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(Crédit photo : Alyssa Trofort)

La NCAA face à un exode de prospects ? Pas si sûr

Peu de personnes imaginaient que cela puisse arriver mais les derniers scandales qui ont frappé le basketball universitaire ont sans doute ouvert une porte qui n’était encore qu’entre-ouverte : celle de passer à côté de la case universitaire.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux jeunes joueurs américains font le grand saut dans le monde professionnel. Le plus notable, R.J. Hampton.

L’année prochaine, je vais aller jouer dans la ligue australienne, pour les New Zealand Breakers.” 

R.J. Hampton, au micro d’ESPN.

On est le 28 mai. R.J. Hampton, l’un des tous meilleurs joueurs de la promotion 2019 (#15), annonce qu’il n’évoluera pas en NCAA afin de passer directement dans une ligue professionnelle. Une décision qui a surpris tout le microcosme du basketball lycéen et universitaire aux Etats-Unis.

Depuis de nombreuses semaines, en effet, le jeune meneur américain était annoncé à Memphis ou, plus récemment, à Kansas. Finalement, il n’en sera rien et les mots sont clairs et nets.

Mon rêve n’a jamais été de jouer à l’université. Mon rêve est de jouer en NBA.”

On ne le sait pas encore mais à cet instant, le jeune garçon a déjà signé son contrat avec les Breakers depuis un mois. À ses côtés en plateau, Jay Williams (ancien meneur de Duke) renchérit :

“Je pense que tous les gamins devraient passer à cette option [ndlr : de jouer professionnel à l’étranger].”

Là encore, les mots sont clairs et nets. Mais alors, la NCAA connaitrait-elle dans un tournant ?

Vers une vague de lycéens réfractaires à la NCAA ?

Est-ce que les jeunes joueurs vont être de plus en plus nombreux à suivre le chemin des Terrance Ferguson, Jalen Lecque (non-sélectionné lors de la dernière Draft NBA mais signé par les Phoenix Suns), Anfernee Simmons ou Emmanuel Mudiay ?

R.J. Hampton va-t-il inspirer des lycéens à également sauter le pas ?

Il s’agit bien de la première fois qu’un ‘top talent’ américain décide de sauter la case de la NCAA pour rejoindre les rangs d’une équipe professionnelle. Quelques jours après l’annonce du jeune meneur, Adam Silver, le grand chef de la NBA, s’est même dit “assez jaloux” de cette décision.

En effet, de son côté, la NBA est également dans cette démarche d’attirer les jeunes joueurs américains vers le monde professionnel en passant par la G-League, la ligue de développement de la NBA.

Mais cette option n’attire pas trop les jeunes. Ces derniers préfèrent regarder de l’autre côté du Pacifique, surtout vers l’Australie. Récemment, d’autres prospects ont décidé d’oublier leur éligibilité en NCAA pour rejoindre le monde professionnel : Terry Armstrong (#60, 2019), Kenyon Martin Jr., LaMelo Ball (#22) et MarJon Beauchamp (#24, 2020).

Le premier avait décidé de rejoindre Arizona puis, finalement, il a préféré renoncer à jouer en NCAA (sans pour autant annoncer où il jouera à la rentrée).

Le second s’était engagé avec Vanderbilt, avant de faire machine arrière quelques semaines plus tard.

Le troisième jouera, lui-aussi, en Australie après une annonce sur les antennes de ESPN.

Quant au quatrième, il a décidé de passer par un programme d’entraînement de 12 mois avant de rejoindre la NBA.

Il n’y a aucune université qui peut préparer à la NBAJe pense que ce programme est la meilleure opportunité pour moi afin de me préparer à la NBA.”

MarJon Beauchamp dans un communiqué de presse.

Mais quid de la NCAA ? Si ces derniers mois plusieurs joueurs ont décidé de skip ce passage à l’université, beaucoup de jeunes prospects gardent quand même cette option comme prioritaire à la sortie du lycée.

Lors de son choix, R.J. Hampton évoque beaucoup la mauvaise passe qu’endure actuellement la NCAA. L’immense affaire de corruption qui la touche entache un peu plus son image. Une image déjà bien amochée, par exemple, par le procès face à Ed O’Bannon mais aussi par les différentes déclarations de joueurs. Shabazz Napier et Ben Simmons en tête.

Néanmoins, les joueurs américains restent attachés à leurs universités.

Interrogé par USA Today Sports, Sharife Cooper (#19, 2020) avoue qu’il réfléchira sérieusement entre les deux options :

Ça (la décision de Hampton) va nous forcer à penser à cette option désormais. On va surveiller comme ça se passe là-bas.” Mais il semble que le choix NCAA arrive toujours en premier. “Pour le moment, je penche toujours pour l’université”, ajoute Cooper.

Un avis qui est également partagé par Cam Thomas (#21, 2020) :

C’est super pour R.J., mais de mon côté, j’ai toujours eu envie de vivre l’expérience d’une March Madness, confie le joueur de la Oak Hill Academy. Aider mon équipe à jouer un Final Four, c’est la mission sur laquelle je suis concentré.”

De passage en Grèce avec Team USA pour le championnat du monde u19, Jalen Green (#3, 2020) est l’un des prospects les plus suivis de cette promotion. Et pour lui aussi l’objectif numéro un est de jouer sous le maillot d’une université même s’il n’écarte pas l’idée d’aller à l’étranger.

Pour être honnête, je pense que je vais aller en NCAA. Si la meilleure chose à faire est de partir, je le ferai, mais à l’heure actuelle je suis concentré sur jouer au niveau universitaire.

Si la transition puis la saison de R.J. Hampton se déroulent positivement, il est possible que de plus en plus de joueurs penseront à traverser le Pacifique. Néanmoins, le monde universitaire est tellement unique et ancré dans la vie américaine qu’il est difficile de voir de nombreux prospects faire l’impasse.

La NCAA doit-elle faire face dans un tournant ? Finalement, pas vraiment.

Il faudra en reparler en 2022 avec le possible abandon de l’abaissement de l’âge d’entrée à la NBA Draft. A ce moment-là, la NCAA pourrait vraiment être inquiétée de la fuite des talents. À moins que les choses changent (encore) d’ici là.

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