(Crédit photo : Nati Harnik - AP Photo)

Et si les “papas” de Wisconsin renversaient Baylor au Second Round ?

« Il ne faut jamais sous-estimer le cœur d’un champion », disait Rudy Tomjanovich, ancien entraîneur des Houston Rockets. Si Wisconsin n’est pas champion de basketball universitaire, à l’exception du très lointain titre national de 1941, ils ne sont pas à sous-estimer.

Encore moins au mois de mars.

Et pour cause, depuis quelques années, les Badgers sont passés maitre dans l’art de se sublimer lors du NCAA Tournament. En 2021 ? Les hommes de Greg Gard se sont déjà défaits de North Carolina lors du First Round, alors qu’ils n’étaient pas forcément favoris. Une équipe qui semblait pourtant sur la bonne voie après un parcours remarquable, et remarqué, dans le tournoi de la conférence ACC.

Mais, grâce à ses « papas », Wisconsin a fait très forte impression. L’équipe est composée majoritairement de joueurs juniors et seniors (qui sont plus âgés que certains joueurs actuels de NBA). Et, désormais, les Badgers ont un rendez-vous avec Baylor, l’un des principaux candidats à l’obtention du titre national.

Juste une dernière danse ? Pas sûr. 

Wisconsin doit miser sur ses points forts pour renverser la montagne

Wisconsin ne devra pas renier ses principes, à l’instar du First Round face à UNC, pour coincer Baylor dans une fin de match serrée où l’expérience des Badgers pourrait payer.

Pour renvoyer les Tar Heels à Chapel Hill, les hommes dirigés par Greg Gard se sont appuyés sur deux choses : le jeu intérieur et des exploits individuels de ses arrières.

Presque deux recettes de grand-mère. 

Ainsi, dans la peinture, Wisconsin n’a fait qu’une bouchée du secteur intérieur des Tar Heels, pourtant performant sur l’ensemble de la saison, grâce aux expérimentés Nate Reuvers et Micah Potter. Le duo a mystifié au métier le jeune frontcourt de North Carolina : Armando Bacot, Garrison Brooks et même Day’Ron Sharpe, n’ont simplement pas pu s’exprimer. Les chiffres parlent d’eux-même.

D’abord, les Badgers ont marqué 24 points de plus dans la raquette. Mais, plus intéressant, ils ont contenu North Carolina aux rebonds. Les Tar Heels étaient pourtant la meilleure équipe du pays au rebond offensif (près de 16 par match) et prenaient en moyenne 16 rebonds de plus que leurs adversaires cette saison.

Seules deux équipes (Florida State et Kentucky) étaient parvenus à les dominer dans ce secteur. Wisconsin a fait jeu égal ; une première victoire. 

Aussi, Greg Gard a pu compter sur une production maximale de son backcourt.

Brad Davison et D’Mitrik Trice ont compilé 50 points… en prenant 15 shoots chacun.

À la March Madness, on a coutume de dire que les matchs clés se gagnent grâce aux guards plays, les actions réalisées (généralement en isolation) par les arrières. Wisconsin ne devra pas contredire l’adage pour dominer Baylor.

Est-ce suffisant pour inquiéter Baylor ?

Qu’on se le dise, la probabilité que Wisconsin réalise l’upset est plus que faible.

Mais, il existe tout de même un monde où les Badgers se hissent jusqu’au Sweet 16. Et, pour cela, la marge d’erreur des hommes de Greg Gard est infime. 

Déjà, comme face à North Carolina, Wisconsin doit se reposer sur une solidarité pour tenir des Bears redoutables aux rebonds. Les Bears font partie des meilleures équipes du pays aux rebonds offensifs et se sont faits une spécialité de marquer des points sur seconde chance. 

Il faudra que tous les Badgers jouent avec intensité pour poser les bons box outs.

Plus important encore, les shooteurs ne devront pas passer à côté.

Héros du premier tour, Brad Davison a connu un cauchemar il y a 2 ans, lors d’une défaite face à Oregon, au First Round de la March Madness. L’arrière avait joué 33 minutes sans parvenir à marquer le moindre tir (0/8 aux tirs et 0/7 à 3-pts). 

À l’issue du match, Greg Gard était d’ailleurs revenu sur un tel événement :

Ça fait partie de l’apprentissage. Il est passé par de nombreux moments difficiles jusqu’à aujourd’hui. Mais, les bons joueurs sont capables d’élever leur niveau dans les grands moments. Toute l’équipe croit beaucoup en Brad Davison, c’est notre leader émotionnel.

À ses côtés, D’Mitrik Trice doit se hisser au niveau de son frère, Travis, passé notamment par Strasbourg, qui avait porté Michigan State jusqu’au Final Four en 2015.

Alors, si les Badgers sont solidaires aux rebonds, si les arrières sont capables de mettre des tirs importants et si l’expérience de Wisconsin peut limiter l’attaque redoutable de Baylor, l’exploit est possible.

Oui, cela fait tout de même beaucoup de si.