En trois ans, Chris Beard a réussi plus que tous les head coaches de Texas Tech.

Pour comprendre la genèse du Final Four à Texas Tech, il faut remonter à l’été 2016 et à un jeu de chaise musicale que seul le basketball universitaire est capable de produire.

Accrochez-vous bien. Georgia Tech engage d’abord Josh Pastner, en provenance de Memphis, qui décide de le remplacer par Tubby Smith, alors head coach de Texas Tech. Les Red Raiders doivent alors trouver un nouveau head coach et l’université ne mettra que peu de temps avant de signer Chris Beard, pourtant engagé par UNLV deux semaines plus tôt.

Ancien assistant de longue date chez les Red Raiders, sous Bob puis Pat Knight, Chris Beard accepte rapidement la proposition. Ses origines texanes et la proximité avec sa famille accélèrent probablement la décision.

Texas Tech ne le sait pas encore mais cette décision changera totalement la destinée du programme. En 3 ans, Chris Beard s’est révélé être un véritable magicien.

(Crédit photo : Marcio Jose Sanchez – AP Photo)

Et pour cause, le texan a eu le temps de parfaire sa panoplie de compère de Gerard Majax au travers de ses différentes expériences de head coach. D’abord entraineur de deux Junior College dans le Kansas puis dans l’Oklahoma, il a par la suite entrainé en Division III et Division II dans le Texas, avant d’obtenir un poste au sein de la défunte ABA.

Ce n’est qu’en 2015 qu’il débute sa carrière de head coach en Division I universitaire à Arkansas-Little Rock. S’il n’est head coach de Texas Tech que depuis 3 ans, Chris Beard n’en reste pas moins un vétéran du coaching.

Et en 3 ans, il a qui plus est réussi ce qu’aucun head coach des Red Raiders n’avait réalisé auparavant.

Chris Beard a littéralement transformé un programme habitué à la défaite en un programme qui compte dans le paysage du basket universitaire. Si les Red Raiders ont terminé avec des bilans négatifs durant 5 des 6 saisons précédant son arrivée, cela n’est plus arrivé depuis l’arrivée de Chris Beard et Texas Tech s’est hissé parmi les principales forces de la Big 12.

Chris Beard a également réussi deux autres achèvements majeurs : il a mené Texas Tech à son premier Elite 8 l’an passé et Zhaire Smith est devenu le premier Red Raider sélectionné au premier tour de la Draft NBA depuis Tony Battie.

Mieux encore ? Chris Beard et ses hommes ont décroché un billet pour le premier Final Four de leur histoire avec une victoire face à Gonzaga.

 

 

La recette miracle ? La défense

 

Avant d’arriver sur le campus de Lubbock, Chris Beard avait déjà réalisé des miracles avec Arkansas-Little Rock pour sa première expérience en Division I.

Avec une excellente défense, déjà.

Ainsi, avant son arrivée, les Trojans étaient classés 288èmes en termes de points accordés pour 100 possessions, selon la statistique « Ajusted Defensive Efficiency » crée par Ken Pomeroy. Un an plus tard, ils s’affichaient à la 33ème place. Passant ainsi d’un piètre bilan de 8-12 dans la conférence Sun Belt à un participant à la March Madness défait après double prolongation par Purdue.

Texas Tech possède la meilleure défense du basketball universitaire cette saison, rien que cela.

Mieux encore, Texas Tech n’encaisse en moyenne que 84,1 points pour 100 possessions, soit la meilleure marque jamais enregistrée depuis 2002.

Pour comprendre le succès des Red Raiders, il suffit de regarder les performances défensives de Texas Tech lors du NCAA Tournament et particulièrement le match du Sweet 16 face à Michigan. Les Wolverines n’ont shooté qu’à un piètre 1/19 à trois points tout en commettant 14 pertes de balles. Avec une telle défense, Texas Tech peut ainsi développer son jeu rapide tout en s’offrant des paniers faciles en transition.

 

 

Face à Gonzaga, équipe réputée pour son jeu offensif et première de la ligue en « Ajusted Offensive Efficiency », Texas Tech n’a cessé d’impressionner, gardant les Bulldogs sous les 1 points par possession.

