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Winthrop Eagles Celebration Big South Champion 2020
(Crédit photo : AP Photo - Nell Redmond)

“A la recherche de Cendrillon” : Winthrop Eagles (Big South)

Le mois de mars bat son plein et, jour après jour, certaines équipes remportent leur tournoi de conférence et un ticket automatique pour la March Madness. Comme chaque année, Midnight on Campus présente les champions en provenance des Mid-Majors afin de découvrir les futures Cendrillon du tournoi. Deuxième épisode : le représentant de la Big South, Winthrop.

Quelles sont les forces et les faiblesses des Eagles ? Qui est le joueur à suivre… et plus encore ? Les statistiques complètes de l’équipe ?

Fiche d’identité de Winthrop :

  • 24 victoires pour 10 défaites, 15 victoires pour 3 défaites en Big South (1er).
  • 81.3 points inscrits (7ème national), 40.8 rebonds (20ème national), 15.9 passes (27ème national), 71.5 points encaissés.
  • Victoires notables (hors-conférence) : Saint Mary’s (61-59), Hartford (67-57).
  • Défaites notables (hors-conférence) : Duke (83-70), Fresno State (77-74), TCU (70-60), Furman (80-73).

Le cinq majeur type de Winthrop :

  • Chandler Vaudrin (junior) : 9.3 points, 5.8 rebonds et 5.8 passes de moyenne.
  • Kyle Zunic (junior) : 5.5 points, 3 rebonds et 1.9 passes de moyenne.
  • Hunter Hale (junior) : 13.9 points et 3.6 rebonds et 1.8 passes de moyenne.
  • Michael Anumba (sophomore) : 6.8 points et 4 rebonds de moyenne.
  • Josh Ferguson (senior) : 11.4 points et 6.6 rebonds de moyenne.

Retour sur la saison régulière de Winthrop

Une lutte acharnée était prévue dans la Big South en 2019-20 avec les deux mêmes programmes qu’à l’accoutumée, Winthrop et Radford. Fort heureusement, le duel a bien eu lieu et a donné une seconde partie de championnat haletante.

Le calendrier était assez relevé lors des matchs hors-conférence pour les Eagles, avec plusieurs équipes du Power Six. Alors que l’on prédisait le pire, Winthrop a démontré de belles choses durant cette première partie de saison, malgré un bilan qui ne suit pas (6-7). Il faut dire que le groupe a enchaîné Duke, Coastal Carolina, TCU puis Furman en décembre. Une préparation idéale pour les matchs de conférence, mais, à double tranchant avec des lourdes défaites interviennent.

Mais le contraire s’est produit et les Eagles ont montré un visage séduisant en attaque (la marque de fabrique de l’équipe). Par exemple, 70 points sur le parquet de Duke, ce n’est pas commun. On peut tout de même regretter les 2 revers contre Coastal Carolina et Furman, qui, avec un peu de réussite positive, pouvaient se traduire par 2 victoires.

Quitte à choisir, il vaut mieux avoir de la réussite en mars plutôt qu’en décembre.

Winthrop commence les matchs de conférence avec 12 victoires consécutives en Big South, dont une en 3OT contre Gardner-Webb et un succès sur le parquet du “rival”, Radford. Tout roule pour les Eagles. Le calendrier difficile porte ses fruits dans la préparation des grands matchs. Certains devraient en prendre de la graine.

Forcément, il existe toujours un coup d’arrêt dans une saison.

Celui de Winthrop intervient début février avec 3 revers en 4 matchs contre 3 concurrents au podium : Radford, Gardner-Webb et Hampton.

Une physionomie identique lors de ses rencontres : la réussite sur la ligne des lancers-francs est désastreuse, et défensivement, cela manque de concentration avec des retards sur aides ou des mauvais positionnements aux rebonds. Mais, nous sommes habitués avec les Eagles.

Winthrop partage le titre avec Radford à l’issue de la fin de saison régulière et récupère un seed #2 pour le tournoi de conférence (avec les matchs à domicile jusqu’en finale si jamais Radford arrive aussi en finale).

Une démonstration contre USC Upstate (106-70) lors du premier match du tournoi, avant de retrouver le poil à gratter, Gardner-Webb. A l’image des matchs de saison régulière, une lutte âpre avec deux équipes qui se répondent du tac-o-tac. Un match plaisant à voir, et, au final, les Eagles accèdent à la finale (78-66).

Mais, une surprise : Radford n’est pas qualifié en finale, battu par la surprise Hampton, qui s’est imposé contre l’autre cador en 1/2 finale.

