Joshua Mballa Buffalo Bulls Basketball 2022
(Crédit photo : Buffalo Bulls Athletics)

“French Corner” : Joshua Mballa et tous les français en Division I depuis novembre

Le minimum que l’on puisse faire, à notre échelle, est de braquer la lumière sur les basketteurs français qui se sont engagés en NCAA et qui débutent, poursuivent ou complètent aujourd’hui leur périple au sein d’une université aux Etats-Unis.

En 2021-22, ils sont 25 athlètes-étudiants (qu’on a présenté dans un #CBBPreview en octobre).

A nouveau impactée par la pandémie du COVID-19, comment cette saison de basketball se déroule-t-elle pour chacun des français du championnat universitaire ? Peut-on ressortir du bon… et du moins bon ? Est-ce que les attentes se concrétisent ou bien est-ce que les déceptions prennent plus de place que prévu ?

Après 2 bons mois de compétition au cours de cette saison de basketball universitaire, jetons un petit coup d’oeil sur les performances des français qui évoluent en Division I en 2021-22.

(A savoir que chaque catégorie est classée par ordre alphabétique.)

Joshua Mballa continue sur sa lancée… et les meilleurs français depuis novembre

Moussa Diabaté (Michigan)

8.7pts, 6.1reb et 0.8blk de moyenne en 20.8min

Le contexte est important pour analyser les débuts de Moussa Diabaté en NCAA. Michigan déçoit (par rapport aux attentes immenses de pré-saison) et possède des lacunes collectives… mises en exergue par la densité de la Big Ten. Personne n’envisageait les Wolverines avec un record de 7-6 à l’aube du mois de janvier.

Mais, on en est là.

Et le développement de Moussa Diabaté suit le même court.

Le freshman français possède un talent extraordinaire et un plafond tout aussi élevé. Mais, à l’heure actuelle, son inexpérience lui joue des tours lors des phases défensives et vis-à-vis de son efficacité offensive dans la raquette. Ne nous mentons pas : il demeure en grande partie un point faible de la rotation de Michigan.

Sauf que l’on peut voir le verre à moitié plein, aussi.

Moussa Diabaté figure parmi les membres proéminents de la première rotation des Wolverines et, au fil des rencontres, une belle association se développe avec Hunter Dickinson dans le secteur intérieur. Les 4 derniers matchs du freshman ? 7pts et 13reb face à Minnesota, 8pts et 8reb face à Southern Utah, 13pts et 6reb face à UCF, 15pts et 9reb face à Rutgers… sans jamais passer sous la barre des 20 minutes jouées.

Il faut “simplement” lui laisser du temps pour apprendre et laisser le temps faire les choses.

Eddy Kayouloud (Central Arkansas)

7.7pts, 3.5reb et 1.3ast de moyenne en 17.6min

La première saison de Central Arkansas en A-Sun débute à peine que le record des Bears offre déjà une pâle figure. 4-10. La faute à un calendrier hors-conférence relevé avec Saint Louis, Butler, Baylor, Arkansas et Texas A&M.

A l’inverse, la saison de junior de Eddy Kayouloud débutait sur les chapeaux de roue.

Le guard français se lançait avec 10pts à 4/7 face à Butler et, surtout, 14pts et 7reb en 18min face à Baylor. Il ne possédait pas de position de titulaire mais ces performances auguraient une belle saison. Cependant, cela ne s’est pas concrétisé. Il a perdu des minutes, des opportunités et des points au cours du mois de décembre.

Après ce passage à vide, Eddy Kayouloud a seulement performé à la hauteur de ses capacités face à Hendrix College (Division III) avec 20pts, 7reb, 5ast et 3stl, où il a récupéré des minutes aux titulaires… qui devaient être plus ou moins en repos.

En espérant que le head coach comprenne le message.

