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Fatts Russell Rhode Island Rams 2020
(Crédit photo : Brian Fluharty - USA TODAY Sports)

“Gem of the Week” : Rhode Island Rams (Atlantic 10)

En cette saison de basketball universitaire, Midnight on Campus renouvelle son rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur la perle inconnue qui nous a impressionné au cours de la semaine : la “Gem of the Week“. Septième épisode de la saison : après New OrleansNicholls StatePepperdineDelawareNorthern Colorado et Little Rock, place aujourd’hui à Rhode Island (Atlantic 10).

Ah, la génération dorée de Rhode Island, avec E.C Matthews, Jared Terrell & co., semble aujourd’hui assez loin. C’est ce que l’on aurait pu dire il y a 2 ans, alors qu’on promettait une saison de transition pour l’équipe.

La vérité du parquet fut bien différente. Malgré un exercice moyen, les Rams étaient proches de glaner leur ticket pour la March Madness, avec un run incroyable lors du tournoi de l’A-10 et une défaite surprise en 1/2 contre St Bonaventure.

Il faut dire que la jeune génération, qui n’était qu’en première année lorsque le programme connaissait les joies de la March Madness en 2017 et 2018, a appris des meilleurs. Et elle a pris en main l’équipe avec une facilité déconcertante.

“Fatts” Russell, snobé par les scouts universitaires parce qu’il était jugé “trop petit”, est devenu le leader des Rams en 2 ans. Il est aujourd’hui bien suppléé par son lieutenant et ami, Jeff Dowtin, pour former un backcourt complémentaire et redoutable. Sans oublier le 3ème larron du trio, l’intérieur Cyril Langevine, un joueur si important dans la raquette qui tourne en double-double de moyenne (10 points, 11 rebonds).

L’avenir était prometteur, au départ, avec ces 3 joueurs. Mais, actuellement, les espérances sont dépassées : oui, Rhode Island se trouve dans la course pour une qualification à la March Madness !

Après les déceptions, Rhode Island est revenu dans les discussions

Actuellement (au mardi 21 janvier), Rhode Island affiche un bilan honorable de 12 victoires pour 5 défaites, d’autant plus que le calendrier hors-conférence s’avère être plutôt solide.

Les Rams se sont concoctés une programmation idéale et primordiale (surtout quand on voit l’adversité de la conférence A-10 cette saison).

La défaite à Maryland, dès le deuxième match de la saison, n’est pas révélatrice du potentiel de l’équipe. A domicile et sur le début de saison, les Terrapins sont une équipe du Top-10 au niveau national. Le revers est donc logique. Par contre, lors du Jamaica Classic, les Rams n’étaient pas loin de s’imposer contre LSU lors d’un match avec une grande intensité. La défaite de 13 points semble lourde si l’on regarde le tableau d’affichage. Toutefois, sur le parquet, Rhode Island a joué les yeux dans les yeux avec LSU, leur posant énormément de difficultés et qui s’en sont remis à leurs individualités.

Puis, les hommes de David Cox ont rencontré un test majeur à West Virginia. Ce n’est un secret pour personne : les Mountaineers sont reconnus dans le paysage universitaire pour détenir l’une des meilleures défenses du pays.

Malgré la défaite dans le money time, Rhode Island a inscrit plus de 80 points face à une excellente défense. C’est encourageant et cela démontre la force offensive du jeune groupe, capable de planter 75-80 points à n’importe quelle équipe.

Par contre, je cherche encore les explications de la défaite à Brown. Un jour sans pour les cadres et un match à oublier, tout simplement.

Dans les points positifs, il faut tout de même noter les victoires contre Providence et contre Western Kentucky, après prolongation. Deux équipes qui peuvent être présentes à la March Madness.

Dès le début des matchs de conférence, Rhode Island n’a pas le temps de tergiverser.

Les Rams reçoivent un candidat direct pour le podium, Richmond, et le match se solde par une défaite. Le programme rebondit bien et enchaine 4 succès de rang (série en cours) dont une victoire référence contre VCU, ancien pensionnaire du Top-25 national et favori pour le titre en Atlantic-10. Un match d’hommes, physique, comme aime VCU. Mais Rhode Island était trop fort, ce soir-là, et a compté jusqu’à 15 points d’avance au cours de la 2ème période.

Cette victoire a replacé Rhode Island dans la discussion pour le podium, une position qu’on avait un peu enterré après les défaites contre Brown et Richmond.

