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Northern Kentucky Champion Célébration Horizon League 2020

“A la recherche de Cendrillon” : Northern Kentucky Norse (Horizon)

Le mois de mars bat son plein et, jour après jour, certaines équipes remportent leur tournoi de conférence et un ticket automatique pour la March Madness. Comme chaque année, Midnight on Campus présente les champions en provenance des Mid-Majors afin de découvrir les futures Cendrillon du tournoi. Premier épisode : le représentant de l’Horizon, Northern Kentucky.

Quelles sont les forces et les faiblesses des Norse ? Qui est le joueur à suivre… et plus encore ? Les statistiques complètes de l’équipe ?

Fiche d’identité de Northern Kentucky :

  • 23 victoires pour 9 défaites, 13 victoires pour 5 défaites dans l’Horizon (2ème).
  • 72.4 points inscrits, 36.6 rebonds, 13.6 passes (3ème national), 65.3 points encaissés.
  • Victoires notables (hors-conférence) : Ball State (59-57), Coastal Carolina (69-68).
  • Défaites notables (hors-conférence) : Missouri (71-56), Arkansas (66-60), UNC Greensboro (67-50).

Le cinq majeur type de Northern Kentucky :

  • Bryson Langdon (sophomore) : 7.6 points, 2.1 rebonds et 3.3 passes de moyenne.
  • Tyler Sharpe (senior) : 11.5 points, 2.6 rebonds et 2.3 passes de moyenne.
  • Trevon Faulkner (sophomore) : 11.9 points, 4.1 rebonds et 1.9 passes de moyenne.
  • Jalen Tate (junior) : 13.9points, 5.4 rebonds et 3.6 passes de moyenne.
  • Dantez Walton (senior) : 16.1 points, 7.3 rebonds, 1.9 passes et 1.6 contres de moyenne.

Retour sur la saison régulière de Northern Kentucky

Depuis son intronisation en Horizon League, Northern Kentucky est rentré parmi les cadors de la conférence. Et une nouvelle ère s’ouvre avec un nouveau head coach, Darrin Horn.

Son objectif : prendre (enfin) le leadership de la conférence. Mais, il existe toujours un petit hic au nom de Wright State. Les Raiders, favoris en pré-saison, ont tenu leur rang et ont terminé champion à l’issue de la saison régulière (avec 2 victoires d’avance sur son dauphin) et un sweep lors des rencontres entre les formations.

Sauf que le tournoi de conférence est souvent piégeur pour les favoris, et, ce fut une nouvelle fois le cas.

Les Norse, représentants de l’Horizon League lors de la précédente March Madness, ont réalisé une saison plutôt solide. Cependant, il faut dire que le calendrier hors-conférence était déjà assez abordable. Seulement 4 défaites, dont 3 assez logiques face à des programmes plus forts sur le papier. Le revers en 2OT contre Texas Southern, à domicile, est toutefois assez surprenant.

Les matchs de conférence débutent ensuite avec un bilan de 8 victoires pour 4 défaites. Cela commence bien avec une victoire tranquille contre Milwaukee (74-64). Mais, les soucis commencent vite avec la défaite sur leur parquet contre Green Bay (73-59) puis sur le parquet de Detroit Mercy (66-58). On se dit alors que Northern Kentucky va avoir du mal lors de la deuxième partie de saison.

C’était sans compter sur un groupe solidaire qui connaît le chemin pour la March Madness. Et, oui, la deuxième partie de saison n’est pas un sprint, mais, un marathon !

Northern Kentucky retrouve la victoire avec une série de 5 succès consécutifs, idéal avant le déplacement à Wright State. Mais, là, stupéfaction. Il n’y a pas eu match et les Raiders ont donné une leçon aux Norse (95-63). Physionomie de match identique contre un autre concurrent direct pour le podium, Illinois-Chicago (73-43) à domicile.

Northern Kentucky ne perd pas beaucoup, mais quand cela se produit, ils ne font pas semblant.

La saison régulière se termine sur une défaite très frustrante contre Wright State (64-62), qui prouve que les Norse ont appris de leurs erreurs et sont prêts pour le tournoi de conférence.

Un match piège se présente dès le stade des demi-finales face à Green Bay, qui a mis à mal Northern Kentucky plus tôt dans la saison. Sauf que le groupe se sublime toujours lors des moments-clés ; et c’est une victoire logique (80-69).

Alors, place à la finale contre Wright State Illinois-Chicago. Les Norse, revanchards après le blowout subi en février, ne feront pas durer le suspense. Northern Kentucky s’impose (71-62) après une démonstration collective et un petit cocorico avec Paul Djoko qui bat son record en carrière, avec 9 points et 3 rebonds en 21 minutes.