Louis Lesmond (Harvard)

7.5pts et 1.9reb de moyenne en 21.4min

Attendait-on de grandes envolées de la part de Louis Lesmond dès son année de freshman à Harvard ? Non, pas forcément. L’adaptation était la priorité pour le jeune français. Pourtant, à notre belle surprise, ses débuts en NCAA sont plutôt concluants.

Il a surtout profité des blessures/absences dans l’équipe pour se mettre en valeur.

Grâce à 2 sorties à 15 points, Louis Lesmond a été promu dans la première rotation pour deux rencontres… qui ont été marquées par un manque de réussite criant (à 3/11 puis 3/12 aux tirs). “Classique” pour un freshman de craquer sous la pression et l’enjeu.

Toutefois, le français s’est déjà démarqué chez le Crimson pour ses qualités de tireur à distance.

Près de 3/4 de ses tentatives ont été tirées de derrière l’arc à 3-points… pour une réussite et une régularité moyennes. De 2/3 face à Northeastern, à 5/14 contre Rhode Island puis à 3/10 face à UMass en l’espace de 3 matchs. A lui de concrétiser les opportunités dans l’avenir.

En tout cas, le plus dur est (presque) fait : obtenir la confiance de Tommy Amaker et les clés de la cabane de sniper de Harvard.

Louis Lesmond Harvard Crimson vs Babson Basketball 2022
(Crédit photo : Gil Talbot – Harvard Crimson Athletics)

Joshua Mballa (Buffalo)

15.2pts, 8.6reb, 1.7stl et 1blk de moyenne en 27.3min

Joshua Mballa est le meilleur français en NCAA après les 2 premiers mois de compétition.

Personne n’est surpris à ce niveau-là.

Le duo avec Jeenathan Williams à l’intérieur performance au niveau que l’on attendait, bien servi par Ronald Segu à la mène. Le senior français compte déjà 3 double-doubles à son actif et, notamment, un pic à 26pts, 17reb et 5blk face à Miami (OH) le 29 décembre dernier. On pouvait penser que cette performance lancerait sa saison dans une nouvelle dimension.

Sauf qu’il s’agit de son dernier match en date. A l’image des Bulls (qui se retrouvent avec un record médiocre de 7-6, très loin des attentes de début de saison), Joshua Mballa a été englué dans les protocoles sanitaires liés au COVID-19 et il a manqué les 2 derniers matchs de l’équipe. C’est assez frustrant.

Et ce serait tellement cruel que le français connaisse une ultime saison gâchée par un manque de dynamique, avec des apparitions sporadiques et un calendrier en forme de gruyère, d’autant plus avec le niveau affiché quand il est en pleine possession de ses moyens.

Croisons les doigts pour lui et ses rêves de porter les Bulls à la March Madness.

Alexis Yetna (Seton Hall)

9.8pts et 7reb de moyenne en 25.2min

On espérait que le changement d’air allait bénéficier à Alexis Yetna. Bingo. Sans attendre, le senior a obtenu une place de titulaire à Seton Hall et il s’est même installé avec une place de choix dans la raquette des Pirates.

Bien que Jared Rhoden s’occupe du show, le français partage les tâches sous la panier avec Tyrese Samuel.

Mieux, Alexis Yetna prend de plus en plus de place dans la rotation principale.

Il tourne à plus de 33min de moyenne sur ses 5 dernières rencontres et dépasse à chaque fois la barre des 10 points. Le français sort carrément 3 double-doubles au cours de cette série ; face à Texas (12pts et 11reb), Providence (13pts et 11reb) et Butler (14pts et 10reb). Seton Hall a toujours possédé un secteur intérieur des plus solides et il semblerait que Alexis Yetna poursuive cette tradition.

Peut-il encore franchir un pallier supplémentaire en janvier ?

Les autres français qui marchent (ou pas) depuis novembre

Daniel Batcho (Texas Tech)

3.8pts, 4.9reb et 0.8blk de moyenne en 13.6min

Les débuts de Daniel Batcho à Arizona ont été manqués à cause d’une blessure au genou. Ceux à Texas Tech sont plutôt réussis.

