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Amadou Sow UC Santa Barbara UCSB Basketball 2020
(Crédit photo : Gary Kim - Noozhawk)

“MoC Film Room” : l’orgie offensive de UC Santa Barbara (Big West) contre UC Irvine

Au cours de cette deuxième partie de saison de basketball universitaire, Midnight on Campus présente les potentielles surprises de la prochaine March Madness. Aujourd’hui, on parle de UC Santa Barbara, qui essaye tant bien que mal de lutter face à UC Irvine, le patron de la conférence Big West.

Lorsque j’ai établi mon tableau des possibles Cendrillon en vue de la prochaine March Madness, j’ai connu une longue hésitation concernant la Big West.

Le grand favori n’est autre que UC Irvine, mais, comme j’aime bien les belles histoires, le programme n’est pas listé. A la place, UC Santa Barbara, qui était pressenti en présaison pour une place finale dans le Top-3 mais pas plus haut. Cette saison moyenne se traduit sur le parquet… jusqu’à mois de février, où l’équipe a battu l’outsider numéro 1 de UC Irvine, Hawaii, puis le patron en personne !

Du coup, plutôt que de parler du parcours des Gauchos, une séquence “Film Room” s’impose sur la prestation offensive de l’équipe contre UC Irvine.

Et une question se pose : et si c’était la saison de UC Santa Barbara ?

Une catastrophe en janvier, et puis, UC Santa Barbara trouve la lumière

UC Santa Barbara déçoit depuis quelques saisons, surtout lorsque le tournoi de conférence Big West arrive. 2 défaites aux portes du dernier carré sur les 2 derniers exercices.

On peut mettre ces déroutes sur le dos de la jeunesse et de l’inexpérience. Donc, les attentes sont hautes pour les fans en cette nouvelle saison. Et la première partie de saison est prometteuse avec un bilan de 11 victoires pour 4 défaites.

Les revers interviennent contre UCLA (77-61), Rice (82-81), Oregon State (78-67), consécutivement, puis contre Southern Utah (62-61). Et au rayon des victoires marquantes, on note des succès contre UT Arlington (72-68) ou Portland State (81-70). Rien de transcendant.

On ne connaît pas trop le réel niveau du groupe, qui, certes, sur le papier, semble cohérent. Toutefois, comment le collectif réagira-t-il face à de l’adversité ?

La réponse : pas super bien.

UC Santa Barbara connait un mois de janvier catastrophique avec, notamment, 4 défaites en 5 matchs et des Gauchos incapables de hisser leur niveau de jeu.

Sauf que l’on découvre bien souvent le visage d’une équipe dès que l’on s’approche du mois fatidique de mars. En février, UC Santa Barbara reste sur une série de 3 victoires convaincantes, contre le duo dominant de la conférence et Long Beach State, qui se présente en épouvantail de la conférence.

Contre UC Irvine, les Gauchos sortent les armes lourdes

UC Santa Barbara a proposé une magnifique partition offensive, notamment en première période, avant de connaitre un gros coup d’arrêt lors des 10 dernières minutes du match. Mais, heureusement, le travail avait été fait au préalable.

Ce qui a été frappant dans cette rencontre, c’est de voir une équipe de UC Santa Barbara sûre de son basketball. Les Gauchos montrent énormément de patience en attaque (chose inhabituelle sur les derniers exercices) avec du jeu en transition provoqué par la défense agressive.

À plusieurs reprises, ils auraient pu se précipiter.

Que ce soit sur le premier écran dans le dos, avec l’intérieur en avance face à son adversaire direct et qui tient sa position. Mais ils préfèrent renverser le jeu avec un pick-and-roll poste haut, qui n’aboutit pas. Cependant, dans la continuité, on voit enfin que l’option intérieure est privilégiée, avec son point d’ancrage, le sophomore Amadou Sow. Ce dernier est bien défendu et, avec un peu de réussite, il arrive à transmettre le ballon à son extérieur.

La possession s’allonge et on est dans l’obligation de trouver une position de tir sans plus attendre. Nouveau pick-and-roll, une pénétration vers le cercle qui fixe deux joueurs pour offrir un caviar à Amadou Sow qui se rend disponible.

Une attaque longue, avec des joueurs qui ne restent pas statiques (ou très peu), c’est un véritable enfer à défendre, même quand on s’appelle UC Irvine.

UC Santa Barbara abuse des écrans dans le dos ; mais, les intérieurs les posent à merveille, il faut dire.

