Ethan Thompson Oregon State Beavers vs Loyola-Chicago Sweet 16 March Madness 2021
(Crédit photo : Jamie Squire - Getty Images)

March Madness : les 8 surprises des équipes qualifiées à l’Elite 8

Le championnat final de basketball universitaire avance d’un tour supplémentaire. Et l’Elite 8 se présente en tant que dernier rempart avant le Final Four, auquel chacune des 8 équipes encore en lice souhaitent atteindre plus que tout.

La March Madness crée et défait des rêves plus vite qu’il ne faut de temps pour l’écrire.

Cette édition du NCAA Tournament en 2021, encore plus folle et improbable qu’à l’habitude, ne change pas ses habitudes. Et, à l’heure de jouer les finales régionales au cours de l’Elite 8, chaque équipe a déjà connu son lot d’aventures.

L’occasion de lister les surprises que les 8 prétendants au titre restants apportent à l’équation finale avant le Final Four de cette March Madness.

Andrew Nembhard était la pièce manquante du puzzle de Gonzaga

Drew Timme enchaine les performances de très grande qualité depuis le début de saison. Corey Kispert est capable d’enflammer le cercle à n’importe quel moment. Joel Ayayi est aussi un des vétérans que l’homme-à-tout faire des Bulldogs. Jalen Suggs, au-delà d’être la meilleure recrue à n’avoir jamais rejoint les Zags, attire toutes les lumières nationales sur ses épaules.

L’effectif de Gonzaga est tellement profond et talentueux qu’il est facile d’oublier que l’équipe ne se résume pas aux 4 joueurs les plus populaires.

Et c’est une erreur que beaucoup de leurs adversaires commettent. A tort. Andrew Nembhard rode en second rideau et l’ancien meneur de Florida, arrivé sur transfert lors de la dernière intersaison, se révèle être comme la pièce manquante de la domination de Gonzaga.

L’attaque concoctée par Mark Few est la plus efficace et la plus productive pour une raison : tous les athlètes jouent ensemble et mettent leur égo de côté. (Et ils poussent le ballon vers l’avant très rapidement, aussi.)

La passe supplémentaire, dans le bon tempo, permet de décupler le talent intrinsèque de cette équipe.

Et, sans faire de bruit, Andrew Nembhard est le catalyseur d’un tel jeu collectif. Remarqué depuis les années lycée pour sa tenue de balle et sa science de la passe, le guard junior est à l’heure actuelle le 4ème meilleur joueur du pays en terme de ratio “passe-turnover” et n’a commis que 33 pertes de balle depuis le premier match de l’année.

Face à Creighton, lors du Sweet 16 ?

17 points, 8 passes décisives et 1 seul turnover.

Le collectif de USC est (peut-être) le meilleur adversaire des Zags

Andy Enfield est arrivé sur le campus de Los Angeles en 2013, au lendemain de l’épopée fabuleux de Florida Gulf Coast jusqu’au Sweet 16 de la March Madness. De grands espoirs étaient alors associés à lui-même et aux Trojans. Mais, ceux-ci ont mis du temps à se concrétiser.

Il a fallu attendre l’arrivée d’une fratrie pour que le potentiel de USC explose enfin.

Et ce sont bien Isaiah et Evan Mobley qui rendent la confrontation entre les champions de conférence Pac-12 et les favoris au titre, Gonzaga, absolument passionnante.

Les deux tourelles apportent une taille verticale et horizontale dans la peinture que les Zags n’ont pas réellement affronté en 2020-21.

Drew Timme devrait (enfin) recevoir un peu de compétition sous le panier. Et le pivot sophomore de Gonzaga possède de grandes chances de se friser la moustache sur l’une des meilleures défenses du pays. Autant à cause de la résistance proposée par la fratrie que par l’activité du trident extérieur de USC, composé de Drew Peterson, Isaiah White et Tahj Eaddy. Ensemble, les Trojans maintiennent leur adversaire à 32.2% de réussite depuis le début de la March Madness.

Les hommes de Andy Enfield sont possiblement la meilleure équipe du plateau à pouvoir couper le jeu collectif de Gonzaga. Tout en prenant à défaut le manque de taille des Zags sous le panier.

Et si les guards enfilent leurs tirs primés, Mark Few peut transpirer à grosses gouttes.

Michigan ne subit pas la blessure de Isaiah Livers

Au cours de la quasi-totalité de la saison régulière, Gonzaga et Baylor étaient installés sur un piédestal et jouaient à un niveau supérieur du reste de la ligue. Et, puis, Michigan s’est intégré à la fête privée en février.

Mais, la tuile : Isaiah Livers se blesse au pied droit.