La facteur X des Rams ? Tyrese Martin

Le cinq majeur de Rhode Island est plus que productif, avec un apport minime des joueurs du banc, surtout offensivement. Mais le véritable facteur X n’est pas un membre du trio “magique” : il s’agit du sophomore Tyrese Martin (12.6 points et 6.6 rebonds de moyenne cette saison).

Après une première année d’apprentissage, l’ailier est devenu titulaire indiscutable en 2019-20. Joueur all-around en attaque, il est capable de sanctionner une défense trop laxiste à longue distance ou à base de drives pour finir près du cercle ou pour servir un coéquipier. Le jeune joueur est en train de devenir un 3&D en puissance, puisqu’il possède le profil athlétique idéal.

Tyrese Martin ne cesse de progresser et cela se ressent dans son jeu, avec plus de liberté. Il est plus à l’aise sur le parquet et il joue comme au lycée. Il est un joueur qu’il faut absolument surveiller, tels que “Fatts” Russell, Jeff Dowtin ou Cyril Langevine, qui termineront sûrement en Europe d’ici 1 ou 2 ans.

Les étincelles du trio “magique” de Rhode Island

Rhode Island joue avec un style offensif “up-tempo”. En même temps, quand le surnom de votre meneur de jeu est “Fatts”, c’est assez logique.

J’ai énormément d’affection pour “Fatts” Russell. Et, si vous ne l’avez pas encore lu, je détaille le parcours assez atypique du joueur au milieu de son année de freshman avec les Rams.

Le junior affiche une moyenne de 19.6 points, 5 passes, 3.6 rebonds et 2.8 interceptions en 2019-20. Cette ligne de statistiques parle d’elle-même.

Mais son impact, que ce soit sur le parquet ou en dehors, est tellement exemplaire et est digne d’un leader naturel. Il est la première option offensive des Rams et il aime se frotter aux intérieurs adverses. Le meneur de jeu développe aussi un tir à 3-points qui devient de plus en plus efficace, mais, cela n’est toujours pas une valeur sûre (38% de réussite à presque 6 tentatives de moyenne).

Je suis vraiment heureux de voir qu’il s’épanouit autant à Rhode Island et c’est un réel plaisir à regarder. Honnêtement, il mérite une petite place en NBA si une franchise mise sur lui.

Jeff Dowtin, qui devait être le leader attitré, est plus en retrait cette saison.

Sa moyenne de points baisse un peu (de 15.3 à 13.8 points), mais, c’est surtout dû à l’explosion de “Fatts” Russell. Jeff Dowtin reste cependant la deuxième option, lui qui aime aussi se projeter rapidement en attaque et qui possède un petit tir à mi-distance toujours aussi efficace. La preuve de son importance ? Il a raté un match (suspension de la NCAA) et, sans lui, Rhode Island a connu des difficultés.

Enfin, Cyril Langevine est tellement intéressant dans son rôle d’intérieur de l’ombre. La machine à double-double se révèle toujours actif sur les situations de rebond, offensif ou défensif, il joue à l’énergie et il défend comme 4.

Du jeu et des tirs rapides, pour une surprise ?

Rhode Island joue de manière assez simple : une bonne présence offensive et une belle défense agressive sur le porteur et sur les joueurs à une passe du ballon, en coupant les lignes de passe. (dans le Top-30 national en interceptions et en pourcentage adverse à 3-points).

Une nouvelle preuve du boulot monstre des mobylettes extérieures et la tradition de Rhode Island demeure intacte.

Avec cette pression défensive, les Rams récupèrent beaucoup de ballons et, du coup, cela permet de lancer un jeu rapide en conséquence. Rhode Island aime courir et jouer vite : la moyenne de temps par possession est de 15 secondes. Les joueurs peuvent prendre des tirs un peu rapides, par moments, mais c’est l’ADN des Rams et c’est comme cela. Pourquoi jouer contre nature ?

Pour le moment, cette stratégie fonctionne et on sait pertinemment que Rhode Island se sublime lors du tournoi de conférence.

Rappelons tout de même que le noyau dur de l’équipe n’est que junior et il restera encore une saison à ce talentueux groupe (si tout le monde décide de rester ensemble) . Il faudra réellement attendre les Rams la saison prochaine ; ceci dit, rien n’empêche l’équipe de sortir une masterclass dès 2020.

Malheureusement, quand on voit le niveau et l’expérience des adversaires en Atlantic 10, Rhode Island reste un cran en-dessous sur le papier.

Mais, on parle de Rhode Island. Tout est possible.

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