Mercer Bears vs Georgia Tech Yellow Jackets Week 1 2020
(Crédit photo : @MercerMBB)

“Zooming On” : l’upset de Mercer (SoCon) face à Georgia Tech (ACC)

Deuxième épisode de “Zooming On” : lumière sur Mercer, qui a la réputation d’être une équipe qui prône le jeu rapide et l’attaque à tout-va, avec un fort attrait pour les tirs à 3-points.

Quels sont les enseignements de cette rencontre ?

Enfin la première victoire de Georgia Tech en cette nouvelle saison de basketball universitaire ? Mercer a-t-il tenté plus de tirs à 3-points qu’à deux points ? Un upset à la clé pour les visiteurs ? Tant de questions pour un match soi-disant “facile” pour le pensionnaire de l’ACC.

Georgia Tech sort d’un marathon contre Georgia State, avec une défaite après… 4 prolongations (123-120) ! Une défaite surprise tant le programme possède un rôle d’outsider en ACC (enfin, je m’emballe un peu, plutôt ventre mou) en 2020-21. Deux jours plus tard, Mercer possède le profil idéal pour relancer la machine en qualité d’adversaire plus qu’abordable.

Les Bears sortent d’un match d’ouverture sans forcer contre North Georgia (Division II). Une victoire sur le score de 79 à 48 après une démonstration en seconde période (43-19). On repart sur les bases de la saison dernière, avec 25 tentatives à longue distance (pour 9 réussites).

On comprend mieux le “petit” score au final.

Le show Ross Cummings à Mercer !

Mercer est une équipe à surveiller pour une simple raison : Ross Cummings est de retour sur les parquets universitaires pour une année de senior.

Il sort d’une saison quasi-blanche à la suite d’une blessure et entame donc une dernière saison en NCAA, avec l’envie de se montrer et se rendre à nouveau à la March Madness. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arrière s’est rapidement montré à son aise face à Georgia Tech.

Ross Cummings est un shooteur d’élite avec une mécanique de tir rapide et efficace. Il déclenche vite tout en étant adroit.

La marque de fabrique des pistoleros par excellence !

Ce qui marque le plus avec Ross Cummings, c’est cette confiance qu’il a quand il doit prendre un tir.

Il n’hésite pas une seule seconde et peu importe la distance. Il est dans son élément. Surtout, il tire à une distance NBA ou professionnelle sans l’ombre d’un effort. C’est limite déconcertant de facilité. Et, bien souvent, la défense ne sort pas aussi loin et peut ajuster dans un fauteuil.

Le senior a terminé le match avec 16 points à 5/7 aux tirs (3/4 à 3-points). C’est vraiment propre et efficace pour un retour.

Il s’est également révélé agressif vers le cercle, lui qui essaye de diversifier sa panoplie offensive. En toute honnêteté, il devrait réaliser une belle carrière professionnelle rien qu’avec son tir. Qui sait, on le verra peut-être en NBA ou en G-League !

Le duo (international) Neftali Alvarez et Felipe Haase prend la relève des Bears

Les Mid-Majors n’hésitent pas à tenter des paris avec des jeunes joueurs internationaux. Mercer ne déroge pas à la règle avec son duo Neftali Avarez (Porto-Rico) et Felipe Haase (Chili).

Neftali Alvarez est un arrière/ailier naturellement attiré par le cercle, qui sort d’une saison blanche suite à son transfert de Fairfield. Il est athlétique, dur au mal et, depuis qu’il est sur le campus, il essaye de développer un tir à longue distance pour rentrer dans le moule de Mercer. C’est aussi un formidable créateur pour ses coéquipiers ; soit le package complet d’un métronome offensif.

Cela tombe bien, c’est ce qu’il manque cruellement aux Bears.

Et, ce vendredi, il a écoeuré les défenseurs de Georgia Tech.

Il frôle le triple-double avec 17 points et 9 passes et 8 rebonds. Ce qui est vraiment prometteur pour la suite de saison en sachant qu’il n’est que sophomore. Sa marge de progression reste importante (surtout au niveau de son adresse à longue distance). Une bien belle pioche pour le coaching staff.

Entre lui et Ross Cummings (mais pas que), Mercer détient de nouvelles armes par rapport à l’exercice précédent.

