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Jalen Green Prolific Prep High School Basketball
(Crédit photo : Gregory Payan - Associated Press)

No Jalen Green, No Problem : pourquoi la NCAA n’est pas en danger face à la G-League

La NCAA n’est pas prête de tirer le rideau et de tomber dans l’oubli parce que Jalen Green décide de s’engager pour la G-League.

Respirez un grand coup. Soufflez. Inutile de paniquer.

Le 3ème meilleur prospect de la classe de recrutement en 2020 est devenu la tête de gondole du nouveau programme de “développement” de la NBA en G-League. Selon Jonathan Givony et Adrian Wojnarowski d’ESPN, Jalen Green s’envole pour le monde professionnel avec un contrat lucratif de $500.000 (et une multitude de bonus comme une bourse d’études, d’après Kevin O’Connor) destiné à “l’élite” des prospects lycéens.

C’est très bien pour lui et je le comprends totalement. Qui ne rêve pas d’obtenir un demi-million de dollars à la sortie du lycée, surtout si un avenir dans les salles de classe ne rentre pas dans cette vision ?

La NBA propose désormais une alternative viable au chemin traditionnel de la NCAA. Et c’est bien pour tout le monde. Vraiment. Je le pense sincèrement.

Une bonne nouvelle pour la NBA, pour la NCAA, et pour les joueurs.

Ne succombez surtout pas à la tentation de démanteler la NCAA et d’enterrer la ligue universitaire alors qu’elle est toujours bien vivante. Et, mauvaise nouvelle pour les détracteurs, elle le restera encore pour des décennies.

Certes, je ne suis pas dupe.

La NCAA n’est pas toute blanche. La NCAA n’est pas immune de tout reproche. Les scandales se multiplient depuis quelques années entre les accusations de corruption organisée lancées sur le devant de la scène par le FBI, le manque de rétribution (financière) pour les efforts des athlètes-étudiants et l’absence de parité avec les head coaches.

Cependant, la seule décision de Jalen Green de rejoindre la G-League ne va pas chambouler un système, certes, imparfait, qui passionne les foules au travers du pays depuis des décennies.

La NBA agit dans les intérêts de la NBA

Il est bon de replacer l’église au centre du village.

En soi, Jalen Green ne prend la route de la G-League seulement parce que la NBA a décidé d’instaurer la règle du “one-and-done” en 2006. Oui, la ligue professionnelle a elle-même décidé de repousser l’âge d’entrée à la NBA Draft et de compter une année révolue après la fin du cursus lycéen.

Pas la NCAA ou une autre entité.

La NBA a causé cette situation de son propre chef et elle décide aujourd’hui de placer ses billes dans la G-League. Une ligue qui se veut de développement mais qui n’est, en toute honnêteté, qu’un trampoline où le seul but des joueurs refoulés par la NBA est d’y retourner au plus vite.

Et puis, l’association de basketball professionnelle n’a pas ouvert une mallette pleine de billets verts devant les yeux de Jalen Green pour l’empêcher de s’engager avec Memphis ou Auburn. Non, du tout, elle a surtout mis en place un programme de développement avec la G-League pour empêcher les meilleurs talents américains d’émigrer dans des ligues professionnelles à l’étranger.

Les administrés de la NBA n’ont pas réellement envie de traverser l’Océan Pacifique pour étudier leurs prochains joueurs.

America First, comme dirait un certain homme logé à la Maison Blanche.

Qui plus est, le parcours de Jalen Green en G-League n’est pas aussi merveilleux que les $500.000 agités devant les meilleurs prospects. La superstar issue de Fresno, en Californie, ne jouera pas un match officiel en G-League en 2020-21 et il devrait passer la saison complète à s’entrainer avec un head coach et des joueurs aux dents longues, qui nourrissent l’espoir (pas vraiment secret) de retrouver les rangs de la NBA dès que possible.

Est-ce un environnement idéal pour se développer en tant que joueur ? Qui sait. Est-ce une meilleure solution que la NCAA ? Peut-être bien.

Jalen Green s’engage à rejoindre un programme de développement étalé sur une année avec la supervision de la G-League, qui inclut un coaching professionnel, des prospects majeurs et des joueurs vétérans qui vont combiner entrainement et matchs d’exhibition face à des équipes de G-League, des équipes nationales étrangères et des académies de la NBA à travers le monde.

La saison pourrait inclure 10 à 12 matchs contre des équipes de G-League qui ne compteraient pas dans le classement. L’objectif premier est l’assimilation et la progression vers la NBA sur différents niveaux, du jeu à l’instruction de compétences essentielles.

selon des sources rassemblées par ESPN.

Mais, quoi qu’il en soit, ce n’est pas une formule magique qui enfoncera la NCAA dans les profondeurs du basketball aux Etats-Unis.

