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San Diego State vs Utah Celebration 2019
(Crédit photo : Kelvin Kuo - USA TODAY Sports)

San Diego State peut-il réaliser la saison parfaite ?

San Diego State réalise un début de saison historique. Avec un bilan de 20 victoires pour 0 défaites, les protégés de Brian Dutcher n’ont toujours pas été battus et sont aujourd’hui la seule équipe de Division I à pouvoir s’en vanter. 

Et, en conférence Mountain West, les Aztecs roulent sur la concurrence et proposent un record de 9-0. 

Sans oublier qu’ils ont gagné le tournoi du Las Vegas Invitational, en fin novembre, en claquant sèchement Creighton (83-52) et en renversant Iowa (83-73) en finale. Avec un joli trophée, San Diego State a parfaitement lancé une saison qui tourne à la démonstration de force.

Ce n’est pas une surprise de voir que l’école truste les hauts plateaux des classements (troisième au MoC Top 25 et quatrième au AP Top 25).

La joie des joueurs de SDSU après leur victoire au Las Vegas Invitational (Credit : Rich Schmitt)

L’ancienne université de Kawhi Leonard (Los Angeles Clippers) réalise l’une des plus belles saisons de son histoire. Les Aztecs ont égalé le meilleur début de saison de l’histoire du programme (20-0) après leur victoire sur Wyoming. Un record qui datait de 2010-2011, qui coïncide avec l’année de sophomore de Kawhi Leonard.

Pour l’anecdote, la gloire de San Diego State verra son maillot #15 retiré lors de la confrontation face à Utah State, le 1 février prochain.

Les Aztecs jouent des deux côtés du terrain

Le début de saison parfait remet les Aztecs sous la lumière après une dernière décennie en dents de scie.

L’équipe a connu 2 Sweet Sixteen (2011 et 2014) mais a raté 3 des 4 dernières March Madness. Ils ont, d’ailleurs, raté le March Madness l’année passée, après une saison moyenne (21-13). Une défaite en finale du tournoi de MWC, face à Utah State, a eu raison des joueurs entrainés par Brian Dutcher.

Les bons résultats s’expliquent par une équipe qui joue à fond des deux côtés du terrain. 

En défense, c’est simple : San Diego State est la 4ème équipe qui encaisse le moins de points du pays. Avec une moyenne de 56.7 points encaissés, ils défendent excellemment bien, et on le sait, la défense gagne les matchs. 

Et l’attaque n’est pas en reste non plus.

Certains gros cartons face à quelques belles équipes sont là pour en témoigner. +31 contre Creighton, +10 face à Iowa, +28 contre Utah, +11 contre Utah State, +13 contre Nevada, et bien d’autres performances.

Les joueurs du Sud de la Californie ont scoré 7 fois à plus de 80 points en 20 rencontres. Une statistique qui n’impressionne pas forcément au premier abord, mais, quand on sait que cette équipe ne prend quasiment jamais plus de 60 points (seulement 6 fois) dans les dents, cela impressionne sacrément. 

San Diego State, expert en recyclage

La qualité de l’effectif de San Diego State vient, en partie, de joueurs recyclés.

Le junior Malachi Flynn (21 ans), le senior Yanni Wetzell (23 ans), le senior K.J. Feagin (22 ans) et le junior Trey Pulliam (21 ans) ont déjà tous joué dans une autre université avant de débarquer sur le campus des Aztecs. 

Malachi Flynn, meneur génial, a quitté Washington State en 2017 alors qu’il était aussi suivi par Gonzaga, à cette époque. Une preuve certaine de sa qualité et du bon coup flairé par les Aztecs.

Yanni Wetzell, pivot néo-zélandais, a débuté en Division II, aux St. Mary’s Rattlers, avant d’être recruté par Vanderbilt et d’arriver à San Diego State en tant que graduate transfer. Même constat pour K.J. Feagin, guard spectaculaire et graduate transfer en provenance de Santa Clara. 

En bonus, le bon Trey Pulliam, venu tout droit du Navarro College en Junior College, qui apporte à la création. 

Les Aztecs se sont construits le noyau dur de leur effectif avec ces 4 joueurs “recyclés”.

Un recrutement intelligent, tourné vers l’écologie, qui prouve que l’on peut se construire une belle équipe sans énorme prospect ou star. Et, en se tournant vers le JUCO et les transferts en provenance d’autres facs, San Diego State a trouvé ses leaders en 2019-2020.

L’exemple parfait d’un recrutement bien senti, intelligent et en quête d’expérience.

Malachi Flynn est devenu le leader incontesté de cette équipe de San Diego State. Il s’est mué en un meneur all-around, capable de scorer (16.8 points à 45/40/83), passer (5.1 passes) et défendre à merveille (1.8 interceptions).

L’homme à tout faire et le chef de fil de cette équipe.