Les Wolverines perdent instantanément leur joueur le plus expérimenté, leur leader moral ainsi que, aussi, une moyenne de 13 points et 6 rebonds. Tout le monde prédisait alors une régression inévitable. Une déduction plutôt logique. Toutefois, la force d’une grande équipe est de rebondir d’une telle déconvenue.

Et, Michigan est une grande équipe.

En plus des chantiers incessantes de Hunter Dickinson et Franz Wagner, les “seconds couteaux” ont passé la vitesse supérieure et permettent à Michigan de poursuivre son oeuvre.

Mike Smith a tapé du poing sur la table lors du First Round face à Texas Southern (18pts, 4reb, 5ast). Face à LSU au Second Round, Eli Brooks (21pts, 4reb, 7ast) et Chaundee Brown (21pts à 6/9) ont fracassé une équipe sans défense. Et, au Sweet 16, l’excellent spacing créé par les Wolverines a permis à Brandon Johns Jr. de s’amuser dans la raquette de Florida State (14pts à 5/10, 6reb).

La réincarnation de l’effectif, pour les mêmes résultats, suggère que Michigan possède une armada en position de rivaliser pour le titre national. Avec ou sans son leader sur le parquet.

Le calme de UCLA réalise des miracles

UCLA est devenu la première équipe du First Four à se qualifier pour l’Elite 8 depuis VCU en 2011. Cependant, un tel exploit n’est pas aussi surprenant. Les Bruins ont été cruellement sous-classés par le comité de sélection de la March Madness à la suite d’une saison plus convaincante que le seed #11 dont ils ont hérité.

Et, si l’on veut être tout à fait honnête, le run des angelinos est mérité.

Ils ont dominé les situations chaudes avec un calme olympien et doivent leur qualification aux finales régionales grâce à un sang-froid et une rigueur insufflés par Mick Cronin.

Face à Michigan State en levée de rideau ? UCLA a couru après le score pendant 40 minutes avant d’égaliser à 30 secondes du buzzer… et d’enchainer sur 3 paniers consécutifs en overtime pour une victoire. Contre BYU au First Round ? Ils ont combiné réussite à distance avec défense extérieure féroce et propreté du jeu… comme s’ils étaient favoris (alors que non). Face à Abilene Christian au Second Round ? Les californiens auraient pu sombré face à une des sensations du premier tour… sauf que leur solide défense a étouffé les envies d’upset des Texans.

Puis, le coup de grâce contre Alabama.

Le Crimson Tide voulait imposer un rythme rapide et une sélection de tirs agressive à 3-pts. UCLA avait d’autres idées en tête. Les Bruins ont contesté chaque tentative adverse (qui termine à 7/28 à longue distance), ont sécurisé les rebonds et ont partagé les banderilles offensives en ralentissant le tempo du match.

Surtout, le sang-froid a plié la rencontre. En plus du 20/25 aux lancers-francs (contre 11/25 pour les champions de conférence SEC), UCLA a répondu sans vaciller à la superbe égalisation d’Alex Reese au buzzer.

Un run de 7-0 dès les premiers instants suivi de 2 paniers réussis par Jaime Jaquez Jr., tout en autorité.

Les Bruins ne sont certainement pas les plus sexys ; et le danger est bien là.

Davion Mitchell devient la patron de Baylor

Jared Butler n’a pas retrouvé une grande forme et joue un NCAA Tournament en demi-teinte. Ce n’est pas pour autant que Baylor patauge dans la semoule. Pourquoi ? Davion Mitchell a pris la relève.

Et le meneur de jeu junior performe comme l’un des tous meilleurs à son poste.

Les Bears étaient empêtrés dans un sacré pétrin face à Villanova, lors du Sweet 16. Mais, Davion Mitchell a mené la charge avec une défense resserrée. Les Wildcats ont perdu 6 ballons en 3min30, alors qu’ils possédaient la partie bien en main, et Baylor a répondu avec un run salvateur de 14-2. Les hommes de Jay Wright, connus pour être particulièrement protecteurs avec le ballon, en ont au final perdu un total de 16.

Le contrôle de la partie a basculé alors que Baylor a joué de maladresse à longue distance, une de leur grande force. C’est dire la puissance de frappe des pensionnaires de conférence Big 12.

L’émergence de Davion Mitchell n’est pas une véritable surprise, non plus.

Il est considéré par l’ensemble des observateurs comme l’un des meilleurs défenseurs de la ligue et les pointes à plus de 15 points marqués ne sont pas rares, au contraire. Cependant, le fait qu’il puisse compenser les ratés de MaCio Teague et Jared Butler est un nouveau développement dont les Bears avaient besoin.

Les playmakers d’Arkansas brillent sous la pression

Texas Tech a offert tous les challenges du monde à Arkansas lors du Second Round. Aucun cadeau. Et, malgré tout, la rudesse physique et mentale des Razorbacks a prévalu.

