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(Crédit photo : Evan Habeeb-USA TODAY Sports)

Jordan Murphy (Minnesota) ou la définition du travailleur de l’ombre

D’une première saison galère aux lumières. En trois saisons, Jordan Murphy s’est métamorphosé à force de travail et est devenu le meilleur rebondeur du pays à l’heure actuelle.

En fin de saison 2015-2016, Jordan Murphy et les Gophers de Minnesota terminent avec le pire bilan de leur histoire, 8 victoires pour 23 défaites. Une saison ratée et le mal du pays frappe le jeune Jordan Murphy.

Le natif de San Antonio souhaite faire un bilan de sa première saison en NCAA avec son entraîneur, Richard Pitino. A son niveau de freshman, cette saison est plutôt réussie pour l’ancienne recrue 3-étoiles avec une moyenne de 11.6 points et 8 rebonds.

Richard Pitino avait peur de cette discussion, comme le révélait le StarTribune à l’époque. Le head coach pensait que son joueur souhaitait quitter l’université après une saison désastreuse et un scandale autour d’une sextape qui avait causé la suspension de trois joueurs. Pourtant, à ce rendez-vous, Jordan Murphy s’y présente avec une tout autre intention.

Même si il y a pensé, aucune demande de transfert n’est au menu mais simplement une conversation entre un joueur et son coach sur l’équipe.

« Cette conversation a été rafraîchissante, » raconte le joueur au StarTribune. « Elle a renforcé le fait de rester où l’on est et ne pas abandonner le navire est important. »

Deux ans plus tard, Jordan Murphy commence sa troisième saison avec les Gophers. Les hommes de Richard Pitino démarrent leur campagne 2017-2018 par une confrontation face à South Carolina Upstate. Le match se conclut par une victoire sans trembler de Jordan Murphy et ses coéquipiers. Le junior a d’ailleurs joué un rôle clé lors de ce succès avec un double-double, 35 points et 15 rebonds.

« Je veux juste faire tout mon possible pour gagner. Du rebond au scoring, » explique-t-il après la victoire. « Avoir la balle n’est pas ma priorité. Si on me trouve tant mieux. Autrement, je ferais tout pour récupérer le rebond. »

Un message que semble avoir compris ses coéquipiers.

Jordan Murphy est devenu un véritable joueur clé du jeu de Richard Pitino. La saison 2017-2018 a désormais commencé depuis un mois et demi et le junior des Gophers enchaîne les doubles-doubles. Après douze rencontres disputées, il en est tout simplement à douze, une première depuis 10 ans en Division I.

Ces prestations font du natif de San Antonio un outsider sérieux pour le trophée de joueur de l’année au sein de la conférence Big Ten.

C’est assez impressionnant puisque Jordan Murphy n’est pas arrivé chez les Gophers en tant que meilleur joueur. A la rentrée en 2015, il arrive de son Texas natal avec quatre autres joueurs : Kevin Dorsey, Dupree McBrayer, Jarvis Johnson et Ahmad Gilbert. De ces quatre joueurs, un seul évolue toujours sous le maillot de l’université du Minnesota avec Jordan Murphy, Dupree McBrayer.

Les trois autres ont quitter l’équipe pour différentes raisons.

Deux ans plus tard, être resté chez les Gophers suite à une saison freshman, où rien n’allait hors du terrain pour le programme, Jordan Murphy ne le regrette pas.

« Cela m’a aidé à grandir en tant que personne et que joueur. Pour que cela continue de fonctionner, il faut que je garde ma mentalité de travailleur acharné en passant mon temps à la salle. »

De la patience et un travail de l’ombre qui aujourd’hui porte ces fruits pour le Texan.

Jordan Murphy a changé en trois ans dans le Minnesota. Changé physiquement mais aussi dans le jeu. Il a ajouté pas moins de 10 kilos de muscles en deux intersaisons, passant de 97 à 114 kilos. Mais il s’est aussi occupé de son jeu.

Plutôt brute à son arrivée chez les Gophers, il a ajouté plusieurs cordes à son arc avec un tir à mi-distance fiable, un hook-shot ou encore des mouvements poste bas. A force de travail, il est devenu un vrai joueur de basket, un joueur capable d’être dangereux à plusieurs endroits sur le terrain.

Cette progression se ressent cette saison au niveau des statistiques. Après deux saisons avec 11 points (11.6 et 11.3) et 8 rebonds (8 puis 8.8) de moyenne, cette campagne est pour le moment une réussite avec 12 doubles-doubles au compteur et une moyenne par match de 20 points et 13 rebonds (leader en rebonds de la Division I).

Deux catégories statistiques où il est également le leader au sein des Gophers.

Il espère que cette mentalité de travailleur le mènera tout droit vers la NBA, son objectif.

« J’espère qu’un jour je jouerais en NBA. Je dois continuer de travailler dur comme je le fais. Si tout ce passe bien, je pense que j’y arriverais. Je dois continuer de croire en moi et en l’équipe. Gagner en équipe m’y amènera. »

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