Tyrese Hunter Iowa State Cyclones vs Baylor 2022
(Crédit photo : Kelsey Kremer - The Des Moines Register)

Les bonnes surprises (et déceptions) du début de saison de basketball en 2021-22

Après 2 bons mois de basketball universitaire en 2021-22, des tendances se démarquent après un début de saison et un calendrier hors-conférence déjà dans le rétroviseur. Ce qui veut dire que l’on peut déchiffrer des bonnes surprises… et des déceptions.

Que peut-on retirer de cette période ?

Quelles équipes se détachent du reste pour les bonnes ou les mauvaises raisons ?

On ne s’apprête cependant pas à rentrer dans des détails ultra-précis pour chaque équipe… car certaines d’entre elles feront l’objet d’une analyse et d’une description plus détaillées dans les prochaines semaines. Surprise. Cette liste sert principalement de récapitulatif des orientations de cette entame de saison (histoire de revenir après notre pause).

Ainsi, aujourd’hui, les 5 bonnes surprises et déceptions en basketball universitaire.

Les bonnes surprises du début de saison de basketball

Miami (FL) Hurricanes (13-3, 5-0 en ACC)

A l’heure où la conférence ACC sombre de la médiocrité, Miami (FL) a pris le taureau par les cornes et a profité des absences de certaines universités majeures pour s’installer au sommet de la hiérarchie. Et, non, ce n’est pas une blague. Les Hurricanes dominent la conférence ACC.

Grâce à une équipe expérimentée et un fond de jeu intelligent basé sur du “small-ball” agressif.

Malgré un record de 12-3 (et invaincu en conférence), il manquait vraiment à Miami (FL) une victoire marquante pour légitimer cette première place en ACC. Le déplacement au Cameron Indoor Stadium de Duke, alors classé #2 au Top-25, était idéal. Résultat ? Un succès dans les ultimes secondes grâce à ses leaders seniors, Charlie Moore et Kameron McGusty.

Les Hurricanes ont obtenu le succès pour valider leur début de saison et pour embellir un CV qui en avait cruellement besoin.

Et il faut désormais prendre Miami (FL) au sérieux pour la course au titre de conférence ACC.

Iowa State Cyclones (13-2, 1-2 en Big 12)

Valeur sure de la Big 12 au milieu des années 2010, Iowa State avait sombré dans les bas-fonds de la conférence et a terminé avec un record négatif lors de 3 des 4 dernières saisons (sauf en 2019 avec Marial Shayok et les freshmen Tyrese Haliburton et Talen Horton-Tucker).

On n’attendait pas la rédemption des Cyclones dans les plus brefs délais à la vue de leur roster.

Et, pourtant, c’est bien ce qu’il s’est passé en cette entame de saison.

Iowa State a ouvert la saison sur une série de 12 victoires avec des équipes telles que Xavier, Memphis, Creighton et Iowa au tableau de chasse. Plus que solide. Et même la première défaite face à #1 Baylor, de 5 petits points, était encourageante. De plus, les Cyclones ont rebondi avec une belle victoire face à Texas Tech dans la foulée.

Seule la dernière défaite, à Oklahoma, fait tâche sur le CV.

Mais, de telles performances dans une conférence Big 12 exceptionnelle (où 8 équipes sur 10 comptent 3 défaites ou moins en 14-15 matchs) et avec un Izaiah Brockington esseulé, c’est fort.

Arizona Wildcats (12-1, 2-0 en Pac-12)

Les dernières saisons de Sean Miller ne se sont pas bien terminées (c’est le moins que l’on puisse dire) et Arizona recommençait à zéro avec l’arrivée de Tommy Lloyd après 20 ans à Gonzaga.

L’objectif était-il de dominer la conférence Pac-12 dès 2021-22 ? Non.

Et, pourtant, est-ce la réalité ? Oui.

Bennedict Mathurin Arizona Wildcats Pac-12 Player of the Week 2022
(Crédit photo : James Black – Icon Sportswire via Getty Images)

Les Wildcats figurent déjà à la porte du Top-5 et se battent en duel à distance avec UCLA et USC pour la première place de la conférence. Sauf que la différence avec le passé récent, au-delà des résultats, est que le fond de jeu de Tommy Lloyd se trouve à des années lumière de celui proposé par les équipes de Sean Miller. (Surprise… ou pas.)

Une équipe offensive avec un jeu collectif, où la ballon tourne extrêmement bien, et avec une domination sous le panier. Arizona partait en même temps avec un effectif bourré de talents et de QI grâce à Bennedict Mathurin, Azuolas Tubelis, Christian Koloko et Kerr Kriisa. Les Wildcats ne viennent pas de nulle part.

Et même la rédaction se doutait avant la saison que Arizona pouvait devenir une belle surprise.

Auburn Tigers (14-1, 3-0 en SEC)

Le parcours de Auburn est un peu atypique ; pour les mauvaises raisons en grande partie.

Après un run jusqu’au Final Four en 2019, les Tigers étaient bien partis pour récidiver un tel exploit… avant que la pandémie du COVID-19 annule la March Madness suivante, que les meilleurs talents s’en aillent pour diverses raisons et que le programme se suspende lui-même pour la fin de saison à la suite de violations du règlement universitaire de recrutement.

