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(Crédit photo : Mike Stobe-Getty Images)

Zooming On : Seton Hall, le tombeur de tête par excellence

Ah, la Big East, cette conférence si dense, avec quatre ou cinq habitués au Top-25 qui se qualifient aisément pour la March Madness. Villanova, Xavier ou encore Butler éblouissent chaque année le paysage universitaire.

Et puis, les soit-disant seconds couteaux comme Providence, Marquette, DePaul ou encore Seton Hall ne cessent de prouver qu’ils sont des outisders dans la conférence, mais surtout, dans le championnat au niveau national.

Adepte des upsets, Seton Hall vient de battre consécutivement #22 Texas Tech puis #17 Louisville, sans forcer. Difficile de savoir par où commencer tellement il y a des choses à dire sur ce groupe de Seton Hall.

Un trio magique qui fait frémir bon nombre de scouts et d’entraîneurs.

Tout d’abord, parlons du joueur le plus important de l’effectif, Angel Delgado.

Il est revenu sur le campus de Seton Hall pour y effectuer une dernière saison universitaire et surfe sur son année de junior tout bonnement excellente. Certes, les statistiques en ce début de saison sont un peu plus faibles que l’exercice précédent (13.3 points et 9.3 rebonds contre 16.2 points et 13.1 rebonds), mais son impact est tel qu’il est, pour moi, l’intérieur le plus underrated du championnat.

Joueur de poste bas à la base, il est maintenant une option non-négligeable en attaque, ne se limitant plus à jouer en bas. Depuis la saison dernière déjà, il a découvert cette faculté à se rendre utile poste haut, en point de fixation. N’ayant pas un tir à mi-distance, il ne pouvait que soit faire une passe pour un shooteur démarqué (il possède une vision du jeu exceptionnelle pour un grand), soit driver.

Mais il était (légèrement) en surpoids la saison dernière et avait donc du mal à prendre ce genre d’initiative d’attaquer le cercle, à moins que le défenseur soit aussi lent que lui…

Force est de constater que pendant l’été, Monsieur Angel Delgado a bossé dur. Que ce soit physiquement, techniquement, tout y passe.

De plus, il possède maintenant un petit tir au poste haut qui change énormément de choses pour le jeu de son équipe. Angel Delgado peut ainsi driver / fixer pour ensuite passer / tirer quand il reçoit le ballon poste haut. On ne parle pas de son jeu dos au panier poste bas, qui est juste parfait et qui peut servir d’exemple à la jeune génération d’intérieurs.

L’intérieur prend des rebonds, joue à 300% ; bref, un joueur de l’ombre qui se mue en véritable patron.

 

Mais Angel Delgado n’est pas seul.

Desi Rodriguez est lui aussi de retour pour sa dernière année en basketball universitaire. Pur gaucher, c’est un shooter né et pourtant, en ce début de saison, il ne tourne qu’à 35% à trois points. Il s’est, lui aussi, adapté aux contraintes du haut niveau universitaire avec un tir à mi-distance ô combien efficace. Et cette saison, il n’a plus peur d’aller au contact dans la raquette, même si ce n’est pas du tout son jeu. Desi Rodriguez est un joueur élégant, avec une patte gauche qui risque de faire mal aux prochains adversaires des Pirates.

Enfin, le dernier larron de ce trio de choc est un sophomore, un pur produit local, en la personne de Myles Powell. Fort scoreur au lycée, adepte du jeu un contre un, c’est un véritable poison pour son adversaire direct. Dès les premiers appuis, il effectue une différence notable face à son vis-à-vis, le rendant assez difficile à défendre. Quand il prend l’ascendant, il sanctionne la plupart du temps à mi-distance mais il peut aussi se montrer adroit à trois points, avec un peu plus de 7 tentatives de moyenne pour plus de 41% de réussite.

Ajoutons le senior Khadeem Carrington, qui lui est plus présent au niveau de la création. Il drive à merveille cette escouade offensive d’une main de maître, avec un sang froid irréprochable. C’est aussi un fort défenseur sur l’homme, qui lit parfaitement le jeu avant l’adversaire et qui possède un sens de l’anticipation très bon.

