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Sam Cunliffe Evansville
(Crédit photo : MaCabe Brown - Courier & Press)

“A day with Evansville” : Sam Cunliffe prêt à rebondir avec les Purple Aces

Le chemin de Sam Cunliffe en basketball universitaire ne s’est pas révélé aussi fluide que ce qui lui était prédit après le lycée. Aujourd’hui, à Evansville, il entame une 3ème saison sur les parquets de NCAA avec une 3ème équipe.

Engagé dans un premier temps avec Arizona State, lors de son année de junior à Rainier Beach High School (en banlieue de Seattle, WA), il devait incarner la nouvelle génération des Sun Devils.

Il n’a même pas terminé sa saison de freshman sur le campus de Tempe.

En transfert direct pour Kansas, il espérait franchir une barre supérieure dans sa carrière au sein d’un des meilleurs programmes du pays, au contact d’excellents joueurs et d’un coaching staff de qualité.

Il n’a joué que 74 minutes en 15 matchs avec les Jayhawks.

Peu nombreux sont les observateurs qui auraient annoncé un tel avenir à Sam Cunliffe lorsqu’il jouait toujours près de chez lui, à la Rainier Beach High School, une école reconnue pour son statut d’institution en basketball. 4 titres de champion de l’Etat de Washington de 2012 à 2016 et des anciennes stars tels que Jamal Crawford et Nate Robinson.

Mais le présent s’inscrit dans une petite ville de l’Indiana, à Evansville, et c’est peut-être la meilleure chose qui a pu lui arriver depuis le lycée.

J’ai probablement quitté Arizona State pour des raisons que je n’aurai dû, mais tout se déroule pour une certaine raison et je suis heureux là où je suis aujourd’hui.

La saison de redshirt qu’il a conclu avec les Purple Aces semble lui avoir fait le plus grand bien. Comme une opportunité de se poser, de regarder dans le rétroviseur et d’analyser les erreurs qu’il a commises par le passé.

Et l’ancienne recrue 4-étoiles classée dans le Top-50 national (#38 selon 247Sports) arrive aujourd’hui à maturation.

Du lycée à l’université, Sam Cunliffe subit une lourde chute

Tout allait bien pour Sam Cunliffe à la Rainier Beach High School, et c’est peu de dire.

Mon année senior [au lycée] était très fun. A chaque saison, [Rainier Beach High School] joue la finale ou la demi-finale du championnat de l’Etat, et d’arriver là-bas, d’être le meilleur joueur et de remporter le titre, c’était bien pour moi en tant que personne.

Engagé très rapidement auprès d’Arizona State, avant même sa saison de senior au lycée, le futur s’annonçait brillant et le jeune joueur avait déjà noué des liens forts avec sa future équipe universitaire.

J’ai beaucoup aimé Bobby Hurley parce qu’il m’a fait sentir qu’il me voulait vraiment [à Arizona State]. Je me suis vraiment senti à l’aide et c’est ce que je recherchais à l’université.

J’étais vraiment proche de tout le staff. J’ai eu beaucoup de temps pour les connaitre en tant que personne. C’était important pour moi et c’est probablement pour cela que je suis allé là-bas.

Et puis, l’aventure universitaire de Sam Cunliffe a rapidement dérapé.

(Crédit photo : Joe Camporeale – USA TODAY Sports)

Ce n’est pas comme s’il ne jouait pas avec les Sun Devils ou qu’il n’était pas efficace sur le parquet : le freshman enchainait une moyenne de 25 minutes par match, avec 9.5 points et 4.8 de moyenne.

Mais, il a préféré mettre fin à son idylle avec Arizona State. Une décision qu’il regrette quelque peu aujourd’hui.

J’étais jeune et je n’étais pas vraiment mature. Les choses n’allaient pas forcément mal, mais j’avais espéré qu’elles se passent mieux. Et dans ma tête, j’avais décidé que le temps était venu de partir.

Si je pouvais revenir en arrière, j’aurai fait les choses différemment. Mais tu dois vivre avec tes choix et continuer à avancer.

Le jeune prospect, franchement auréolé d’un titre d’Etat et consacré par les différents sites de scouting d’une place dans le Top-50 national, a certainement succombé aux sirènes des attentes stratosphériques associées à son talent, comme une proportion conséquente des meilleures prospects lycéens.

Et ce n’est pas nécessairement une surprise, avec le recul, qu’il annonce dans la foulée un transfert en direction de Kansas.

Une première saison “blanche” (malgré un Final Four)

Sam Cunliffe est, lui-même, le premier à l’avouer : son départ pour le campus de Lawrence était motivé par des envies (légitimes) de grandeur.

Je sentais que j’étais assez bon pour jouer au plus haut niveau. […] Il existait une multitude de facteurs, mais, je voulais jouer sur la plus grande scène. Je ne peux pas dire que c’était une mauvaise décision, mais, j’aurais aimé faire les choses différemment.

Une pointe de remords ressort de ses paroles. Pourquoi ?

Il suffit de jeter un coup d’oeil sur la saison 2017-18 : avec les Jayhawks, Sam Cunliffe n’a joué plus de 9 minutes que lors de 4 matchs et il n’a jamais dépassé la barre des 10 points sur la totalité de la saison.