L’équipe de Bruce Pearl était retombée dans le ventre mou de la conférence SEC. Et, puis, une nouvelle génération a émergé en cette nouvelle saison. Le freshman Jabari Smith s’est révélé (on parle carrément d’un potentiel “National Player of the Year”) et a pris les rennes de l’équipe devant les sophomores K.D. Johnson (arrivé de Georgia à l’intersaison) et Wendell Green Jr., qui ont pu se faire la main l’an passé en tant que contributeur en première année.

Donc, hormis une incartade contre UConn en 2OT, Auburn a dominé son sujet.

Loyola-Chicago et Saint Louis sont passés à la trappe avant que les Tigers écrasent le début du calendrier de conférence SEC. Demandez à LSU et les 15 points pris dans le visage.

Davidson Wildcats (12-2, 2-0 en A-10)

La saison de Davidson avait mal débuté avec 2 défaites face à San Francisco et New Mexico State lors des 3 premières rencontres. Et, puis, un enchainement de 11 victoires consécutives avec Alabama en plein milieu de la chaîne.

La recette est pourtant simple ; et digne de l’identité de l’équipe.

Des artilleurs à 3-pts incroyablement précis au sein d’un jeu offensif fluide et rapide.

Hyunjung Lee continue de se régaler à distance (avec Luka Brajkovic en appui à l’intérieur) et Foster Loyer a quitté le bourbier de Michigan State pour s’épanouir, enfin, avec les Wildcats. Et cela fonctionne. Dans une conférence A-10 aussi relevée que dense, Davidson semble une tête de demie au-dessus de la concurrence avec une attaque des plus séduisantes.

On n’attendait pas les Wildcats à pareille fête… et, à l’heure actuelle, ils sont en passe de devenir une des crèmes des Mid-Majors.

Quelques équipes en bonus (parce qu’on avait du mal à ne pas les citer) :

  • Baylor… pour leur capacité à se renouveler après un titre national avec de nouveaux joueurs/leaders.
  • Houston… pour des résultats identiques malgré les blessures de Marcus Sasser et Tramon Mark.
  • USC… pour un record invaincu sorti de nulle part (même si celui-ci manque de références).
  • Michigan State… pour le rebond à la suite d’une saison très médiocre.
  • Colorado State… pour la confirmation du statut d’excellente équipe des Mid-Majors, comme attendu.

Les mauvaises surprises… ou déceptions du début de saison

Michigan Wolverines (7-6, 1-2 en Big Ten)

Les Wolverines étaient attendus au tournant afin de viser un Final Four (ou mieux) à la March Madness. Sauf que Michigan n’a jamais confirmé la hype de pré-saison sur le parquet. Et, aujourd’hui, l’équipe pointe à 7-6 avec une meilleure victoire face à San Diego State.

Ce n’est pas du tout là où l’on imaginait les hommes de Juwan Howard à l’automne.

Hunter Dickinson domine toujours dans l’ombre… et c’est à peu près tout.

Eli Brooks a un peu progressé, DeVante’ Jones n’apporte pas l’impact entrevu à la mène alors que Caleb Houstan et Moussa Diabaté ont été attendus plus haut que leur impact réel en tant que freshmen. Peut-être a-t-on vu les Wolverines trop beaux et trop vite ? Oui, certainement.

Une attaque très peu efficace et une défense des plus poreuses (sans oublier les soucis face à la pandémie du COVID-19). On ne reconnait pas du tout cette équipe de Michigan.

Florida State Seminoles (8-5, 2-2 en ACC)

Valeur sure de l’ACC sous Leonard Hamilton, Florida State connait un début de saison fantomatique et ne ressort même pas du lot au sein d’une conférence très moyenne. C’est dire.

Il semblerait que les Seminoles ont succombé aux départs de Scottie Barnes, M.J. Walker et Raiquan Gray. En même temps, ils étaient les 3 meilleurs contributeurs. D’autant plus qu’on espérait que Anthony Polite et Malik Osborne reprennent le flambeau avec succès. Mais leur émergence n’est pas aussi prégnante que leurs prédécesseurs.

Et l’explosion de Caleb Mills, arrivé sur transfert de Houston, n’est pas (encore) arrivée.

Caleb Milles Florida State Seminoles vs Louisville 2022
(Crédit photo : Alicia Devine – Tallahassee Democrat)

Le fond de jeu a lui-aussi pris un coup derrière les oreilles ; et ce n’est clairement pas beau à voir. Véritable ancre des Seminoles, la qualité de la défense a elle-même reculé et ne peut sauver les errements offensifs.

Cependant, la voie est libre en conférence ACC pour rebondir et revenir sur le devant la scène. Et on peut compter sur Leonard Hamilton.

Oregon Ducks (9-6, 2-2 en Pac-12)

Au même titre que Florida State, Oregon s’est imposé comme un patron de la conférence Pac-12 avec Dana Altman. Les 4 titres de saison régulière en 6 saisons parlent d’eux-même. Et les Ducks sont arrivés à se renouveler à chaque année malgré les vagues.

Les attentes étaient plutôt élevées avec les arrivées de l’intersaison.

Mais, clairement, celles-ci ne se sont pas concrétisées.

De’Vion Harmon et Quincy Guerrier ne brillent pas aussi fort qu’espéré en attaque ; et ralentissent même cette dernière plus qu’autre chose. Les transferts de Dana Altman sont très souvent des bonnes pioches et réussissent leur arrivée d’entrée. Ce n’est pas la cas avec cette cuvée.

Malheureusement, la conférence Pac-12 est moins ouverte avec les équipes de Los Angeles et la rédemption d’Arizona. Et l’attaque patine au même titre que la défense a régressé. Cela parait compliqué.