Autre exemple : bien que le système reste assez simpliste sur le papier, une circulation de balle efficace permet à l’action de se terminer sur un bon gros posterdunk.

Oui, UC Irvine a pris la foudre en défense individuelle au cours du premier acte.

Du coup, après un temps-mort essentiel, les Anteaters passent en zone défensive. Première action avec cette nouvelle défense ?

Le point faible d’une zone est le poste haut, d’autant plus au niveau universitaire.

Bien souvent, le premier rideau est composé d’extérieurs qui sont plus axés sur le scoring. Même s’il faut être polyvalent en basketball universitaire, la zone ne fonctionne pas aussi bien.

La preuve : malgré une légère contestation de la relation de passe des deux joueurs de devants, UC Irvine commet une erreur de débutant. Sauter alors que l’adversaire arrête son dribble.

  1. C’est inutile : une contestation avec les bras est largement suffisante (surtout avec les profils athlétiques du championnat).
  2. Cela offre une fenêtre de passe pour le porteur de balle, qui ne s’en prive pas.

Le décalage est fait, une bonne circulation du ballon s’en suit et cela se solde par un panier assez facile. Sortir d’un temps-mort et proposer une telle défense, on peut comprendre la frustration du coaching staff de UC Irvine.

Mais alors, UC Santa Barbara est devenue une équipe qui joue essentiellement sur demi-terrain ? Serait-ce une énorme révolution ? Non, et heureusement.

Les Gauchos défendent de manière agressive, avec une presse tout-terrain, qui a pour but de ralentir la remontée du ballon et de provoquer des pertes de balles. Une action “type” du jeu en transition.

Bon, quand on voit la physionomie du match à ce moment précis, on détecte que UC Santa Barbara joue sur une autre planète. Tout lui réussit et cela se permet de produire des choses un peu plus osées que d’habitude. La confiance change le visage d’un programme.

L’orgie offensive s’éteint peu à peu, tout de même, sur la fin de rencontre. Collectivement, vous pouvez voir que le jeu proposé est vraiment bon et que les joueurs aiment se partager le ballon.

Mais la force de UC Santa Barbara est de pouvoir se reposer, aussi, sur des individualités qui prennent le relais quand il le faut.

Amadou Sow, l’intrigue de UC Santa Barbara

La première individualité majeure des Gauchos, c’est le senior Max Heidegger.

Ancienne gâchette à longue distance au lycée, le guard est devenu au fil des saisons un scoreur fiable, capable de sanctionner une défense dans n’importe quelle position sur le parquet. Il est devenu un métronome en attaque et il n’était pas loin d’entrer dans l’histoire de UC Santa Barbara en frôlant le triple-double (14 points, 11 passes et 9 rebonds) contre Long Beach State.

Un leader naturel qui peut prendre le jeu à son compte et qui adore jouer les situations de pick-and-roll.

Mais le sophomore Amadou Sow est le prospect le plus intriguant de l’équipe.

Le Malien connait une deuxième saison universitaire vraiment solide et affiche une moyenne de 15 points et 7.3 rebonds. Présent près du cercle, que ce soit à la finition mais aussi dans la création poste bas, il lui arrive aussi de prendre des tirs en dehors de la raquette, avec notamment des tirs à 3-points (2 tentatives par match, mais il en tente de plus en plus).

Le jeune intérieur tire avec confiance. En mode “personne ne me respecte et je prends mes responsabilités”, c’est fort.

Forcément, la bonne forme de UC Santa Barbara coïncide avec la montée en puissance de Amadou Sow.

Sur les 2 derniers matchs (contre deux favoris de la conférence Big West), le sophomore affiche deux lignes avec 30 points et 6 rebonds puis 21 points et 10 rebonds. Honnêtement, il faut absolument surveiller le joueur, qui risque d’apparaitre sur les radars des scouts très rapidement.

UC Santa Barbara est projeté avec un bilan de 9 victoires pour 7 défaites sur la fin de saison régulière en Big West. Mais, avec le jeu proposé par les Gauchos depuis le début de mois de février, le bilan risque d’être meilleur, assurément.

Un collectif au-dessus de la moyenne, des individualités capables de prendre la relève et une défense productive ? Si l’attaque tient la barre, on voit bien les Gauchos (ENFIN) réaliser une bonne surprise lors du tournoi de conférence.

Le groupe reste encore assez jeune avec une majorité de juniors et sophomores. Autant dire que le projet en cours à UC Santa Barbara s’allonge sur 2 saisons.

Mais, personnellement, j’y crois.

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