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March Madness NCAA Tournament 2019 Floor
(Crédit photo : Kim Klement - USA TODAY Sports)

La March Madness de A à Z : toutes les explications pour comprendre le NCAA Tournament

Que vous soyez des supporters aguerris ou des novices fraichement débarqués, la NCAA ressemble à un monstre incompréhensible et/ou obscur. Et la March Madness n’échappe pas au même traitement. 

Par chance, la ligue de basketball universitaire ainsi que le NCAA Tournament (nom officiel du tournoi final en Division I) n’ont plus de secrets pour Midnight on Campus. Et nous sommes là pour expliquer, dans les plus profonds détails, toutes les modalités et le fonctionnement de la March Madness. Aucun secret ne doit résider à la fin de la lecture. 

Qu’est-ce que la March Madness ? Comment s’y qualifie-t-on et quel est le chemin jusqu’au Final Four ?

Comprendre le système de la March Madness

La March Madness est l’un des événements les plus attendus, excitants et regardés de l’ensemble des sports majeurs aux Etats-Unis. Elle couronne le champion national de l’élite du basketball universitaire (Division I) au bout d’un tournoi joué à élimination directe entre 68 équipes, sur un total de 7 tours (du First Four jusqu’au National Championship Game). 

Les 4 équipes qui ont remporté leur « région » du bracket (East, West, South, Midwest) se retrouvent dans une enceinte pré-déterminée pour le célèbre Final Four. Mais, avant de s’affronter en quête du trophée ultime, les 350 unviersités de Division I réparties en 32 conférences doivent traverser un champ de mines de novembre à mars.

Le « NCAA Division I Men’s Basketball Tournament » (nom officiel de la compétition) se découpe en 3 week-ends consécutifs de compétition pour une durée de 21 jours. Pour une meilleure compréhension, les tours et les dates de l’édition actuelle :

  • First Four (mardi 17 et mercredi 18 mars 2020)
  • First Round (jeudi 19 et vendredi 20 mars 2020)
  • Second Round (samedi 21 et dimanche 22 mars 2020)
  • Sweet 16 (jeudi 26 et vendredi 27 mars 2020)
  • Elite 8 (samedi 28 et dimanche 29 mars 2020)
  • Final Four (samedi 4 avril)
  • Championship Game (lundi 6 avril)

Lors du Selection Sunday, qui se tient le dimanche précédant le début du tournoi, les 68 équipes sont sélectionnés par le comité de sélection de la March Madness (plus de détails par la suite). 68 ou 64 ? Une confusion règne encore quant au nombre d’équipes qualifiées. 

Le First Round est aussi appelé « Round of 64 » puisque 64 équipes y participent. Mais, le First Four fait partie intégrante du tournoi. Ce tour, que l’on peut considérer comme un tour préliminaire, regroupe 8 équipes et les 4 vainqueurs obtiennent leur qualification pour le First Round. Et, si vous êtes bons en mathématiques, 64 + 4 (perdants du First Four) = 68

Une précision pour les experts :

Les 68 équipes sont ainsi réparties en 4 régions nationales. Chaque « branche » du bracket se dispute dans un enceinte pré-déterminée par la NCAA au moment de l’attribution des allotements, tous les 6 ans. Les matchs du First Round et Second Round de chaque branche se jouent dans un lieu rattaché à une région, et ainsi de suite, jusqu’au Final Four. 

Se qualifier pour la March Madness : « bubble », « at-large » et « auto-bids »

Le système de qualification pour la March Madness est un processus complexe et qui débute dès la première semaine de la saison de basketball universitaire, en novembre. Toutefois, pour expliquer en toute simplicité, il existe 2 chemins différents afin de valider son ticket :

  1. Chaque champion des 32 conférences affiliées à la Division I obtient un ticket de qualification automatique, que l’on appelle « auto-bid » et qui est attribué au champion du tournoi de conférence.
  2. Le comité de sélection de la March Madness se réunit ensuite lors du Selection Sunday afin de repêcher les 36 meilleures équipes de la ligue et de remplir le reste du bracket. 

Bien que le processus de qualification grâce aux « auto-bids » est très clair, le processus de qualification via le repêchage est une science très fine qui réside sur le jugement du comité de sélection. Autant dire que chaque saison accouche de son lot de déçus et de « scandales » (notamment pour les équipes en provenance des ligues mineures, ou « Mid-Majors »).

Mais, comment sont déterminées les 36 meilleures équipes de la saison ?

Le comité de sélection s’appuie sur les résultats de l’ensemble de la saison régulière et des tournois de conférence, qu’il regroupe en plusieurs critères :

  • le classement des équipes au sein d’un système de mesure, le « NCAA Evaluation Tool » ou NET :  le résultat des rencontres, la difficulté du calendrier, la localisation d’un match (domicile ou extérieur), l’écart au score, le classement offensif et défensif et la qualité des victoires et défaites.
  • l’évaluation de la qualité de jeu de chaque équipe sur la durée de la saison. 
  • une comparaison des résultats à confrontation directe et/ou des résultats entre adversaires communs. 
  • la mise en perspective de la force/faiblesse de la conférence affiliée à l’équipe. 
  • la mise en perspective en fonction de la difficulté/faiblesse du calendrier
  • l’évaluation de la qualité des victoires et des défaites distinguées en 4 catégories : de Quadrant 1 (excellente victoire/défaite) à Quadrant 4 (victoire insignifiante ou terrible défaite). 

Le comité de sélection se repose sur une large base de données statistiques qui couvre les performances de chaque équipe. Ces « team sheets » incluent le système de mesure de la NCAA (NET) ainsi que 5 autres métriques : le « Strenght of Record » et le « BPI » de ESPN, le « KPI » ainsi que les classements composés par Ken Pomeroy (« KenPom ») et Jeff Sagarin (« Sagarin »).

