance à son encontre.”

Vous pouvez lire des absurdités sur votre compte quand cela va mal, mais rien ne vaut les mots de son entraîneur pour vous redonner un peu de confiance. Nous n’avons pas vu encore le vrai visage de Corey Sanders Jr. cette saison, mais attention, lorsque le déclic se produira, il peut tout exploser et faire exister Rutgers sur le plan national.

Et puis surtout, c’est mon poulain, et mes poulains ne connaissent pas la défaite (enfin, je crois).

Plus de lecture ?
Jordan Nwora Louisville vs Southern 2018
#CBBPreview : Louisville est-il un véritable candidat au titre ?