Certes, on n’attendait à ce qu’il explose au grand jour dès ses premières minutes universitaires.

Mais, le freshman français s’est intégré avec succès dans la seconde rotation des Red Raiders et brille au sein de celle-ci. Il devient une pièce quasi-primordiale en défense grâce à sa taille et ses qualités physiques et il insuffle régulièrement une nouvelle dynamique sur le parquet quand les titulaires se posent sur le banc.

Et, 4.9reb de moyenne en 13min de moyenne pour un remplaçant (freshman), c’est fort.

Quentin Diboundje-Eyobo (Tennessee)

2pts, 1.2reb et 0.8ast de moyenne en 5.6min

Arrivé sur le campus de Tennessee de la Montverde Academy avec une belle “hype” et un statut de recrue intrigante, Quentin Diboundje n’a pas encore obtenu sa chance. Même, avec 5 apparitions et 28 minutes jouées depuis le début de saison, le freshman français est absent des débats.

Une seule conclusion : il doit combler ses lacunes et son inexpérience du basketball américain avant de jouer avec les Volunteers.

Avec une seule petite année passée dans une Prep School aux Etats-Unis, son année freshman doit avant tout servir de préparation au jeu universitaire et cela passe par les entrainements avant les matchs. Soyons patients. On ne devrait pas beaucoup le voir sur le parquer en 2021-22.

Nicolas Elame (UT-Arlington)

6.7pts et 1.8reb de moyenne en 17min

Pour sa 3ème saison à UT-Arlington, Nicolas Elame alterne entre les titularisations et les départs depuis le banc. Mais son bagage d’une petite vingtaine de minutes par match reste à peu près identique et se rapproche des standards de la saison passée.

Si l’on devait retenir un point positif et encourageant pour la suite ?

Le dernier match des Mavericks, face à Georgia State. Nicolas Elame a été titularisé et a aligné 9pts, 9reb, 2ast et 2stl en 29min. En espérant que ce soit la nouvelle norme plutôt que l’exception.

Nicolas Elame UT Arlington Mavericks Dribble Basketball 2021
(Crédit photo : Gregg Ellman – UT Arlington Athletics)

Allan Jeanne-Rose (Fairfield)

7.1pts, 2.1reb et 1.7ast de moyenne en 17.2min

Allan Jeanne-Rose débute une 3ème saison à Fairfield et le Martiniquais trouve une place de plus en plus intéressante dans l’effectif des Stags. Déjà, l’intérieur a récupéré une place de titulaire au début de décembre et puis il est entré dans une nouvelle dimension.

Pour sa première titularisation ? 13pts, 6reb, 2ast et 2blk face à Canisius.

Il a ensuite enchainé avec un mois de décembre réussi. 3 peformances à plus de 10pts en 4 sorties et, notamment, une rencontre à 21pts (8/11) face à Massachusetts.

En plus d’une moyenne qui a triplé depuis l’an dernier, Allan Jeanne-Rose est devenu un titulaire solide dans la secteur intérieur de Fairfield et il fait partie d’une troupe de 8 contributeurs à plus de 6 points par match.

Kane Milling (UC Davis)

6.5pts, 2.5reb et 1.4ast de moyenne en 22.9min

Après 2 saisons à Nevada, Kane Milling devait chercher un nouveau départ avec son transfert en direction de UC Davis. Pas de titularisations avec les Aggies. Mais, toutes ses statistiques sont en progression (par rapport aux moyennes de l’an passé) et le junior occupe un rôle de sixième homme “plus”.

Résultat : il apporte une pierre régulière à l’édifice de UC Davis et noircit la feuille de match à chaque sortie.

Clarence Nadolny (Texas Tech)

3.4pts, 1reb, 1.5ast et 1.2stl de moyenne en 16.5min

Au même titre que Daniel Batcho et dans la droite lignée d’une saison dernière assez prometteuse, Clarence Nadolny a lui-aussi récupéré une belle place dans la seconde rotation de Texas Tech et impacte les rencontres au même titre que son compère français.

