Soutenez Midnight on Campus avec Patreon !
Saddiq Bey Villanova Freshman 2018
(Crédit photo : Villanova Athletics)

#CBBPreview : Villanova doit (encore) reconstruire avec la jeunesse

Alors que l’intersaison touche à sa fin et qu’une nouvelle saison de basketball universitaire s’apprête à démarrer, il est l’heure de reprendre nos traditionnels #CBBPreviews. Deuxième épisode : présentation d’une nouvelle saison à Villanova à la sauce Midnight on Campus.

Les Wildcats, désormais reconnus à leur juste valeur, se retrouvent en quête de nouveaux exploits à la suite d’une saison en demi-teinte qui a révélé plusieurs lacunes dans l’effectif des double champions nationaux en 2016 et 2018.

Villanova Wildcats :

  • 74.5 points inscrits en moyenne contre 67.4 encaissés, 35.4 rebonds captés, 14.3 passes décisives délivrées (statistiques complètes de la saison).
  • 39 apparitions en March Madness, 65 victoires pour 37 défaites.
  • #1 en saison régulière au sein de la conférence Big East, Champion face à Seton Hall (74-72).
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière: Phil Booth avec 16.6 points de moyenne.

Retour sur la saison de Villanova :

26 victoires pour 10 défaites, 13 victoires pour 5 défaites en conférence Big East.

Il n’est jamais évident de passer du statut d’underdog au statut de prétendant au titre affirmé. En particulier quand il s’agit de postuler à sa propre succession. Villanova en a fait l’amère expérience.

Le programme de la banlieue ouest de Philadelphie s’est progressivement hissé parmi les meilleures équipes du pays depuis l’arrivée du charismatique Jay Wright en 2001. Lequel partage désormais certains de ses étés en compagnie des plus grands comme Greg Popovich au sein de Team USA.

Il s’agissait donc l’an passé de confirmer le statut acquis grâce aux titres nationaux de 2016 et 2018. Et il s’agissait surtout de démontrer que Villanova avait désormais les moyens de se renouveler.

Cela devient un vrai challenge quand 4 des 5 membres du cinq de départ champion s’inscrit à la Draft NBA suivante (Donte DiVincenzo, Jalen Brunson, Omari Spellman et Miles Bridges). Ainsi, les Wildcats s’en remettent aux expérimentés Phil Booth et Eric Paschall.

Le début de saison est plutôt mitigé : 2 victoires faciles et logiques face à des programmes de niveau inférieur mais surtout une énorme défaite (-27) face à Michigan, venus avec leur nouvelle coqueluche, Ignas Brazdeikis, pour se venger de la défaite en finale du NCAA Tournament quelques mois auparavant.

Le retour sur terre est douloureux au point de craquer en prolongation lors du match suivant face à Furman.

Eric Paschall Villanova vs Michigan 2018

S’ensuit une belle réaction avec une série de 6 victoires d’affilée.

Une victoire importante face à Florida State (66-60), avec au passage le titre de l’Advocare Invitational, et l’informel championnat du Big 5, regroupant les universités de Philadelphie, au sein duquel Jay Wright aime marquer la domination de Villanova sur le basketball universitaire dans la ville de l’amour fraternel.

Ils disposent ainsi successivement de La Salle, Temple et Saint Joseph’s mais chutent honteusement face à Penn dans la mythique Palestra (78-75), trois jours avant de se rendre à Lawrence pour affronter Kansas. Les Wildcats y perdront finalement dans un match plus serré (74-71).

Le début de la nouvelle année lance le début des matchs de conférence : les confrontations au sein de la Big East vont sourire aux Wildcats.

Carton plein en janvier : 8 matchs, 8 victoires. Un gros gain de confiance quand on connaît le niveau de cette conférence. Le mois de février est plus compliqué avec 4 défaites en 8 matchs, dont une cruelle désillusion face à Marquette dans les dernières secondes (66-65).

Jay Wright s’appuie sur ses cadres pour vivre un tournoi de conférence Big East des plus relevés et l’expérience engrangée des dernières années paye. Phil Booth (28pts), en patron, évite l’élimination en prolongation face à Xavier en demi-finale.
Seton Hall et Miles Powell (25pts, 5rbs, 4ast) ont tout essayé pour priver Villanova d’une nouvelle bague mais se sont bien les Wildcats qui l’emportent (74-72).

Les champions en titre arrivent donc gonflés à bloc lors de la March Madness mais ils se défont difficilement de la valeureuse équipe de Saint Mary’s au First Round. Cependant, les Wildcats s’effondrent dès le Second Round face à Purdue emmené par un Carsen Edwards survolté (42pts).

Malgré les bonnes surprises comme Saddiq Bey, les autres recrues ont largement déçues.