Le troisième artisan de cette victoire (oups) est lui-aussi un transfuge qui arrive de South Carolina) en la personne de Felipe Haase. Le stretch 4 a sorti une nouvelle performance XXL face à Georgia Tech, en montrant tout son potentiel. Il a passé plus de temps derrière la ligne à 3-points plutôt que dans la raquette et termine avec 17 points à 5/11 à 3-points (1/5 pour les tirs à 2-points).

D’ailleurs, Mercer a sorti un petit run en sortie de vestiaire face à une équipe de Georgia Tech pathétique (2/16 aux tirs, 5 pertes de balles et j’en passe). Felipe Haase n’a pas été étranger au succès de cette petite séquence qui a permis à son équipe de prendre un avantage considérable au tableau d’affichage.

2 tirs à 3-points de suite pour asséner un grand coup derrière la tête des Yellow Jackets.

Il excelle notamment sur les pick-and-pops. Malgré une mauvaise passe, il arrive à replacer ses appuis pour prendre le tir dans les meilleures conditions.

C’est fort.

Sur un rebond offensif, où il est tellement seul qu’il a le temps d’appeler ses parents pour leur dire qu’il prend le tir, la mécanique de tir est pure et élégante. Digne d’un vrai shooteur.

Un exemple parmi tant d’autres de l’excellente défense (blague) de Georgia Tech.

Au final, Mercer a fait du Mercer dans le texte… avec un fabuleux 12/25 à 3-points.

Les Bears ont profité d’une équipe de Georgia Tech assez peu inspirée de manière générale.

Petite mention spéciale au sophomore James Glisson III, qui termine avec 14 points, 6 rebonds et quelques éclairs offensifs vraiment intéressants en sortie de banc. Les Bears seront à suivre cette saison (il faut juste trouver un banc) rien que pour le potentiel offensif.

Victoire finale de Mercer sur le score de 83 à 73. “Swatted”.

Au final, il existe plus d’interrogations pour Georgia Tech après le match qu’avant. Et le contraire pour Mercer qui, enfin au complet, peut jouer les premiers rôles en SoCon. Un prétendant de plus au titre. Les Bears sont en plus une équipe plaisante à regarder (beaucoup plus que Georgia Tech).

Encore un match à oublier pour Georgia Tech…

Il faut parler de la disasterclass de Georgia Tech.

Je fais vite parce que, sinon, je vais m’énerver.

La prestation a été proche du néant au niveau de l’implication des joueurs et de la concentration. Je ne sais pas si c’est la défaite contre Georgia State qui a cassé la tête et les jambes des joueurs, ou, alors, les 4 prolongations (ce qui peut être une chose qui plaide en la faveur des Yellow Jackets, ET ENCORE), mais que c’était poussif. Je sais pertinemment que l’on peut connaître un jour sans, mais au moins, on essaye de compenser avec de l’envie.

Là, rien, chacun joue sa carte personnelle quand cela ne va pas. La solution parfaite pour aller droit dans le mur.

Autre chose qui fâche, c’est la défense.

Je vais prendre une action qui m’a fait hurler en exemple. Georgia Tech passe (enfin) en zone 1-3-1, qui est une bonne réponse face à des équipes avec de bons shooteurs. En difficulté sur l’homme-à-homme et sur la zone 3-2, le switch devait donner un nouvel élan.

Résultat : une parodie de défense avec 0 communication et le joueur à l’opposé qui divague. Tout ce qui ne faut pas faire.

Je suis sûrement trop exigeant. Ce n’est que le début de saison dans un contexte difficile, mais, un minimum messieurs !

Quand je vois des équipes (UNC Greensboro, Little Rock ou encore San Francisco) qui proposent une belle partition des deux côtés du parquet avec de l’envie, ces actions me frustrent réellement. Georgia Tech perd ainsi son 2ème match de la saison, et, c’est déjà deux de trop.

Le prochain match ? Contre #10 Kentucky, le 6 décembre. Loin d’être le meilleur adversaire pour se relancer.

Les Yellow Jackets doivent retrouver un semblant de collectif et ne pas sombrer dans l’individualisme ou encore le tir à 3-points en dépit de toute construction. Il existe pourtant du talent au sein de cet effectif avec les seniors Moses Wright (20 points, 5 rebonds en 39 minutes !) et Jordan Usher (11 points, 8 rebonds).

Ce dernier possède le profil pour prendre en main cette équipe, c’est indéniable. Un pur gaucher qui est capable de scorer sur les trois niveaux. Un peu de constance et cela ira mieux pour lui.

Les options sont là pour Georgia Tech. Il n’y a plus qu’à.