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Jordan Hamlette Faulkner Eagles vs Middle Georgia State NAIA 2021
(Crédit photo : Aniya Hunt - Faulkner Eagles Athletics)

En NAIA, Jordan Hamlette (Faulkner) est une cure idéale pour se réconcilier avec les slashers

Même au coeur de la saison de basketball universitaire, Midnight on Campus aborde les (potentielles) stars de demain : nos “Diamants Bruts”.  De futurs talents qui ont connu une saison de freshman ou sophomore intéressante et qui tentent de (re)lancer leur cursus dans une nouvelle école. Des prospects de Junior College qui arrivent en NCAA. Ou, plus osé, des joueurs inconnus qui méritent la lumière.

Spécialité de la rédaction en 2020-21, nous sommes déjà de retour en NAIA pour découvrir un joueur extrêmement talentueux.

Après la pépite de l’Indiana, Kyle Mangas, on prend maintenant la direction de l’Etat d’Alabama, où se situe le programme de #10 Faulkner. Et un joueur intrigue (dans le bon sens du terme) : le redshirt sophomore Jordan Hamlette. Pour sa première saison avec les Eagles, il est l’un des fers de lance des Eagles avec un potentiel passionnant quand on regarde vers le futur.

Lindsey Wilson pour lancer sa carrière universitaire

Malgré un cursus en High School plus que productif, Jordan Hamlette ne trouve pas preneur au sein des programmes de Division I en NCAA. C’est donc en NAIA qu’il débute sa carrière universitaire, à Lindsey Wilson, plus précisément.

Il se montre dès ses premiers pas et prend de plus en plus d’ampleur et de responsabilité au sein de son équipe. Le jeune guard a terminé sa première saison avec 11 points, 3.3 rebonds, 2.5 passes et 1.5 interceptions de moyenne, tout en participant à chaque rencontre de Lindsey Wilson. On lui promet alors un exercice de sophomore sous les meilleurs auspices.

Cependant, tout ne se passe pas comme prévu.

Jordan Hamlette subit une blessure après seulement 4 matchs au compteur. Le verdict tombe : fin de saison prématurée. Une bonne nouvelle pour le guard, toutefois : il obtient un redshirt médical et ne perd donc pas d’année d’éligibilité.

Lors de cette période off, Jordan Hamlette décide de quitter le campus de Lindsey Wilson et, forcément, quand Faulkner (la 2ème meilleure équipe du championnat en 2019-20) vient au contact, la décision semble logique. Un programme réputé, sous les spotlights du championnat, avec à la clé une place de titulaire.

Tout est réuni pour voir l’explosion du prospect.

Et Jordan Hamlette prend la (bonne) décision : rejoindre les Eagles de Faulkner.

Des débuts réussis avec Faulkner

La période de transition lors d’un changement d’équipe varie selon les joueurs. Cela peut durer un long moment. Parfois, cela se compte en mois, ou alors, cela se fait plus facilement.

C’est ce dernier cas qui prévaut pour Jordan Hamlette.

Le redshirt sophomore termine avec 17 points et 4 passes dès son premier match sous ses nouvelles couleurs, contre Central Baptist. Il alterne ensuite entre le bon et le moins bon. Cela ne l’empêche pas non plus de produire une moyenne de plus de 12 points, ce qui est quand un même un joli rendement.

Puis, le déclic depuis trois matchs.

Jordan Hamlette réalise son meilleur match en carrière face à Middle Georgia State : il termine le match avec 30 points avec, petite surprise, un 3/3 à longue distance.

Arrive ensuite la double-confrontation face à Florida College. Là encore, il a montré un visage plus que séduisant : 24 points et 7 rebonds lors du premier match suivi de 18 points, 6 rebonds et 5 passes lors du suivant. Jordan Hamlette a été étincelant au cours de cette double-opposition, en montrant des facilités déconcertantes dans son jeu offensif. D’ailleurs, certaines voix sur Twitter s’insurgent (à juste titre) de ne pas voir une mention pour le Joueur de la Semaine en conférence avec un tel rendement.

L’essentiel est assuré pour lui et Faulkner : un bilan de 15 victoires pour une seule défaite avec, en ligne de mire, un possible titre national en fin de saison (même si Indiana Wesleyan semble un peu au-dessus).

Jordan Hamlette, un slasher par excellence.

Jordan Hamlette est un peu différent des profils que je présente en temps normal.

J’aime bien les shooteurs, meneurs old-school ou les intérieurs doués avec de la technique plein les mains. J’éprouve moins d’attirance pour les profils dits de slasher, qui se trouvent dans l’agression constante du cercle. Sauf que Jordan Hamlette m’a (un peu) réconcilié avec les slashers.

Et ce n’était pas gagné !

Oui, le guard sophomore possède un don pour agresser le cercle adverse. On peut penser qu’il est un bourrin, qui se contente de son physique et de son profil athlétique (1m92 et 86 kgs) pour foncer la tête baissée au cercle. Non, et, heureusement. Il n’est pas ce genre de slasher. Il se démarque avant tout en tant que joueur intelligent sur le parquet. Il aime jouer les un-contre-un, mais, il peut aussi prendre un rôle de meneur gestionnaire pour faciliter le travail de ses coéquipiers.