Le jeu sur le parquet ? Un pur régal.

Vous le savez aussi bien que moi, on ne dure pas en basketball universitaire sans avoir un banc qui amène de l’impact et qui pèse dans une rencontre. C’est un peu le point d’interrogation du côté de Seton Hall cette année.

Si le cinq majeur est essentiellement composé de joueurs terminant leur cursus universitaire, le banc est très jeune et on attend beaucoup de la doublette Sandro Mamukelashvili et Myles Cale.

Le premier, un intérieur formé à Montverde (ancienne fac de Ben Simmons dont le profil correspond au prospect), est un pur gaucher (décidément…) qui a encore besoin de temps pour se former physiquement aux adversaires plus robustes. Il apporte quand même en sortie de banc, même si son apport sur la feuille de match reste bien moindre. C’est un diamant brut qui a besoin de temps pour arriver à maturité. mais clairement, on connait le remplaçant désigné d’Angel Delgado. Seton Hall mise beaucoup sur lui dès l’an prochain.

Concernant Myles Cale, il possède déjà les minutes qui lui permettent d’être productif sur le parquet. Même si son temps de jeu fut dérisoire lors des deux upsets (7 puis 12 minutes au compteur), il a montré des choses très intéressantes en début de saison et sera un bon relais sur les postes extérieurs, lui qui peut jouer 1, 2 voir 3.

Comment cela se passe sur le parquet ?

Et bien, c’est un régal, comme pour 85% des équipes de la Big East (oui, j’idolâtre cette conférence).

La rencontre face à #17 Louisville peut être considéré comme historique. Certes, les Cardinals ne sont pas la puissance que l’on a connue auparavant, mais la performance est là pour Seton Hall : cela faisait depuis 1952 que le programme n’avait pas battu Louisville à l’extérieur !

Aussi, c’est plus facile de gagner un match quand votre intérieur, Angel Delgado, ne perd quasiment aucun ballon quand on vient trapper sur lui. C’est encore un avantage quand ce même intérieur délivre des caviars à ses extérieurs alors que ce dernier est sous pression. Puis, la deuxième tour de contrôle à l’intérieur, Ish Sanogo, adepte de la défense, contre tout ce qui bouge et vient en aide défensive.

Sans oublier Myles Powell, toujours en délicatesse avec son tir, qui plante ce qu’il faut quand il faut.

Le meneur Khadeem Harrington n’a perdu quant à lui que deux ballons face à une défense ultra agressive de Louisville, ce qui est d’autant plus surprenant lorsque Myles Cale se mue en véritable défenseur attitré, délaissant complètement l’aspect offensif.

Le coaching staff sait parfaitement gérer son groupe (déjà, à ce stade de la saison, c’est impressionnant), s’adapte à merveille à ce que propose l’adversaire et les joueurs se battent sur chaque ballon.

Voilà comment on devient un contender légitime dans sa conférence mais aussi sur le plan national.

Le plan de jeu de Seton est pourtant simpliste : cela joue les contres attaques dès que possible, avec des extérieurs qui se projettent rapidement vers l’avant. Si la défense revient bien, cela joue directement sur demi-terrain en posant les sytèmes. Si c’est de la défense individuel, Angel Delgado sert de porteur d’écran pour ses extérieurs. Si c’est de la zone, l’intérieur se positionne poste haut et distribue des caviars. Vous allez me dire que c’est vraiment la base du basketball.

Oui, vous avez raison. Mais.

Quand il n’y a pas un réel leader, que tout le monde se sent concerné, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur, avec une envie de faire briller son coéquipier avant soi-même, une circulation de balle excellente, avec de l’extra-passe à gogo : cela donne une démonstration collective de notre fabuleux sport.

 

Bref, il s’agit juste de la confirmation des progrès entrevus la saison dernière, avec une participation à la March Madness. L’équipe possède le profil idéal pour battre n’importe qui, n’importe quand.

Si vous voulez voir du beau basketball, les deux derniers matchs de Seton Hall doivent être regardés avec passion. Cela vaut largement le coup d’oeil et comme cela, vous ne serez pas surpris quand l’équipe fera la même chose en mars.

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