Hampton débute idéalement la finale de conférence Big South en prenant le leadership au tableau d’affichage, bien porté par son scoreur, Jermaine Marrow. Petit à petit, Winthrop gratte son déficit et la bascule se produit dans les premiers instants du second acte. Les Eagles défendent (enfin) et limitent le plus possible l’impact de Marrow, qui connait l’un de ses pires matchs au niveau de l’adresse.

Plus complet (avec quelques coups de sifflets qui ont provoqué un pétage de câble au head coach de Hampton), Winthrop remporte le tournoi et obtient son ticket pour la March Madness, pour la 2ème fois en 4 saisons.

Le joueur à suivre : Hunter Hale (junior)

13.9 points, 3.6 rebonds et 1.8 passes de moyenne.

Le parcours de Hunter Hale n’a pas été tout rose avant son arrivée à Winthrop.

Après une saison de freshman fantomatique à Central Michigan, où il n’a pas eu sa chance, il décide de partir en Division II à Grand Valley State University, histoire de se relancer. Et, là, c’est l’explosion. Il attire rapidement les programmes de Division I, et notamment Winthrop, qui obtient finalement l’accord du joueur avec la promesse d’un temps de jeu adapté.

Le head coach des Eagles, Pat Kelsey, ne tarit pas d’éloges lors de la présentation de sa nouvelle recrue :

Hunter Hale est une excellente addition pour nous.

C’est un 2-way player, un profil qu’on n’avait pas spécialement au sein de l’effectif, donc je suis ravi. C’est un joueur efficace, mais plus important, un leader inné, mature, qui a la tête sur ses épaules. J’ai hâte de l’entrainer.

Hunter Hale prend rapidement la place de titulaire au poste d’ailier, en 3&D par excellence. Très adroit à longue distance, c’est aussi un joueur polyvalent qui sait tout faire sur un parquet. Il défend et il crée le jeu pour ses coéquipiers, avec une bonne vision de jeu doublé d’un handle correct, ce qui fait de lui une menace très sérieuse pour ses adversaires.

Au final, plus on avance dans la saison et plus Hunter Hale prend ses aises.

Il est aujourd’hui le leader de Winthrop après seulement une année au sein de l’équipe. Cela montre bien qu’une pige en Division inférieure ne sabote pas une possible carrière en Division I, bien au contraire (comme pour le Junior College).

Les raisons d’y croire pour Winthrop ?

Winthrop ? C’est du beau jeu, une attaque up-tempo (un pur run-and-gun par moments), une bonne circulation du ballon et un collectif bien présent.

Les options sont nombreuses, suivant l’adversité, et c’est un énorme plus. Comme on a pu l’observer contre Hampton, qui comptait surtout sur son leader, les Eagles possédaient plusieurs solutions viables. Cela se traduit même sur les rebonds offensifs, où le programme harcèle constament les intérieurs adverses.

Évidemment, quand votre mentalité est l’attaque, on délaisse un peu l’aspect défensif.

Winthrop peut défendre… mais, pas collectivement et seulement avec des individualités. Contre une équipe avec plusieurs menaces, Winthrop n’arrivera pas à contenir les assauts répétés. Cependant, sur des (petites) séquences, l’équipe peut se saigner défensivement. Ne comptez pas sur eux pour 40 minutes.

Une chose importante à signaler : Winthrop tourne à un peu plus de 63% sur la ligne des lancers-francs, soit l’une des pires équipes du championnat. Dans un match sec de la March Madness et avec l’agressivité propre au tournoi, ne pas être une valeur sûre sur la ligne de réparation est un gros problème.

Winthrop, une future Cendrillon ?

On dit souvent que la défense gagne des championnats. Winthrop peut-il faire taire cette rumeur ? Je ne pense pas.

Oui, les Eagles possèdent du talent dans son effectif, à commencer par le freshman D.J Burns. Un joueur très important, terriblement efficace, mais qui sort du banc et qui n’a pas d’expérience. Le sophomore Michael Anumba est un prospect qui ne cesse de progresser, sur les deux côtés du parquet, mais il reste à voir contre des intérieurs plus dominants et plus physiques.

Toutefois, les Eagles peuvent embêter un cador sur le premier tour. Le programme en est capable. Il faudra juste défendre un peu plus, mais, il y a moyen que ce ne soit pas une partie de plaisir pour l’adversaire.

Remporter un match du NCAA Tournament serait extraordinaire et viendrait encore plus mettre en lumière les Eagles, qui sans faire de bruit, deviennent une valeur sûre chez les Mid-Majors.

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