Un petit exploit puisque que les Bulldogs n’étaient passé qu’une fois sous ce seuil cette saison.

 

 

Si la coutume veut que la défense permette de remporter des championnats, alors, les Red Raiders du sorcier Chris Beard sont en bonne position pour couper les filets à Minneapolis lundi prochain.

 

Souviens-toi l’été dernier

 

Pourtant, l’été dernier avait de quoi faire peur pour tous les fans et observateurs de Texas Tech.

Les départs de deux hommes-clés de Chris Beard, Keenan Evans et Zhaire Smith, auraient pu mettre un coup aux espoirs des Red Raiders ; il n’en fut rien. Et c’est un alliage entre joueurs de retour, transferts et freshmen qui permet à Texas Tech d’être l’équipe qu’elle est aujourd’hui.

Leader proclamé, Jarrett Culver, s’est imposé comme l’un des tous meilleurs joueurs du pays. Celui qui n’était pas une priorité de recrutement sous Tubby Smith, l’est devenu avec la prise de fonction de Chris Beard. Ce dernier a eu du flair en enrôlant le natif de Lubbock, tant celui-ci est la pierre angulaire du système.

18.9 points, 6.4 rebonds, 3.7 passes décisives : telles sont les statistiques du sophomore cette saison et sans un grand Jarrett Culver, Texas Tech ne serait sans doute pas au Final Four.

(Crédit photo : Jae C. Hong – AP Photo)

A ses côtés, Davide Moretti et Matt Mooney se sont imposés comme de très solides contributeurs et le transfuge de St John’s, Tariq Owens, se montre excellent sous les panneaux. Qu’on se le dise, Texas Tech n’est pas l’équipe la plus sexy du basket universitaire mais l’envie et la solidité défensive des Red Raiders a de quoi faire saliver.

Malgré deux départs de poids, Chris Beard a su maintenir les siens à flot et stabiliser Texas Tech parmi les tous meilleurs programmes de la Big 12, une performance loin d’être donné à tout le monde et qui donne encore un peu plus de crédit au head coach texan.

 

Une saison de rêve et deux dernières marches à gravir

 

A l’aube de la saison, il était clair que le calendrier hors-conférence n’offrait pas de réels tests à Texas Tech : USC se présentait sur le papier, comme l’adversaire le plus sérieux.

Après 10 victoires, les Red Raiders affrontaient Duke et malgré un bon Jarrett Culver (25 points), Texas Tech est stoppé net. Plus rien à signaler, jusqu’au mois de janvier où le programme subi 3 défaites consécutives dans la conférence Big 12 face à Iowa State, Baylor et Kansas State, puis Kansas au mois de février.

Qu’importe, les Red Raiders ont surpris et se sont affirmés comme un sérieux outsider pour le March Madness.

Au terme d’une saison menée avec brio, les Red Raiders concluent leur exercice avec un bilan de 30 victoires et 6 défaites, 14 victoires et 4 défaites dans la conférence Big 12 marquée par un titre de saison régulière partagé avec Kansas State. Texas Tech doit subir la loi d’une équipe de West Virginia jouant sa saison à l’occasion du tournoi de conférence. Qu’importe, le plus dur commence pour Chris Beard et ses hommes.

Texas Tech entame la March Madness par de solides succès face à Northern Kentucky, Buffalo et une véritable démonstration face à Michigan. Les Red Raiders devaient croiser la route de l’équipe considérée comme grande favorite à l’obtention du titre national, Gonzaga.

Au terme d’un match âpre, qui restera pour sûr dans quelques mémoires, Texas Tech décroche sa qualification au Final Four. Les hommes de Chris Beard tenteront d’y décrocher le premier titre de l’histoire du programme, ils affronteront Michigan State samedi soir.

S’ils ne seront pas favoris, Michigan State étant venu à bout de Duke, Texas Tech a les capacités pour l’emporter et se hisser jusqu’à la finale nationale.

Avec un magicien comme Chris Beard à sa tête, plus rien n’est impossible pour les Red Raiders.