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(Crédit photo : Peter G. Borg-Rider Athletics)

“Gem of the Week” : Rider Broncs (MAAC)

Midnight On Campus apporte en cette saison de basketball universitaire un nouveau rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur une découverte de la semaine, la “Gem of the Week“. Le principe ? Analyser en profondeur une équipe qui nous a impressionné au cours de la semaine, que ce soit une équipe issue du Power Six ou des Mid-Majors.

 

Après des dossiers à propos de WashingtonFurmanIowaThe CitadelSan FranciscoOle Miss, et plus récemment East Tennessee State, on reste du côté des Mid-Majors avec le possible représentant de la MAAC à la March Madness : Rider.

 

Rider, leader de la MAAC… par intérim ?

 

Je préfère vous prévenir tout de suite : les amateurs de beau jeu et d’attaque flamboyante, l’équipe de Rider n’est pas faite pour vous. Par contre, les aficionados de défense et de sacrifice, c’est l’équipe idéale.

Cette saison, la MAAC semble être la conférence la moins huppée en Mid-Majors.

En effet, les anciens patrons comme Monmouth (vous vous souvenez surtout du programme pour ses danses sur le banc), Manhattan, Marist ou encore Iona connaissent une période de reconstruction. Du coup, des équipes telles que Quinnipiac, Canisius et nos poulains de Rider se posent comme favori pour le titre dans la conférence.

A l’heure actuelle, nous sommes le 31 janvier et Rider est leader dans la conférence.

Mais la concurrence n’est pas loin derrière et rien n’est joué, surtout que le tournoi de conférence s’annonce extrêmement ouvert. Les Broncs viennent de battre une équipe de Marist qui végète dans les bas-fonds de la MAAC, mais qui a tout de même donné du fil à retordre à leurs adversaires du soir.

Bon, ce n’était pas le match de l’année, loin de là. Je n’étais pas loin de m’endormir devant le replay, avec une première période usante, mais pas de manière positive. Ah, la magie de la MAAC.

Fort heureusement, le deuxième acte (et les trois dernières minutes du premier) s’est révélé plus ouvert et au final, nous avons eu droit à une belle deuxième période, avec un money-time passionnant. Au final, Rider s’impose sur le fil, d’un petit point (86-85) et reste leader de la conférence.

 

Une défense trappe qui provoque le chaos là où elle passe

 

Qui est Rider ? C’est un groupe jeune avec des sophomores qui prennent l’équipe en mains.

L’intérieur Frederick Scott est une agréable découverte cette saison, en apportant un véritable impact dans la raquette. Son compère à l’intérieur, le junior Tyere Marshall, est le profil idéal dans une équipe, effectuant le travail de l’ombre. Mais le facteur X depuis quelque temps, c’est bien le sophomore Jordan Allen, qui apporte une réelle plus-value avec son adresse à longue distance.

Sans oublier le leader Dimencio Vaughn. Le redshirt sophomore connaît une saison un peu délicate, loin de sa saison dernière (avec quasiment 17 points de moyenne). Il faut dire que certains de ses coéquipiers ont pris du gallon et Dimencio Vaughn reste un shooteur, qui peut avoir des coups de mou qui sont légitimes pour un joueur de son profil. Mais il n’en reste pas moins un joueur excellent, capable de guider son équipe jusqu’à la grande danse de mars.

Passons maintenant à la marque de fabrique de Rider : sa défense (trappe) tout-terrain.

Comme vous allez le voir, l’équipe presse et trappe à tout-va lors de la remontée de balle de l’adversaire. Le but est simple : ralentir le tempo et faire perdre du temps à l’attaque adverse, qui va devoir se précipiter pour prendre un tir. Au mieux, le ballon est intercepté, ce qui arrive (trop) souvent.

D’ailleurs, selon Kenpom, Rider est la 25ème meilleure équipe du championnat au niveau des pertes de balles provoquées par match.

 

 

 

A l’image de la conférence, tout n’est pas parfait pour les Broncs

 

Mais organiser une telle défense, aussi agressive et surtout aussi haute, comporte un gros risque. Si jamais l’adversaire passe le premier rideau, c’est porte-ouverte derrière.

Lors de la rencontre contre Marist, la défense s’est retrouvée plusieurs fois en infériorité numérique… On peut attribuer quelques revers sur la première partie de saison à ce point. On pense notamment face à Hofstra, où la défense de Rider était aux abonnés absents et la trappe peu efficace.

Pourtant, le programme mise essentiellement sur sa presse pour inscrire des points facilement en transition. La zone 3-2 comporte des failles évidentes, notamment quand l’adversaire fait circuler le ballon longtemps (avec au moins deux ou trois renversements).

Offensivement, les Broncs jouent avec un fond de jeu assez simpliste, sur une base de Princeton Offense du pauvre, avec énormément d’écrans. Mais les joueurs à l’opposé n’ont pas d’impact, ne proposant pas souvent des solutions. Cela reste un jeu basique, avec toutefois une alternance intérieure-extérieure qui fait évoluer un peu le jeu.

Rider n’est pas l’équipe la plus flashy du pays. Cela me fait penser à NC Central, une équipe surtout défensive et qui se repose sur des individualités sur le plan offensif.

Sauf surprise, les Broncs iront à la March Madness (attention à Iona, par exemple, qui sait se frayer un chemin pour atterrir à la grande danse), avec en ligne de mire un seed 16 et un First Four en perspective tant la conférence est tombée dans les abysses du paysage universitaire.

En tout cas, malgré un niveau de jeu loin des standards habituels, c’est toujours plaisant de mettre en valeur un tel programme.

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