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Pacific Tigers Mascotte Basketball
(Crédit photo : Pacific Athletics)

“A la recherche de Cendrillon” : le (dur) retour à la réalité de Pacific (WCC)

Au cours de cette deuxième partie de saison de basketball universitaire, Midnight on Campus présente les potentielles surprises de la prochaine March Madness. Aujourd’hui, coup d’oeil sur Pacific.

Les Tigers ont réalisé une première partie de saison plutôt prometteuse, à tel point qu’ils ont intégré notre liste finale des possibles « Cinderella ». Mais, les hommes de Damon Stoudemire connaissent une période assez négative en terme de résultats. De quoi remettre en cause leur sélection dans les surprises du NCAA Tournament ? Début de réponse.

Damon Stoudemire a posé sa patte à Pacific

Après plusieurs saisons de reconstruction, Damon Stoudemire a débuté sa 4ème année à la tête de Pacific. On le sait, bien souvent, on juge vraiment la rédemption d’un programme après 3 ou 4 saisons avec le même head coach.

Pourtant, la patte du nouvel entraîneur s’est ressentie dès la 2ème saison.

Avec une 4ème place en WCC et un bilan de 9 victoires pour 9 défaites, il a égalé le record de victoire du programme depuis son intronisation dans la conférence en 2012. On pensait alors que les Tigers étaient lancés vers une saison 2018-19 incroyable.

Mais, ce ne fut pas le cas. Seulement 4 victoires en WCC l’année dernière et un retour dans les bas-fonds du classement. Le coaching staff a réalisé le nécessaire sur le marché des transferts et avec la dernière promotion de freshmen pour revenir sur le devant de la scène.

On pense notamment à l’intérieur 3-étoiles Jonathan Salazar, futur visage de Pacific au cours des prochaines années, le pivot James Hampshire ou l’arrière Daniss Jenkins, une véritable pépite en provenance de Dallas.

Mais, ce n’est pas tout : Damon Stoudamire a effectué quelques recrutements clés avec des paris et des seniors qui possèdent de l’expérience de Division I.

Déjà, il a renforcé son secteur intérieur avec Amari McCray, un pivot massif et athlétique qui arrive tout droit du Junior College. Le combo-guard scoreur Broc Finstuen arrive lui-aussi de JUCO pour garnir le banc. Et puis, il faut aussi compter sur le senior en provenance d’Idaho State, Gary Chivichyan. Le shooteur à 3-points a prouvé dans son ancienne école qu’il pouvait être une option plus que viable en attaque. Le joueur peut contribuer sur le parquet sans attendre et il apporte une expérience au groupe : un recrutement incroyable pour Pacific.

Et puis, le plus gros pari de la saison se nomme Justin Moore.

Après une saison d’apprentissage à Georgia Tech, il n’a pas eu un temps de jeu correct en tant que sophomore et, après 8 matchs au compteur, il décide de quitter les Yellow Jackets. Il n’a pas obtenu de waiver de la NCAA et il a dû rester sur la touche jusqu’à cette saison. Cependant, le pari est… plus que gagnant.

Il est aujourd’hui le 2ème meilleur marqueur de Pacific et cette renaissance fait un bien fou à l’ensemble de l’équipe. Damon Stoudemire a eu le nez creux, alors qu’il n’avait pas le droit à l’erreur après l’échec subi en 2018-19. 

Un départ canon suivi d’un retour à la réalité

Pacific ouvre la première partie de saison sans de séries contre des cadors du Power Six. Toutefois, on note des matchs préparatoires à l’adversité de la WCC avec Hawaii, Boise State, South Dakota, UC Irvine ou encore UNLV. Pas de quoi s’enflammer, mais, la programmation permet aux nouveaux visages de s’intégrer.

Les Tigers ne comptent que 4 revers au terme des matchs hors-conférence.

Un revers à domicile contre Boise State, dans un match dantesque, qui se solde par une victoire des visiteurs…après 3 prolongations (82-76). Une défaite lors de l’ouverture du « Rainbow Classic » contre South Dakota. Un revers à Hawaii assez frustrant, de 5 points, et puis sur le parquet de UC Irvine, de 13 points, qui là est plus logique sur le papier.

Avec ceci, des victoires contre Long Beach State (65-46), Coppin State (64-60), UC Riverside (58-51), UNLV (74-66) ou Cal State Fullerton (62-59).

Au final, c’est un bilan de 12 victoires (soit 2 de moins que l’ensemble de la saison dernière) pour seulement 4 petites défaites. Une préparation idéale pour les échéances de janvier, qui se révèle être un mois assez fou : 8 matchs avec des déplacements délicats à Santa Clara, Gonzaga et Portland.

Et quand on voit les difficultés de Pacific loin de ses terres, on se pose quelques questions.

