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New Orleans Privateers Favori Southland 2019
(Crédit photo : Rick Yeatts - Southland Conference)

“Gem of the Week” : New Orleans Privateers (Southland)

En cette saison de basketball universitaire, Midnight on Campus renouvelle son rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur la perle inconnue qui nous a impressionné au cours de la semaine : la “Gem of the Week“. Premier épisode de la saison : New Orleans, en Southland, que je suis depuis la saison dernière et qui ne cesse de progresser.

Un début de saison frustrant à New Orleans

Une grande majorité des équipes issues des Mid-Majors doit se concocter un calendrier hors-conférence difficile, avec des matchs contre des programmes de Power Six.

Le but : engranger de l’expérience et un chèque. En contrepartie ? De jolis blowouts, parfois des upsets et surtout, des matchs terriblement frustrants.

New Orleans fait partie de cette dernière situation.

Après un match d’ouverture sans problème contre une école de Division II, les Privateers prennent la route pour 4 matchs à l’extérieur. Sur les 2 rencontres déjà jouées, à Butler puis dans le derby à SMU, ils ont subi 2 défaites avec, à chaque fois, la même physionomie de rencontre.

Dans l’environnement toujours hostile de la Hinkle Fieldhouse à Butler, New Orleans n’a pas réalisé un match désastreux, loin de là. L’équipe termine avec 43% aux tirs et 46% à 3-points. Mais, le point noir (outre la défense), c’est le nombre de pertes de balle (16). Le match se solde sur une large victoire des locaux (79-53).

Puis, lors du derby à SMU, c’est le début de la frustration.

J’avais un drôle de sentiment (sur la bonne 1h30 du replay). New Orleans a sorti une bien belle adversité, mais, avec de gros passages à vide sur de longues séquences, notamment en attaque. Malgré tout, les Privateers se sont accrochés avec un rapproché dans le money time et les Mustangs ne s’imposent que 77 à 64. Un score lourd, qui ne reflète pas vraiment la physionomie du match.

Avant le déplacement à Mississippi State, New Orleans affiche un bilan de 1 succès pour 2 revers.

Une philosophie défensive admirable… et dangereuse

Peu importe l’adversaire, New Orleans adopte toujours le même style de jeu.

Les Privateers défendent en individuelle, le tout en trappant dans les coins. De plus, ils switchent sur chaque écran, ce qui déstabilise un peu l’attaque adverse, du moins au début.

Mais, ce qui est admirable, c’est que l’équipe défend haut, dès la remise en jeu, avec une zone-presse, pour ralentir la remontée de balle adverse et intercepter le ballon. Cependant, cette prise de risque peut se payer cash : New Orleans s’expose à un tir rapide à 3-points une fois le premier rideau passé.

Contre Butler, cette défense a été bien souvent sanctionnée face à une équipe qui prône un jeu collectif et qui a trouvé aisément les solutions avec une circulation de balle fluide.

La défense en zone-presse des Privateers a été plus efficace contre SMU, même si les Mustangs ont planté quelques tirs (dont 2 importants en 2ème période).

L’autre problème défensif de New Orleans, c’est le manque de taille.

Cette défense demande beaucoup de concentration et de communication. Forcément, si un joueur s’oublie sur une action, cela donne un panier facile pour l’adversaire. SMU s’est amusé, notamment en première période, avec 8 rebonds offensifs convertis en 12 points.

Il manque en effet un intérieur de l’ombre, dominant et longiligne. C’est le gros point d’interrogation des Privateers, en ce qui me concerne. Mais cette philosophie de jeu, dangereuse ou fondatrice en fonction de l’adversaire, est tellement rare en NCAA que cela mérite d’être souligné.

Une attaque clinique et prometteuse face à SMU

La grande majorité de l’effectif de New Orleans est de retour pour une nouvelle saison et, forcément, dès le début de saison, les joueurs se trouvent à merveille.

Et, à SMU, les Privateers ont offert une vraie clinique offensive grâce à leur attaque de zone 2-3.

Oui, ils utilisent des basiques et des actions type, mais cela fonctionne. Du mouvement, un écran dans le dos et une exécution de toute beauté. Tout est parfait à la demi-seconde près.

Le seul problème, c’est que ces actions se sont révélées trop sporadiques face aux Mustangs. C’est dommage (et frustrant) que le programme peut réciter les systèmes avec facilité… sans pour autant trouver des alternatives quand la défense s’adapte.