Le meneur Malachi Flynn, leader de SDSU, réalise une grande saison. (Credit : Eli Lucero)

Derrière lui, Yanni Wetzell et K.J. Feagin abattent un gros travail des deux côtés du terrain. Ils apportent, à eux deux, plus de 20 points, presque 10 rebonds et presque 5 passes.

Ajoutez à cela les magnifiques juniors Matt Mitchell (20 ans) et Jordan Schakel (21 ans), les jumeaux sophomores Nathan (qui connaît quelques problèmes respiratoires) et Joel Mensah et on obtient une équipe expérimentée et revancharde. 

Le “scouting report” d’Envergure : Yanni Wetzell.

Pas étranger au départ historique de San Diego State cette année (20-0 au 24 janvier), le néo-zélandais possède le 2ème temps de jeu de l’équipe (presque 28min de jeu) et il partage la raquette avec Mitchell dans le rôle de pivot titulaire.

Il s’impose d’abord par son physique, sa taille et ses épaules en attaque et en défense. C’est un joueur qui possède une bonne vision du jeu et qui donne beaucoup en défense.

En attaque, il reçoit l’essentiel de ses ballons au poste où ses moves et son touché sont précieux, et en tête de raquette, où il peut distribuer le jeu. Il score (deuxième marque de l’équipe avec 12.3 points à 60%) mais pas uniquement : sa bonne vision du jeu lui permet de servir Mitchell à l’intérieur, ressortir à 3-points ou slasher pour des dunks ou des lay-ups. Son jeu en pick-and-roll et ses bonnes mains sont aussi une des forces des Aztecs en 2019-20. Par contre, son adresse au lancers-francs est basse (61%) et il ne prend que très peu de shoot à plus de 4m ou à 3-points (avec une adresse de 29% en 17 tentatives).

En défense, Yanni Wetzell est plus à l’aise sur des intérieurs lourds avec lequel il peut jouer des bras et encaisser (raisonnablement) les coups. Présent au rebonds défensifs (4,6 par match), il met les coudes au block-out et se bat avec constance. Il n’est cependant pas un défenseur rapide : sa vitesse latérale est assez limitée et il s’expose face à des intérieurs small-ball. Son manque de verticalité l’empêche d’être un bon protecteur d’arceau (seulement 0.6 contre par match), malgré un esprit volontaire et vaillant dans l’effort. Ses quelques oublis défensifs sont peut-être dus à son arrivée récente au basketball (il a commencé à 17 ans).

À déjà 23 ans et 2.08m, l’avenir de Yanni Wetzel ne semble pas se diriger vers la NBA sans un shoot extérieur et sans des qualités athlétiques.

Brian Dutcher tire San Diego State vers le haut

Les Aztecs sont composés de joueurs qui ont tout connu et qui veulent prendre, pour certains, une revanche sur le basket universitaire.

L’effectif performe surtout des deux cotés du terrain, en attaque comme en défense. Un groupe expérimenté qui joue avec le coeur, dans lequel les égos n’ont pas leur place. Les joueurs avancent tous avec le même objectifs et jouent les uns pour les autres.

C’est avec cette envie et une grande discipline que les Aztecs se sont construits l’une des toutes meilleures défenses de la nation. Mais l’attaque n’est pas en reste. Le ballon tourne bien, les systèmes mis en place par Brian Dutcher sont intelligents et beaucoup de joueurs apportent leur pierre à l’édifice.

San Diego State est invaincu et le doit, en partie, à l’excellent travail de Brian Dutcher.

Brian Dutcher est le coach idéal pour ce groupe de San Diego State. (Credit : David Becker)

Le head coach des Aztecs vit une première expérience à un tel poste depuis 2017 et il réalise un beau boulot sur le banc de San Diego State. 

Il a tout appris au côté de Steve Fischer, duquel il a été assistant pendant 26 ans (7 ans à Michigan et 18 ans à San Diego State). Il a pris sa relève en 2017 au moment de son départ et il progresse de saison en saison.

En même temps, Brian Dutcher connaît la maison depuis le siècle passé (en 1999). 

Peuvent-ils finir la saison avec un record invaincu ?

La fin de saison approche et San Diego State est la dernière équipe invaincue.

Il reste 9 matchs aux Aztecs pour réaliser l’exploit.

Mais, la route est encore longue. Même si les Aztecs paraissent intouchables en MWC, la NCAA reste la NCAA. Les upsets sont monnaie courante (d’autant plus cette saison) et les Aztecs auront fort à faire pour finir cette saison avec un record invaincu.

Il faudra se méfier de UNLV, Utah State ou autre Nevada, mais on veut bien croire en cette (potentielle) “perfect season“. Les Aztecs deviendraient la première équipe depuis Kentucky, en 2014-15, à réaliser une telle performance.

C’est tout le mal que l’on peut souhaiter aux résidents de la Vieja Arena, qui rugit à nouveau. 

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