Finalement, les Tigers commencent parfaitement avec une victoire de 3 points à Pepperdine et, surtout, avec un match dingue contre Saint Mary’s remporté après 4 prolongations (!) sur le score de 107 à 99. Pacific renverse les Gaels (107-99) et est propulsé sous les projecteurs nationaux.

Depuis ? 4 défaites sur les 7 derniers matchs.

Ils comptent des défaites contre San Francisco (79-75), Santa Clara (84-80), BYU (74-60) et Gonzaga (92-59). A chaque fois des revers face à des concurrents directs pour le Top-4 en conférence.

Un dur retour à la réalité pour les Tigers.

Bon, on ne revient pas sur le bouillon contre Gonzaga, qui applique le tarif habituel. Par contre, une tendance se dégage lors de cette série de défaites : Pacific ne défend plus vraiment, notamment la ligne à 3-points.

Pacific est pourtant l’une des meilleures équipes de Division I au niveau des rebonds, que ce soit offensif ou défensif, ainsi qu’au niveau des contres. Il faut dire que le secteur intérieur fait son travail à merveille. Le souci ? Il ne reste plus sur la base extérieure.

Avec un manque d’agressivité, de communication et de concentration, la progression de Pacific demeure encore perfectible.

Jahlil Tripp… en leader (isolé) des Tigers

La grande force de Pacific et la mentalité que Damon Stoudemire veut inculquer à ses joueurs, c’est le partage du ballon. Ensemble, peu importe les statuts.

Une statistique incroyable en lien avec cette philosophie de jeu ? Pacific possède une répartition de minutes quasiment identique entre le cinq majeur et les remplaçants : 47% des minutes jouées (2ème meilleur pourcentage) le sont par des joueurs qui sortent du banc.

A savoir que la moyenne nationale est de 30.9% en Division I.

Pacific ouvre son banc et n’hésite pas à sortir ses cadres pour les faire souffler. Le plus gros turnover se situe sur les postes intérieurs, surtout au poste 5, où James Hampshire et Amari McCray se partagent le temps de jeu. Shaquilo Fritz grappille aussi quelques minutes, profitant des fautes de ses 2 « concurrents ».

Chaque poste est également doublé et les joueurs peuvent évoluer a minima sur 2 postes (et d’autres comme Gary Chivichyan peuvent jouer sur les 3 postes extérieurs).

Heureusement que la profondeur de banc est présente, d’ailleurs. Puisque, hormis Jahlil Tripp qui tient son rang de leader, il n’existe pas de lieutenant viable.

Justin Moore a débuté sous les chapeaux de roues… avant de connaître quelques soucis physiques et en loupant des matchs. Sur ses 4 dernières apparitions (face à Santa Clara, BYU, UC Irvine et Idaho State), le transfuge de Georgia Tech affiche un 5/24 au tir et un temps de jeu qui fond comme neige au soleil.

Coïncidence, la mauvaise passe de Justin Moore correspond à celle de Pacific. Comme quoi.

En guise d’exemple ? Contre BYU, Jahlil Tripp est le seul à passer la barre des 10 points inscrits (18 au total). Le deuxième meilleur marqueur du match ? Le meneur freshman, Pierre Crockrell, avec 8 points, qui est devenu titulaire depuis la mauvaise passe de Justin Moore.

Le meneur de jeu freshman, qui en a profité pour prendre en main l’équipe, dirige à merveille l’attaque des Tigers. Une belle découverte.

Pacific, toujours un outsider en WCC ?

Bonne nouvelle : il n’y a plus de Gonzaga au programme sur la fin de saison. Ouf.

Cependant, il reste des matchs importants à Saint Mary’s, San Diego et San Francisco, qui devront se solder avec une défaite au maximum. D’ailleurs, l’enchaînement Saint Mary’s puis Santa Clara, mi-février, qui risque d’être capital dans cette lutte pour le Top-4 contre des candidats directs.

La réelle question est de savoir si les Tigers afficheront un bilan positif à la fin des matchs de conférence.

Selon KenPom, Pacific devrait terminer avec un bilan de 8 victoires pour 8 défaites, mais cela dépend surtout du retour de Justin Moore à son niveau du début de saison. Sans son aide, ce sera difficile mais avec, il est clair que les 10 victoires en WCC et une place dans le Top-4 est atteignable.

Ce serait une juste récompense pour le travail de Damon Stoudamire. La nouvelle philosophie de jeu est vraiment honorable et le recrutement s’avère être plus que solide, malgré les incertitudes qui ont entouré les prospects recrutés.

Après, Pacific n’est pas maître à domicile et encore moins à l’extérieur.

Du coup, cela tombe plutôt bien que le tournoi de conférence WCC se déroule sur terrain neutre. Pacific est une équipe assez accrocheuse à jouer et redoutable sur un match.

Avec un tel collectif, tout reste possible.

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