(Crédit photo : AP Photo – Antonio Calanni)

On m’avait dit que certains gars ne seraient pas de retour et ils ont fini par revenir pour leur saison de senior. Cela a fixé des limites à mon temps de jeu.

Ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Je n’y serais pas allé si je m’attendais à cela, mais, cela s’est passé de cette façon.

Peut-on considérer l’aventure de Sam Cunliffe à Kansas comme un échec ?

Et bien, s’il faut faire les comptes, il a tout de même participé à la March Madness et au Final Four en 2018. Et, comme pour beaucoup de jeunes joueurs de basketball, une telle expérience n’a pas de prix.

En voyant la quantité de travail pour en arriver [au Final Four] et la place de la préparation et de la chance (tu sais, les choses doivent s’aligner en ta faveur), c’était plutôt spécial de goûter à cela. Chaque joueur de basketball rêve de participer au Final Four et au National Championship.

Mais les ambitions personnelles de Sam Cunliffe ont à nouveau pris le dessus. Et, cette fois-ci, il semble que cette décision soit la plus juste : pourquoi demeurer à Kansas alors que le parquet ne s’ouvre pas à lui ?

Quelques discussions avec Bill Self plus tard, lui faisant comprendre qu’il était dans son meilleur intérêt de quitter les Jayhawks, l’ailier annonce son transfert au cours de l’intersaison. Le Final Four ne s’était déroulé que 2 mois auparavant.

Et puis, il pose ses valises à Evansville.

Un redshirt rédempteur à Evansville

Le chemin de Sam Cunliffe, de la gloire à l’anonymat, est aussi fréquent chez les athlètes-étudiants que le chemin inverse, que l’on pourrait surnommé d’ascenseur universitaire.

Les belles histoires ne sont pas seulement les plus médiatiques. Celles de joueurs qui sortent de petites universités pour en rejoindre de plus grandes, avec les discussions d’une éventuelle sélection à la Draft NBA.

L’accomplissement personnel peut également passer par un recul. Pourquoi ? Chaque joueur s’épanouit dans une situation différente.

Mon premier transfert [en départ d’Arizona State] n’était pas forcément une décision intelligente mais celui-ci pour Evansville était une bonne décision pour moi. L’important c’est de prendre de grandes décisions et de vivre avec.

Mais, dans un premier temps, il n’a pas eu d’autre choix que de suivre une année de redshirt en arrivant à Evansville. La conséquence des règles de la NCAA à propos des transferts. Sauf que cela n’est pas forcément une mauvaise chose pour lui.

C’était frustrant de passer une saison sur le banc, parce que tu veux jouer. Tout le monde veut être sur le parquet, évidemment. Il y avait un peu de frustration, mais, comme je le disais, le but était de connaitre les gars et le système pour cette saison. Et maintenant, je peux apporter mes talents à l’équipe.

Ce qui transpire de l’attitude et des paroles de Sam Cunliffe : il semble avoir accepté et avoir fait amende honorable de ses décisions passées. Mais il a surtout appris à relativiser ses attentes, à ne pas se mettre une pression monstrueuse pour réussir à tout prix, et plutôt à laisser faire les choses.

J’ai appris à ne pas me mettre des attentes. Tout ce que je veux est de jouer à mon meilleur niveau, et si je possède la bonne attitude, tout le reste va s’arranger.

Je ne me suis pas fixé des chiffres. Seulement jouer avec hardeur tous les jours et s’occuper des choses que je sais faire pour connaitre le succès.

Cette saison de redshirt, en marge des parquets universitaires, a été bénéfique. Sam Cunliffe est arrivé à se re-centrer sur lui-même plutôt que d’essayer d’égaler les attentes démesurées qu’on place en lui (et que lui se fixe, aussi).

La hype provoquée par le bouillonnement incessant du recrutement a clairement quelque chose à voir avec une telle explosion des attentes.

Tout le monde veut réussir au plus vite, mieux que tous les autres ; mais, au final, une équipe de basketball n’est composée que de 5 joueurs et celle-ci ne peut viser qu’un seul panier adverse. Des hommes seront laissés sur le bord de la route, c’est une évidence.

Les attentes personnelles sont une première chose. Les attentes de l’équipe en sont une seconde. Et les athlètes-étudiants ne dérogent pas à la règle et sont des compétiteurs nés. Sam Cunliffe, aussi.

A la question des objectifs pour les Purple Aces en 2019-20, il n’a pris d’une demi-seconde pour répondre avec une fermeté qui en dit long sur l’esprit du groupe.

Le ‘NCAA Tournament’. Remporter la conférence [MVC] et le ‘NCAA Tournament’. Je pense que l’on devrait [le faire] et si on n’y arrive pas, c’est de notre faute. On possède assez de talent et un bon coaching staff pour y arriver.

Chassez le naturel et il revient au galop ? Pas sur. Sam Cunliffe a appris de ses erreurs. En quittant Arizona State pour Kansas, il sait qu’il a grillé un joker. Et, aujourd’hui, il compte bien prendre une revanche sur le destin avec Evansville.

Cela tombe bien, les Purple Aces possèdent eux-aussi une tâche inachevée à terminer.

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