Joshua Mball Buffalo Bulls vs St Bonaventure Basketball 2021
(Crédit photo : Buffalo Bulls Athletics @UBmenshoops)

“CBB Preview” : qui sont les 23 français en Division I en 2021-22 ?

Débutons avec un fait : il n’y a jamais eu autant de basketteurs français en NCAA.

En 2021-22, ils seront un total de 23 “frenchies”.

La situation causée par la pandémie du COVID-19 n’a pas stoppé l’exode de basketteurs de l’autre côté de l’Océan Atlantique pour tenter l’aventure américaine et découvrir les parquets universitaires. La NCAA est devenue une nouvelle attraction, et, surtout, les meilleurs prospects français n’hésitent plus à franchir le cap.

Il est important de médiatiser et d’aider à connaitre les athlètes français en NCAA, et notamment au plus haut niveau, en Division I. La chronique “French Corner” existe déjà pour vous garder à jour. Aujourd’hui, on entre à deux pieds dans la saison avec une liste exhaustive des français qu’il faudra suivre à partir du mois de novembre. 

À l’aube d’une nouvelle saison de basketball universitaire, aucun autre choix que de lister les 23 français qui joueront en Division I en 2021-22.

Les meilleurs français attendus au tournant :

Moussa Diabate (Michigan)

Après s’être révélé avec l’Equipe de France lors du FIBA U18 European Championship en Grèce en 2019, il n’est pas seulement le prospect français le mieux côté à l’heure actuelle en NCAA, Moussa Diabate est l’un des prospects les plus attendus de l’ensemble de la ligue de basketball universitaire.

Toute nationalité et position confondues.

Recruté par Juwan Howard à Michigan avec un statut 5-étoiles, une position de 16ème meilleur prospect général (selon 247 Sports) et une apparition au dernier McDonald’s All-American Game, Moussa Diabate incarne tout simplement le futur des Wolverines. Le pivot freshman d’origine parisienne devrait sortir du banc derrière Hunter Dickinson et Brandon Johns Jr., mais, nul doute qu’il devrait obtenir un rôle majeur dans la rotation intérieure de l’équipe dès ses premiers pas.

Le plus intéressant est de savoir, en fonction de sa progression et de son évolution, si Juwan Howard peut placer le français aux côtés de Hunter Dickinson sur le parquet.

A la suite d’une dernière saison réussie à l’IMG Academy (14.1 points à 64% et 7.5 rebonds), une des meilleures équipes du pays en High School et réputée pour produire d’excellents prospects à foison, Moussa Diabate s’est révélé en tant que très bon défenseur aux postes 4 ou 5 ; et, c’est certainement grâce à ces qualités et cette flexibilité qu’il peut s’imposer dans la première rotation de Michigan.

De toute manière, difficile de se tromper avec un intérieur talentueux en Big Ten.

Et, je ne peux m’empêcher de revenir à la combination avec Hunter Dickinson. Bien qu’ils soient encore “bruts” et en développement, les deux jeunes perles de Juwan Howard combinent des qualités (offensives et défensives) indéniables et peuvent emmener les Wolverines vers les plus hauts sommets de la ligue universitaire. N’ayons pas peur des mots.

Quentin Diboundje-Eyobo (Tennessee)

Arrivé sur le tard aux Etats-Unis, Quentin Diboundje a passé l’année passée sur le campus lycéen de la célèbre Montverde Academy pour ses premiers pas de l’autre côté de l’Atlantique. Et cela a fonctionné.

Le natif de Montpellier a tapé dans l’oeil de Rick Barnes et il s’est engagé à Tennessee.

Le freshman a tout d’abord fait ses armes avec les Espoirs de l’Elan Châlon avant de s’arrêter rapidement à l’INSEP. Puis, direction la Floride, où il a performé… et a obtenu un statut 3-étoiles et une place de 155ème meilleur prospect national (selon 247 Sports). Tout s’est passé très vite. Et, malgré son talent, l’inexpérience du basketball américain devrait ralentir son acclimatation chez les Volunteers.

Mais, comme souvent avec Rick Barnes, son année de freshman devrait servir à prendre ses marques et a continué son développement dans l’ombre.

Quentin Diboundje pourrait bien proposer quelques flashs de son talent dès 2021-22, ceci dit. Il propose de très bonnes qualités physiques et le français s’est révélé comme un excellent shooter, notamment à distance. Son positionnement à l’aile peut également devenir un bénéfice non-négligeable. Cette position est la moins définie de l’effectif de Tennessee, ce qui lui laisse de la place pour émerger et prendre ses aises dans la rotation.

En gros, Quentin Diboundje devrait apparaitre et disparaitre des radars d’une semaine à l’autre. Mais il n’a pas posé ses valises à Knoxville pour une seule saison.