Parmi les équipes repêchées par le comité de sélection, certaines connaissent leur sort avec des semaines ou mois d’avance à la suite d’excellentes saisons qui ne laissent aucun doute sur leur participation à la March Madness. Mais, d’autres doivent attendre le dernier moment. 

Les dernières universités repêchées (et les premières laissées sur le bord de la route) sont obligatoirement passées par la « bubble ».

Communément appelée « bubble », cette zone poreuse regroupe les équipes qui jouent sur le fil du rasoir et qui se trouvent parmi les dernières équipes susceptibles d’apparaitre parmi les 36 équipes repêchées. Les prédictions vont bon train dès le mois de janvier et sont actualisées quotidiennement jusqu’au Selection Sunday, où les 4 dernières équipes qualifiées (« Last Four In ») peuvent souffler un bon coup au contraire des 4 premières équipes refoulées (« First Four Out »), qui ne connaitront pas les joies de la « Big Dance ».

Les experts en « bracketology » s’en donnent à coeur joie et supputent pendant 2 mois sur l’issue de la « bubble ». Midnight on Campus a également mis son grain de sel dans la conversation, avec une première et une seconde édition de « bracketology ».

Composer le bracket de la March Madness

Le fameux bracket de la March Madness se matérialise, officiellement, au cours du Selection Sunday. Il permet de répartir les 68 équipes qualifiées au sein des 4 régions ; mais, cette répartition n’est pas réalisé aléatoirement. 

Le comité de sélection, au-delà d’attribuer les tickets d’entrée à 36 équipes, range l’ensemble des universités présentes au NCAA Tournament sur la base d’un classement général (de 1 à 68) et sur la base de « seeds » (de 1 à 16). Un « seed » permet de quantifier la compétitivité des écoles sur l’ensemble de la saison… et ne reflète pas nécessairement la dynamique d’une équipe à l’ouverture du tournoi. 

A l’aube du First Round, les 64 équipes en lice sont séparées en 4 régions de 16 équipes. Les seeds (de 1 à 16) aident ainsi à classer les équipes de chaque région en fonction de leur force et favorisent les universités qui ont réalisé les meilleures saisons. 

Le seed #1 (meilleure équipe de la région) affronte le seed #16 (plus faible équipe de la région), le seed #2 affronte le seed #15, et ainsi de suite. 

Les universités qui ont marqué la saison de leur empreinte avec une présence constante dans le Top-10 de l’Associated Press et des succès marquants de novembre à mars obtiennent les meilleurs seeds du bracket. A l’inverse, les « auto-bids » qui n’avaient aucune chance de se qualifier au repêchage (en règle générale, issus des conférences mid- et low-majors) reçoivent l’attribution des seeds les plus faibles, de #12 ou #13 jusqu’à #16. 

La popularité du bracket a surtout été adoubée par les différents concours de remplissage de bracket par les fans. En effet, au-delà du classement des équipes, le bracket est associé par la majorité des supporters aux pronostics que chacun peut réaliser sur les différents médias ou dans des compétitions (amicales et sans question d’argent… ou non) entre amis. 

Ce n’est toujours pas clair ? Un exemple de bracket officiel avec celui de la dernière édition :

Admirer les « Cendrillon »… et apparaitre dans « One Shining Moment »

La March Madness entre dans une nouvelle dimension dès lors que l’on inclut le mot de « Cendrillon ».

A l’instar du conte de fées du même nom, les équipes considérées comme « Cendrillon » (Cinderella dans la langue de William Shakespeare) sont des équipes qui réalisent un ou plusieurs exploits et qui jouent à un niveau où on ne les attendait pas du tout. La folie du mars prend tout son sens quand une université s’impose comme une « Cendrillon », met en pratique des rêves incongrus et passionne tous les fans de basketball universitaire. 

Villanova est la première équipe à avoir matérialisé le qualificatif de « Cendrillon » en 1985 : les Wildcats remportent le titre national au nez à la barbe de Georgetown, immense favori de la compétition, alors floqué d’un seed #8 (qui reste encore aujourd’hui le seed le plus élevé à avoir soulevé le trophée de champion national). 

Plus récemment, la course folle de Loyola-Chicago jusqu’au Final Four en 2018 et la victoire monumentale de UMBC face à Virginia (qui est devenue le seul et unique succès d’un seed #16 contre un seed #1 de l’histoire du tournoi) sont des exemples parfaits de « Cendrillon ».

Au-delà de provoquer des émotions intenses, une « Cendrillon » doit répondre à certains critères si l’on suit la logique américaine : il faudrait considérer en tant que « Cendrillon » toutes les équipes avec un seed #11 ou supérieur ayant atteint le Sweet 16 (ou mieux). 

Mais les histoires remarquables de FGCU en 2013 (Sweet 16), VCU en 2011 (Final Four) ou George Mason en 2006 (Final Four) surpassent des runs lointains d’équipes du Power Six avec un seed élevé.

L’imaginaire fabuleux de la March Madness ne se traduit pas seulement par les belles histoires… mais, aussi, par un « One Shining Moment ».

Chaque fin de compétition est marquée par une compilation des meilleures moments du tournoi et ceux-ci ne déçoivent jamais. Entre buzzer-beaters, célébrations folles entre coéquipiers, dunks surpuissants, pleurs (de joie ou de tristesse) et images marquantes, la vidéo récapitule tout ce qui fait la beauté et, surtout, la folie de la March Madness. 

La dernière connaissance nécessaire pour débuter le NCAA Tournament comme il faut. 

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