Forcément, quand vous devez défendre sur le joueur, votre premier objectif est de l’empêcher d’aller au cercle. Du coup, vous avez tendance à laisser un petit espace pour qu’il ne vous prenne pas de vitesse. Honnêtement, c’est un bon choix. Sauf que Jordan Hamlette est tellement facile dans l’agression que cela devient extrêmement difficile de le canaliser. Il ne se contente pas de finir près du cercle. Le guard utilise ses capacités pour attirer la défense sur lui, et donc, pour laisser plus d’espaces à ses coéquipiers (qui bien souvent sont des shooteurs).

Le résultat ? Une passe décisive sans forcer son talent. Une pénétration, 2-3 dribbles et si cela se resserre défensivement, il sort le ballon.

Intelligence et lecture de jeu : c’est ce qui fait la différence chez les slashers.

Dans l’attaque du panier, c’est juste un régal.

Il possède une tendance à partir côté droit, sur sa main forte, pour attaquer. Pourtant, les défenses en NAIA ne font que trop rarement l’ajustement de le forcer à partir main gauche. Dès qu’il commence à agresser le cercle, c’est déjà trop tard.

Et si vous avez un manque de lucidité et que vous ne venez pas en aide, c’est un panier au minimum… avec la faute dans le meilleur des cas.

Ce qu’il aime faire (et qu’il a fait à de nombreuses reprises contre Florida College), c’est de remonter le ballon, montrer un petit moment d’hésitation et driver vers le cercle. Si vous ne lui mettez pas de pression quand il remonte le cuir, vous laissez cette opportunité à Jordan Hamlette de prendre de la vitesse sur un changement de rythme, qu’il réalise à merveille, et d’aller au panier.

Au niveau de la partie technique ?

C’est bien beau de driver en direction du cercle. Mais, s’il s’agit de la seule arme dans un arsenal offensif et que la finition se résume à la main forte, vous êtes lisibles pour les défenseurs adverses. Du coup, pour avoir cette petite touche de folie et de surprise, Jordan Hamlette possède quelques moves au sein de sa panoplie offensive.

Sa spéciale ? Un petit spin move tout en facilité et très “smooth”.

Le guard sophomore n’hésite pas à finir malgré le contact adverse. Mais, bien souvent, il évite ce genre de confrontation direction avec une finition en teardrop.

Oui, Jordan Hamlette détient la panoplie du slasher par excellence.

Ceci est un fait.

Quelle est la suite pour Jordan Hamlette ?

Généralement, quand vous êtes réputés pour être un formidable agresseur de cercle, de grosses carences apparaissent ailleurs. Notamment à propos de l’adresse à longue distance. Et, sans grande surprise, Jordan Hamlette n’est pas une option viable à 3-points.

Le joueur est tout de même connu pour avoir une éthique de travail irréprochable. Cette saison, bien qu’inconstant, il a connu de petites éclaircies sur son adresse de loin. Il ne peut que progresser à ce niveau-là et il est encore jeune. Il possède le temps pour devenir plus adroit.

Idem concernant les tirs à mi-distance.

Ceux-ci peuvent être une arme redoutable pour les slashers. A l’instar de l’adresse à 3-points, Jordan Hamlette tente des choses. Des jumpers après une prise d’écran, notamment, en tête de raquette. C’est ici que la défense lui laisse des espaces et d’autant plus si l’écran est bien effectué. Le défenseur recule pour éviter de se faire prendre de vitesse et l’attaquant possède donc la séparation nécessaire pour prendre le tir.

S’il ajoute un tir à mi-distance dans sa panoplie offensive, Jordan Hamlette peut rapidement devenir injouable.

Donc, il doit s’améliorer sur les tirs à mi-distance et à trois points.

C’est indéniable.

Concernant ses qualités défensives, son physique l’aide beaucoup. Il met aussi du coeur à l’ouvrage pour (au moins) mettre un peu de pression sur le porteur et couper les lignes de passes. Je reste, personnellement, sur ma faim à propos de son apport en défense. Je pense qu’il peut faire un peu plus et devenir un défenseur plus qu’honnête dans le futur. Ce sont des petits détails pour qu’il devienne un joueur plus complet.

En résumé : Jordan Hamlette s’inscrit dans la tradition des joueurs qui sont naturellement attirés par le cercle.

C’est un prospect qui possède des facilités pour finir près du cercle, avec du contact ou non. Il est capable d’éliminer un adversaire direct sur un changement de rythme ballon en main, ou bien par un mouvement près du panier. Il est décrit comme une personne qui ne compte pas les heures à l’entraînent, avec une éthique de travail solide. Traduction : il détient les cartes en mains pour devenir l’uns des meilleurs joueurs en NAIA sur les prochaines saisons.

Mais, le plus important (ou pas), Jordan Hamlette m’a réconcilié avec le profil de slasher et c’est déjà une belle victoire.

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