Bellarmine Knights Basketball A-Sun 2022
(Crédit photo : Twitter @BUKnightsMBB)

Bellarmine, dernière victime de la toute puissante NCAA

En 2 saisons, Bellarmine a mis le monde du basketball universitaire dans ses poches.

L’université privée de Louisville, dans le Kentucky, longtemps pensionnaire de Division II universitaire, a fini de se faire un nom. Et pourtant, en rejoignant la conférence Atlantic Sun à l’aube de la saison 2020-21, les Knights n’imaginaient sans doute pas briller de sitôt.

Mais, pourquoi s’arrêter de gagner…

…quand une véritable culture de la gagne s’est établie depuis de longues années ?

L’arrivée de Scott Davenport a tout changé à Bellarmine

Pour comprendre la success story des Knights, il faut connaître leur origine.

Alors que son palmarès demeure très mince (un seul titre de champion de conférence en 1991), le petit programme de Louisville connait une ascension fulgurante au cours des années 2000. La raison ? L’arrivée sur le campus de Scott Davenport, ancien entraineur assistant de Louisville. 

Depuis, et malgré 3 saisons moyennes pour démarrer l’aventure universitaire, Bellarmine est devenu l’un des principaux programmes de basketball universitaire en Division II. Les Knights ont remporté la Great Lakes Valley Conference à 5 reprises et se sont adjugés 11 participations consécutives au NCAA Tournament de Division II ; dont 4 apparitions au Final Four.

Bellarmine connait même son apogée le 26 mars 2011.

Lorsque les Knights ont remporté leur premier titre de champion national.

Mais, après avoir dominé le deuxième échelon universitaire, Scott Davenport et ses joueurs s’apprêtaient à relever un nouveau défi : la transition en Division I.

Un passage maitrisé à la perfection par les Knights qui ont tout de suite marqué les esprits.

Bellarmine ou l’équipe qui ne dribblait jamais…

Ainsi, les hommes de Scott Davenport remportaient 14 victoires, pour seulement 8 défaites, lors de leur première saison dans la conférence A-Sun. Un bilan flatteur mais au-delà même des résultats, c’est le fond de jeu des Knights qui a marqué les observateurs

L’équipe qui ne dribblait jamais.

Tel était le surnom attribué à cette redoutable équipe de Bellarmine.

Et pour cause, alors que toutes les meilleures attaques du pays développaient leur jeu en abusant du pick-and-roll, les Knights n’utilisaient que très peu de dribbles. Une anomalie à ce niveau mais un style de jeu redoutable qui permettait à Bellarmine de posséder l’une des meilleures attaque du pays. 

Surtout, les Knights ont eu le don d’inspirer des équipes du monde entier.

Un véritable laboratoire à taille humaine. Après tout, Scott Davenport ne s’y trompe pas : le ballon circule toujours plus vite par la passe plutôt que par le dribble

Le succès… puis la contreverse 

Cette année encore, en 2021-22, Bellarmine a rencontré son lot de succès.

S’ils n’ont pas scoré autant, la faute à un manque d’adresse à 3-points, les Knights ont tout de même remporté 20 succès en saison régulière, dont 11 au sein de la conférence A-Sun. Mieux encore, les Knights ont retrouvé leur mojo à l’approche du tournoi de conférence.

D’abord, en désossant Florida Gulf Coast puis en réussissant un upset de choix face à Liberty, considéré comme l’épouvantail de la conférence.

Et, enfin, en remportant le tournoi de conférence face à Jacksonville. 

Le conte de fées aurait pu se poursuivre au NCAA Tournament.

Bellarmine aurait pu prétendre à de faux airs de Cendrillon.

Sauf que la législation de la NCAA a, comme trop souvent, mis fin à la belle histoire. 

Avec 2 années de Division I dans les pattes, les Knights restent inéligibles à la March Madness pour leurs 4 premières saisons du fait de la transition entre le Division II et la Division I.

Mais, alors, quel est le problème ?

Celui-ci est pourtant simple : une équipe méritante sur le terrain est empêchée de prendre part à un tournoi pour des raisons administratives. Une hérésie pour un coaching staff et des joueurs qui se sont faits la peau, depuis de longues années, pour toucher ce rêve du doigt. 

Pire encore, Bellarmine ne disputera même pas le NIT. Un tournoi, pourtant disputé sur invitation, boudé par de nombreuses équipes déçues d’avoir manqué le NCAA Tournament où 68 équipes se disputent le titre de champion national.

Un champion de conférence n’y sera même pas invité.

Une sentence que les Knights n’ont appris que quelque jours plus tôt. “Une décision injuste”, selon les dires de Scott Davenport.

Et c’est d’autant plus difficile à accepter que l’équipe compte 5 joueurs seniors. 

Une injustice également mise en lumière par l’exemple de l’équipe féminine de Cal Baptist. En 2021, et alors que l’équipe n’a pas encore joué 4 saisons en Division I, l’équipe était autorisée à jouer le NIT. La raison ? Le NIT féminin n’appartient pas à la NCAA. 

De quoi enrager les joueurs de dernière année. 

Si nous étions des femmes, nous pourrions disputer le NIT. La NCAA a le pouvoir de nous inviter. Nous voulons vraiment disputer ce tournoi et nous pensons que nous méritons notre place

s’exclamait le guard senior Juston Betz lors d’une conférence de presse improvisée. 

La balle est désormais dans le camp de la NCAA.

Après tout, il serait tout de même dommage que l’instance passe, une fois de plus, pour une organisation sans coeur et inefficace pour répondre à des situations inattendues. Plus que jamais, le basketball doit se jouer sur le terrain et nulle part ailleurs.