Matt Bradley
Matt Bradley : https://calbears.com/

La saison de la revanche pour Matt Bradley (California)

Peu coté en basketball universitaire, l’Université de California à Berkeley peut compter sur son capitaine et homme fort, Matt Bradley, pour exister dans le paysage national.

L’arrière a, comme le reste de équipe, été sous-estimé toute sa vie. Aujourd’hui dans sa 3ème année universitaire, il a l’occasion de prendre sa revanche face aux équipes et aux joueurs qui ne l’ont pas toujours respecté.

En effet, California est une université en décomposition sur le plan du basketball avant son arrivée à Berkeley en 2018. Malgré le recrutement de Justice Sueing, en provenance de Mater Dei, les Golden Bears font office de sparring-partner pour la majorité des équipes de la conférence Pac-12. Et c’est un euphémisme pour une saison qui se termine avec 8 victoires pour 24 défaites (2-12 en Pac-12).

Sur le terrain, seul l’écusson dorée apporte un peu de couleur à cette chute brutale. Un tel bilan aurait pu faire fuir n’importe quel prospect.

Sauf un, Matt Bradley.

Matt Bradley ou la définition de “under the radar”

Avec son mètre 93 et ses quasiment 100 kilos, Matt Bradley est un joueur au physique de footballer américain et très doué balle en main.

Pourtant, il est peu côté par les scouts universitaires. C’est même un inconnu avant l’été 2017. Et, à cette époque, Matt Bradley joue sur les parquets de AAU avec la “Team Eleate”, une petite organisation comme on en retrouve des centaines aux Etats-Unis. Et, pour eux, pas de sponsors et pas de tournées sur les circuits principaux organisés par Nike, Adidas ou Under Armour. Il faut se contenter des événements de seconde zone ou des invitations par de plus grosses écuries afin de servir de faire-valoir à des joueurs en quête d’exposition.

La Team Eleate, avec ses maillots dépareillés, se retrouve ainsi à affronter la très célèbre équipe du Compton Magic. On y retrouve Isaiah Mobley (USC), Onyeka Okongwu (NBA), Jovan Blacksher (Grand Canyon), Jules Bernard (UCLA) et enfin Timmy Allen (Utah).

A l’époque, tous ces joueurs sont membres du Top-100 de leur génération.

En face, Matt Bradley fait office de star avec son statut de prospect 3-étoiles.

Au diable les classements. Matt Bradley va faire douter, à lui tout seul, l’une des plus fortes équipes du pays. Il domine la future star des Utes, Timmy Allen, de la tête et des épaules. L’actuel arrière de California confirme l’étendue de son talent en étant présent partout ; en défense, au rebond, agressant sans cesse la raquette et en rentrant des shoots contestés.

Surtout, il prouve qu’il ne doit pas sa valeur qu’à son physique.

Poussés à bout, les stars du Compton Magic vont même s’embrouiller avec Matt Bradley. Il ira d’ailleurs les inviter sur le parking afin de terminer la discussion commencée sur les parquets.

California, à la recherche de sa nouvelle star, s’empresse de recruter l’arrière.

Entre temps, il s’affirme au sein de l’une des meilleures Prep Schools du pays, la Wasatch Academy. Pourtant, Matt Bradley termine sa carrière en High School comme elle a commencé.

Dans l’ombre.

La rédemption avec les Golden Bears de California

3 ans plus tard, peu de choses ont changé.

Matt Bradley est bien le seul joueur de son équipe à avoir rejoint la Division I universitaire. Il est toujours le leader d’une université en difficulté mais, de nouveau, sa rage de vaincre lui permet de faire des merveilles.

California brille de nouveau après 2 saisons à truster les profondeurs du classement en NCAA. Enfin, avec parcimonie. Derrière Matt Bradley (17.5 points et 5 rebonds de moyenne), les Golden Bears retrouvent le chemin de la victoire (14-18 dont 7-11 en Pac-12). Pourtant, tous les pronostics les voyaient en bons derniers de la conférence.

C’était sans compter sur Matt Bradley.

L’arrière continue d’impressionner avec son combo physique-technique et cette rage de prouver chaque soir sa valeur. En 2020, une chose a néanmoins évolué. Matt Bradley est enfin reconnu au sein de la ligue.

A l’aube de cette nouvelle saison universitaire, il a été nommé au sein de la Preseason All-Pac-12 First Team et fait partie des noms à suivre pour le Jerry West Award, récompensant le meilleur arrière du pays.

3 ans après cette défaite cruelle face au Compton Magic, Matt Bradley n’est plus un inconnu.

3 ans plus tard, l’arrière peut enfin prendre sa revanche.

Le jeune guard retrouve ses meilleurs ennemis, ceux qui l’ont révélé au grand public, au sein d’une équipe de California remaniée. La première revanche devait avoir lieu cette nuit du 6 décembre face à UCLA. Malheureusement, pour des raisons inconnues, Matt Bradley s’est retrouvé assis sur le banc pendant plus de 11 minutes en 2e période.

Résultat : une défaite conséquente malgré les 12 points et 4 rebonds du Californien.

Il reste donc 3 cartouches pour la jeune star : en 8 jours, il aura l’occasion d’affronter les 3 anciennes stars du Compton Magic. Cela commence avec Timmy Allen et Utah (16 janvier) puis Jules Bernard et UCLA le 21/01 avant de clôturer cette série contre USC d’Isaiah Mobley (23/01).

J’imagine que vous l’aviez deviné : California et Matt Bradley sont systématiquement donnés perdants.