Une dépendance à Bryson Robinson

On peut en partie expliquer les trous d’airs de New Orleans face à SMU avec l’absence de son leader, Bryson Robinson, sur le parquet.

Les arrières adverses ont ciblé et attaqué Bryson Robinson de manière frontale. Du coup, le joueur, qui n’aime pas trop défendre, était dans l’obligation de s’y coller. Et en voulant trop en faire, avec un peu trop d’agressivité, il prend rapidement des fautes et se sort tout seul du match (bon, il y a quand même 2 fautes assez limites).

Seulement 28 minutes de jeu et 11 points au compteur. Un match à oublier, devant sa famille, un peu trop de pression dira-t-on.

Bryson Robinson n’en reste pas moins un guard incroyable, extrêmement talentueux sur le plan offensif. Gâchette à 3-points à sa sortie du lycée, le senior a travaillé sur sa capacité à créer son propre tir après un dribble et c’est maintenant un joueur complet. Un scoreur “trois niveaux”.

Mais, là où il excelle le plus, c’est en sortie d’écran (où il obtient un 3+1 sur l’action suivante).

Avec lui hors du parquet, New Orleans faisait un peu de peine et n’était pas capable de trouver une solution offensive. Même si c’est toujours un peu prématuré de dire qu’il existe une dépendance envers un joueur, les Privateers ont (absolument) besoin de Bryson Robinson sur le terrain quand on voit son impact au cours de cette rencontre.

La saison de la confirmation pour Gerrale Gates ?

En l’absence de Bryson Robinson sur le parquet, l’ancien Freshman de l’Année en Southland, Gerrale Gates, s’est distingué (notamment en deuxième période).

Il manque un peu de taille à l’intérieur sophomore afin de lutter avec les autres intérieurs du championnat universitaire. Ceci dit, il compense ce manque par une grosse dépense d’énergie. Et dès le début de ce nouvel exercice, on voit qu’il prend plus de poids dans le jeu offensif des Privateers.

Joueur de l’ombre, il peut aussi prendre les choses en mains, même s’il ne le fait pas autant que prévu (et c’est bien dommage). Il frôle le double-double (12 points et 9 rebonds) face à SMU, malgré un pourcentage désastreux aux tirs. Mais c’est aussi l’une des forces du joueur.

Se sachant undersized et bougé dans la raquette, il n’abandonne jamais et se bat avec ses armes. Il a été précieux, notamment avec un 2+1 en fin de match, mais cela n’efface pas son match délicat.

Toutefois, dans une conférence Southland qui ne possède pas d’intérieurs dominants, il risque se retrouver comme dans un poisson dans l’eau. Il risque d’exploser un peu plus cette saison.

A suivre, tout comme Bryson Robinson.

New Orleans est-il le nouveau patron de la Southland ?

Favori pour le titre de conférence Southland, New Orleans a programmé un calendrier hors-conférence assez dantesque avec des déplacements difficiles.

Les victoires ne sont pas encore au rendez-vous, mais, les Privateers proposent un visage assez attrayant.

Défensivement, cette zone-presse peut se montrer terriblement efficace. Butler et SMU s’y sont (un peu) cassés les dents, ce qui est positif quand ils affronteront des concurrents moins talentueux en Southland. C’est le début de saison, donc, c’est assez normal de voir un petit manque de concentration et de rigueur. Cela devrait se gommer assez aisément avec la répétition de matchs.

Offensivement, quand le cinq majeur est sur le parquet, les Privateers déroulent sereinement. Outre Bryson Robinson et Gerrale Gates, 2 autres joueurs se distinguent avec un rôle majeur. Damion Rosser est le métronome de l’équipe, très adroit à longue distance, alors que Troy Green est capable de prendre feu (malgré un début de saison en dents de scie).

L’apport du banc sera aussi un facteur X, avec des joueurs capables d’apporter tant sur le scoring que sur le plan défensif.

Cela fait un an que je veux parler de New Orleans et je suis heureux de le faire aujourd’hui. La conférence Southland est vraiment ouverte, avec des équipes telles que Lamar, Stephen F. Austin ou Nicholls State. Les matchs de conférence seront très intéressants, avec, il est vrai, une petite préférence pour les Privateers.

Ils semblent mieux armés pour revenir à la March Madness. Ce serait une juste récompense à la vue du travail en interne pour la reconstruction de l’équipe.

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