Davantage habitué à noircir la feuille de statistiques avec les remplaçants, le guard junior a obtenu une première titularisation face à Iowa State (en partie à cause de 5 absences)… et a conclu avec 9pts, 3ast et 4stl au bout de 36min de jeu.

Une semaine après une sortie à 8pts, 5ast et 3stl face à Alabama State.

Son énorme activité défensive et sa vista offensive doivent plaire à Mark Adams et le “glue-guy” par excellence s’inclut très bien dans le collectif de Texas Tech.

Yvan Ouedraogo (Grand Canyon)

3.8pts et 6.2reb de moyenne en 19.1min

Perdu dans le marasme de Nebraska, on s’attendait à ce que Yvan Ouedraogo explose au plus haut niveau avec un transfert pour Grand Canyon. Il s’était révélé comme un excellent rebondeur en Big Ten et il devait roulé sur les raquettes de la WAC avec les Lopes.

Sauf que, pour l’instant, le soufflé est (un peu) retombé.

Certes, il a obtenu une place de titulaire mais on pouvait s’attendre à mieux au niveau des statistiques.

Un seul double-double (11pts et 10reb) lors du 2ème match de la saison… et plus aucune sortie à plus de 10pts. Une seule autre sortie à plus de 10reb (16reb dont 7 offensifs face à San Francisco). Un maigre total de 3 contres en 14 rencontres. Ce n’est pas suffisant. Et il existe une réelle place de patron de la raquette de Grand Canyon à prendre.

Maxime Raynaud (Stanford)

5.1pts et 4.2reb de moyenne en 14.1min

Les débuts de Maxime Raynaud en NCAA ont été tonitruants : un double-double en sortie de banc dès la seconde rencontre (perdue face à Santa Clara) avec 16pts, 10reb et 4ast. Il a ressorti une belle prestation à peine 3 jours plus tard face à San José State avec 11pts, 6reb et une place de titulaire fraichement acquise.

Et, puis, plus rien.

Les minutes se sont égrenées au fil des matchs, il a perdu sa place de titulaire et il n’a plus franchi la barre des 10pts ou des 10reb depuis mi-novembre. Disons qu’il s’agit du difficile apprentissage d’un freshman.

Et sans oublier que Stanford affronte des soucis dûs au COVID-19 et que le Cardinal n’a pas joué depuis le 23 décembre.

Le reste des français en Division I :

Adama Bal (Arizona) : 9 matchs joués, 0.67pt en 3.11min de moyenne.

Teddy Bayi Ba Mandeng (Chicago State) : 17 matchs joués, 3.3pts et 4.0reb en 18.5min de moyenne.

Melvyn Ebonkoli (Missouri State) : aucune minute à son actif…

Ludgy Debaut (East Carolina) : 11 matchs joués, 2.6 et 3.9reb en 15.9min de moyenne.

Ludovic Dufeal (Gardner-Webb) : 10 matchs joués, 4.4pts et 6.4reb en 23min de moyenne.

Axel Okongo (Eastern Michigan) : 10 matchs joués, 1.3pts et 1.6reb en 10.3min de moyenne.

Maxime Ekono (Bradley) : 8 matchs joués, 1.5pts et 0.8reb en 4.7min de moyenne.

Kezza Giffa (UTEP) : 7 matchs joués, 0.6pts, 1.1reb et 0.6ast en 4.9min de moyenne.

Christian Lorng (American) : 2 minutes jouées pour aucune statistique…

Nicolas Pavrette (Eastern Michigan) : 8 matchs joués, 0.4pts et 1.4reb en 5min de moyenne.

Alex Tchikou (Alabama) : 5 minutes jouées en 3 matchs pour aucun point marqué et 4 rebonds…

Tanguy Touze (Jacksonville State) : 5 matchs joués, 1.2pts en 2.8min de moyenne.