Troisième titre en quatre ans, solide.

Le joueur à suivre : Tyler Sharpe (senior)

11.5 points, 2.6 rebonds et 2.3 passes de moyenne.

Si vous avez suivi la saison auprès de nous, vous êtes déjà au courant de l’existence de Tyler Sharpe grâce à une “Film Room” à son sujet, qui montre les qualités du prospect.

Je vais être assez bref car j’ai assez parlé de lui. Je suis juste heureux de le voir finir sa carrière universitaire sur une bonne note (après une réponse négative de la NCAA quant à une exemption pour une 5ème année d’éligibilité). La cause ? Ses 11 minutes en tant que freshman avec Louisville. Honteux, mais, on a l’habitude.

Tyler Sharpe représente l’image d’un joueur qui ne lâche rien, qui travaille dans l’ombre sans rien dire à personne et qui voit ses efforts récompensés.

Tyler Sharpe Northern Kentucky Norse 2019
(Crédit photo : Chloe Smith – Northern Kentucky Athletics)

Le senior est un joueur modèle pour les prospects lycéens qui galèrent à trouver un programme de Division I. Son parcours est atypique : walk-on à Louisville, il part ensuite à Northern Kentucky toujours en qualité de walk-on (il paye donc ses études). Et, après une saison sur le campus, il obtient le Graal avec cette fameuse bourse d’études.

Depuis ? Il est tout simplement devenu le leader des Norse. Le travail paye.

Shooteur, défenseur, leader vocal, qui se sacrifie aussi pour ses coéquipiers. Comment ne pas être fan du joueur ? Il possède maintenant une ultime chance de briller avant de s’envoler pour l’Europe et il faudra surveiller sa prestation lors de la March Madness.

S’il explose, ne soyez pas étonnés.

Les raisons d’y croire pour Northern Kentucky ?

Tout d’abord, Northern Kentucky est une équipe qui privilégie l’aspect défensif.

Les Norse pressent haut pour gêner la remontée de balle, avec des trappes afin de provoquer des pertes de balles. L’équipe est terriblement efficace dans ce domaine avec des extérieurs très agressifs, qui coupent les lignes de passes, quitte à se jeter pour tenter l’interception. Avec une telle alchimie et une telle habitude, les aides défensives sont présentes et cela défend en bloc équipe.

Offensivement, Northern Kentucky aime jouer avec des shooteurs. Souvent, sur le parquet, 4 ou 5 joueurs sont capables de marquer à longue distance.

Le ballon vie bien avec des joueurs en mouvements, certes, sur un schéma assez simple à base de Princeton Offense terriblement efficace. On essaye de mettre les shooteurs dans les meilleures conditions, avec des extra-passes ou des fixations.

C’est un enfer pour l’adversaire qui évolue face à cette attaque. Mais, le problème majeur de cette philosophie reste l’adresse. L’adresse à longue distance, ça va et ça vient.

Des pannes sèches sont intervenues au cours de la saison régulière, ce qui amènent logiquement à des blowouts. Mais c’est aussi pourquoi Northern Kentucky est si dangereux sur un match.

La profondeur de banc est assez limitée, aussi, bien que cela n’a pas dérangé l’équipe au cours du tournoi de conférence.

Northern Kentucky, une future “Cendrillon” ?

Je ne risque pas d’être objectif puisque je possède un véritable coup de cœur pour Northern Kentucky. Je pense vraiment que l’équipe peut remporter, a minima, un match lors de la March Madness.

Avec un calendrier faible, il existe une possibilité que les Norse obtiennent un seed #16 et un passage par le First Four. On souhaite bonne chance à l’adversaire si un tel scénario se produit.

De plus, la base de l’équipe est assez jeune (on pense notamment au français Paul Djoko, qui est sophomore). Cela n’augure que du positif pour la suite.

Une équipe qui défend, qui peut prendre feu de partout, avec des joueurs qui connaissent les exigences du tournoi ? Comment ne pas être optimiste ?

Northern Kentucky évoluait encore il y a peu en Division II. Le programme a entamé la transition vers la Division I lors de la saison 2012-13 en rejoignant la conférence Atlantic Sun, puis, en migrant vers l’Horizon League en 2016. Donc, en 8 ans dans la Division I, les Norse ont participé à 3 March Madness en 4 ans.

Si vous n’êtes pas convaincus, je ne peux plus rien faire pour vous.

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