À Arizona, l’internationalité fait la force

Les premières paroles du tube “À l’international” de Tal sont vraisemblablement arrivées jusqu’à Tucson. Et, plus particulièrement, jusqu’aux oreilles du front office qui est chargée entre autre du recrutement de l’équipe de basketball d’Arizona.

J’aimerais bien faire de grands voyages

Découvrir des pays sauvages,

Tous ces trésors que l’on nous cache

Les mines d’or que les hommes s’arrachent

TAL, “À l’international”

L’effectif d’Arizona est composé en grande partie de joueurs non-américains.

Du Mali à la Suède, en passant par l’Estonie, le Canada, la Lituanie, le Cameroun et même la France ; c’est le monde entier ou presque qui est représenté sur le campus de Tucson. Les trésors cachés sur les autres continents, dans ces “pays sauvages”, ont été déterrés par le board d’Arizona.

Pour le plus grand bonheur des fans des Wildcats, à qui tout réussi cette saison.

Classé #3 à l’AP Top 25, Arizona compte 28 victoires pour seulement 3 défaites et vient d’être sacré champion de saison régulière en conférence Pac-12.

Tommy Lloyd, l’homme de la situation à Arizona

La réussite d’Arizona en 2021-22 s’explique principalement par l’arrivée de Tommy Lloyd.

L’ancien bras droit de Mark Few à Gonzaga est arrivé l’été passé sur le campus de Tucson à la tête des Wildcats, succédant ainsi à Sean Miller, quant à lui dans les petits papiers du FBI. Il se devait de ré-instaurer une culture de la gagne dans un programme en perte de vitesse depuis quelques années.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il l’a fait avec plus de succès qu’attendu.

Rappelons qu’à l’aube de la saison régulière, les spécialistes ne classaient même pas Arizona dans le Top 25.

Manquement aujourd’hui réparé, puisqu’ils pointent au 3ème rang national.

Et si la mayonnaise a si bien pris du côté des Wildcats, c’est également dû au fait que Tommy Lloyd est l’homme idéal pour gérer le côté international de l’équipe. Tommy Lloyd a réalisé une humble carrière de joueur à l’étranger au-delà d’être un excellent tacticien. Ce qui lui a permis de découvrir l’Allemagne ou encore l’Australie.

Un goût pour le voyage et la découverte que l’actuel coach d’Arizona a continué de développer lors de ses 20 années passées à Gonzaga, en tant qu’assistant de Mark Few. Vous le savez peut-être, le programme de basketball de Gonzaga est connu pour son recrutement très international ; et Tommy Lloyd y est tout sauf étranger.

Tommy Lloyd (à gauche) a été l’assistant de Mark Few pendant 20 ans. (Crédit : Daren Yamashita)

À Spokane, il est très vite devenu LE recruteur de référence à l’étranger en NCAA.

Un seul et même homme se cache derrière les recrutements de Ronny Turiaf (France), Domontas Sabonis (Lituanie), Przemek Karnowski (Pologne), Killian Tillie (France), Filip Petrusev (Serbie) et consorts. Cet homme n’est autre que Tommy Lloyd, vous l’aurez deviné.

Il a, au total, recruté des joueurs de 17 nationalités différentes durant son séjour à Spokane.

C’est donc un euphémisme de dire que Tommy Lloyd était l’homme de la situation en arrivant à Arizona. Une équipe dans laquelle jouaient déjà 5 joueurs internationaux : les frères Azuolas et Tautvilas Tubelis (Lituanie), Kerr Kriisa (Estonie), Ben Mathurin (Canada) et Christian Koloko (Cameroun).

Le nouveau head coach d’Arizona a même accentué ce côté cosmopolite en prenant Oumar Ballo (Mali) dans ses valises de Gonzaga et en recrutant Pelle Larsson (Suède) et Adama Bal (France).

Cela faisant d’Arizona l’équipe la plus internationale de NCAA.

Le monde tourne rond à Arizona

Mais encore fallait-il réussir à faire jouer tout ce beau monde ensemble.

Et Tommy Lloyd a magnifiquement relevé ce défi.

D’autant plus qu’Arizona ne renie pas son amour pour l’étranger. En effet, outre les locaux Dalen Terry et Justin Kier, tous les joueurs prépondérants des Wildcats sont non-américains.

Pour preuve, les 5 meilleurs scoreurs de l’équipe sont internationaux.

À commencer par Bennedict Mathurin.

Natif de Montréal, le sophomore réalise une saison de haut vol (17.3 points, 5.7 rebonds, 2.5 passes), justifiant son choix de ne pas se présenter à la NBA Draft 2021. Un choix payant puisqu’il est attendu en tant que lottery pick en 2022. Et, pour couronner le tout, le Québecois a remporté le titre de Player Of the Year en conférence Pac-12.

En attaque, le Canadien peut compter sur Azuolas Tubelis (Lituanie) et Kerr Kriisa (Estonie). Le dernier cité mène le jeu à merveille (10.1 points, 4.9 passes), pendant que le premier s’occupe de tout le reste (14.7 points, 6.3 rebonds, 2.4 passes).

De l’autre côté du terrain, le Camerounais Christian Koloko dégoûte les big men adverses, bien suppléé par le Malien Oumar Ballo. Les deux hommes font la paire et distribuent des blocks à tour de bras (2.8 pour Koloko et 1.1 pour Ballo). La tour de contrôle Koloko (2m16) a d’ailleurs été élue MIP et Defensive Player Of the Year en Pac-12.

En sortie de banc, Pelle Larsson est la cerise sur le gâteau des Wildcats. Le Suédois a été nommé Sixth Man Of the Year de la conférence.

Enfin, sur le banc, Tommy Lloyd a, lui aussi, eu droit à sa petite récompense en raflant le titre de Coach Of the Year de conférence Pac-12… dès sa première saison en tant que head coach. Il a réussi à faire de l’internationalité d’Arizona une force.

De retour pour briller au NCAA Tournament

En mars, les Wildcats retrouveront le NCAA Tournament.

Un tournoi qu’ils retrouvent après 3 ans d’absence, soit, une anomalie pour un des meilleurs programmes de basketball universitaire de la dernière décennie, que les joueurs et leur head coach ont à coeur de corriger.

Sauf tremblement de terre, Arizona devrait hériter d’un seed #1 et se positionne logiquement parmi les favoris au titre suprême.

Sur le terrain, l’attaque des Wildcats est l’une des, si ce n’est LA meilleure attaque du pays. Tommy Lloyd a fait du jeu offensif d’Arizona un délice et les statistiques ne font que le confirmer. Arizona est la 4ème meilleure attaque en terme de points marqués (84.7), ainsi que la 2ème en terme de passes décisives par match (20.1).

De beaux témoins du jeu léché qu’ils proposent à chaque soir.

À eux de faire perdurer cela en mars, afin de faire briller Arizona dans le monde entier, à l’international.