Joshua Mballa (Buffalo)

L’heure de la consécration (nationale) pour Joshua Mballa ? Oui, on dirait bien.

Le pivot senior est revenu sur le campus de Buffalo pour une ultime saison après avoir testé sa cote après de la NBA Draft. Cela n’a pas fonctionné comme il l’espérait. Toutefois, son rôle avec les Bulls devrait franchir une nouvelle dimension en 2021-22 avec son retour (et celui de Jeenathan Williams) dans l’une des meilleures raquettes de la ligue… en terme de statistiques.

Buffalo était la meilleure équipe du pays en terme de rebonds par match (43.76) et a terminé en 2ème position en terme de rebonds offensifs par match (14.8) et en 9ème place en terme de rebonds défensifs (28.96). Et, Joshua Mballa était le moteur de cette excellence sous le panier. Le français d’origine bordelaise a cumulé 15.3 points et 10.8 rebonds, dont 6.5 rebonds défensifs, en 34 matchs. Assez bon pour le placer en tant que 10ème meilleur rebondeur de la ligue.

Ah, et on oublierait presque qu’il a terminé MAC Defensive Player of the Year en 2020-21.

Joshua Mballa devrait dominer les raquettes de la conférence MAC et a mérité de devenir un des protagonistes majeurs des Bulls dès la première rencontre de cette nouvelle saison.

L’objectif : tracter cette équipe expérimentée de Buffalo jusqu’au NCAA Tournament. Il sera difficile d’obtenir de meilleures statistiques que celle de l’an passé. Cependant, après avoir rapidement gouté à la March Madness en tant que freshman à Texas Tech, Joshua Mballa peut partager un tel plaisir… et jouer un rôle majeur dans les exploits des Bulls ?

Alexis Yetna (Seton Hall)

Vous vous souvenez de Angel Delgado et Sandro Mamukelashvili à Seton Hall ? En toute honnêteté, Alexis Yetna peut devenir le prochain intérieur dominant des Pirates après les espoirs générés lors de sa première saison à South Florida.

Une grave blessure au genou a déraillé sa progression et il est rentré dans le rang pour son retour dans la rotation des Bulls.

Aujourd’hui en Big East, le senior d’origine parisienne peut mettre à crédit ses très bonnes qualités de rebondeur (8.9 rebonds de moyenne sur les 2 dernières années)… mais, il ne s’arrête pas à cela. Il est capable de rentrer des tirs lointains et il peut faire la dernière passe qu’il faut pour démarquer un collègue. Tout ça pour dire que Alexis Yetna devrait être une pièce majeure des Pirates en 2021-22.

La combinaison avec le grand Ike Obiagu dans le raquette, avec le français déplacé au poste 4, promet beaucoup. Autant que ce dernier seul sur le parquet au poste 5.

Pour son ultime saison en NCAA, Alexis Yetna peut enfin confirmer le titre de AAC Freshman of the Year acquis à South Florida. Et il possède aussi bien la situation favorable dans la raquette que le coaching staff adapté pour exploser au plus haut niveau national. La visibilité et la dureté de la Big East sont également d’excellentes nouvelles pour le français.

Bon, vous vous souvenez de l’utilisation de Sandro Mamukelashvili en 2020-21 ? La même chose.

Les français qu’il faut garder à l’oeil :

Adama Bal (Arizona)

Recruté à Arizona par le nouveau head coach des Wildcats, Tommy Lloyd, et arrivé par la petite porte avec une annonce en mai dernier, Adama Bal n’en reste pas moins que l’un des jeunes européens les plus talentueux engagés en basketball universitaire. Il est âgé d’à peine 18 ans mais il n’arrive pas en terre inconnue : Christian Koloko (Cameroun), Bennedict Mathurin (Canada) et Oumar Ballo (Mali) s’expriment tous les trois en français.

Quoi qu’il en soit, Adama Bal arrive avec un package athlétique très intéressant, une excellente taille pour un guard et des qualités versatiles sur le parquet.

Il ne devrait pas exploser tout de suite, étant si jeune et inexpérimenté au meilleur niveau universitaire (et tout simplement vis-à-vis du basketball américain). Mais, à l’instar de Joel Ayayi, donnez-lui une ou deux saisons pour continuer sa progression et devenir une arme de destruction.

Daniel Batcho (Texas Tech)

Touché au genou à l’aube de la saison dernière (après une rupture des ligaments croisés qui a gâché son année en 2018-19), Daniel Batcho n’a même pas foulé un parquet universitaire de la saison à Arizona. Et, avec le renvoi de Sean Miller, il a décidé de plier bagage. L’intérieur retombe finalement sur ses pieds à Texas Tech.

Lauréat du titre de MVP du Adidas Next Generation Tournament à Belgrade en 2020, Daniel Batcho est arrivé à un statut de prospect des plus talentueux aux Etats-Unis.

