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(Crédit photo : Brian Spurlock-USA TODAY Sports)

Les nouvelles armes de #17 Purdue éclosent face à une équipe de Butler impuissante

C’était la plus belle affiche (du moins, sur le papier) des matchs de début de soirée en ce samedi. Une équipe de Purdue, toujours aussi inconstante, qui affrontait une équipe de Butler toujours aussi délicate à manœuvrer.

Cela nous promettait un match dantesque mais force est de constater que ce ne fut pas le cas, avec une seule équipe sur le parquet : celle de Purdue.

1. Isaac Haas est enfin une option crédible offensivement

Il existait un mal récurrent du côté de Purdue sur ces dernières années, les grands étaient sous-utilisés. Pourtant, le talent était bien présent, mais dès que les grandes échéances arrivaient, les extérieurs préfèraient prendre les choses en mains au détriment du collectif.

Force est de constater que cela a changé (du moins, sur cette première partie de saison).

Isaac Haas, le 7-footer, explose littéralement sur ce début de saison. Il faut dire que cet été, le prospect a bossé dur, que ce soit physiquement mais aussi techniquement. Alors qu’il n’était qu’un moyen de dissuasion la saison dernière, s’effaçant au profit de Caleb Swanigan, il devient (enfin) une option crédible offensivement.

Cette saison, il affiche une moyenne de 15.1 points, 5.4 rebonds et 1.3 contres. Des statistiques en nette progression pour un joueur qui devient, petit à petit, un véritable intérieur jouant dos au panier.

On avait vu des prémices la saison dernière, mais il ne ramassait que des miettes. Il lui reste encore une marge de progression intéressante mais clairement, Isaac Haas est devenu le facteur X de Purdue. A voir quel sera son rôle dès le mois de février.

2. La dureté et la discipline défensive de Purdue

Les spécialistes qui suivent Purdue sont unanimes : la prestation défensive de l’équipe est, de loin, la meilleure sur ce début de saison. C’est un aspect souvent oublié, mais Purdue possède une mentalité assez défensive depuis quelques temps déjà.

De la rigueur, de la discipline, de l’envie, rien de plus simple à vrai dire. Défendre, ensemble, demande une certaine cohésion et une certaine concentration pour pouvoir être efficace. Alternant entre de la zone match-up (terriblement redoutable avec Isaac Haas) et une défense tout-terrain individuelle, c’est un véritable casse-tête pour l’adversaire. En effet, l’équipe change souvent de défense histoire de perturber l’adversaire et cela a marché à merveille face à Butler.

Ces derniers ont terminé la première période avec un affreux 7/32 aux tirs, dont un 1/9 à trois points. Une défense efficace, agressive, qui permet de récupérer des ballons et de produire un jeu en transition redoutable. On dirait que Purdue est de retour au basique et cela fait plaisir à voir !

3. L’éclosion de Carsen Edwards

Un joueur m’a tapé dans l’oeil hier soir et il s’agit du sophomore Carsen Edwards. Pourquoi ?

Déjà, pour être honnête, j’avais oublié son existence. Il sort d’une saison de freshman délicate, avec un temps de jeu restreint (une vingtaine de minutes pour 10 points de moyenne). Hier soir, il a surfé sur son excellent début de saison en plantant 18 points, prenant 4 rebonds, délivrant 4 passes en en interceptant 2 ballons. Une ligne de statistique intéressante mais pas extraordinaire, qui ne reflète pas son réel apport sur le parquet.

Défensivement, c’est un pitbull. Offensivement, c’est un joueur capable de tout, mais qui n’excelle pas dans un compartiment de jeu en particulier. Il sait tout faire, que ce soit marquer en transition avec un dunk ou layup, sanctionner à mi-distance et surtout, à trois points.

Il est en train de s’écrire un nom sur ce début de saison, avec plus de 17 points de moyenne et seulement deux matchs sous la barre des 10 points inscrits. Il représente assurément le futur du programme, à moins que ce dernier ne fasse que cette saison supplémentaire afin de tenter l’aventure de la NBA dès cette année.

4. Butler se repose trop sur Kelan Martin.

J’ai été assez déçu par la performance de Butler hier soir. Mais le programme réalise un bon début de saison malgré le départ très tardif de Chris Holtmann pour Ohio State. C’est toujours difficile de commencer une saison avec un nouveau coach, un nouveau groupe, etc.

Mais voilà, Butler joue toujours sous le modèle de Brad Stevens.

C’est quasiment la même philosophie qu’auparavant, la même recette qui marche toujours. Sans que dans cette vision de jeu, il faut avoir des joueurs de l’ombre, chaque joueur apportant du scoring et de l’agressivité défensive. Ce n’était pas le cas hier soir. Kelan Martin a voulu forcer les choses et il n’a pas été en réussite.

Ce dernier est et restera le leader de Butler cette saison. Mais il faut qu’il apprenne à déléguer un peu plus à ses coéquipiers.

Je ne doute pas sur les capacités offensives de Kelan Martin, loin de là. Ce n’était peut-être qu’un accident de parcours, dans un match très difficile offensivement pour son équipe, mais on attend plus de lui. Il doit vraiment être ce joueur capable de prendre les choses en mains quand il le faut.

Butler est encore en période de rodage, clairement. Hier soir, face à une équipe en place, cela n’a pas pardonné.

5. Hormis le cinq-majeur, Purdue demeure assez faible.

Voilà pourquoi j’ai toujours un doute concernant les chances de Purdue à la March Madness. La profondeur de banc est assez légère, avec de la jeunesse qui n’a pas forcément les minutes pour prendre de l’expérience.

Hier soir, huit joueurs sont entrés en jeu. Isaac Haas étant rapidement sous la menace des fautes, Matt Haarms a eu du temps de jeu. Le pivot freshman, en provenance des Pays-Bas, est un joueur très intéressant, un peu le même profil que Isaac Haas. Mais en 27 minutes, il n’a pris que deux tirs, pour 2 points et 5 rebonds au final.

La deuxième rotation est Ryan Cline avec 20 minutes au compteur. Le junior, très adroit à longue distance, a été précieux défensivement. Puis, le freshman Nojel Eastern n’a joué que 8 petites minutes dans le garbage time.

Purdue possède une rotation de trois joueurs en sortie de banc, trois joueurs qui sont capables de prendre le relais dans un match à haut niveau. Cela fait peur.

Une blessure arrive toujours vite et il ne faudrait pas que cela tombe sur un joueur cadre. Cela pourrait rapidement devenir problématique pour les ambitions finales.

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