Le temps de jeu de Joe Cremo s’est réduit tout le long de la saison, au point de sortir de la rotation. Il n’a pas réussi à exporter ses qualités de scoreur à Villanova, qui a marqué collectivement 10 points de moins que la saison précédente et avait vraiment besoin de ses apports. Ses difficultés défensives, déjà connues à Albany, sont apparues comme extrêmement « gênantes » tant il paraissait perdu.

Et que dire de Jahvon Quinerly, entre réticences de Jay Wright pour la tentation du “one-and-done” et impatience de l’ancien prospect 4-étoiles (parti à Alabama pour entamer une année de redshirt).

Les nouveaux visages :

5 nouvelles têtes à Villanova : 5 freshmen dont 2 McDonald’s All-American et le petit frère d’un ancien chouchou du campus. Caleb Daniels, sophomore arrivé en provenance de Tulane, n’intégrera l’effectif qu’à l’issue de son année redshirt.

La plus grande curiosité parmi les arrivées aurait dû être le prospect 5-étoiles Bryan Antoine (poste 2-3). Malheureusement, on ignore encore si on aura le plaisir de voir le All-American avec le maillot des Wildcats sur le dos.

En effet, afin de soigner une épaule douloureuse depuis le lycée, Bryan Antoine a souhaité se faire opérer cet été. Un retour début décembre était fixé mais on a récemment évoqué une année blanche due à des complications (!). Une véritable déception quand on connaît les qualités athlétiques et l’explosivité du jeune homme.

Heureusement, Jay Wright disposera d’un autre prospect 5-étoiles en la personne de Jeremiah Robinson-Earl (poste 3-4).

Lui aussi présent à Atlanta pour le McDonald’s All-American Game en mars dernier, il sera le plus grand Wildcat cette année. Mais ses qualités ne s’arrêtent pas là : il dispose de très bonnes mains, se déplace facilement et termine très efficacement au cercle.

2 autres prospects 4-étoiles ont aussi rejoint la Pennsylvanie.

Eric Dixon (poste 3) se révèle être un attaquant prolifique dont l’envergure et surtout une excellente main gauche constituent de véritables atouts. De plus, Justin Moore (poste 2-1) est impressionnant sur les drives et il dispose également d’un shoot extérieur efficace. Potentiel back-up de Bryan Antoine (s’il revient).

Et enfin, pour terminer sur une belle note, Chris Arcidiacono (poste 1), petit frère de Ryan (champion et MOP avec Villanova en 2016), tentera surtout d’avoir un peu de temps de jeu en sortie de banc.

Le joueur à suivre de très près :

Saddiq Bey (sophomore) : 8.2 points, 5.1 rebonds et 1 interception en 30 minutes.

Saddiq Bey est LA bonne surprise de la saison dernière à Villanova.

Les attentes n’étaient pas particulièrement focalisées sur lui l’an passé. Alors, sans pression, il a saisi sa chance pour finalement obtenir un des plus gros temps de jeu de l’effectif.

L’ailier a notamment marqué les esprits avec un premier match à 16 points et 4 rebonds en 21 minutes.

Récompensé par une nomination dans la All-Freshman Team de la conférence Big East, Saddiq Bey s’est illustré comme un joueur très complet en défense comme en attaque. On peut donc logiquement s’attendre à le voir hausser le ton cette année et endosser un rôle important au centre de l’équipe des Wildcats.

Le cinq majeur possible :

Collin Gillespie (junior): 10.9 points, 2.8 passes décisives, 2.4 rebonds en moyenne l’an passé.

Justin Moore (freshman): lycée.

Bryan Antoine (freshman): lycée.

Jermaine Samuels (junior): 6.4 points, 5.4 rebonds, 1 passe décisive en moyenne l’an passé.

Saddiq Bey (sophomore): 8.2 points, 5.1 rebonds, 1.3 passes décisives en moyenne l’an passé.

Présentation de la saison de Villanova

La dernière saison était décevante mais nous sommes en droit de nourrir des attentes élevées à la vue des derniers exercices. D’autant plus avec un chef d’orchestre tel que Jay Wright.

Et comme l’an passé, il faudra combler les départs des joueurs sélectionnés à la dernière Draft NBA (Phil Booth et Eric Paschall). Villanova pourra sans aucun doute compter sur la hargne du nouveau leader de l’équipe, Collin Gillespie, ainsi que sur les joueurs expérimentés que sont Jermaine Samuels et Dhamir Cosby-Roundtree.

Dans une Big East toujours plus relevée, les Wildcats peuvent être considérés comme favoris pour le titre de conférence.

L’effectif apparaît encore assez jeune. Le banc manque peut-être de profondeur, notamment au niveau des postes arrières. Les incertitudes sur la participation de Bryan Antoine sèment le doute.

Toutefois, ce qui construit les grands programmes, c’est bien leur capacité à s’adapter et surtout à répondre présent chaque saison quels que soient les événements.

Plus de lecture ?
Payton Pritchard Oregon vs Washington 2019
#CBBPreview : Oregon doit, à nouveau, prouver sa valeur