A lui de confirmer avec les Red Raiders ; mais, ce ne sera pas pour tout de suite.

Le secteur intérieur de Texas Tech est bouché et le français d’origine parisienne devra attendre son heure. Entre Marcus Santos-Silva, Bryson Williams et Kevin Obanor, les occasions ne manqueront pas pour apprendre et devenir un meilleur joueur pour le futur. Surtout avec 4 années d’éligibilité à disposition.

Louis Lesmond (Harvard)

3 années passées dans une Prep School de la banlieue de Chicago, un statut de prospect 4-étoiles du Top-75 (selon 247 Sports) et Louis Lesmond s’engage auprès de Harvard. Cette aventure en Ivy League ne sera certainement pas la plus médiatique ; mais, sous la houlette de Tommy Amaker, le guard français peut devenir une très belle arme sur les extérieurs du Crimson.

Acteur un peu transparent de la dernière campagne fabuleuse des U19 à la Coupe du Monde, Louis Lesmond retourne “dans l’ombre” pour peaufiner un shoot lointain déjà dangereux et continuer de se construire un physique adéquat pour les Etats-Unis.

Clarence Nadolny (Texas Tech)

A l’image de Daniel Batcho, Clarence Nadolny ne se trouve pas en position favorable dans la raquette de Texas Tech pour récupérer du temps de jeu. A moins que Mark Adams continue de faire confiance au natif de Montreuil au sein de la rotation défensive des Red Raiders.

Le français a participé à 24 rencontres en tant que sophomore et un déclic s’est produit en milieu de saison. Mais, avec l’arrivée d’une nouvelle fournée de transferts, son futur s’assombrit.

Deux directions se dressent : une place solide dans la 2ème rotation… ou un transfert inévitable après avoir été placé en fond de banc.

Yvan Ouedraogo (Grand Canyon)

Son année de freshman à Nebraska promettait énormément. Mais, malheureusement, Yvan Ouedraogo s’est perdu dans le marasme des Huskers. Une nouvelle aventure pleine de promesses, à nouveau, peut débuter sur le campus de Grand Canyon.

Le pivot français a prouvé qu’il était un excellent rebondeur du côté de son premier arrêt universitaire. 5.7 points et 6.3 rebonds en tant que freshman. Déjà à l’aise face aux raquettes rugueuses de la Big Ten, il n’existe aucun doute qu’il devrait être comme un poisson dans l’eau face aux petits intérieurs et aux raquettes “undersized” de la WAC.

Vous pouvez parier sur une explosion de Yvan Ouedraogo avec Bryce Drew. Elle est écrite.

Maxime Raynaud (Stanford)

Dans l’ombre de Victor Wembanyama avec les Espoirs de Nanterre, Maxime Raynaud possède l’occasion de rentrer dans la lumière de plein pied à Stanford. Non pas à cause du pedigree académique de l’Université, mais, davantage par la place laissée dans la raquette avec le départ d’Oscar Da Silva.

Enfin, dire qu’il était dans l’ombre à Nanterre serait forcer le trait. 12.8 points à 53.6%, 46.2% de loin et 7.3 rebonds de moyenne, tout de même.

Maxime Raynaud est le prototype parfait des intérieurs modernes, capables de jouer dos au panier, de faire tourner le ballon pour ses coéquipiers et d’écarter la défense sur le périmètre. Un jouet idéal pour le système de jeu proposé par Jerod Haase.

Alex Tchikou (Alabama)

Le potentiel est très grand. Les attentes ont été très hautes dès lors qu’il s’est engagé avec Alabama. Cependant, on attend toujours de voir Alex Tchikou à l’action. Blessé avant le début de la saison dernière, il n’a pas encore enfilé un maillot universitaire. Cela ne saurait tarder et, par chance, le Crimson Tide tourne à plein régime sous l’égide de Nate Oats.

Le français est également le prototype d’un intérieur moderne, qui s’intègre à la perfection dans les systèmes d’Alabama, tout en apportant une taille nécessaire à cette raquette.

Mais, entre Charles Bediako et Noah Gurley, sans oublier la propension du Crimson Tide à jouer “small-ball”, les opportunités s’amenuisent à vue d’oeil sous le panier. Et encore plus lorsque l’on se rappelle qu’il revient à peine d’une grave blessure au genou.

Le reste des français en Division I :

Melvyn Ebonkoli (Missouri State)

Ludgy Debaut (East Carolina)

Nicolas Elame (UT-Arlington)

Eddy Kayouloud (Central Arkansas)

Kane Milling (UC Davis)

Axel Okongo (Eastern Michigan)

Emilien Chene (Charleston)

Maxime Ekono (Bradley)

Kezza Giffa (UTEP)

Christian Lorng (American)

Nicolas Pavrette (Eastern Michigan)

Tanguy Touze (Jacksonville State)