Pourquoi Evan Mobley (#2, 2020) a-t-il refusé une offre similaire, d’après Evan Daniels de 247 Sports, alors que la G-League montait une équipe dédiée à Jalen Green et Isaiah Todd dans son jardin d’enfance en Californie du Sud ? La superstar de Temecula, en banlieue de Los Angeles, a finalement préféré de s’engager avec USC, où jouait son grand frère, Isaiah, l’année dernière.

Jalen Green ne va pas tuer la NCAA à lui-seul

De 1995 à 2005, la NCAA était-elle en déroute alors que des dizaines de joueurs ont sauté la case universitaire ? L’absence de superstars lycéennes telles que Kevin Garnett, Kobe Bryant, Tracy McGrady, Amar’e Stoudemire et LeBron James a-t-elle heurté la popularité et le produit de la NCAA ?

Non.

Les Rupp Arena, Allen Fieldhouse, Cameron Indoor Stadium, Carrier Dome et Dean Smith Center se sont-ils désemplis avec l’absence des meilleurs prospects lycéens ? Les spectateurs ont-ils arrêté de remplir des brackets et de suivre avidement la March Madness ?

Non.

Est-ce que Kansas a eu besoin de R.J. Hampton, en 2019, alors que celui-ci s’est envolé pour la NBL aux côtés de Lamelo Ball, pour accéder au rang (non-officiel) de meilleure équipe du championnat ?

Non plus.

Ceux qui pensent que l’attrait du basketball universitaire réside dans la qualité du jeu et sur les dos des maillots n’ont rien compris à la philosophie de l’association universitaire. Ce qui compte vraiment est inscrit sur le devant de maillot.

Si vous aimez Indiana, vous aimez Indiana que Romeo Langford y joue ou pas. Si vous supportez UCLA, vous supportez UCLA que Lonzo Ball y joue ou pas. Si vous avez des abonnements à la saison à Michigan State, vous [les] avez que Jaren Jackson Jr. y joue ou pas. Donc, bien que la décision de Jalen Green de contourner l’université heurte Memphis, […], [cette] décision ne va pas beaucoup endommager le basketball universitaire, si tel est le cas.

argumente Gary Parrish de CBS Sports.

Un chèque de $500.000 (plutôt que $125.000 depuis 2018) dans une équipe professionnelle perdue au fin fond des Etats-Unis, loin des télévisions de Monsieur et Madame Tout Le Monde, ne remplacera jamais une éducation au sein des meilleures universités américaines et une expérience unique dans une équipe de basketball sur un campus acquis, corps et âme, à sa cause.

(Bon, ce sont deux arguments que la NCAA utilise pour justifier la notion d’amateurisme actuelle, mais, on va faire comme si je n’avais rien dit).

L’attraction de la G-League détournera sans aucun doute 1, 3, 5 ou 10 joueurs des prochains classes de recrutement du chemin offert par la ligue universitaire. C’est une évidence. Tout le monde n’est pas capable de suivre ou n’a envie de suivre les contraintes imposées par la NCAA.

En reprenant les paroles de Chris Mack, il existe un Obi Toppin pour chaque Jalen Green. Il existe un “none-and-done” pour chaque joueur sous-recruté et qui accède à la NBA après 2, 3 ou 4 ans en basketball universitaire. Il existe un homme convaincu par les $500.000 de la NBA… euh, G-League… pour chaque homme attiré par la valeur d’un diplôme universitaire.

Les joueurs tels que Cassius Winston, Luka Garza, Payton Pritchard, Markus Howard ou Myles Powell ne disparaitront du jour au lendemain.

Le rêve de porter le maillot de Michigan State, UCLA, Duke ou n’importe quelle université qui a émerveillé l’enfance des basketteurs ne disparaitra pas non plus.

Certes, tous les fans de basketball ont envie d’admirer Emoni Bates (la prochaine superstar en sortie du lycée) sur les parquets universitaires quand il finira son cursus lycéen en 2022. Mais, avec la fin programmée du “one-and-done”, il existe une chance substantielle qu’il saute directement le pas en direction de la NBA. Il ne sera certainement le seul à profiter de la disparition de cette règle autoritaire. Et cela ne volera pas des centaines de prospects d’une expérience universitaire dans un blueblood, dans une équipe issue des mid-majors ou en Division II et III.

Merci de vous inquiéter pour le futur de la NCAA.

Elle a évidemment du pain sur la planche pour résoudre ses propres soucis, à commencer, par le droit à l’image des athlètes-étudiants (qui est vital, sous une forme ou une autre).

Mais, le basketball universitaire ne s’en ira pas de sitôt du paysage sportif américain.

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