Après une carrière solide à Indiana, Justin Smith devient une star au sein de l’effectif d’Eric Musselman et défonce les raquettes adverses les unes après les autres. Jalen Tate est une force discrète à l’extérieur, que ce soit à la création ou au scoring, sans pour autant claquer des genoux quand l’attente est forte. Moses Moody brille dès ses premiers pas en tant que freshman. Il n’est pas nécessairement le plus adroit, mais, ses éclairs de génie jouent le rôle de baromètre de cette équipe.

Les hauts et les bas caractérisent les Hogs. Mais, quand ceux-ci sont hauts, ils sont très hauts.

On aurait pu craindre que le manque d’expérience à haut niveau et la pression de l’événement coûtent cher à cette équipe au moment de conclure. Arkansas n’avait plus atteint le niveau de l’Elite 8 depuis 26 ans, par exemple.

Et, pourtant, c’est tout le contraire qui se déroule.

Après avoir survécu aux Red Raiders grâce à leur mental et leur défense dans le money-time, les Razorbacks ont résisté à la furie offensive d’Oral Roberts au Sweet 16. Avec la domination de Justin Smith sous le cercle (11 rebonds offensifs) et la révélation de Damonte Davis.

Le freshman a planté le tir de la gagne à 3.1 secondes du buzzer.

A la suite d’une partie où il a suivi Max Abmas comme son ombre et où il a attaqué la peinture sans relâche.

Et, d’ailleurs, il était sur son nez lors d’une tentative manquée en fin de match.

Oregon State a enchainé 6 succès lors de matchs à élimination directe

Personne n’attendait les Beavers aussi loin de la compétition.

Pire, sans un ticket obtenu au tournoi de conférence Pac-12, Oregon State n’avait aucune chance d’être repêché par le comité de sélection.

Et, pourtant, l’équipe dirigée par Wayne Tinkle est toujours en lice alors qu’il ne risque plus que 8 équipes pour une place au Final Four. Et une présence aussi remarquée au niveau des finales régionales est amplement méritée : entre le tournoi de conférence et la March Madness, Oregon State a remporté 6 matchs consécutifs où une défaite pouvait les renvoyer à la maison pour de bon.

Le manque de respect général motive cette équipe.

Et il s’agit aussi d’une consécration pour le travail de Wayne Tinkle.

En près de 20 ans en tant qu’entraineur en NCAA, partagés entre Montana et Oregon State, il a attendu son heure et sort enfin ses “bottes secrètes” au meilleur des moments. Et que dire de la masterclass face à Loyola-Chicago.

A nouveau, tout le monde attendait à ce que les Beavers chutent. Wayne Tinkle avait un meilleur plan. Il a ressorti une zone hybride 1-1-3, pour couper le jeu collectif des Ramblers, alors qu’ils n’ont presque jamais défendu en zone de la saison. Et cette fameuse défense a été pioché (et métamorphosé) à partir du playbook de ses années au poste d’assistant à Montana.

Résultat : 16 points autorisés à Loyola-Chicago à 17.4% de réussite en première mi-temps et 18 tirs manqués sur les 20 derniers avant la pause.

Oregon State ne propose certainement pas le plus beau basketball. Mais, ils savent gagner les matchs qu’ils rendent “moches”.

La défense de Houston ne laisse aucun espace à ses adversaires

Houston ne se trouve plus qu’à quelques minutes d’un premier Final Four depuis 1984. A l’époque, les Cougars s’étaient inclinés face à l’équipe de Georgetown de Patrick Ewing. Kelvin Sampson peut compléter cette rédemption à l’Elite 8.

Et, pour cela, la superbe défense n’a pas piqué du nez depuis le début de compétition.

Le meilleur exemple ? La destruction de Syracuse au Sweet 16.

L’Orange s’est révélé dernièrement comme l’une des équipes les plus adroites du championnat depuis le mois de février. Ils ont arrosé à succès face à San Diego State et West Virginia lors des 2 premiers matchs de la March Madness.

Avant de couler à pic face à Houston. 20 points marqués lors des 20 premières minutes au prix d’une adresse abyssale de 28% et de 21% à longue distance, la grande force des hommes de Jim Boeheim. Et, le fiston, Buddy, a connu le même sort : 12 points à 3/13 et 1/9 à 3-pts.

Houston est revenu au premier plan depuis quelques années grâce à une défense formidable. Celle-ci gagne en valeur à chaque saison. Le contrôle des rebonds est magistral. La marque de fabrique de Houston est remarquée et remarquable et porte les Cougars de l’avant face à n’importe quel adversaire.

Même constat pour les playmakers offensifs. Quentin Grimes, Marcus Sasser et DeJon Jarreau enfilent leur cota de points, rebonds, passes et interceptions à chaque rencontre.